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Écoles d’ingénieurs : la baisse des vœux Parcoursup 2026 est-elle inquiétante ?

Écoles d’ingénieurs : la baisse des vœux Parcoursup 2026 est-elle inquiétante ?

En perdant leur place de deuxième formation la plus demandée sur Parcoursup en 2026, les écoles d’ingénieurs ont nourri l’idée d’un désamour naissant. La baisse des vœux est bien réelle, mais elle mérite d’être remise en perspective : modérée, très inégale selon les établissements, et surtout sans commune mesure avec l’effondrement observé du côté des écoles de commerce. Décryptage d’une descente à nuancer.

 

Une baisse réelle mais mesurée

Commençons par les faits. Les écoles d’ingénieurs ont recueilli 726 999 vœux en 2026, contre 747 499 en 2025, soit une baisse de 2,7 %, selon les données relayées par L’Étudiant. Elles reculent ainsi de la deuxième à la troisième place des formations les plus demandées, doublées par le diplôme d’État d’infirmier. Le président de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI) confirme un repli d’environ 3 %, avec de fortes variations d’une école à l’autre. Le recul est donc avéré, mais il reste un tassement, loin d’un décrochage brutal.

 

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Un recul bien moindre que celui des écoles de commerce

C’est en comparant les filières que la baisse prend tout son sens. Car si les écoles d’ingénieurs perdent quelques points, les écoles de commerce, elles, encaissent une chute autrement plus sévère : leurs vœux passent d’environ 305 000 en 2025 à 264 000 en 2026, soit un recul d’environ 13 %, d’après les chiffres du ministère relayés par Diplomeo.

Filière Vœux 2026 (Parcoursup) Évolution vs 2025
Écoles d’ingénieurs environ 727 000 -2,7 %
Écoles de commerce environ 264 000 -13 %

Autrement dit, le repli des écoles d’ingénieurs est près de cinq fois plus faible que celui des business schools. Ramenée à l’échelle des grandes écoles, la performance des écoles d’ingénieurs apparaît finalement plutôt solide.

 

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Un phénomène très inégal selon les écoles

Deuxième nuance de taille : la moyenne masque des situations très contrastées. Le recul est faible dans les écoles publiques, de l’ordre de 1,5 à 2 %, mais bien plus marqué dans le privé, en particulier les établissements spécialisés dans le numérique, où il peut atteindre 8 à 10 %. La prépa scientifique MP2I perd elle aussi environ 9 % de candidats. La baisse est donc concentrée sur une partie de l’offre, et non généralisée : les écoles publiques les plus réputées conservent l’essentiel de leur attractivité.

 

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Des causes propres à chaque filière

Les ressorts du recul diffèrent d’une famille à l’autre. Pour les écoles de commerce, la baisse tient largement à des facteurs de modèle : une partie de l’offre, notamment les bachelors, se recrute désormais hors Parcoursup, et l’alternance, moteur de leur croissance, s’essouffle avec la baisse des aides à l’embauche d’apprentis.

Pour les écoles d’ingénieurs, les causes renvoient davantage à l’attractivité de la filière. L’intelligence artificielle inquiète certains lycéens sur l’avenir des métiers techniques, le coût des études augmente dans plusieurs écoles à la rentrée 2026, et l’image d’un cursus difficile et élitiste persiste. S’y ajoute la concurrence d’autres voies scientifiques : les licences universitaires, jugées plus souples, et les études de médecine, qui attirent désormais des lycéens ayant choisi la spécialité mathématiques.

 

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Le paradoxe d’une filière qui recrute

La dernière nuance est peut-être la plus importante. Cette baisse de vœux intervient alors que les besoins en ingénieurs n’ont jamais été aussi forts : de l’industrie au numérique, en passant par l’énergie et le nucléaire, de nombreux secteurs peinent à recruter. Les débouchés sont donc bien là, et une baisse de candidatures ne dit rien de la valeur d’un diplôme d’ingénieur sur le marché du travail. C’est ce décalage qui mobilise aujourd’hui les écoles, engagées dans de multiples actions de promotion et d’ouverture, notamment auprès des lycéennes, encore largement minoritaires.

 

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Questions fréquentes

Les candidatures en écoles d’ingénieurs baissent-elles vraiment en 2026 ?

Oui, mais modérément : -2,7 % de vœux sur Parcoursup, et un passage de la deuxième à la troisième place des formations les plus demandées, derrière le diplôme d’État d’infirmier.

Cette baisse est-elle plus forte que celle des écoles de commerce ?

Non, au contraire : les écoles de commerce ont reculé bien plus fortement, d’environ 13 %, contre 2,7 % pour les écoles d’ingénieurs, soit un repli près de cinq fois moindre pour ces dernières.

Quelles écoles d’ingénieurs sont les plus touchées ?

Surtout le privé, en particulier numérique (-8 à -10 %). Les écoles publiques ne perdent que 1,5 à 2 %, et la prépa scientifique MP2I environ 9 %.

Pourquoi les écoles d’ingénieurs attirent-elles un peu moins ?

Plusieurs raisons se combinent : l’inquiétude liée à l’intelligence artificielle, le coût des études, l’image d’un cursus difficile, et la concurrence des licences scientifiques et des études de médecine.

Faut-il s’inquiéter pour l’avenir des écoles d’ingénieurs ?

Non. Le recul reste limité, concentré sur une partie de l’offre, et les débouchés sont nombreux : la demande d’ingénieurs sur le marché du travail reste très forte.

 

Ce qu’il faut retenir

La baisse des vœux en écoles d’ingénieurs sur Parcoursup 2026 est réelle, mais elle doit être fortement relativisée. Modérée (-2,7 %), concentrée sur le privé et le numérique, et près de cinq fois plus faible que la chute des écoles de commerce, elle traduit un tassement d’attractivité plus qu’une désaffection. Le paradoxe demeure : alors que les besoins en ingénieurs explosent, les vocations marquent une pause. Un signal à surveiller, mais qui, comparé au reste du paysage des grandes écoles, place les écoles d’ingénieurs parmi les filières qui résistent le mieux.