Elyze : interview des fondateurs du Tinder de la présidentielle

 Elyze : interview des fondateurs du Tinder de la présidentielle

Elyze : Grégoire Cazcarra et François Mari

Elyze est une application mobile qui permet de déterminer son degré de comptabilité avec chacun des candidats à la présidentielle. Grégoire Cazcarra et François Mari, tous deux étudiants, ont mis au point une application mobile pour réconcilier les jeunes avec l’élection présidentielle. Ils ont accepté notre interview pour nous révéler les coulisses de formidable outil.

Bonjour Grégoire Cazcarra et François Mari. Pouvez-vous nous présenter l’application Elyze ?

Grégoire Cazcarra et François Mari : Elyze est une application gratuite pour smartphone qui vise à faire découvrir à tous les programmes des différents candidats à l’élection présidentielle. A travers cette application, nous espérons convaincre un maximum de citoyens, en particulier les jeunes, de s’intéresser à cette campagne et d’aller voter en avril !

Quels sont vos parcours ?

Grégoire Cazcarra : J’ai grandi entre Bordeaux et Sanguinet, au nord des Landes. Après le baccalauréat, je suis parti étudier à Sciences Po Paris et à la Sorbonne. Ensuite, une fois diplômé, j’ai rejoint deux autres institutions en master : l’ENS Ulm et l’ESCP. Enfin, je suis actuellement en fin de M2. Par ailleurs, côté engagements, je suis Président-fondateur du mouvement citoyen Les Engagés et co-fondateur de l’ONG A Voté. De plus, je suis auteur de deux essais, “Génération Engagée” (VA Editions, 2021) et “Aux Urnes” (Flammarion, 2022). Enfin, depuis quelques semaines, je suis co-créateur avec François de l’application Elyze !

François Mari : Je suis né à Paris et j’ai choisi d’étudier à HEC Montréal en 2020. Passionné par le monde du numérique et par la politique, j’ai lancé début 2022 avec Grégoire Cazcarra l’application Elyze.

Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre ? Comment avez-vous franchi le pas ?

Grégoire Cazcarra : Je ne me suis pas mis à “entreprendre” du jour au lendemain. En effet, une suite d’engagements se sont enchaînés progressivement. J’ai commencé à frapper à la porte d’associations dès le lycée et la suite s’est construite naturellement !

François Mari : J’ai toujours eu l’envie de construire des projets, encore plus quand ils peuvent avoir un impact positif concret ! Lorsque l’on s’est appelé avec Grégoire Cazcarra pour réfléchir à la création d’un outil lié à l’élection présidentielle, j’ai directement su que nous saurions être complémentaires.

Être étudiant et entrepreneur est-il une bonne idée ou est-ce encore plus difficile que d’entreprendre après ses études ?

Grégoire Cazcarra : Si vous avez la possibilité matérielle et logistique de le faire, et surtout si vous en avez envie, je pense qu’il ne faut pas hésiter ! La vie étudiante est aussi un moment où l’on est en droit de se chercher, de douter, de maturer son avenir professionnel. Ainsi, il n’y a rien de mieux que l’épreuve de la pratique pour avancer !

François Mari : Je commence à peine mes études donc je ne sais pas si je suis le mieux placé pour répondre à cette question (Rires). Toutefois, il est certain que lancer un projet ne peut être qu’enrichissant personnellement. Ainsi, si vous avez le temps, et surtout l’envie, c’est peut-être le meilleur moyen pour apprendre en parallèle de ses études.

Le but premier d’Elyze est de réconcilier les jeunes français avec la politique. Pour vous, quelles sont les bonnes raisons d’aller voter quand on est jeune ?

Grégoire Cazcarra : Il est difficile de répondre en seulement quelques lignes. Cependant, je pense que l’on a tous au moins une bonne raison d’aller voter, comme soutenir un candidat que l’on apprécie ou à l’inverse voter “contre” un candidat qu’on ne veut surtout pas voir triompher. Voter permet aussi de défendre une cause en particulier qui nous tient à cœur. Enfin, voter montre simplement que la jeunesse a une voix à faire entendre. Elle mérite d’être davantage prise en compte par les candidats !

François Mari : On entend régulièrement un discours affirmant que notre génération n’est pas représentée aux élections pour justifier l’abstention des jeunes. Pourtant, l’offre politique est aujourd’hui très large. En effet, chacun peut, d’une manière ou d’une autre, se retrouver dans un projet politique et faire entendre sa voix en allant voter !

Elyze a littéralement explosé dès son lancement. Comment expliquez-vous ce succès et comment communiquez-vous au quotidien pour l’entretenir ?

Grégoire Cazcarra : On ne va pas se mentir, la viralité d’Elyze a dépassé nos attentes (Rires). Cela nous a obligé à beaucoup de réactivité pour corriger les bugs, faire face aux critiques et rectifier le tir aussi vite que possible. Ce n’est pas simple quand on doit en parallèle mener d’autres projets, et suivre les cours. En effet, nous sommes toujours étudiants. Cela demande donc beaucoup d’organisation ! Heureusement, une trentaine de bénévoles nous accompagnent sur le projet, c’est donc vraiment un travail d’équipe !

François Mari : Nous avons effectivement tous été surpris par l’engouement que l’application a suscité en France. Je pense que la viralité vient surtout du concept en lui-même : beaucoup d’utilisateurs partagent leurs résultats, incitant d’autres personnes à télécharger l’application, et ainsi de suite. Au quotidien, nous avons une équipe de bénévoles extraordinaire qui nous aide à améliorer l’application.

En France, les données personnelles sont considérées avec beaucoup de sérieux. Pourquoi avez-vous récemment choisi de supprimer toutes les données récoltées ?

Grégoire Cazcarra : Même s’il a toujours été très clair que nous ne vendrions pas ces données à des partis politiques ou à des équipes de campagne, certains utilisateurs restaient inquiets. Pour qu’aucun jeune, qui aurait pu s’intéresser à la politique grâce à Elyze ne soit découragé d’utiliser l’application, nous avons pris la décision qui nous paraissait la plus claire et cohérente.

François Mari : De telles données auraient pu constituer une matière passionnante pour des chercheurs en sciences sociales ou en science politique. Les conserver représentait néanmoins une très grande responsabilité. Pour éviter tout malentendu sur leur utilisation, nous avons préféré rassurer les utilisateurs en les supprimant.

Avez-vous un bon souvenir dans vos péripéties entrepreneuriales à nous partager ?

Grégoire Cazcarra : Les moments de retrouvailles avec toute l’équipe sont les plus marquants, notamment le soir où l’on a fêté le million d’utilisateurs tous ensemble ! Je vais vous raconter une autre anecdote. Avec Elyze, l’attention médiatique a très vite été importante et nous avons dû promouvoir l’initiative dans plusieurs médias. Un jour, BFM nous propose une interview avec Bruce Toussaint en visio. François Mari était censé me rejoindre chez moi pour faire la visio ensemble. Cependant, en allant le chercher au rez-de-chaussée, j’ai oublié mes clés. Ainsi, on s’est retrouvés tous les deux dans le couloir de mon immeuble à faire l’interview derrière la porte, morts de rire. Finalement, c’était un des moments les plus épiques de l’aventure !

François Mari : L’aventure Elyze n’a vraiment débuté qu’il y a deux mois. Elle recèle pourtant de dizaines d’anecdotes ! Par exemple, j’ai en mémoire ces réunions à moitié improvisées dans l’appartement de Wallerand Moullé-Berteaux pendant lesquelles nous passions des heures à débattre pour trouver des solutions aux problèmes qui s’annonçaient.

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Avez-vous connu une réelle difficulté dans l’élaboration d’Elyze et comment l’avez-vous surpassée ?

Grégoire Cazcarra : Certains médias n’ont pas été tendres avec nous et avec le projet. Il a donc fallu déminer beaucoup de critiques et de quiproquos. Ce qui nous a permis de faire face, c’est l’incroyable énergie qui anime toute l’équipe, toujours soudée ! Ces moments de “tempête” ont encore davantage solidifié le collectif, nous ont permis d’améliorer le projet et de le renforcer.

François Mari : Ce qui est sûr, c’est que l’on a connu beaucoup de difficultés. Mais je pense que celle qui m’a le plus marqué a été le choix du nom de l’application ! (Rires)

Allez-vous vous engager par d’autres moyens dans cette élection présidentielle ?

Grégoire Cazcarra : Oui, bien sûr ! Tout d’abord, je préside depuis bientôt cinq ans le mouvement citoyen a-partisan Les Engagés, qui essaie de réconcilier les jeunes avec la politique et le débat d’idées. Nous organisons dans plusieurs villes en France des débats, conférences et rencontres avec des acteurs de la vie publique ou encore des visites de lieux institutionnels. Le rythme est très intense en ce moment, à l’approche de la présidentielle ! Je publie aussi dans quelques jours mon deuxième livre, Aux Urnes !, plaidoyer contre l’abstention à paraître chez Flammarion le 23 février.

François Mari : Pour le moment je me concentre surtout sur Elyze pour en faire le meilleur outil numérique qui puisse aider les Françaises et les Français à s’y retrouver dans cette élection.

Avez-vous un conseil à donner à un jeune qui souhaite entreprendre ?

Grégoire Cazcarra : Se lancer, oser, tenter et échouer un maximum pour gagner rapidement en expérience ! Effectivement, avec Elyze, nous avons connu des hauts et des bas. Cela nous a permis en quelques semaines seulement d’apprendre énormément sur de très nombreux plans. Ainsi, c’est en lançant des projets que l’on peut concrètement s’améliorer, comprendre ce qui nous anime au quotidien, ce qu’on a envie de faire de nos vies… Bien sûr, c’est le meilleur moyen de faire des rencontres passionnantes, qui vont aussi nous enrichir… parfois bien plus que les cours (Rires).

François Mari : Ce ne seront sans doute pas les plus originaux, mais il faut d’abord tenter quelque chose en se lançant, en faisant abstraction un instant des potentielles difficultés qui peuvent survenir. Il faut ensuite, je pense, savoir s’entourer des bonnes personnes. Par exemple, avec Elyze, nous avons eu la chance d’être très complémentaires. En effet, on se surnomme parfois “Les Avengers” (Rires).

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Recrutez-vous chez Elyze ou êtes-vous à la recherche d’une aide quelconque ?

Grégoire Cazcarra et François Mari : N’hésitez pas à nous écrire sur Instagram, @elyze.app, si vous souhaitez rejoindre l’aventure ou tout simplement suivre le projet au quotidien !

Merci Grégoire Cazcarra et François Mari pour vos réponses pertinentes et bon courage pour la suite de la présidentielle !

 

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Etudiant à Neoma (Rouen) après 2 ans de prépa au lycée Pierre de Fermat (Toulouse).