Et si j’entreprenais? n°4 – Se relever d’un échec entrepreneurial

 Et si j’entreprenais? n°4 – Se relever d’un échec entrepreneurial

Dans ce quatrième numéro de la revue « Et si j’entreprenais? » découvre en quoi l’échec entrepreneurial est un passage fréquent pour les entrepreneurs. A cette occasion, Arthur LOTHAIRE, co-fondateur de Plug’heur nous partagera son expérience.

 

Lors de notre précédent numéro, on te proposait une analyse académique complémentaire sur l’échec qui est indispensable pour comprendre son intérêt. En savoir plus

Bonne lecture!

Sommaire

  1. Présentation de Arthur LOTHAIRE
  2. Présentation de PLUG’HEUR
  3. Interview : Se relever d’un échec entrepreneurial – Arthur Lothaire  
  4. Le coup de pouce de l’entrepreneur

Zoom sur Arthur LOTHAIRE - Co-fondateur de Plug’heur

Âgé de 24 ans, Arthur vient tout juste de finir son Master 2 d’entrepreneuriat et innovation qu’il suivait au sein de Kedge Bordeaux. Il explore véritablement le monde de l’entrepreneuriat lors de son Master 1 où il se spécialise en entrepreneuriat et participe au concours du Millésime de la Création où son projet est retenu. Expérience qui lui aura permis de faire de nombreuses rencontres et de suivre plusieurs projets. Rapidement il émet le choix de poursuivre l’aventure entrepreneurial et évolue aux côtés de son frère, Louis Lothaire, ainsi que de l’un de leurs meilleurs amis d’enfance, Emile Granveau sur Plug’heur. Il aime créer des concepts et pour lui, réfléchir à des problèmes sociétaux ainsi qu’à des nouveaux modes de consommation est une priorité dans sa vie. Il y dédie son avenir.  

Et Plug’heur, c’est quoi?

plug'heur

Louis Lothaire (tout à gauche), Arthur Lothaire (au centre) puis Emile Granveau (à droite).

Plug’heur veut améliorer l’expérience client des espaces à fort trafic pour réechanter la satisfaction client en magasin. Son produit phare : la station de batteries externes en libre-service qui permet de recharger son téléphone en gardant sa mobilité. 

La volonté première de Plug’heur est de fidéliser la clientèle en leur offrant une expérience marquante positive en opérant sur le bien-être de cette clientèle. L’idée de ce concept émerge du constat qui suit : aujourd’hui une myriade de solutions est adossée au smartphone. En guise d’exemple, l’essor des trottinettes, des scooters (dont la marque YEGO, où Arthur a suivi un stage en tant que business-developer), des vélos en libre-service et leur succès escompté en est le témoignage le plus probant. Ainsi, le smartphone est plus qu’indispensable et notamment se revendique comme un véritable moyen de paiement. Sans batterie sur son smartphone, tous les services énoncés précédemment sont inaccessibles. C’est ainsi qu’ils ont imaginé le service Plug’heur. 

Initialement le service était proposé dans les cafés, bars, restaurants et permettait aux clients de débloquer une batterie externe dans un point A et la déposer un point B. Le produit a ensuite évolué sous des formes diverses pour aujourd’hui être implanté au sein de boutiques et centres commerciaux, comme celui de Blagnac. Plug’heur a désormais le vent en poupe et selon les dernières actualités, le projet a rejoint le programme d’accompagnement du Réseau Entreprendre Aquitaine.

Voir le site internet de Plug’heur : Plug’heur

Se relever d’un échec entrepreneurial - Arthur Lothaire

« L’échec fait partie intégrante de l’aventure entrepreneuriale ».  En s’appuyant sur l’expérience d’Arthur, ce dernier a, avec ses associés, d’abord eu différentes idées de création en termes de business avant de parvenir à son idée finale. En outre, initialement, il souhaitait se consacrer à une idée mêlant la poterie avec son frère. Il s’est très vite rendu compte que cela n’atteindra pas le succès escompté. Il ne le sait pas encore mais c’est ce premier échec qui lui a permis de tomber sur une idée concrète qui répond à un réel besoin du marché. En effet, des questions fusent et une idée retient leur attention lorsqu’ils se posent la question suivante :  “où avons-nous besoin de recharge?”, ils pensent immédiatement aux utilisateurs dans des lieux communs, comme les bars ou restaurant. Les batteries externes qui fondent l’idée principale de leur futur business semblent idéales pour ce type d’endroits. Malheureusement, le 2ème échec arrive très vite car les clients ne sont pas au rendez-vous. Ils doivent revoir leur modèle économique et basculer sur un business BtoB. Ils démarchent alors énormément de centres commerciaux mais encore une fois les refus s’enchaînent, ce n’est pas pour autant qu’ils s’arrêtent car au bout d’un moment ils trouvent enfin leur premier client à Limoges. Par la suite, ils augmentent le nombre de clients mais ils ne sont parfois pas très satisfait de la borne. Au lieu de se dire que les clients ne connaissent rien au produit et de se laisser abattre par ces critiques, ils décident de faire de la co-construction afin d’avoir le meilleur produit pour leurs clients car ils connaissent leur besoin. Tous ces échecs leur ont permis de changer plusieurs fois leur modèle économique, leur produit pour enfin trouver une combinaison qui marche. Sans oublier qu’il sait qu’il aura encore des échecs, mais il sait que c’est ce qui lui permet d’avancer et de s’améliorer. C’est une boucle, lorsqu’il y a la période d’échec, la période de réussite n’est plus très loin.

Avez-vous connu plusieurs échecs en vous lançant dans ce projet ?

“Il faut savoir qu’on a changé quatre fois de business model. Enfin exactement 7 fois mais bon 4 fois où on a vraiment testé différents modèles. On n’a pas voulu baisser les bras parce que quand t’es engagé dans un projet, tu n’as pas envie d’abandonner”, Arthur poursuit en expliquant que c’est cet engagement qui leur a réellement permis de s’accrocher et d’affronter ces obstacles qui auraient pu causer l’échec de leur concept.

 

Quelle stratégie adopter afin d’anticiper l’échec?

En premier lieu, il évoque l’importance cruciale d’écouter ses clients. Une startup, selon lui, c’est vraiment suivre le fil conducteur suivant : écoute/analyse/application, comme une sorte de boucle. C’est ce qui permet à la boîte d’être efficace.

Y-a-t-il une succession de signes qui annoncent que l’entreprise se dirige avec un échec? 

A ce sujet, Arthur cite la baisse d’engouement, de motivation provenant d’un amoindrissement du retour sur investissement. Il faut que le client soit enthousiaste et parle de toi, si ce n’est pas le cas, c’est qu’il faut faire évoluer ton business.

Y a t-il un changement de stratégie lorsqu’on bascule d’un BtoC à un BtoB? 

Oui, car il faut apprendre à connaître le client et son vocabulaire, ce qu’on nomme la phase d’apprentissage puis vient ensuite la phase d’adaptation. En effet, il faut adapter la solution à l’utilisateur. 

En effet, il faut adapter la solution à l’utilisateur. Les mots et les messages à véhiculer ne sont pas les mêmes. Il faut prendre en compte tous les modèles qui existent aujourd’hui pour adapter son offre et faire que ce soit la meilleure sur le marché.”

Combien de temps a duré cette phase de transition lors du basculement du BtoC vers le BtoB? 

Cela a nécessité environ trois mois mais on a obtenu le premier client au bout de 7 mois.

Que recommandes-tu de manière générale aux autres entrepreneurs pour rebondir après avoir connu l’échec?  

“Je conseillerais avant tout de bien se faire entourer et de croire en son projet. Ainsi, instinctivement, l’entrepreneur fera tout pour que ça fonctionne. Cela passe par s’entourer d’experts notamment, s’habituer au nouveau vocabulaire afin de mieux s’adresser à la clientèle et répondre à ses besoins, etc.”

 

Concernant le futur de plug’heur qu’est-ce que tu fais aujourd’hui dans ton entreprise et que tu ne feras plus dans 10 ans car tu envisages que ca pourrait être une source d’échec?

 

Les principales choses qui changeront je crois que ce sera plutôt autour des outils qu’on a utilisés pour développer la boite, des personnes avec qui on s’est entouré, poser davantage de questions, trouver des petits “hacks” à mettre en place quoi. Le but c’est de devenir leader de la création de services de batteries en France dans un premier temps.

Le coup de pouce de l'entrepreneur

  • Human Machine

Le propos de cet ouvrage est de partager avec vous le lecteur une manière de s’organiser comme une machine, tout en vivant comme un humain. Loin d’être un énième manuel de productivité ou de développement personnel, Human Machine est une plongée dans l’univers de Jean de La Rochebrochard, dans la quête qui l’amène à être en permanence à la recherche d’un équilibre, celui qui permet à chacun de devenir « la meilleure version de soi-même ».

  • Start with why 

En s’appuyant sur plusieurs histoires réelles, ce livre fournit un cadre sur lequel fonder des entreprises, diriger des mouvements et inspirer des gens. Qu’il s’agisse de membres du Congrès, d’ambassadeurs étrangers, de petites entreprises, de firmes comme Microsoft et Walmart, de Hollywood, de la NASA ou du Pentagone, ceux qui veulent inspirer les gens veulent en savoir davantage sur le “Pourquoi”.

  • L’obesession du service client

Quelle image avez-vous des services clients ? Probablement rien d’assez élogieux pour mériter la surenchère commerciale d’une quatrième de couverture. Entre scripts déshumanisés, musiques d’attente, délocalisations et transferts d’appels, les services clients nous ont tous déjà fait vivre des expériences frustrantes. On comprend mal comment les entreprises s’en préoccupent si peu.

Pourtant, une autre voie existe. Certains ont fait du service client leur raison d’être, leur obsession. Au lieu de le voir comme un poste de dépenses, ils en ont fait la recette de leur succès.

  • The Magic of thinking big

L’art du succès et de la réussite en utilisant les capacités à l’intérieur de soi. « Des dizaines de techniques, de principes, d’idées pratiques pleines de bon sens, qui vous rendront capable de maîtriser les forces prodigieuses de votre esprit pour obtenir tout ce que vous désirez ardemment : satisfaction, succès, bonheur ».

  • On m’avait dit que c’était impossible

Il est temps d’en finir avec l’obsession fiscale et administrative des patrons. Les vraies raisons qui expliquent pourquoi les PME françaises ne réussissent pas sont ailleurs.

Jean-Baptiste Rudelle a réussi un improbable défi. En moins de dix ans, sa société, Criteo, qui invente une nouvelle forme de publicités ciblées sur Internet, est passée de l’arrière-boutique d’une saladerie à une multinationale aujourd’hui cotée au Nasdaq, qui pèse plus de 2 milliards en Bourse. Il nous raconte ici son parcours, qui a été tout sauf un long fleuve tranquille, et ses échecs puisque pour lui l’échec est la condition même du succès. Il nous livre aussi ses secrets de réussite, ainsi qu’un vigoureux plaidoyer pour la création d’entreprises de hautes technologies en France.

  • La 25ème heure

Après avoir lu ce livre, le lecteur saura comment gagner une heure de travail par jour et libérer du temps pour faire ce qui le rend vraiment heureux. Plus de 200 fondateurs de startups, serial entrepreneurs et directeurs de fonds d’investissement livrent pour la première fois leurs secrets de productivité. 

  • De l’école à la start up

Ce livre éclaire les divers chemins menant de l’école à la start-up, afin de transformer le fossé entre les études et l’entrepreneuriat en une véritable passerelle. Les étudiants et professionnels y trouveront des conseils et des pistes à suivre. L’ouvrage balaie les mutations induites par le numérique et l’internationalisation. Il explore des facteurs de réussite comme la gouvernance, la dimension commerciale et marketing, et présente les clés permettant d’optimiser la reprise ou la cession d’entreprise.

 

Pour clore cet article, retrouvez une vidéo de présentation de Plug’heur: