Federer, Nadal, Djokovic : qui est le plus fort ?

Federer, Nadal, Djokovic : qui est le plus fort ?

Depuis 2003, Nadal, Djokovic et Federer écrasent le monde du tennis : 63 titres du Grand Chelem à eux trois, 892 semaines en tête du classement ATP. Et encore aujourd’hui, et ce malgré l’âge, Nadal et Djokovic dominent leurs opposants : trois Grand Chelem cette année, trois victoires.

La domination de ceux qu’on appelle « Le Big 3 » est folle, mais s’il ne fallait en choisir qu’un, qui serait l’heureux élu ?

 

Lire aussi : Tsonga : carrière, fortunes et nouvelles perspectives

 

Le style de jeu

Federer a certainement le style de jeu qui plait le plus au public. Très offensif, il donne l’impression de ne jamais forcer et performe naturellement sur surfaces rapides. Son coup droit est fabuleux, il a certainement le meilleur service des trois, bien aidé par la meilleure deuxième balle du circuit. Cependant, certains aspects de son jeu sont à double tranchant : son revers à une main contribue largement au côté gracieux de son jeu, mais il est aussi le moins solide parmi les trois, et devient particulièrement handicapant sur les surfaces lentes et contre les joueurs usant beaucoup de lift, domaines où excelle particulièrement… Nadal.

Nadal est un guerrier qui ne lâche jamais rien. Selon ses propres mots, il « joue chaque point comme si sa vie en dépendait ». Son style de jeu défensif est couplé au meilleur lift du circuit. Le tout fait de lui un joueur injouable sur terre battue, surface lente propice aux défenseurs et très sensible aux effets. Nadal est aussi connu pour être un grand tacticien, il exploite au mieux les faiblesses de ses adversaires, en particulier le revers de Federer. Nadal a cependant un peu plus de mal sur les surfaces rapides et en intérieur.

Djokovic est peut-être le joueur le plus complet du Big 3. Son style de jeu lui permet d’exceller sur tout type de surface. Horsmis sa volée, son jeu ne comprend aucune réelle faiblesse. Son revers est excellent, probablement le meilleur des trois. Son agilité est également totalement folle et lui permet de remporter des points inespérés. Enfin, son mental est ahurissant. Il lui permet de remporter des matchs et des tournois même en étant moins bon que son adversaire. Il a par exemple remporté trois Grand-Chelems en ayant concédé des balles de matchs au cours du tournoi, à chaque fois contre Federer.

 

Les face-à-face

Djokovic domine Nadal (30-29) et Federer (27-23) en face-à-face. Quant au duel entre Federer et Nadal, il est remporté largement par l’espagnol (24-16). Ce point précis semble donc donner un avantage à Djokovic et Nadal.

Ceci dit il convient de remettre en contexte cette statistique : elle est en partie biaisée par les surfaces sur lesquelles les joueurs se sont affrontés. Ainsi, l’historique Nadal-Federer est davantage marqué par les 16 rencontres sur terre battue entre les deux joueurs (surface forte de Nadal), que par les 4 affrontements sur Gazon (surface forte de Federer).

Il convient également de revenir sur l’âge des joueurs. Federer a 5 ans de plus que Nadal et 6 de plus que Djokovic. Lorsque l’on s’intéresse à l’historique Federer-Djokovic, on constate que lorsque Federer était dans la fleur de l’âge et Djokovic en début de carrière, l’affrontement tournait souvent en faveur du suisse. Les choses se sont inversées quand le serbe a pris de l’expérience et Federer de l’âge.

Lire aussi : Quels sont les athlètes les mieux payés au monde ? 

 

Le palmarès

En terme de palmarès brut, c’est Federer qui mène la danse avec 103 titres remportés en simple, contre 92 pour Nadal et 87 pour Djokovic.

Cependant, il convient de revenir sur ces chiffres, en y ajoutant le prestige des tournois. Les Grand-Chelems sont les tournois les plus prestigieux, et dans cette catégorie, c’est Nadal qui boxe le mieux à l’heure actuelle : 22 tournois remportés dont 14 à Roland Garros. Djokovic et Federer suivent cependant de très près avec respectivement 21 et 20 titres.

On peut tenter d’aller encore plus loin dans l’analyse en zoomant sur chaque victoire. La domination de Nadal à Roland Garros peut être vue comme une qualité ou comme un défaut (par rapport aux deux autres). Gagner 14 fois le même tournoi du Grand Chelem semblait impossible avant Nadal. Cependant, certains observateurs préfèreront le palmarès de Djokovic en Grand Chelem, peut-être plus équilibré, ou encore celui de Federer, qui est aujourd’hui l’unique joueur ayant remporté au moins cinq fois trois tournois du Grand Chelem différents. Il convient tout de même de rappeler que le palmarès de Nadal en Grand Chelem reste très complet : il est avec Djokovic l’unique joueur ayant remporté à deux reprises chacun de ses tournois.

En ce qui concerne les tournois légèrement moins prestigieux, il est intéressant de remarquer que chacun des membres du Big 3 possède des manques à son palmarès.

Au Masters de fin d’année, Federer (6 titres) domine légèrement Djokovic (5 titres), alors que Nadal n’a encore jamais remporté ce trophée.
Aux Jeux Olympiques, les choses s’inversent quelque peu : Nadal est le seul à avoir été titré en simple. Federer compense légèrement ce manque par une victoire en double avec Stan Wawrinka, mais Djokovic n’a jamais fait mieux qu’une médaille de bronze.

Enfin, en Masters 1000, Djokovic mène la danse (38 titres) légèrement devant Nadal (36 titres). Federer est plus loin avec « seulement » 28 titres. Le suisse est certainement handicapé par le fait qu’aucun Masters 1000 ne se déroule sur Gazon. Il est également intéressant de remarquer que Djokovic est le seul à avoir remporté chacun des neuf Masters 1000 : Federer et Nadal se contentent de sept.

 

La place de numéro 1 mondial

Le dernier gros volet du palmarès concerne la place de numéro un mondial. Ici, Djokovic mène le jeu avec 373 semaines passées à la première place mondiale et sept saison finies en tête du classement ATP. Federer suit (310 semaines, 5 saisons), Nadal est quelque peu distancé (209 semaines, 5 saisons). Pour affiner ces statistiques, il convient peut-être de rappeler que l’espagnol est pénalisé par le fait qu’il ait souvent été numéro 2 (370 semaines contre 218 pour le suisse et 119 pour le serbe), souvent derrière Federer dans les années 2000 puis Djokovic dans les années 2010. Enfin, il est aussi le joueur le moins épargné par les blessures depuis le début de sa carrière.

 

Les projections

Les carrières des membres du Big 3 ne sont pas terminées. Dès lors, on peut tenter d’émettre des projections sur la fin de leurs carrières. Federer est celui qui aura certainement le plus de mal à garnir son palmarès : il a désormais plus de 41 ans et il est blessé depuis plus d’un an.

Djokovic et Nadal sont eux aussi au crépuscule de leur carrière, à respectivement 35 et 36 ans. Cependant, ils ont montré au cours de cette saison qu’ils étaient encore capables de dominer le tennis. Nadal a remporté le dernier Open d’Australie et le dernier Roland Garros et Djokovic le dernier Wimbledon. Les deux joueurs pourront peut-être remporter encore quelques tournois et parfaire leur palmarès au vu de leur forme actuelle. Cependant, rien n’est encore fait : Nadal doit, en plus de son âge, lutter contre de plus en plus de pépins physiques. Djokovic lui, du fait de son refus du vaccin, pourrait manquer les prochains US Open et Open d’Australie. De plus, d’autres joueurs plus jeunes comptent bien leur rendre la tâche difficile : Alcaraz, Medvedev, Tsitsipas ou Zverev pour ne citer qu’eux.

 

 

Djokovic, Nadal et Federer ont incontestablement marqué à jamais l’histoire du tennis. On peut, sans trop de soucis affirmer qu’il s’agit là des trois meilleurs joueurs de tous les temps. En revanche, il est beaucoup moins aisé de les classer entre eux. Nous ne prendrons pas cette initiative ici et conclurons simplement en disant que la réponse dépend grandement de vos sensibilités personnelles : doit-on préférer le plus complet, le plus combatif, le plus gracieux, celui dont la longévité est la meilleure, celui au meilleur mental ? Nous vous laissons trancher.

Etudiant à emlyon business school, je traite l'actualité des Grandes Ecoles et du business dans sa globalité !