La panne de Facebook, Instagram et WhatsApp : que s’est-il passé ?

 La panne de Facebook, Instagram et WhatsApp : que s’est-il passé ?

Le lundi 4 octobre, les réseaux sociaux les plus utilisés au monde ont été bloqués pendant près de 6 heures. A défaut de pouvoir se contacter via ces applications, cette panne s’est bien placée au coeur des conversations de tous les 15-25 ans pendant toute la soirée du 5 octobre.

 

Les causes de cette panne sans précédent

Vers 0h30, après 6 heures de panne, Mark Zuckerberg s’est exprimé sur le compte Twitter de Facebook pour justifier la panne par un « changement de configuration défectueux » et s’excuser auprès des milliards de personnes qui se sont retrouvées bloquées toute la soirée. Il assure avoir conscience de l’impact d’une telle panne, et explique que l’entreprise, elle-même, a été bloquée en interne pendant de très longues heures. En effet, les systèmes internes de Facebook ont aussi été touchés par la panne et les employés ne pouvaient plus accéder à leur bureau puisque leur badge ne fonctionnait pas.

Bien que l’hypothèse du piratage ait été évoquée par de nombreux internautes, qui se sont réfugiés sur Twitter pour pouvoir s’exprimer, Facebook cite une panne géante d’aiguillage. Rien ne semble indiquer la possibilité d’un réel piratage et les applications ont bien été relancées, sans souci depuis.

 

Une chute des actions en bourse

En l’espace de quelques heures, les actions de Facebook ont chuté de près de 6% et Mark Zuckerberg a perdu 7 milliards de dollars. Facebook étant déjà en chute libre depuis début septembre, la panne historique n’a fait qu’amplifier le problème. On estime que Mark Zuckerberg aurait perdu un peu plus de 19 milliards de dollars depuis la mi-septembre. Notons aussi que Facebook gagne beaucoup d’argent grâce aux publicités proposées sur son réseau. Une panne de 6 heures représenterait ainsi 80 millions de dollars de perte pour la partie publicitaire. Facebook traverse donc une crise sans précédent, qui lui a coûté 50 milliards de dollars en une journée.

 

La crise continue pour Facebook

Avec cette panne historique, Facebook continue sa descente aux Enfers, entamée début septembre. Tout commence lorsque Frances Haugen, ancienne ingénieure de Facebook, accuse le groupe de choisir « le profit plutôt que la sureté ». Elle a aussi fait fuiter de nombreux documents internes qui témoignent de la stratégie de Facebook, uniquement tournée vers le profit. En effet, la lanceuse d’alerte déclare que Facebook a mené des enquêtes sur l’impact d’Instagram sur les adolescents et que le groupe est conscient que l’algorithme de l’application peut entraîner des risques psychologiques et mentaux pour les jeunes. La conclusion de cette enquête était claire : 32% des jeunes filles estimaient être plus complexées et soucieuses de leur corps après s’être créées un compte Instagram. Pour autant, Facebook a préféré enterrer cette étude plutôt que choisir d’agir en conséquence.

Pour ce qui est des faits accusant Facebook de partager des fake news pendant les élections présidentielles, Frances Haugen affirme que le groupe avait modifié son algorithme pendant les élections pour réduire la diffusion de fake news, mais que « dès l’élection terminée », l’algorithme avait été reconfiguré exactement comme avant, privilégiant donc « le profit plutôt que la sécurité ».

Depuis ces déclarations, Facebook avait déjà chuté de près de 10% en bourse. La panne du 4 octobre ne fait donc que l’enfoncer dans une baisse sans précédent.

 

Une aubaine pour les autres réseaux sociaux ?

Cette panne n’a pas eu pour seul effet de bloquer Facebook, Instagram et WhatsApp. Les actions de Twitter, Pinterest et Snapchat ont aussi baissé en bourse (respectivement -5,8%, -5,7% et -5,4%). Cependant, la panne des réseaux sociaux du groupe Facebook a permis aux utilisateurs de se réunir sur Twitter pour partager leurs commentaires quant à la panne. Facebook est très rapidement devenu la risée des réseaux sociaux et Twitter s’est, une fois de plus, imposé comme le réseau sur lequel tout le monde peut se retrouver après une énième panne d’Instagram et compagnie.

Mais Twitter n’a pas été le seul à bénéficier de la panne. La messagerie Telegram est passée de la 56ème à la 5ème place des applications gratuites les plus téléchargées aux Etats-Unis en l’espace de quelques heures. De son côté, l’application Signal a attiré énormément d’utilisateurs. L’application, se présentant comme une messagerie privée qui, contrairement à Messenger et WhatsApp, protège les données de ses utilisateurs, a surfé sur la vague de mécontentement autour de Facebook depuis septembre pour attirer énormément de nouveaux utilisateurs. Sans évoquer de chiffres précis, Signal a déclaré lundi soir sur son compte Twitter que les inscriptions étaient en très forte hausse.

 

Pendant quelques heures, Facebook a tout simplement cessé d’exister sur Internet et pourtant, on n’en a probablement jamais autant parlé. L’emprise du groupe sur ses quelques 3,5 milliards d’utilisateurs mensuels a été plus que jamais représentée pendant cette panne. En attendant la réaction du groupe, Frances Haugen sera entendue ce mardi par le Sénat américain pour l’inciter à réguler Facebook.