Dans les coulisses d’Amazon, le géant du e-commerce

 Dans les coulisses d’Amazon, le géant du e-commerce

Amazon est une entreprise américaine créée par Jeff Bezos en 1994 à Seattle. La source de son business est le commerce en ligne, avec pour produit d’origine le livre. Puis, la firme s’est peu à peu diversifiée dans sa vente de produit, allant à présent jusqu’à vendre des biens matériels et de la nourriture. Aujourd’hui, Amazon fait parti des GAFAM, avec près d’un million d’employés à travers le monde, et au premier trimestre de 2021, son chiffre d’affaire s’estimait à 108 milliards de dollars.

 

Amazon s’engage dans la lutte contre le réchauffement climatique ?

Qui n’a jamais trouvé son bonheur sur Amazon ? En faisant le paris de répondre à toute forme de demande, Amazon est rapidement devenu le symbole de la société de surconsommation. Car on l’oublie trop souvent mais derrière cette plateforme informatique se cache un immense circuit de production, extrêmement polluant : à elle seule, l’entreprise représente près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre de la France. Cette situation s’explique notamment par sa politique de prix cassés qui stimule une demande toujours plus grande. Par ailleurs, le manque de mesures pour l’environnement est visible dans sa gestion du recyclage, qui est presque inexistant. En effet le géant du numérique favorise la destruction des stocks de produits neufs invendus afin de limiter au maximum les coûts de stockages, qui augmentent avec le temps. Ainsi, contrairement aux autres entreprises GAFA, Amazon ne semble aujourd’hui pas très enclin à modifier ses pratiques dans une logique de rentabilité économique.

Pourtant, à côté de cela, l’entreprise semble s’investir indirectement dans la lutte contre le réchauffement climatique, notamment au travers d’investissements massifs dans des énergies renouvelables et vertes. De fait, Amazon a annoncé cette année avoir investit dans la construction de près de neuf parcs solaires et éoliens à travers le monde. Cet investissement s’ajoute aux quelques 200 autres projets d’énergies renouvelables défendu par ce géant du numérique, faisant de lui le plus grand acheteur institutionnel d’énergies renouvelables en Europe.

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Les relations d’Amazon avec ses employés

Dans cette même logique d’efficacité économique, Amazon a progressivement imposé à ses salariés des conditions de travail très difficiles : chantages, lieux de travail insalubres, manque de matériel et mauvaises rémunérations font parti du quotidien des travailleurs. D’ailleurs la pandémie avait été un bon moyen de dévoiler au grand jour les méthodes de la firme, notamment du fait du manque de protections procurées aux employés en terme de gel hydroalcoolique et de masques. Au-delà de cette critique, Amazon a été sous le feu d’autres accusations peu flatteuses quant à sa manière d’encadrer ses employés, notamment avec le scandale des pourboires non versés à des livreurs indépendant travaillant pour le programme Amazon Flex. Ces pourboires étaient supposés compenser une faible rémunération (entre 18 et 25 $ de l’heure), mais il s’avère que la firme s’est en réalité emparée d’une partie de ces pourboires au lieu de les redistribuer. Pour mettre fin au scandale, Amazon a donc dû s’engager à payer une amende de 61,7 millions de dollars.

En parallèle de cela, l’entreprise est également accusée de détruire les emplois locaux en essayant de d’appliquer au maximum une automatisation de ses entrepôts logistiques et les magasins sans employés Amazon Go, provoquant la destruction de manière indirecte de près de 20 200 emplois de commerce de proximité. Ainsi, le nombre d’employés de cette multinationale est en chute libre, avec « seulement » 750 000 employés en 2019 pour une entreprise d’une telle taille. D’ailleurs en France on estime qu’Amazon emploie 2,2 fois moins de travailleurs que les commerçants traditionnels.

 

Amazon et le respect de la concurrence

Cette tendance à limiter au maximum ses coûts de productions ne laisse aucun doute sur la volonté d’Amazon d’assurer sa position dominante sur le marché mondial. Pourtant ces efforts questionnent non seulement sur le plan éthique mais également sur le plan concurrentiel. Déjà les Etats-Unis, pourtant pays berceau de la firme reproche aujourd’hui des pratiques anticoncurrentielles qui conduirait in fine à une situation de monopole. Parmi ces pratiques, la plus critiquée est la mise en place d’une close imposée aux entreprises en partenariat avec Amazon, leur interdisant de vendre leur produits moins chers sur d’autres sites. Ainsi Amazon s’assure de proposer des produits à des prix choisi par ses soins et forcément plus avantageux que sur le reste du marché.

De plus les Etats-Unis ne sont pas les seuls à vouloir attaquer Amazon sur ses pratiques anticoncurrentielles, puisque la Commission Européenne a attaqué en 2020 la firme multinationale  pour les mêmes raisons. Cette dernière profiterait du fait que des vendeurs utilisent sa plateforme de commerce en ligne pour recueillir des informations essentielles sur leurs clients et ainsi, détourner le schéma classique de la concurrence. Tandis qu’un commerçant classique doit investir une somme d’argent conséquente pour recueillir de telles informations, la firme fait face à un gain de temps et d’argent qui ne laisse aucune place à la concurrence sur le marché du e-commerce. 

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