Rencontre avec Clément Ravard, étudiant-entrepreneur à NEOMA

 Rencontre avec Clément Ravard, étudiant-entrepreneur à NEOMA

 

Pouvez- vous nous parler de votre parcours? (études, associations en école etc)

 Je suis actuellement étudiant à Neoma Business School en dernière année au sein du MSc Entrepreneurship & Innovation. Après le bac, je me suis dirigé vers une classe préparatoire ECE pendant un an puis j’ai fait une licence 2 d’Eco-Gestion avant d’intégrer Neoma en année de pré-master. Au sein de l’école, j’ai intégré l’association Déclic Entreprendre qui est l’asso d’entrepreneuriat de l’école. C’était une super expérience car je ne connaissais pas ce milieu de l’entrepreneuriat et j’y ai découvert un bel univers avec de belles personnes, et des idées innovantes. J’ai également mené une campagne pour intégrer le BDS (Bureau Des Sports) car je suis passionné par le sport, et en particulier le triathlon.

 

Comment, d’où et à quel moment vous est venu le goût pour l’entrepreneuriat ?

Ce goût pour l’entrepreneuriat m’est venu lorsque j’ai participé aux événements de mon association. Les événements étaient variés, ce qui m’a rapidement permis de comprendre l’univers de la startup et d’avoir envie d’entreprendre : découverte de l’écosystème entrepreneurial de Dublin, challenge entrepreneurial inter-écoles, organisation du Déclic Day qui est le plus grand festival d’innovation et d’entrepreneuriat étudiant etc.

L’envie de me lancer dans une aventure entrepreneuriale m’est venu lors de ma dernière année de master. J’ai choisi la spécialité entrepreneuriat sans avoir d’idée, mais juste avec une envie d’entreprendre, de créer une entreprise. J’ai eu l’idée dans le cadre d’un cours où l’on devait répondre à une problématique sur la mobilité urbaine. J’adorais notre idée car elle avait du sens pour moi et en parlant du projet autour de moi, j’avais la conviction que notre projet répondait à un réel besoin.

 

Vous avez récemment rejoint Neoma Incubateurs. Pouvez-vous nous expliquer précisément votre projet ?

Je développe un projet qui s’appelle BiciSafe avec un camarade de classe et on a effectivement intégré l’incubateur de Neoma pour passer de l’idée à la réalisation du projet.

On souhaite créer un réseau d’abris vélo sécurisé disponible partout et 24h/24h. On s’est rendu compte que le vol de vélo est un frein majeur à sa pratique : près d’un vélo par minute est volé en France. On souhaite donc mettre à la disposition des villes des abris vélos qui peuvent s’implanter partout sur l’espace urbain, et notamment sur une place de parking où l’on peut mettre 5 vélos au lieu d’une voiture. Notre service s’appuie sur une application qui vous permet de réserver votre stationnement vélo en moins de 30 secondes. A l’arrivée, il vous suffit de le déverrouiller grâce à notre système en Bluetooth et d’y déposer votre vélo et vos accessoires pour un prix moyen de 1,9€, soit le prix d’un ticket de métro. Pour résumer, on souhaite faire du vélo, le nouveau métro.

 

Quelles ont été les différentes étapes du développement de votre projet ?

On peut identifier 3 grandes étapes au développement de BiciSafe : la phase de l’idée / du projet étudiant, puis l’étude de marché et on commence actuellement la phase de création de l’entreprise.

Tout est donc parti d’un projet étudiant sur la problématique de la mobilité. Lorsque je parlais du concept que nous avions pensé à d’autres personnes, les retours étaient très positifs et j’ai eu l’intuition que l’idée avait du potentiel. En plus, je suis passionné par le vélo donc BiciSafe est un projet qui me tient à cœur. A la fin du premier semestre, l’idée a été sélectionnée par un jury de professionnel, notamment KPMG qui est un partenaire de notre master. Nous étions une petite dizaine (sur les 44 projets sélectionnés) à pouvoir développer notre projet entrepreneurial dans le cadre du master.

Ensuite, un camarade de classe m’a rejoint pour travailler sur BiciSafe et réaliser l’étude de marché. On a étudié la concurrence et élaborer un premier business model, qui visait à encourager le vélo au sein des entreprises. On s’est très vite confronté au marché, et on s’est rendu compte que les entreprises n’étaient pas prêtes à investir pour des abris vélos ou avaient déjà un parking sécurisé. On s’est alors remis en question, on a interrogé directement des cyclistes pour bien cerner le besoin, et on a compris qu’ils étaient tous confronté à un problème de stationnement sur la voie publique. On a donc adapté notre offre par rapport aux retours que l’on a eus. Cette nouvelle offre a considérablement accéléré le projet. Plus on analysait le marché, plus on comprenait que le potentiel de développement était important.

Cette motivation nous a poussé à intégrer l’incubateur de Neoma afin de bénéficier de conseils d’anciens entrepreneurs et d’un cadre favorable à la réussite de BiciSafe. Nous sommes aujourd’hui au début de l’étape de la création de l’entreprise. Nous avons reçu les devis de nos partenaires techniques et la solution est prête à être déployer. Nous approchons actuellement des villes pour obtenir un accord pour une phase de test que nous espérons débuter dès cette année.

 

J’ai vu que vous aviez été auditeur financier en stage à plusieurs reprises. Est-ce votre projet professionnel, ou est-ce que l’entreprenariat devient un véritable projet professionnel pour vous?

C’est vrai que j’ai fait deux stages de 6 mois en tant qu’auditeur financier après une première expérience dans le financement de l’innovation. Aujourd’hui, BiciSafe est mon véritable projet professionnel. Je vais notamment remplacer mon stage de fin d’étude par une création d’entreprise. La finance et l’entrepreneuriat sont des secteurs qui peuvent paraître différents, voir opposés, mais qui sont en réalité très liés. Mon expérience en financement de l’innovation me permet de connaître les différentes aides financières qui existent pour les porteurs de projets. Et en France, contrairement à ce que l’on peut penser, il y a beaucoup d’aides financières, c’est un pays très favorable à la création d’entreprises ! Ensuite, le métier d’auditeur m’a permis d’acquérir des compétences financières et pratiques tant en matière de comptabilité que de maîtrise des flux entre les différents services qui me sont utiles pour comprendre la manière dont fonctionne une entreprise. Ce sont donc des expériences qui peuvent paraître opposées mais qui, au final, sont complémentaires.

 

Comment gérer son temps entre la vie d’école et la vie de jeune entrepreneur ?

En ce qui me concerne, j’ai la chance de pouvoir développer le projet au sein de l’école et des cours. Notre master nous permet de développer une startup dans le cadre d’un cours qui s’étale sur deux semestres et qui représente quasiment un tiers de notre temps à Neoma. Ensuite, tous les autres cours sont reliés à ce projet. Par exemple, on a un cours pour travailler sur notre business model, un autre pour travailler sur notre business plan, un autre sur le marketing etc. Finalement, le cadre est assez favorable et on arrive plutôt bien à gérer notre vie de jeune entrepreneur et d’étudiant.

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent entreprendre?

Je suis loin d’être un expert en entrepreneuriat et j’ai encore beaucoup à apprendre. Mais je pense que le plus important est de trouver un projet qui vous plaît et de suivre votre intuition. Si vous n’avez pas d’idée, réfléchissez à vos passions et aux problèmes que vous pouvez rencontrer. Pour ma part, j’ai eu cette idée d’abris vélo car je m’en suis déjà fait volé 4… Au début, je pensais que c’était un problème personnel mais en fait c’est un vrai fléau.

J’ai également la chance de travailler avec un bon associé car nous sommes complémentaires et efficaces. L’équipe est un facteur clé de succès, surtout quand on sait que la plupart des startups échouent à cause de conflits entre associés… Enfin, il ne faut pas avoir peur de l’échec et se confronter le plus vite possible au marché pour ne pas perdre de temps à développer une idée qui ne correspond pas aux besoins des utilisateurs.

 

Mathilde Lefevre