L’association humanitaire HOPE de SKEMA s’est envolée au Sénégal

 L’association humanitaire HOPE de SKEMA s’est envolée au Sénégal

Nous avons rencontré Cécile Gauthier, responsable de la mission Sénégal au sein de l’association humanitaire HOPE, une association de Skema BS

 

Peux-tu te présenter s’il te plaît ?

Je suis Cécile Gauthier, étudiante en M1 à Skema sur le campus de Lille, une école que j’ai intégrée l’année dernière suite à une prépa ECE que j’ai suivie à Marseille, ville dont je suis originaire. 

Depuis octobre 2020 je suis membre de l’association HOPE dans le pôle événementiel et depuis décembre 2020 je suis responsable de la mission Sénégal au sein de l’association HOPE.

 

HOPE est une association phare de Skema BS, peux-tu nous en dire plus : 

HOPE (Humanitarian Organisation Promoting Equity) est l’unique association humanitaire de Skema et elle est donc assez large puisqu’elle regroupe 3 pôles : relations partenaires, événementiel et communication ainsi que 5 missions: 

  • Action sociale : regroupe principalement le volet environnemental de l’association et l’aide aux sans-abris de la métropole lilloise. 
  • Tutorat : cours de soutien hebdomadaires au sein d’un collège lillois et sorties scolaires organisées et financées pour ses élèves là. 
  • Mission Cambodge en partenariat avec une ONG locale qui intervient au sein d’une école cambodgienne. 
  • Mission Vietnam, toujours en partenariat avec une ONG locale et qui intervient au sein d’un orphelinat. 
  • Mission Sénégal : en partenariat avec l’ONG Village Pilote (c’est une ONG créée par un Français mais implantée au Sénégal) qui intervient au sein d’un centre d’accueil pour les enfants des rues du Sénégal. 

Lorsqu’on intègre l’association, on intègre à la fois un pôle et une mission. 

 

Cet été vous avez réalisé une mission humanitaire au Sénégal, comment cela s’est organisé ?

Le partenariat avec l’ONG Village Pilote est un partenariat établi depuis déjà plusieurs années avec HOPE donc nous n’avons pas eu à le chercher mais plutôt à en assurer la passation : en tant que responsable de la mission j’étais chargée de la communication entre nos 2 associations. 

La première phase notre mandat (d’octobre à février environ) a été marquée par la collaboration avec les différents pôles de HOPE afin de récolter des fonds pour nos projets et notamment avec le pôle évent qui a organisé : 

  • Un partenariat avec le centre commercial Euralille pour des emballages de papiers cadeaux (tout le mois de décembre les membres de HOPE travaillaient sur un stand d’emballage de papiers cadeaux au sein du centre commercial, pendant que nous emballions les cadeaux des gens on présentait l’association afin qu’ils puissent, s’ils le souhaitent, faire un don) 
  • Un partenariat avec Jeff de Bruges à pâques qui consistait à vendre des chocolats à la fois dans Skema mais aussi dans Lille en faisant du porte à porte. En organisant cette vente, nous avions convenu avec Jeff de Bruges d’un certain pourcentage des ventes qui reviendrait à HOPE. 
  • Une vente de goodies (totebags, couverts réutilisables, gourdes…) lors de la journée de l’environnement

En bref, le pôle évent se charge d’organiser pleins d’événements (un peu limités en cette année de covid) à but lucratif pour financer les différentes missions de l’association dont la mission Sénégal. 

Et sinon, la mission Sénégal a mis en place des projets spécifiques à son but comme à l’hiver 2020, la mise à disposition d’un conteneur dans l’école afin que les élèves mais aussi les professeurs et les différentes personnes travaillant sur le campus puissent y déposer les vêtements qu’ils ne mettent plus afin que nous nous les envoyions au Sénégal. 

J’ai également été personnellement très en lien avec Skema BS afin de récupérer le matériel scolaire dont le campus n’avait pas besoin. Grâce à cela nous avons pu envoyer au Sénégal une quantité conséquente de matériel scolaire mais également informatique.  Le pôle relations partenaires de HOPE avait également contacté des écoles lilloises pour récupérer du matériel et cela nous a permis d’obtenir des tableaux blancs, des projecteurs, des craies etc.  Grâce à toutes ces actions nous avons envoyé en mars 2021, depuis Dunkerque, un conteneur de 220kg de vêtements, de fournitures scolaires et de jeux pour les enfants du centre sur lequel nous nous sommes plus tard rendus. 

La deuxième phase de l’année (de mars jusqu’à notre départ en juillet) a été marquée par l’organisation du départ, quelque peu mis en difficulté par la pandémie mondiale actuelle. J’ai, par exemple, dû faire des démarches auprès du consulat sénégalais pour obtenir un laisser-passer pour nous tous puisque le Sénégal n’autorisait que des résidents à venir sur le territoire. 

 

Quel est le rôle du centre sur lequel vous vous êtes rendus ? 

Village Pilote est un centre d’accueil pour les enfants des rues du Sénégal. Ces enfants sont nombreux au Sénégal et cela s’explique par la volonté de leurs parents de leur apprendre le coran et de leur offrir une éducation : ils les placent alors dans des écoles coraniques or certaines de ces écoles sont en fait des leurres dans lesquelles les marabouts utilisent les enfants pour avoir de l’argent en les envoyant mendier la journée dans les rues de Dakar et en les violentant lorsqu’ils ne ramènent pas la somme demandée le soir. C’est pourquoi de nombreux enfants fuguent de ces écoles et se retrouvent alors à la rue, coupés de leurs familles. C’est là qu’intervient Village Pilote, en allant sensibiliser les jeunes dans la rue (en faisant des maraudes une fois par semaine dans les différents points de chute de la ville). Une fois arrivés à Village Pilote, les jeunes sont logés, nourris et soignés. 

L’objectif de Village Pilote est ensuite de retrouver leurs familles et de procéder à une médiation entre l’enfant et sa famille afin qu’il puisse y retourner en sécurité lorsque c’est possible. Lorsque le retour en famille n’est pas possible, l’objectif de Village Pilote devient la formation du jeune afin de pouvoir l’insérer sur le marché du travail, d’où les différents ateliers sur le centre.

 

Quelles ont les résultats de cette mission ? 

De manière concrète, les résultats de cette mission sont : 

  • l’envoi de 220kg de vêtements, fournitures scolaires et jeux, comme dit précédemment. 
  • le financement de la reconstruction des toits de 2 cases du centre qui étaient en mauvais état et posaient problème avec l’arrivée de la saison des pluies au Sénégal. 
  • l’apport d’un carton de médicaments en tout genre dont le centre avait besoin. 
  • l’achat d’un mouton que les enfants ont pu partager pour la tabaski (fête musulmane qui a eu lieu lors de notre première semaine au Sénégal)
  • l’achat de 2 ânes nécessaires au centre pour porter les bidons d’eau qu’ils vont quotidiennement chercher au Village le plus proche (il n’y a pas d’eau courante sur le centre)
  • le financement du marché hebdomadaire donc 4 marchés nécessaires à l’achat de denrées alimentaires pour nourrir l’ensemble des jeunes sur un mois. 
  • l’achat de semences pour l’atelier maraîchage du centre, qui leur permettra d’avancer dans leur volonté d’autonomie alimentaire. 
  • le financement de courses diverses dont le centre avait besoin (par exemple de nouveaux bidons pour transporter l’eau, des sceaux, du matériel de cuisine etc)

Mais notre présence sur le centre était également marquée par le partage avec les jeunes (qui sont tous des garçons, âgés de 4 à 24 ans), l’organisation de jeux (tels que des olympiades) pour eux, l’aide sur les différents ateliers du centre (alphabétisation, électricité, cuisine, maraîchage, maçonnerie, menuiserie, couture). 

Durant l’année, nous avions également mis en place une campagne d’adhésion solidaire pour Village Pilote afin de pérenniser les dons. 

 

Qu’en retiens-tu ?

C’est honnêtement très difficile de mettre des mots sur ce qu’on a pu vivre lors de cette expérience, c’est tellement différent de notre quotidien…  Mais je pense que ce qui m’a le plus marquée ce sont les jeunes que nous avons rencontrés : ces jeunes ont connu la misère de la rue et les nombreuses violences qui l’accompagne et pour autant ils sont souriants, accueillants et ne se plaignent pas. C’est une belle leçon de vie que nous ont donné des jeunes souvent plus jeunes que nous. De plus, la plupart des jeunes ne parlaient pas français (parce que souvent ils ont arrêté l’école jeune) et pourtant nous arrivions à échanger avec eux grâce aux rires et aux jeux et ça c’est assez magique. Je pense que ce voyage nous a également permis de relativiser nos petits malheurs du quotidien et notre confort européen : nous dormions sur un matelas à même le sol et nous nous lavions sans douche, simplement avec un arrosoir. C’était globalement un échange culturel incroyable, en totale immersion puisque nous dormions sur le centre même et les jeunes comme les animateurs du centre nous ont appris énormément de choses sur la culture sénégalaise dont nous nous souviendrons. 

La mission Sénégal se transforme cette année en mission West Africa puisque nous avons décidé de changer de partenaire local. Ce sera aux nouveaux L3 (avec notre aide le temps de la passation) de choisir une nouvelle association partenaire dans un pays d’Afrique de l’Ouest. Ce nouveau partenaire local sera très probablement une association tournée vers les femmes. 

 

Pourquoi cette transformation? 

Parce que sur place, malgré la beauté de l’expérience que nous avons eu, le centre étant composé uniquement de garçons et notre groupe étant composé majoritairement de filles, il y a pu avoir des moments où nous n’étions pas forcément à l’aise et nous souhaitons que les prochains membres partants en mission internationale soient totalement à l’aise sur le lieu où ils se trouveront, pour leur bien-être mais aussi pour celui des projets qu’ils mèneront. De manière générale, il est nécessaire d’être toujours vigilants, attentifs et groupés lorsque l’on réalise ce genre de mission à l’international et notamment dans des pays où l’insécurité (particulièrement envers les femmes) est présente. 

Si je pouvais donner un dernier conseil aux personnes désireuses de se lancer dans ce genre d’aventures, ce serait d’avoir une communication claire avec votre école sur la mission et d’avoir constamment un lien avec l’école pendant votre voyage (encore une fois pour des questions de sécurité et de prévenance).

 

Aurais-tu des conseils pour les nouveaux étudiants souhaitant rejoindre l’association HOPE ?

Si vous êtes motivés et que vous aimez travailler en équipe, vous avez le profil parfait pour intégrer l’association !  Il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup voyagé ou d’avoir déjà fait de l’humanitaire, au contraire, je trouve que HOPE offre un cadre parfait pour une première expérience humanitaire (notamment à l’international, qui peut susciter une certaine peur lorsqu’on se lance seul). Si vous voulez intégrer HOPE et ses différentes missions, soyez prêts à lui accorder le temps que l’association mérite. Mais vous verrez par vous-même que lorsqu’un projet humanitaire vous tient à coeur, vous ne comptez plus le temps passé à y travailler. 

Soyez ouverts d’esprit et prêts à découvrir de nouvelles cultures, vous en ressortirez plus riches !