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Myriam Espinasse (Présidente HeForShe NEOMA) : « une victime ne devrait jamais se taire »

 Myriam Espinasse (Présidente HeForShe NEOMA) : « une victime ne devrait jamais se taire »

À la suite de l’article paru il y a quelques temps sur MédiaPart, nous avons décidé d’aller à la rencontre de différentes associations féministes au sein des Grandes Écoles de commerce française, afin d’avoir leur avis mais également pour valoriser les actions qu’ils mettent en oeuvre. À NEOMA Business School, nous avons pu rencontrer Myriam Espinasse, présidente d’HeForShe Neoma BS Reims et étudiante en Master 1 en PEA (Parcours Entrepreneuriat et Associatif).

 

Présentation de l’association HeForShe 

HeForShe (« lui pour elle ») est une campagne de solidarité pour l’égalité des sexes lancée par l’ONU Femmes. Son objectif est de faire participer les hommes et les garçons dans le combat pour l’égalité des sexes et les droits des femmes, en les encourageant à prendre des mesures contre les inégalités rencontrées par les femmes et les filles. La campagne a été lancée en septembre 2014 par l’ambassadrice de bonne volonté de l’ONU Femmes, l’actrice Emma Watson, dont le discours a été beaucoup diffusé via les médias sociaux.

 

Pourquoi as-tu décidé de rejoindre l’association HeForShe ?

J’ai rejoint l’association en octobre 2018 passé car j’ai toujours été intéressée par les enjeux de l’égalité homme-femme et d’autant plus quand il s’agit de l’égalité professionnelle et de l’Enseignement Supérieur. À NEOMA, par exemple plus de 70% de femmes rejoignent le Master en Ressource Humaine et finalement elles terminent avec un salaire moins important et des propositions de CDI moins fréquentes alors que nous suivons la même formation et obtenons le même diplôme. Il y a, là encore, un vrai travail à faire pour résoudre ces inégalités professionnelles. Bien entendu, d’autres sujets comme ceux de la liberté sexuelles, de la lutte contre la précarité menstruelle ou des violences sexistes et sexuelles sont au cœur des actions de l’association.

 

Comment entretenez-vous la relation avec les autres antennes française d’HeForShe ?

HeForShe est présente dans de nombreuses Grandes Écoles française et nous nous retrouvons avec toutes les antennes à Paris deux fois par an lors de sommets organisés par la Fédération HeForShe de l’Enseignement Supérieur. C’est un réel moment de partage où nous faisons le point sur nos actions, nous conseillons mais surtout nous inspirons des « meilleurs pratiques » des uns et des autres.

 

Comment sensibilisez-vous les étudiants internes et externes à l’école ?

En interne nous avons par exemple en début d’année effectué une collecte de dons pour la lutte contre le cancer du sein, à l’occasion d’Octobre Rose avec 470€ récoltés grâce à la participation des étudiants et de l’administration. Nous organisons également un événement phare pour sensibiliser aux notions de violences sexistes et sexuelles : la « Violence Awareness Week ». Et pour se faire nous mettons en place différents ateliers de self-défense, mais aussi de réalité virtuelle, d’expression, des expositions et sommes aidés par toutes les associations qui se fédèrent autour de nous pour cette semaine dans leur communication. 

En externe nous menons deux types d’actions. D’une part, « Où est Angela » qui est un dispositif de lutte contre le harcèlement de rue dans la ville de Reims. C’est un nom de code qui permet à toutes personnes se sentant menacée, poursuivie ou en danger, de se réfugier au sein d’un bar partenaire de l’action -reconnaissable de l’extérieur grâce à un macaron sur la porte d’entrée. La personne utilise le nom de code « Où est Angela » et les membres du personnel doivent lui fournir l’aide dont elle a besoin. Par exemple qu’elle puisse : rester sans consommer, utiliser le téléphone du bar. D’autre part, nous animons des ateliers d’une heure et demie de sensibilisation sur l’égalité femme-homme avec : collèges, lycées, CPGE, post-bac et écoles de réinsertion.

 

Quel est ton avis par rapport à l’article de Mediapart ?

Je trouve ça déplorable qu’on ait besoin d’un article à scandale pour faire bouger les écoles mais au moins ça à le mérite de remettre sur le couvert le sujet des violences sexistes et sexuelles. J’espère que grâce à cet article les écoles comprendront que le bien-être étudiant doit être pris sérieusement en compte. Par exemple à NEOMA, cela a permis de relancer des groupes de réflexion et de débloquer un budget donc on voit que l’école prend ça au sérieux.

 

Vous avez aujourd’hui organisé un évènement avec Prépa’Rémois, peux-tu nous en dire plus ?

En effet, nous avons un partenariat avec PR qui nous permet d’animer des ateliers d’1H30 sur l’égalité femme-homme. Nous modifions le contenu des sessions en fonction du public qui varie entre collégiens et étudiants en CPGE, mais globalement nous abordons les sujets suivants : sexisme dans la publicité, harcèlement de rue, violences sexistes et sexuelles, sexualité, contraception, règles, endométriose etc. Les ateliers sont des temps d’échanges sans tabou et les retours sont vraiment positifs du fait que les enfants sont très réceptifs et pour certain déjà sensibilisés à certaines notions grâce aux réseaux sociaux.

 

Le mot de la fin ?

Le but de l’association c’est de faire émerger des sujets encore tabous aujourd’hui. Chacun devrait se sentir libre et en sécurité. Il faut renforcer le sentiment de solidarité entre étudiants. Des gestes simples comme par exemple proposer spontanément de raccompagner des amies devraient devenir la norme. Les mentalités évoluent et nous le rappelons : une victime ne devrait jamais se taire.

 

Dorian ZERROUDI

Directeur de Mister Prépa et Co-fondateur de Planète Grandes Écoles j'ai à coeur de transmettre et oeuvre pour l'égalité des chances.