Rencontre avec Jean-Charles Brandely, CEO de l’Ecole Française

 Rencontre avec Jean-Charles Brandely, CEO de l’Ecole Française

Des plus grands cabinets de conseils à l’entrepreneuriat en passant par la transformation et le marketing digital, zoom sur le parcours d’exception de Jean-Charles Brandely.

 

Bonjour, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Bonjour, alors j’ai fait Maths sup Maths Spé, j’ai intégré en 3/2 Telecom physique Strasbourg puis j’ai par la suite fait un master à HEC ; je trouvais intéressant d’acquérir des compétences techniques et business. Deux aspects de formations intéressants et qui n’étaient pas si fréquent à l’époque.

 

Vous avez commencé votre carrière en tant que consultant chez Oliver Wyman…

J’ai d’abord commencé en stage chez Gemini Consulting, avant que ça devienne Capgemini, puis avec les associés du cabinet nous avons fondé un cabinet indépendant : Hemeria qui a été ensuite vendu à Oliver Wyman. Le conseil permettait de répondre à des problématiques variés, complexes et stratégiques sans forcément me focaliser sur une entreprise en particulier. J’ai aussi fait des missions dans le secteur des télécoms. Dans ces cabinets de conseils il y a en réalité 50% de personnes issues d’école de commerce et 50% issues d’école d’ingénieurs.

 

Ensuite, vous avez rejoint Bain & Company, une entreprise qui fait rêver les étudiants de Grandes Ecoles…

J’ai rejoint cet autre grand cabinet américain pour rejoindre l’équipe télécom-tech-média. J’ai eu la chance de travailler sur des projets stratégiques très intéressants, au contact des directions générales. Par exemple, j’ai notamment travaillé sur le rapprochement des infrastructures télécoms entre deux opérateurs au Royaume-Uni avec des problématiques très variées.

 

Pourquoi avoir choisi le domaine du consulting et de la stratégie ?

La raison principale était de me dire que je pourrais changer de secteur et problématique régulièrement mais ne pas me fixer sur un sujet en particulier, mais aussi la possibilité de faire de l’international car les cabinets de ce domaine avaient des bureaux partout dans le monde.

 

Quelles doivent être les principales qualités d’un consultant en stratégie ?

Excellente question… Je dirais qu’il faut être très analytique avant tout. Deuxième point, la curiosité ; il faut une grande capacité de synthèse et il faut notamment essayer de comprendre l’environnement concurrentiel d’une entreprise. Il faut aussi être bon en communication et il faut bien s’entendre et savoir travailler en équipe.

 

Vous avez ensuite rejoint des plus petites entreprises dans le secteur de la tech et du digital, pourquoi ce choix ?

Un consultant stratégie ne participe pas à la mise en œuvre de ses idées et de ses recommandations ; et cela peut manquer. J’ai donc rejoint le groupe IPSOS, qui est une boîte de Market Research, qui opère dans 80 pays et qui fait notamment des études de marché pour l’Oréal, Unilever… Pour travailler sur leur transformation digitale j’y ai passé 2 ans. J’ai ensuite rejoint le groupe PageJaunes qui est devenu SoLocal, j’étais d’abord sur la partie produit et mobile en développant les sites et les applications avec des stratégies sur le contenu, les partenariats avec Google et Facebook notamment. Puis sur la partie commerciale j’étais le patron de 2 business units où j’étais en charge des équipes commerciales, marketing, service clients afin de vendre des produits publicitaires à des annonceurs. On vendait notamment aux PME des sites Internet, du référencement Google, de la pub sur Facebook etc. J’ai fait ça durant sept ans, 95% de l’activité de Page Jaune était en France. Durant cette période, on a développé le chiffre d’affaires de plus de 100 millions d’euros en digital, on a désendetté le groupe qui avait à ce moment plus de 2 milliards de dettes en la réduisant à 300 millions et en comptant plus de 400 000 clients PME. Puis après cette expérience je me suis engagé sur une voie entrepreneuriale, avec l’ancien PDG du groupe Solocal on a créé une Start-up qui s’appelle DeepReach, plateforme de marketing digitale qui va aider les régis à gérer leurs campagnes digitales pour leurs annonceurs au niveau local. On travaillait notamment pour des entreprises telle que Burger King ou Leroy Merlin.

 

Actuellement à la tête de l’École Française, qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre cette institution ?

Je souhaitais apporter cette expérience du digital, permettre de développer l’entreprise encore plus fort dans cette direction-là. Ce qui m’a aussi motivé c’est cette mission de se dire que chaque français puisse trouver la formation qu’il lui convient dans sa vie professionnelle. Le monde du travail a évolué ces dernières années : des personnes souhaitent monter en compétence pour être plus à l’aise dans leur travail, se former pour avoir une promotion ou changer d’entreprise. Les entreprises elles-mêmes ont besoin de gens qui ont des compétences de plus en plus solides. Cette tendance de fond m’intéressait particulièrement pour aider ce mouvement et aider les français à monter en compétences dans leur métier et améliorer la compétitivité générale des entreprises et des salariés.

 

Qu’est-ce que l’École Française ?

L’École française offre des formations professionnelles, pour des personnes travaillant déjà ; elles préparent à des certifications, compétences et formations 100% faisable à distance et pris en charge grâce au CPF (compte professionnel de formation). On y trouve des formations Création d’Entreprise mais aussi de management, de communication oral, d’anglais etc. On n’y apprend pas un métier mais une compétence. C’est intéressant car ça permet d’acquérir une compétence qui va nous servir directement dans le métier. C’est une grande force de notre proposition : proposer un contenu utile, facile d’accès, certifiant. Les formations se déroulent sur une plateforme en ligne on y trouve des vidéos structurées par des formateurs avec du contenus et des interactions avec la possibilité d’être accompagné tout au long du parcours par des spécialistes du sujet.

 

A quoi ressemble le quotidien d’un CEO ?

Une journée bien chargée…. beaucoup de responsabilités, on est dans une croissance importante donc on doit faire fonctionner une équipe compétente et remplie de talents. Je dois les faire travailler ensemble, viser à avoir les meilleurs outils et services possibles pour nos clients. Mon agenda fait que deux journées ne se ressemblent pas, je touche à beaucoup de sujets différents, c’est aussi le propre d’une start-up, ce côté agile de la start-up, toucher à plusieurs sujets et à avoir des résultats tout de suite dans ce que je fais.

 

Vous cherchez quels types de profil au sein de l’École Française ?

On recrute à fond ! On recrute des profils marketing, des profils commerciaux, des développeurs web mais aussi sur la partie data, pédagogique et contenu (crée les parcours pédagogique). Il y a également des besoins dans les secteurs supports classiques (finance etc.).

 

Comment se déroule le process de recrutement ?

On ne recrute pas les mêmes personnes donc les process de recrutement ne sont pas les mêmes. Si on est dans un process pour un ingénieur qui a candidaté on est plus sur 3 entretiens et un test sur du codage, pour quelqu’un qui serait dans la fonction marketing se serait plus 3 entretiens et une étude de cas.

 

Vous avez développé une stratégie très digitale et très « jeune » en publiant sur des réseaux qui ont une audience très jeune tel Tiktok pourquoi avoir développé cet aspect.

On a une approche très multicanale. Notre but est que chaque français trouve la formation qui lui correspond. On va là où les français sont et il n’y a pas forcément que des jeunes sur Tiktok, qui a réussi à construire une audience importante avec beaucoup d’engagement donc il n’est pas étonnant que les annonceurs s’y intéressent.

 

Des conseils pour des étudiants qui souhaitent devenir dirigeant d’entreprise ?

Pour entreprendre, il faut d’abord avoir le courage de se lancer, plus on est jeune moins on a de risques à prendre donc il faut y aller… J’ai l’impression qu’il y a une tendance de fond des étudiants à se lancer, avec pleins de projets. Ça a toujours de la valeur d’avoir essayé d’entreprendre car je crois que ça ne s’apprend pas. Pour devenir dirigeant le plus simple est de créer sa propre et c’est peut-être plus compliqué lorsqu’on passe par des postes plus classiques mais il faut aussi essayer d’entreprendre même au sein d’entreprises existantes.

 

Le mot de la fin ?

S’il y a des étudiants motivés pour travailler dans une entreprise en pleine croissance sur un sujet avec une vraie mission sur la formation, très digitale, très innovante, on recrute des jeunes diplômés donc n’hésitez pas à envoyer des CV !