Google: origine, évolutions, stratégies et perspectives

 Google: origine, évolutions, stratégies et perspectives

L’entreprise Google a été créée en 1997 par M. Brin et M. Page. Le succès de l’entreprise tient notamment à sa capacité à se diversifier, puisqu’elle s’est lancée dans la messagerie (Gmail) pour concurrencer Microsoft et son serveur Chrome, puis en s’engageant dans le marché des téléphones avec Android. Finalement, le chiffre d’affaire est estimé à 180 milliards de dollars et l’entreprise compte près de 50 000 employés.

Comment Google s’est engagé dans l’environnement ?

Depuis quelques années l’entreprise démontre ses efforts afin de lutter contre le réchauffement climatique, en témoigne l’annonce faite par le PDG de la boite, Sundar Pichai, qui a déclaré ne vouloir utiliser que des énergies renouvelables d’ici 2030. Déjà depuis 2007 Google prétend avoir atteint une certaine neutralité carbone, c’est-à-dire que ses émissions de gaz à effet de serre ne dépassent pas les capacités d’absorption de la Terre. Ce virement au vert a été possible grâce à des accords de long terme passés avec des promoteurs d’énergies renouvelables, comme par exemple l’accord de construction d’une centrale solaire de 120 mégawatts en Albany. Si ce projet a été extrêmement couteux (près de 2,5 milliards de dollars), il a tout de même permis d’atteindre la neutralité carbone. D’un autre côté, des efforts sont menés dans le but de réduire la pollution produite par les data centers. Pour cela, Google s’est engagé à acheter des crédits carbones ou à planter des arbres pour capter le C0² afin de compenser leurs émissions. Aujourd’hui, Sundar Pichai souhaite miser sur les énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien mais aussi sur l’intelligence artificielle pour démultiplier les efforts dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’objectif ? Pouvoir enfin décupler les capacités de stockages encore limitées de ces énergies renouvelables.
Si Google se montre aussi enclin à passer au vert, c’est parce que ses activités sont extrêmement polluantes. En effet on estime qu’en 2015, la consommation d’électricité de la boite équivalait à celle de l’intégralité de la ville de San Francisco. Pour autant, il ne faut pas se leurrer : les couts d’extraction des énergies utilisée par le Géant de l’informatique et la presque absence de recyclage de ses produits entachent quelques peu les efforts menés jusqu’à présent.

La relation entre le Géant et ses employés

La spécificité du géant de la tech reste l’engagement important des salariés sur les questions éthiques. Déjà en 2018 la filière d’Alphabet avait dû faire face à des oppositions en interne au sujet du programme de recherche Maven. Ce dernier consistait à mettre en place des systèmes d’intelligence artificielle et de reconnaissance d’images pour des drones militaires. Or, les salariés Google, très attachés au mantra de la boite « Don’t Be Evil », avaient fait suivre une pétition au PDG M. Pichai pour sortir du projet et plusieurs chercheurs avaient déposés leur démission en signe de protestation. Ces manifestations sont la preuve que les employés ont une certaine influence sur l’organisation de la boite et ses actions.
D’un autre côté, Google offre un cadre de vie idyllique à ses employés : congés-payés, mutuelle de qualité et une bonne épargne retraite ; sans compter le confort matériel proposé aux frais de l’entreprise : salles de détentes, cours de sports, restaurants et crèches pour les enfants. Tout ce luxe reste pour autant quelque peu critiqué en interne, et beaucoup dénoncent une omniprésence de la boite dans la vie privée des employés. En parallèle de cela, la crise du Covid est venue compliquer les choses puisque Google a rendu la vaccination obligatoire pour ses employés qui souhaiteraient intégrer les locaux. Cette mesure est d’autant plus questionnable que le PDG a annoncé que dès la réouverture, 80% des employés devraient travailler en présentiel au moins trois jours par semaine.

Google et la concurrence

L’entreprise a connu plusieurs accrocs avec les autorités étrangères, notamment sur la question de la politique de concurrence, jugée déloyale pour certains. Récemment la France a d’ailleurs condamné Google à payer une amende de 220 millions d’euros à cause de ses méthodes publicitaires sur ses appareils électroniques. En effet Google aurait abusé de sa position dominante dans la publicité, allant jusqu’à mettre en péril certains groupes de presse dont les revenus dépendent en partie des campagnes publicitaires. Si cette amende est d’un niveau dérisoire face aux recettes faramineuses de Google, il n’en reste pas moins que c’est la preuve d’un changement de mentalité parmi les concurrents de Google, d’autant plus que le géant n’a pas tenté de s’opposer à cette sanction et a même proposé de revoir ses pratiques.
D’un autre côté, Google a également dû faire face à plusieurs accusations de pratiques anticoncurrentielles, mais cette fois-ci vis-à-vis de la Chine. Ce n’est un secret pour personne, la Chine et les Etats-Unis se livrent une guerre acharnée sur la question des nouvelles technologies, et celle-ci est visible à travers le comportement des entreprises. Ainsi l’entreprise chinoise leadeuse Huawei a accusé Google de profiter de sa position dominante avec son système Android pour réduire la concurrence des entreprises chinoises.

Zoom sur les relations avec la Chine

Encore aujourd’hui, l’accès à Google depuis le territoire chinois est tout sauf facile. En effet, le gouvernement avait été très clair quant aux restrictions imposées à la firme sur la question du libre accès à Internet. Si Google avait refusé de se plier à ces restrictions liberticides, il n’en reste pas moins qu’il a plusieurs fois proposé des projets pour réintégrer le marché chinois. Déjà en 2006 il avait proposé un projet de moteur de recherche censuré utilisable en Chine mais ce dernier avait été abandonné en cours de route face à l’opposition à la fois chinoise et occidentale. Pourtant l’entreprise ne s’était pas démontée puisqu’en 2018 elle proposait le projet Dragonfly, qui était dans le même esprit que celui de 2006. Sans surprise, il a provoqué autant de protestations et plusieurs employés ont démissionné pour montrer leur désaccord. Quelques temps après leur annonce, le porte-parole de Google avait déploré avoir renoncé au projet, bien que beaucoup suspectent encore que des recherches soient menées en secret. D’ailleurs Trump avait plusieurs fois accusé Google de travailler avec le gouvernement chinois.