Les demandes en RSE explosent sur le marché du travail

 Les demandes en RSE explosent sur le marché du travail

La RSE est aujourd’hui une des matières placées au centre des enseignements au sein des écoles de commerce. Tout étudiant est formé aux enjeux de la Responsabilité Sociétale des Entreprises afin d’avoir une vision globale de l’impact de son travail sur le monde. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Pendant longtemps, des compétences en RSE n’étaient pas valorisées pendant les recrutements, et une carrière exclusivement orientée vers ce domaine n’avait que peu d’intérêt pour les recruteurs. En effet, les débouchés étaient peu nombreux, les perspectives d’évolution peu attrayantes et les salaires assez faibles. Or, on assiste à un retournement de situation depuis les cinq dernières années, et l’attrait pour les profils spécialisés en RSE ne fait qu’augmenter.

 

Des profils valorisés et prisés

Alors que 4,7% des entreprises composant les grands indices boursiers avaient recours à 100% d’énergie renouvelable en 2019, on les dénombre à 8% aujourd’hui. Dans la même lignée, les employeurs ont décidé d’ajuster leur politique pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris concernant la hausse des températures de moins de 2°. On remarque que 51% d’entre eux ont déjà réorienté leur politique d’entreprise, alors qu’ils n’étaient même pas 20% en 2019. Ces différentes décisions sont à imputer au travail des responsables RSE de ces sociétés, qui sont en train de s’imposer comme acteur majeur dans les stratégies des entreprises, pour coordonner de tels changements.

Or, les postes dans la RSE étaient encore peu valorisés jusqu’à début 2019, ce qui explique que peu d’étudiants aient décidé de se spécialiser dans ce domaine. Aujourd’hui, ces profils sont rares et, donc, précieux. On note une augmentation de 10% des salaires des diplômés dans la RSE depuis la prise de conscience des entreprises sur leur impact environnemental. Pour preuve, entre 2019 et 2020, on a vu une multiplication par 3 du nombre d’ouvertures de postes dans la RSE. Pour s’adapter à la croissance des métiers à Impact, les grandes écoles ont intégré à part entière la RSE au sein de leurs matières de tronc commun. Aujourd’hui, les grandes écoles de commerce développent de nombreux Masters, MSc, ou doubles-diplômes dans le domaine de la RSE pour permettre à leurs étudiants, futurs diplômés, de faire valoir leur CV sur un marché du travail qui se réinvente vers la RSE. Ce domaine est actuellement en pleine expansion, il est donc nécessaire de se tenir à jour des différents enjeux environnementaux et de garder une vision globale des stratégies d’entreprise. C’est dans ce contexte que les formations proposées par les écoles doivent être complètes et, plus que d’enseigner à leurs étudiants les tenants et aboutissants des enjeux du développement durable, leur apprendre à réfléchir et à s’adapter à chaque situation pour proposer une solution responsable et innovatrice.

 

Des secteurs qui doivent se réinventer

Une telle évolution de l’importance des métiers à Impact nécessite une refonte complète de la stratégie de certains secteurs très concernés par la RSE. On peut tout d’abord citer l’agroalimentaire, qui a créé une nouvelle norme, ISO 26030, pour mettre en avant les entreprises qui respectaient les principes de la RSE. Le ministère de l’agriculture estime que « dans les appels d’offres, ces notions seront bientôt systématiques. Une exigence pour répondre aux attentes des consommateurs ». L’objectif est donc bien d’assurer une production plus éthique, qui se soucie d’avantage des enjeux sociaux et environnementaux en favorisant la culture bio, la traçabilité ou encore l’ancrage territorial.

De son côté, l’immobilier se met au vert en intégrant les principes de la RSE pour créer des viles durables et résiliantes. Pour l’immobilier, cela va de pair avec les fonds d’investissement socialement responsables. Ces fonds privilégient les entreprises qui intègrent des critères extra-financiers : l’environnement et les questions sociales et éthiques. Les sociétés immobilières, étant un acteur central dans la création de la valeur immobilière, s’orientent donc depuis plusieurs années vers la RSE, en s’assurant notamment que leurs services aient une « valeur durable ».

Ainsi, l’agroalimentaire, l’immobilier, le conseil, ou encore le textile, sont des secteurs qui ont besoin d’un changement de fond dans leurs politiques d’entreprise pour attirer des profils capables de répondre à ces différentes problématiques. Là où le résultat a longtemps été l’objectif central de ces secteurs, ils doivent maintenant le doubler d’une « valeur durable ». Pour ce faire, les postes en RSE sont en train de se multiplier, et de réelles qualifications et compétences dans ce domaine sont nécessaires. Pour répondre à ces besoins croissants en RSE, les entreprises doivent induire de profonds changements dans leur système de recrutement. Une revalorisation des postes, de meilleures perspectives d’évolution de carrières, ou encore de meilleurs salaires semblent nécessaires pour ces nouveaux profils, qualifiés en RSE.

De nombreuses entreprises voient la RSE comme un « nouveau conseil ». En effet, elles recherchent des profils capables de connaître les obligations légales, tous les stades de la production et la commercialisation des produits pour prévoir la stratégie de l’entreprise sur plusieurs années. Il est même possible que la RSE et le conseil finissent par fusionner dans l’avenir.