Étude KPMG CSRD 2026 : la CSRD gagne en rationalité chez les grandes entreprises françaises
Après une première année d’application marquée par la découverte de la directive et la course à la conformité, le reporting de durabilité des grandes entreprises françaises entre dans une nouvelle phase. C’est le constat principal de l’étude KPMG CSRD 2026 publiée le 4 juin, deuxième édition d’une analyse annuelle qui décortique les états de durabilité de 54 entreprises du CAC 40 et du Next 20. Le diagnostic : les groupes ne sont plus seulement dans une logique de conformité, ils entrent dans une dynamique de pilotage, de rationalisation et de montée en maturité de leur reporting ESG.
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CSRD : Un panel de 54 entreprises du CAC 40 et du Next 20
L’étude CSRD 2026 – Enseignements tirés des publications des grandes entreprises françaises porte sur les premiers exercices complets de reporting de durabilité publiés par 54 entreprises du CAC 40 et du Next 20 au titre de la directive européenne. Elle compare leurs publications à celles de l’édition précédente afin de mesurer les évolutions d’une année sur l’autre. Le périmètre couvre ainsi un échantillon représentatif des grands émetteurs cotés français les plus avancés sur l’appropriation des normes ESRS.
La thèse centrale du rapport tient en une phrase : après la mise en conformité initiale, les entreprises stabilisent leurs processus, renforcent la robustesse des données publiées et travaillent désormais la lisibilité stratégique de leurs états de durabilité.
Une double matérialité désormais ancrée dans la gouvernance CSRD
Le premier signal de maturité concerne l’analyse de double matérialité, pierre angulaire du dispositif CSRD. 91 % des entreprises du panel ont actualisé leur analyse au cours de l’exercice, en privilégiant des révisions ciblées plutôt que des remises à plat complètes. La gouvernance de ces analyses se renforce en parallèle : conseils d’administration, comités d’audit et directions générales sont de plus en plus impliqués dans la validation des résultats.
Autre évolution notable, le nombre moyen d’Impacts, Risques et Opportunités (IRO) matériels a baissé de 25 % par rapport à 2024. Cette rationalisation ne s’accompagne pas d’un appauvrissement des sujets couverts : les états de durabilité contiennent en moyenne 8 normes thématiques matérielles, soit une de plus qu’en 2024. La logique est donc moins celle d’une réduction du périmètre que d’un regroupement et d’une hiérarchisation des enjeux véritablement stratégiques.
Des états de durabilité plus structurés et moins volumineux
La deuxième évolution structurante porte sur la forme et la lisibilité des publications. Les états de durabilité atteignent désormais 130 pages en moyenne, soit une baisse de 11 % par rapport à l’exercice précédent. Cette compression s’accompagne d’un travail de structuration plus poussé, qui rend les rapports plus opérationnels pour leurs lecteurs.
Quatre leviers de rationalisation ressortent. Les rapports sont désormais organisés plus clairement par Disclosure Requirement. Les entreprises recourent davantage aux annexes et à l’incorporation par référence pour alléger le corps du document. Des résumés exécutifs apparaissent progressivement, ce qui était quasi absent l’année précédente. Enfin, la transparence s’améliore sur les dispositions transitoires et les retraitements de données, deux points souvent opaques en première année d’application.
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Climat : des plans de transition plus robustes et intégrés à la stratégie
Le climat demeure le sujet le plus structurant des publications ESG. 85 % des entreprises du panel publient un plan de transition climat, avec des trajectoires de décarbonation plus détaillées et plus articulées avec la stratégie d’entreprise. Le rapport identifie plusieurs marqueurs de progression sur ce volet.
| Indicateur climat (panel 54 entreprises CAC 40 + Next 20) | Part des entreprises |
|---|---|
| Publient un plan de transition climat | 85 % |
| Disposent de cibles validées par la SBTi | 79 % |
| Déclarent un plan de transition compatible avec une trajectoire 1,5 °C | 90 % |
| Détaillent les réductions quantitatives de GES par levier de décarbonation | 75 % |
| Intègrent une allégation Net-Zéro | environ 2/3 |
Les entreprises progressent également sur le chiffrage des investissements nécessaires à leur transition climatique, même si le rapport souligne que le financement de ces trajectoires reste un axe de progression important. Autrement dit, la cible de décarbonation est désormais documentée par la majorité des grands groupes, mais l’articulation entre cette cible et l’allocation capitalistique reste à approfondir.
La CSRD comme outil de pilotage stratégique, selon KPMG
Le dernier enseignement de l’étude KPMG est d’ordre culturel : les entreprises commencent à transformer la CSRD d’exercice réglementaire en outil de pilotage stratégique. Les informations publiées sont plus ciblées, plus cohérentes avec les modèles d’affaires et davantage connectées aux enjeux opérationnels.
Selon Sarah Bagnon-Szkoda, associée KPMG France en charge de l’ESG au sein de la direction technique, cette montée en maturité se traduit par une orientation vers des reportings plus utiles, plus décisionnels et plus alignés avec les enjeux stratégiques des entreprises. La logique observée est moins celle d’un exercice de communication que celle d’un instrument de pilotage interne, dont les données peuvent désormais alimenter la stratégie.
Le cabinet annonce par ailleurs la publication prochaine d’un second tome de l’étude, consacré spécifiquement à l’analyse des publications relatives à la taxonomie européenne, autre brique réglementaire structurante du cadre ESG européen.
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KPMG France réunit 8 000 professionnels en France et en Afrique francophone sur l’audit, le conseil, le droit et la fiscalité, au sein d’un réseau mondial présent dans 138 pays. Le cabinet est devenu entreprise à mission en 2022 et place l’ESG au cœur de sa stratégie. Le directoire est présidé par Marie Guillemot et composé de Damien Allo, Mustapha Oussedrat, Pierre Planchon et Axel Rebaudières.
Ce qu’il faut retenir
L’étude KPMG CSRD 2026 documente la deuxième année d’application de la directive sur les états de durabilité de 54 entreprises du CAC 40 et du Next 20. Trois signaux convergent vers une montée en maturité. Sur la gouvernance, 91 % des entreprises ont actualisé leur analyse de double matérialité et le nombre d’IRO matériels a baissé de 25 %. Sur la forme, les états de durabilité gagnent 11 % en compacité et passent à 130 pages en moyenne. Sur le climat, 85 % publient un plan de transition, 79 % ont des cibles validées SBTi, 90 % se déclarent compatibles 1,5 °C et 2/3 intègrent une allégation Net-Zéro. La CSRD passe ainsi progressivement d’exercice de conformité à outil de pilotage stratégique, selon KPMG France, qui publiera prochainement un second tome consacré à la taxonomie européenne.