Rencontre avec Arnaud Mallinger, co-fondateur de KéaBot

 Rencontre avec Arnaud Mallinger, co-fondateur de KéaBot

Nous avons rencontré Arnaud Mallinger, co-fondateur de KéaBot, application mobile pour trouver un soin de peau personnalisé et responsable, en partenariat avec des pharmacies proches de chez vous.

 

Bonjour Arnaud, pouvez-vous vous présenter en quelques mots, nous parler de votre parcours ?

Bonjour Elise. Je suis Arnaud Mallinger, et je suis co-fondateur chez KéaBot. Avant cela, j’ai réalisé un double doctorat en pharmacie et en biologie à Toulouse.

 

Pourquoi avoir décidé de créer KéaBot ?

A la fin de mes études, j’ai constaté que face à la très grande offre de produits cosmétiques, les consommateurs sont rapidement perdus. Par ailleurs, il existe encore trop de soins qui proposent des formulations avec des ingrédients controversés et qui ont des impacts environnementaux. De plus les consommateurs souhaitent des services plus rapides et personnalisés tout en restant chez eux. Enfin, je souhaitais valoriser l’économie locale en recréant du lien entre les consommateurs et leur pharmacie de proximité.

C’est pour toutes ces raisons que j’ai décidé de créer KéaBot, une application mobile qui facilite la recherche d’un soin dermo-cosmétique responsable et personnalisé. L’application permet ensuite de le récupérer en pharmacie de proximité avec le click-and-collect, tout en bénéficiant de conseils supplémentaires.

 

Comment s’est passée la création de votre entreprise ? Par quelles étapes êtes-vous passé ? 

J’ai créé cette entreprise en écoutant l’avis des consommateurs que j’ai directement interrogés devant les pharmacies.

Il en est ressorti qu’actuellement, 83% des clients de pharmacies sont favorables à une application de type chatbot et que 78% des clients souhaitent faire du click-and-collect en pharmacie. A côté de cela, 78% des clients pensent que les produits skincare vendus en pharmacies ont une mauvaise composition et 74% des clients veulent retrouver des soins BIO en pharmacie.

Face à ce constat, il y a eu une étape de R&D que j’ai effectuée avec mon co-fondateur, Michaël Lucas, développeur en informatique. Cela englobe d’une part le développement de l’application en version bêta puis d’une autre part la POC réalisée auprès d’un échantillon de personnes volontaires afin de recueillir leurs avis et leurs suggestions.

A la suite de cela, l’application a été lancée sur Apple Store et Google Playstore au mois d’Avril.

  

Quelles sont vos activités principales ? Comment se déroule une journée-type ?

Au quotidien, je m’occupe de toute la gestion du programme scientifique. Cela englobe beaucoup de missions comme la création de contenu scientifique, la recherche de partenaires, le support pour le développement de l’application ou encore la prise de contact avec les pharmacies. Je supervise également les stagiaires présents au sein de KéaBot.

Je ne peux pas vraiment dire qu’il y a une journée type. Chaque jour est différent avec de nouvelles problématiques, opportunités et avec des enjeux variés.

 

Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de la création de KéaBot ?

Lorsque l’on décide de créer son entreprise, on rencontre toujours des difficultés, c’est une remise en question permanente. Nous voulons forcément offrir le meilleur service possible aux utilisateurs et c’est pour cela que l’on se questionne sans cesse. Nous voulons être certains que notre projet va aboutir, plaire et satisfaire les clients.

Nous sommes également partis de zéro en termes de partenariat avec les pharmacies. Il a donc fallu expliquer notre projet, ses avantages et réussir à convaincre les pharmaciens. Quand on démarre, nous sommes forcément « petits » et il est donc difficile d’avoir un soutien de la part d’acteurs plus importants dans ce secteur. Il faut donc construire sa notoriété pas à pas et sans brûler les étapes.

 

Qu’est-ce-qui vous a motivé à vous lancer dans l’entrepreneuriat ?  

Ma motivation principale vient du fait que lors de la réalisation de ma thèse, j’ai déjà pu toucher au monde de l’entreprenariat. En effet, j’avais des stagiaires sous ma responsabilité, je devais développer des projets ou encore gérer des relations avec les commerciaux et les équipes de recherche externes. Lorsque tout cela s’est terminé, je me suis rendu compte que l’entrepreneuriat me plaisait et que je souhaitais me lancer à mon tour.

Par ailleurs, j’avais déjà plusieurs convictions à savoir améliorer l’accompagnement des clients dans la recherche de leurs produits cosmétiques, m’inscrire dans une démarche de préservation de l’environnement et valoriser le potentiel des pharmacies de proximité.

Je souhaitais aussi recréer du sens par rapport à ma formation initiale, la pharmacie. L’avantage de développer une solution digitale de type service à contrario d’un produit permet d’être beaucoup plus libre dans la créativité au niveau de la R&D.

 

Comment imaginez-vous l’avenir de KéaBot ? En termes de développement, partenariat, activités de l’entreprise, etc.

A l’avenir, j’imagine que KéaBot va se développer sur le plan régional et national en augmentant le nombre de pharmacies présentes dans notre réseau. Je pense aussi que l’application ne cessera de s’améliorer pour répondre le plus possible aux besoins des consommateurs. Enfin j’espère pouvoir recruter des salariés et ouvrir de nouveaux postes d’ici peu afin de favoriser la création d’emploi dans la région toulousaine.

 

Avez-vous des conseils à donner aux étudiants qui souhaiteraient se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Je pense tout d’abord qu’avant de se lancer, il faut bien réfléchir en amont à sont projet et construire une réflexion sur le long terme en réalisant une étude de marché et un business plan. Même si votre projet n’est pas encore abouti, il faut en discuter autour de vous et recueillir un maximum d’avis. Il est important de se poser le plus de questions possibles et de penser à toutes les situations auxquelles vous pouvez être confrontés.

L’entrepreneuriat n’est pas une démarche aussi simple que l’on peut le penser. Cela va vous demander du temps, (ne pas compter ses heures, travailler le week-end, accepter de moins voir ses proches et de moins partir en vacances), de l’investissement personnel mais aussi financier (il ne faut pas espérer se verser un salaire dès le début). Il y a des jours où vous serez très motivés et d’autres un peu moins mais il ne faut surtout rien lâcher et rester concentré sur son objectif final. Votre idée de départ, la persévérance, bien s’entourer mais aussi un peu la chance sont les clés de votre réussite.