Les levées de fonds : une rentabilité assurée ?

 Les levées de fonds : une rentabilité assurée ?

Les levées de fonds : une rentabilité assurée ?

Les levées de fonds atteignent des records en 2022. Le président Macron avait fixé comme objectif que la France atteigne le nombre de 25 licornes d’ici à 2025 : le 17 janvier 2022, cela a été accompli ! Les licornes françaises sont de plus en plus nombreuses et cela est dû en partie aux levées de fonds qui permettent aux startups de dépasser le milliard d’euros de valorisation. Les montants de ces dernières dépassent l’entendement et atteignent une moyenne de 15 millions d’euros. Cependant, qu’en est-il de la rentabilité de ces entreprises ? Combien générèrent-elles réellement ? 

Intéressons-nous à la valeur réelle de ces levées de fonds et à leur apport pour les startups. 

 

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La FrenchTech bat des records en termes de levées de fonds

En 2021, la FrenchTech bat des records et atteint les 11,6 milliards d’euros levés. On dénombre 784 opérations, ce qui représente une hausse de 26% par rapport à 2020, avec exactement 11,57 milliards d’euros levés, soit +115% par rapport à l’année précédente (5,39 milliards). Rappelons que les levées de fonds s’exercent en général auprès d’entreprises ou de Business Angel qui participent au capital de la startup en échange d’une partie de l’entreprise. Cela leur permet d’avoir un certain contrôle sur ses actions et sa stratégie. 

En échange, les investisseurs attendent un retour de la startup et peuvent participer à son développement. Ils sont souvent aussi intéressés par la technologie que propose la startup et entendent pouvoir la récupérer dans le cas où cette dernière s’effondrerait. En effet, la plupart des startups qui se développent aujourd’hui sont dans le secteur des technologies ou du e-commerce. Cela implique le développement d’une technologie innovatrice qui peut ensuite être récupérée et adaptée à d’autres usages. 

 

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Le montant de la levée de fonds : nouvel indicateur de l’économie ? 

Le montant des levées de fonds ne cesse d’augmenter. Doit-on voir dans ce dernier le nouvel indicateur de l’économie ? En effet, il semble que la première information qui soit communiquée lors de l’arrivée d’une nouvelle licorne est le montant de sa dernière levée de fonds. Or, d’autres indicateurs, comme la rentabilité de l’entreprise pour un euro levé, semblent bien plus révélateurs de la performance de la startup. 

De plus, cette course à la levée de fonds porte atteinte à la pérennité des startups. Rien qu’en janvier 2022, trois entreprises sont devenues des licornes, surpassant à chaque fois l’entreprise précédente grâce à sa levée de fonds. Rappelons que moins de 10% des entreprises sont rentables après avoir levé des fonds. Mettre en avant ce montant n’est donc pas nécessairement l’indicateur le plus représentatif de la réussite estimée de l’entreprise.

 

La levée de fonds vaut-elle les inconvénients qui vont avec ? 

Tout d’abord, il semble intéressant de revenir sur le fonctionnement des levées de fonds et donc l’intérêt des investisseurs à faire confiance aux startups. Une levée de fonds se fait en échange d’une perte de contrôle d’une partie de sa société. En effet, les Business Angel acceptent d’investir de l’argent en échange d’un certain montant des parts de l’entreprise. Ils peuvent ensuite participer à sa stratégie et exiger un retour sur investissement. 

La levée de fonds entraîne donc aussi une certaine pression sur les équipes, tant avant la levée de fonds, qu’après. Avant la levée de fonds, il y a une volonté de récolter le plus de fonds possibles et de négocier au mieux la dilution des parts de l’entreprise. Après, il faut se montrer à la hauteur du business plan approuvé par les investisseurs et rentabiliser ces fonds. 

 

La levée de fonds n’est pas toujours rentable…

Bien que l’objectif des entreprises qui lèvent des fonds soit d’être rentables sur le long terme, il reste important de souligner que la plupart ne subsiste pas jusqu’à le devenir. En effet, on estime que seules 5% des startups sont rentables et la plupart lève des millions sans jamais atteindre l’équilibre financier par la suite. Par exemple, l’entreprise Take It Easy avait réussi à lever près de 16 millions d’euros en 2015 et s’était retrouvée en redressement judiciaire en 2016. De même, la startup Save avait levé 15 millions d’euros et avait était placée en redressement judiciaire moins de deux ans plus tard. 

Par conséquent, le montant des levées de fonds n’est pas un indicateur représentatif de la valeur d’une entreprise et ne témoigne en aucun cas de sa performance future. 

Il faut cependant noter que les startups cherchent souvent à être rentables sur le long terme et non pas dans l’immédiat. Le meilleur exemple de cela est sûrement Amazon qui a mis 9 ans avant d’être rentable. 

 

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