HEFORSHE Rennes School of Business : une association naissante mais pleine d’ambition

 HEFORSHE Rennes School of Business : une association naissante mais pleine d’ambition

Après un premier article où nous avions découvert l’association HeforShe (« lui pour elle ») au sein de Neoma Business School, nous nous tournons vers une autre antenne de l’association, cette fois-ci à Rennes School of Business (RSB).

Pour nous présenter cette nouvelle association au sein de RSB nous avons rencontré Maha Tiraboschi-Ardisson membre fondateur de l’association, Marie Prévost l’actuelle présidente ainsi qu’Orlane Chesnais en charge de la communication.

 

Quelles ont été vos motivations pour monter l’association HeforShe?

Maha : Avant d’arriver à RSB je connaissais déjà le mouvement HeforShe notamment à travers l’ambassadrice Emma Watson mais également lorsque j’avais passé mes oraux pour les écoles de commerce où cette association existait déjà. C’était évident pour moi qu’une telle association de défense pour l’égalité des sexes se trouvait dans toutes les grandes écoles de management. J’ai cependant été surprise à mon intégration de voir qu’il n’y en avait pas à RSB. C’est donc naturellement qu’avec d’autres membres des différentes associations de l’école, nous nous sommes mis d’accord pour monter un dossier et ainsi créer en septembre 2020 le « club » HeforShe.

 

En quoi votre école en avait-elle besoin ?

Maha : Comme la plupart des écoles de commerce, RSB est une école ouverte à l’international, sensible aux problématiques actuelles et tournée vers le futur. Notre projet d’association collait parfaitement avec les valeurs de l’école. C’est une association d’autant plus importante en écoles de management, où nous représentons les managers de demain. Il est donc essentiel que les étudiants puissent comprendre les enjeux actuels, pour par la suite rendre l’environnement de travail plus sécurisé et réduire les inégalités. Ce sont des actions qui auront plus d’impact dans le futurs si elles sont prises au sérieux dès maintenant. 

De plus, notre école compte une grande partie d’étudiants étrangers. Comme le mouvement est mondial, lorsque nous abordons le sujet avec ces étudiants, ils sont souvent intéressés car ils connaissent le nom et parce que c’est une cause qui les touche également. En effet, en 2021, nous avons recruté trois étudiants internationaux dans l’association.

 

Quelle image porte HeforShe au sein de votre école ?

Maha :  Le mouvement Heforshe ça ne plaît pas à tout le monde, c’est un sujet assez controversé car les gens ne voient pas forcément dans le bon sens le mot « féminisme ». Ce que nous cherchons avant tout, c’est d’impliquer les hommes pour l’égalité des sexes. Cela passe par la vulgarisation du mouvement, pour rendre notre cause pour accessible à tous et pour tous. Nous passons beaucoup de temps sur la communication, la sensibilisation, l’éducation ; c’est la base pour ouvrir la discussion et faire découvrir nos champs d’actions.  

Au début de l’année scolaire, nous avions lancé une campagne de témoignages anonymes sur les violences sexistes et sexuelles, nous ne nous attendions pas à ça, mais nous avions reçus énormément de messages de tous les sexes. Ce fut un moment extrêmement important car nous nous sommes aperçus que l’association était vraiment utile, et qu’elle était porteuse de sens pour les étudiantes comme pour les étudiants.

Orlane : Depuis la reprise de l’association par les nouveaux L3, nous cherchons à garder la même stratégie, sensibiliser pour faire évoluer les préjugés sur le féminisme. Un de nos plus gros défis, c’est de réussir à rallier un maximum de personnes à notre cause, et de montrer aux hommes que c’est aussi un mouvement qui est fait pour eux et qu’on ne peut pas accomplir sans eux. [Aujourd’hui l’association compte trois garçons dans ses effectifs sur un total de 14 membres.]

 

Pensez-vous que cette association va permettre de changer les préjugés en écoles de commerce ?

Maha : La création du club HeforShe a permis de recentrer le sujet des violences sexistes et sexuelles au cœur de l’école, et ainsi montrer que ça peut arriver à n’importe qui. Au niveau des mentalités, même si c’est compliqué de convaincre tout le monde, nous nous apercevons que nos actions ont apporté une certaine réflexion auprès des étudiants. Aujourd’hui certains ont pris du recul et savent mieux comment réagir s’ils sont témoins de ces violences.

Marie : L’évolution se fait surtout par la discussion avec les autres. C’est notre première année, il y a encore plein de choses à acquérir. Cependant nous avons la chance d’être une association présente dans beaucoup d’écoles de commerce, les gens en parlent autour d’eux et nous arrivons petit à petit à casser les clichés.

 

Comment intervenez-vous avec le Covid ?

Orlane : Tous nos événements ont été bloqué alors nous intervenons principalement sur les réseaux sociaux. Nous faisons des quizz et des focus cultures pour continuer à informer les étudiants. Nous essayons aussi de collaborer avec les autres associations de l’école, comme notre actuelle collaboration de vêtements avec R’store ou notre projet de concert contre le cancer avec l’association de musique Décibel.

Même si nous sommes un peu déçus de ne pas avoir pu mettre toutes nos idées en place, nous les gardons dans un coin de notre tête pour que l’an prochain les futurs membres puissent mener à bien ces projets.

 

Que trouvez-vous de plus challengeant au sein de l’association ?

Marie : Ce qui est le plus challengeant c’est que nous sommes encore une association naissante, nous ne sommes que 14 membres et il y a encore tout à mettre en place.

Orlane : C’est à la fois beaucoup de travail mais aussi extrêmement stimulant. Le plus gros challenge, c’est d’essayer par tous les moyens, de sensibiliser pour montrer que tout le monde peut-être HeforShe.

 

Pensez-vous qu’être en école de commerce vous permet de vous engager pour des causes qui vous tiennent à cœur ?

Maha : Les causes défendues par HeforShe m’intéressaient déjà depuis le lycée mais je n’ai jamais eu le courage de m’inscrire dans une association à ce sujet. L’école m’a permis de m’impliquer directement pour ces causes, en un an j’ai acquis énormément de compétences en gestion de projet, en trésorerie… C’est une expérience très professionnalisante.

Orlane : Les associations en école de commerce nous offre une vraie expérience professionnelle. Je n’avais jamais fait de communication avant d’entrer dans HeforShe et aujourd’hui je suis community manager.

Marie : À RSB les associations sont très importantes, ça occupe une grande partie de notre première année. Nous disposons de beaucoup de moyens pour organiser nos différents événements et à la fin de l’année nous passons à l’oral et sommes noté sur notre implication associative. Même si je n’avais pas été en école de commerce je me serais engagée dans de l’associatif, mais ça aurait été sûrement moins riche.

 

Grâce à cette interview nous avons pu voir à quel point il est important d’avoir une association de défendant l’égalité des genres et le droit des femmes au sein des écoles de commerce. Ainsi nous l’avons compris, hommes comme femmes tout le monde peut être HeforShe.