Diggers Factory : la structure de la renaissance du vinyle

 Diggers Factory : la structure de la renaissance du vinyle

Fausse idée de penser que l’écoute musicale se fait uniquement en dématérialisé, via les plateformes de streaming. Alors que le marché du CD est en déclin en 2020, le volume du marché du vinyle a été multiplié par 4,5 en 4 ans selon la SNEP (Syndicat national de l’édition phonographique). Nous sommes allés à la rencontre de Dan Biezunski qui occupe le poste de Box Product Manager chez Diggers Factory, une plateforme communautaire de vente de vinyles.

 

Présentation de Diggers Factory :

Lancé en 2016, Diggers Factory est une société de production et de distribution de vinyle à la demande. Inspiré du crowdfounding, la société permet aux artistes de financer la production de leurs vinyles sans dépenser un euro mais également de produire en fonction de la demande pour éviter la surproduction. Diggers Factory crée un nouveau modèle de distribution plus intelligent et plus équitable en connectant artistes, fans et professionnels pour produire des vinyles en éditions limitées.

 

Pouvez-vous présenter votre parcours scolaire et professionnel avant Diggers Factory ?

J’ai intégré le Master post bac EBP de Kedge Bordeaux en 2016 après avoir tenté une année à l’Université. Je suis resté 4 ans dans ce programme qui m’a permis de beaucoup voyager. J’ai passé un an et demi à Bordeaux puis un an et demi en échange dans le nord de l’Angleterre. J’ai aussi effectué mes deux stages de 6 mois dans le domaine de la musique ; le premier chez Newzik une application IOS dans le domaine de l’édition musicale puis le deuxième chez Tvinyl à Barcelone, un disquaire et une société de distribution spécialisée dans les musiques électroniques.

J’ai depuis cette année intégrer le Master 2 Management de la Production Musicale et Développement d’Artiste à MBA ESG afin d’apporter à mon cursus généraliste une spécialisation qui me correspond.

 

En quoi consiste votre métier ?

En tant que Chef de Produit, je m’occupe de la gestion et du développement de la box vinyle en France comme à l’étranger. Ce produit est un regroupement de plusieurs articles. En effet, une box est composée d’une boîte en carton à l’intérieur de laquelle on trouve un ou deux vinyles (en fonction de l’abonnement choisi), un goodie de qualité et une brochure qui nous informe sur la sélection.

En résumé, il y a la partie de curation pour la sélection, la partie logistique pour les différents articles, la partie commerciale pour démarcher de nouveaux partenaires et la partie marketing pour accroître notre présence et notre nombre d’abonnés. 

 

Pourquoi avoir choisi de rejoindre Diggers Factory et d’y occuper cette fonction ?

Je suis admiratif de cette société, j’aurais adoré avoir l’idée qui a engendré la création de l’entreprise. Car Diggers, c’est avant tout une vision selon moi ; celle de changer un processus vieux de presque 100 ans en utilisant les outils de notre temps. C’est un pied de nez à toute l’industrie de la production de vinyle.

Rejoindre Diggers Factory, c’est aussi travailler sur ce magnifique support chargé d’histoire qui revient en force ces dernières années. C’est être en plein dans la tendance.

Ce poste m’a énormément attitré car il me permettait justement de faire rentrer ce support dans les foyers et donc de continuer à faire vivre cet objet si charmant.

 

Quel lien la société Diggers Factory a-t-elle avec les sociétés d’éditions musicales comme Sony Music, Warner Music et Universal Music ?

Diggers Factory n’est ni un label, ni un producteur. Nous ne sommes propriétaires d’aucun master. Nous négocions donc des contrats de licence auprès de ces acteurs. Nous travaillons avec tous types de label, que ça soit des majors ou bien des indépendants.

 

Avec quels types d’artistes travaillez-vous ?

Nous travaillons avec tous types d’artistes ! Aucune segmentation de styles musicaux n’est faite, il est important pour nous de refléter notre éclectisme et nous avons grand plaisir à travailler de cette façon.

Nous proposons des vinyles d’artistes mondialement connus comme Ennio Morricone, Miles Davies, Elvis Presley, Bob Dylan, ou Iggy Pop. Des stars françaises allant de Johnny à Arnaud Rebotini en passant par Yves Montand jusqu’à la MAFIA K’1 FRY. Des artistes du monde entier comme Manu Dibango, Chris Korda, Miguel Zenón et les Mighty Diamonds et une multitude d’artistes à découvrir. 

« Si le renouveau du vinyle peut apparaître en contradiction avec l’évolution des modes actuels de consommation de la musique, il témoigne de l’attachement des consommateurs aux artistes qu’ils écoutent. Les streamers assidus achètent aussi les vinyles de leurs artistes préférés. Il y a vingt ans, les fans achetaient le CD mais aussi le t-shirt et le poster de la tournée, dans un monde dématérialisé à l’extrême, le vinyle est (re)devenu un objet de lien avec l’artiste ». (SNEP)

 

Quel relation la société a-t-elle avec les artistes musicaux ?

Vous imaginez bien que nous sommes très appréciés des artistes étant donné qu’on leur permet de produire leur vinyle sans frais ! De plus, Ils disposent d’un payback très avantageux, surtout quand on le compare à celui du streaming.

Nous sommes une aubaine pour les artistes, les grands comme les petits puisque tous sont intéressés par notre modèle de production.

 

Des conseils pour les étudiants intéressés par les métiers de l’industrie musicale ?

J’aurai aimé qu’on m’en donne ! Mes conseils sont très simples : engranger un maximum d’expérience. Multiplier les expériences dans le domaine dès le plus jeune âge sera votre force.

Le Service civique propose des missions dans l’industrie musicale. Ensuite, trouvez des stages via Irmawork et ProfilCulture. Pratiquez des instruments de musique ou toute autres activités artistiques liées à la musique. Et surtout, continuez de sortir, d’aller aux festivals, aux concerts, en club, dans les bars, dans les conservatoires… Rencontrez des gens, demandez des conseils, informez-vous ! En une phrase : soyez curieux et allez chercher le destin que vous voulez car personne ne viendra vous l’apporter.

« 42% des acheteurs d’albums vinyle ont moins de 30 ans et les nouveautés musicales occupent une place toujours plus grande dans le top 50 vinyle ». (SNEP)