L’explication derrière la croissance du nombre de startups

 L’explication derrière la croissance du nombre de startups

Depuis 2015, la France se targue d’être une « startup nation », à savoir un pays capable de créer des géants de l’économie numérique, des licornes.

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Cela va de pair avec la création de milliers d’entreprises chaque année, qui naissent de la volonté de nouveaux entrepreneurs d’avoir un impact positif sur l’économie. La plupart de ces entreprises sont des TPE, qui représentent 94% des entreprises en France. En effet, selon l’INSEE, près de 800 000 entreprises sont créées chaque année. On en dénombrait 815 000 en 2019, ce qui correspondait à 18% de plus qu’en 2018. On en compte 848 000 en 2020.

 

Des entrepreneurs jeunes et bien encadrés

On observe aujourd’hui une forte augmentation de la création d’entreprises, et notamment chez les jeunes. En effet, l’âge moyen des créateurs d’entreprise était de 49 ans en 2010, là où il est passé à 42 ans en 2020. Et cet âge tend encore à diminuer dans les prochaines années. Notons que les moins de 30 ans représentent la moitié des créateurs d’entreprises. Cela est dû aussi en partie à la croissance des incubateurs qui aident de plus en plus de jeunes diplômés ou étudiants. Depuis 1990, ces derniers se sont beaucoup développés, atteignant le nombre de 250 en France. Leur objectif est de donner un cadre précis aux personnes qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat. En effet, les entrepreneurs avec la volonté de créer leur propre entreprise ne manquent pas, ils sont motivés et prêts à s’impliquer autant qu’il le faudra pour réussir. Cependant, la création d’une entreprise suppose un certain cadre légal et administratif qu’il n’est pas évident à mettre en place par soi-même. C’est là qu’interviennent les incubateurs. Ils assurent l’accompagnement et l’encadrement de ces entrepreneurs en les aidant à réaliser les démarches nécessaires à la création de leur entreprise. Ils ne s’arrêtent cependant pas là puisqu’ils permettent aux porteurs de projet de participer à des ateliers pédagogiques, des séminaires animés par des professionnels et des consultants spécialisés dans l’entrepreneuriat. On a dons réellement une société qui s’adapte et encourage le développement des startups.

 

Des entreprises fondées à plusieurs

Aujourd’hui, la création d’une startup passe par la digitalisation de cette dernière. On a très rapidement besoin d’un site internet et d’une application mobile pour se faire connaître et attirer de nouveaux clients. Pour ce faire, un schéma dual se développe aujourd’hui dans les startups : deux co-fondateurs, un développeur et un spécialiste. Certaines entreprises adoptent même un schéma triple : un développeur, un spécialiste et un administrateur. Concrètement, le développeur assure la présence digitale de la startup, son bon référencement et donc sa visibilité. Le spécialiste est celui qui connaît précisément le sujet et qui peut donc être le commercial qui gère les relations clients et les différents partenariats pour assurer la rentabilité de l’entreprise. Enfin, certaines startups se lient aussi à un « administrateur » qui gère toute la partie administrative. Ce troisième poste devient intéressant si la startup comprend de nombreux membres dès sa création et doit donc gérer le recrutement, la comptabilité et les ressources humaines, etc.

De plus, une entreprise co-fondée permet à ses fondateurs de ne pas supporter seuls toutes les charges et difficultés liées à la création d’une entreprise. En effet, un tel partenariat permet de diviser les sources d’anxiété ainsi que les responsabilités vis-à-vis des clients et collaborateurs. De la même façon, les co-fondateurs peuvent partager leur succès et les moments forts de l’entreprise. Enfin, un tel partage assure aussi la continuité de l’entreprise et fait sa force. Toute personne peut passer par des moments de vide et avoir des soucis personnels. Être plusieurs sur un projet autorise un relai des responsabilités et donc la survie de l’entreprise. De la même façon, être seul à la tête d’une entreprise peut entraîner un manque de visibilité sur la situation de son entreprise. Cela peut conduire à faire de mauvais choix liés au stress, au manque de recul ou encore au manque d’objectivité. Chacun a sa propre vision de la situation de l’entreprise et son avis sur tel ou tel sujet. Ainsi, un partenariat renforce un réel débat au moment de prendre des décisions importantes et donc favorise les meilleures décisions.

 

Les auto-entrepreneurs se multiplient

Comme on vient de le voir, les startups sont souvent composées de deux, voire trois, fondateurs. On comprend donc que les quelques 800 000 entreprises créées chaque année correspondent en réalité à 800 000 personnes qui acquièrent le statut auto-entrepreneur. Ce sont 800 000 personnes qui s’immatriculent auto-entrepreneurs auprès de l’URSAFF, ce qui n’aboutit pas nécessairement à la création d’entreprise. En effet, parmi ces 800 000 immatriculations, 47% d’entre elles sont en réalité une personne qui devient seulement auto-entrepreneur. Ce sont souvent des personnes récemment diplômées qui se lancent en tant que freelance suite à leur graduation.

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Ce sont aussi des étudiants qui décident de travailler en parallèle de leurs études et qui font des emplois qui nécessitent le statut d’auto-entrepreneur pour travailler. Ils peuvent ainsi être petsitter, coursier chez Deliveroo ou Uber Eats, donner des cours de soutien scolaire, etc.

Il devient donc évident qu’une immatriculation auprès de l’URSAFF ne représente pas nécessairement une nouvelle entreprise. Pour autant, cela ne représente pas moins une croissance évidente du nombre de startups en France. Ces dernières étant fondées à plusieurs, il faut bien nuancer les chiffres annoncés par l’INSEE. Ce qui est clair est que le statut auto-entrepreneur s’impose de plus en plus parmi les jeunes et ouvre de nombreuses portes pour leur insertion professionnelle.