Entretien avec Théo Lion, fondateur de la start-up Coudac

 Entretien avec Théo Lion, fondateur de la start-up Coudac

Découvrez dans cet article l’interview de Théo Lion, CEO et co-fondateur de Coudac. Tout juste diplômé d’HEC Paris, il vous parlera de son parcours et de son choix d’entreprendre. 

 

Peux-tu te présenter brièvement et nous parler de ton parcours ? 

Je m’appelle Théo Lion, j’ai 24 ans et je suis diplômé d’HEC Paris depuis peu. J’ai un parcours assez classique, j’ai fait ma scolarité à Versailles au Lycée Notre Dame De Grandchamp. J’ai ensuite intégré une classe préparatoire ECS dans ce même lycée. Par la suite j’ai intégré en 2016 HEC Paris où j’ai passé des années géniales !  

Lors de mon année de césure, j’ai eu l’occasion de travailler en tant que product owner dans une boîte tech. Je me suis aussi lancé dans le poker et j’ai pu jouer en tant que joueur semi-professionnel pendant plusieurs mois. Ensuite, j’ai fait du freelance, j’ai beaucoup utilisé LinkedIn qui est un gros vecteur d’accélération. J’étais très actif sur ce réseau, et cela m’a permis d’avoir une communauté. Enfin, cela m’a amené à créer Coudac, une agence spécialisée dans l’accompagnement des entreprises pour faire exploser leur performance social-ads de leur marque e-commerce. L’entreprise a aujourd’hui 18 mois et emploie 34 personnes. 

 

Pourquoi as-tu choisi de t’orienter vers le domaine de l’entrepreneuriat ?  

L’entrepreneuriat est un secteur dans lequel tout le monde veut être. Tout le monde veut créer une boîte mais très peu passent à l’action. 

Personnellement, cela vient d’une frustration. Lors d’un stage en Australie qui s’est mal passé, je ne voulais plus bosser pour quelqu’un d’autre. J’avais l’impression de faire des trucs qui ne servaient à rien. J’ai donc voulu que mon métier et mes actions aient du sens, c’est pour cela que je me suis orienté vers l’entrepreneuriat. Cela s’est fait assez naturellement. 

Ce que m’ont appris les stages que j’ai effectués c’est que la culture d’entreprise est très importante ! Ensuite, cela m’a appris ce qu’est un bon, et un mauvais manager. 

 

Pourrais-tu nous présenter Coudac ? 

Comme je l’ai dit précédemment, Coudac est une agence qui accompagne les entreprises pour leur site e-commerce. On aide nos clients à scaler grâce aux social ads (Facebook, Instagram, Tiktok, Snapchat, Pinterest, YouTube). Nous avons jusqu’à aujourd’hui géré plus de 8 millions d’euros de budget publicitairepour nos clients. On a produit plus de 1850 publicités pour nos clients et accompagné plus de 120 clients. L’entreprise aura 2 ans en avril 2022 et nous avons réussi en 18 mois à réaliser un chiffre d’affaires mensuel de plus de 200 mille euros.  

 

Tu possèdes également une chaîne YouTube qui compte plus de 12K abonnés. Pourquoi avoir créé cette chaîne et qu’est-ce que cela t’apporte ?  

La raison pour laquelle j’ai créé cette chaîne est simplement pour me diversifier de LinkedIn. LinkedIn était hyper fort et m’a apporté beaucoup de clients mais je ne peux pas dépendre d’un seul canal d’acquisition. J’ai donc créé ma chaîne en me disant que YouTube serait mon deuxième canal d’acquisition. Finalement, la vraie chose que m’a apporté cette chaîne, c’est un fort avantage concurrentiel. La raison étant que nous n’avons aucun concurrent qui est de façon assidue sur YouTube. C’est donc vraiment YouTube qui nous différencie, et le fait d’utiliser ces deux canaux renforce cet avantage.   

 

Quelles sont les difficultés que tu as pu rencontrer lors de ton parcours d’étudiant entrepreneur ? 

Ce que l’on sous-estime un peu, c’est l’impact mental. Il faut arriver à prendre de la distance avec ce que tu fais. C’est très dur à faire mais c’est important d’y arriver. Quand tu es entrepreneur, tu es dans les extrêmes, soit tu es le roi du monde, soit le roi des idiots. Et le but est de réussir à réduire les oscillations de cet aspect-là. Cela s’apprend avec le temps. 

Quand on se lance dans un projet, on ne sait jamais si c’est bien ou non, c’est le marché qui nous le dira. Le problème est que le feedback du marché est décorrélé en termes de temps, c’est-à-dire que tu fais ton action, et tu auras ton feedback plusieurs mois après.  

On a tendance à demander autour de soi si ce que l’on veut faire est bien ou non, et c’est normal finalement. Mais un bon entrepreneur est un entrepreneur qui exécute rapidement. Que ce soit bien ou pas bien, il exécute vite, et il arrive rapidement à délivrer plus de tâches que les autres et donc à faire la différence. 

 

 

Est-ce qu’il existe une journée type pour un CEO ? Peux-tu nous décrire à quoi ressemblent tes journées ?  

Il n’y a aucune journée type pour un CEO pour plusieurs raisons. La première est que ma journée type de ce trimestre-là est différente de ce qu’elle était le trimestre précédent. En effet, tous les deux/trois mois, il faut redéfinir tout ce que je fais. 80% de mon travail change. 

La fonction de CEO te permet d’avoir un luxe, c’est que tu es la personne qui possède le plus d’informations dans la boîte. Et celui qui prend les meilleures décisions n’est pas le plus intelligent mais celui qui possède le plus d’informations. Mon travail est donc de prendre des décisions et d’optimiser mon temps pour prendre les meilleures décisions. Il faut passer du temps sur les valeurs que seul moi peux apporter. De ce fait, le temps est précieux et il doit être utilisé minutieusement pour se renseigner sur les bonnes décisions et pour les prendre.   

Ensuite, la fonction clé que seul moi pouvais faire au début était de faire connaître mon produit, le faire évoluer et le vendre à des gens, pour que je puisse après l’apprendre à d’autres personnes. Et maintenant ce que je vais faire va être de travailler davantage sur le marketing de l’agence par exemple.  Je vais également produire beaucoup de contenus tous les mois sur ma chaîne YouTube ainsi que sur mes réseaux. 

Enfin, il y a une partie « jour le jour » dans le sens où il y a une grosse partie assez imprévisible dans mes tâches. Le CEO a le rôle du pompier qui doit éteindre les incendies. Je possède des managers et des middle managers, de ce fait il y a des filtres avant qu’un problème ne me revienne. Ainsi, lorsqu’une information remonte à moi, c’est une sorte d’incendie imprévisible qu’il est urgent d’éteindre. 

 

Tu es entrepreneur, mais aussi étudiant à HEC Paris. Selon toi, qu’est-ce qu’HEC a pu t’apporter dans ta vie perso ? 

Tout d’abord, le souci d’une formation théorique en général est que si tu n’appliques pas les éléments que tu es en train d’apprendre, tu perds ton temps. Ce que l’on apprend à l’école nous sert, cependant, les étudiants ne le savent pas encore.  Ainsi, ils ne retiennent pas ce qu’ils apprennent, devront le réapprendre et perdent donc leur temps. 

Le vrai luxe à HEC, c’est le réseau, mais aussi et surtout, l’exposition à l’ambition. En effet, à HEC, tu es dans une bulle d’ambition où tout le monde pense que tout est possible. Au premier abord, on ne se rend pas compte que c’est un luxe lorsque l’on est dans cette bulle. Mais quand on sort de cette bulle, on se rend compte qu’il y a des gens qui ne placent pas leur curseur de l’ambition au même niveau.  

 

Aurais-tu un ou des conseil(s) pour des étudiants qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat ? 

Fais des trucs. L’école te laisse beaucoup de temps libres, ne passe pas ce temps à ne rien faire. Le meilleur entraînement est de faire des mini projets et tu vas découvrir des trucs que t’adores. Passe du temps sur tes passions et essaie de progresser dans différents domaines c’est hyper important. 

 

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