Rang du dernier admis au SIGEM 2026 : ECG et littéraires, école par école
Interview de Gaspard Leblond, Vice-Président Externe de la Confédération Nationale des Junior-Entreprises
Rencontre avec Gaspard Leblond, Vice-Président Externe – Confédération Nationale des Junior-Entreprises et étudiant à l’ESSCA qui va nous expliquer, son parcours, ses projets et surtout ce qu’est la Confédération Nationale des Junior-Entreprises.
Bonjour Gaspard, peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Gaspard, j’ai 22 ans. Je suis étudiant en programme Grande École à l’ESSCA depuis bientôt quatre ans mais également très engagé dans le mouvement des Junior- Entreprises. Notamment cette année, puisque j’ai été élu Vice-Président Externe à la Confédération Nationale des Junior-Entreprises, un mandat qui s’exerce obligatoirement à temps plein, ce qui m’a amené à prendre une année de césure.
Lire plus : Rencontrez Léo, président de la Confédération Européenne des Junior-Entreprises
Tu es actuellement étudiant à l’ESSCA, peux-tu nous en dire plus sur ces points forts à tes yeux ?
J’ai choisi l’ESSCA pour deux raisons principales. D’abord, une exigence académique qui est vraiment mise en avant dès le départ. Et en parallèle, une vie associative et étudiante très bien développée, surtout sur le campus d’Angers. C’est une école avec une vraie culture de la proximité, entre étudiants, entre campus, et une identité très forte via ses événements et associations notamment.
Tu as intégré ESSCA Junior Conseil, pour quelles raisons ?
Je l’ai intégrée un peu par hasard au départ, comme beaucoup. Mais j’ai toujours aimé porter des projets, alors j’ai suivi le processus de recrutement étape par étape. Ce qui m’a convaincu de m’y investir vraiment, c’est ce que ça développait concrètement : à 18 ans, gérer des budgets de 6 000 ou 8 000 euros, être face à des professionnels, défendre une proposition commerciale, c’est une mise en situation qu’on ne trouve nulle part ailleurs à cet âge sauf dans l’entrepreneuriat.
Peux-tu nous présenter ESSCA Junior Conseil ?
C’est une structure historique du mouvement, aujourd’hui classée parmi les six meilleures Junior-Entreprises de France deux années de suite. Sa vraie force, c’est d’avoir transformé sa présence sur plusieurs campus en un avantage concret : plus de profils mobilisables, plus de compétences disponibles, une capacité à répondre à des missions ambitieuses. C’est une structure qui a su faire de sa taille une force opérationnelle.
Par la suite, tu as candidaté de Vice-Président de la CNJE, pourquoi ce choix ?
Ça s’est fait par étapes. Avant le national, j’ai été porte-parole des Junior-Entreprises d’Angers. C’est pendant ce mandat que j’ai compris que je pouvais aller plus loin dans le développement institutionnel et les relations externes. Candidater à la Vice-Présidence, c’était réaliser que les interlocuteurs ne seraient plus des directeurs d’école et clients, mais des ministères, des confédérations patronales, des parlementaires. À 21 ans, représenter un mouvement de cette envergure, c’est une expérience qu’on ne vit pas deux fois dans un parcours étudiant. Et au-delà du défi, c’est aussi un choix de conviction : je crois profondément à ce modèle où des étudiants se forment en se mettant au service des entreprises françaises.
Qu’est-ce que la Confédération Nationale des Juniors-Entreprises ? Et quel est son but ?
La CNJE fédère les 200 Junior-Entreprises de France. Son rôle, c’est de représenter le mouvement sur deux fronts : économique, auprès d’acteurs comme le MEDEF ou les CCI, et politique, auprès des ministères et des parlementaires pour défendre notre cadre légal, parce que l’existence des Junior-Entreprises est inscrite dans la loi française. Et en parallèle, il y a un enjeu de développement constant : faire en sorte que ce dispositif touche toujours plus d’étudiants, parce que c’est un accélérateur de carrière qu’on ne trouve nulle part ailleurs.
Comment se sont passés les process de recrutement au sein de la CNJE ?
C’est un processus dense sur deux à trois mois. D’abord une phase de découverte pour assimiler la stratégie, comprendre les enjeux, rencontrer les parties prenantes. Puis un mois très intense où on produit des livrables complexes en parallèle, une dizaine de calls par jour, des masses d’informations à synthétiser, une vision à construire pour l’année à venir. Ça se termine par des oraux devant l’équipe, des entretiens techniques, et une élection qui porte autant sur les compétences que sur la capacité à former une équipe cohérente. C’est exigeant, mais c’est ce qui garantit la solidité du mandat qu’on porte ensuite.
Quelles sont tes missions en tant que Vice-Président Externe ?
« Si je dois être honnête c’est beaucoup plus large que ma fiche de poste initiale ! Une bonne moitié de mon temps passe dans le pilotage de la structure : arbitrer, déléguer, prioriser sur une équipe de plus de vingt personnes avec des salariés, bénévoles, temps plein. En parallèle, sur mon périmètre, toute la stratégie business de la Confédération a été revue, la plateforme d’apport d’affaires, le site, l’identité visuelle, la façon dont on se présente. Il y a aussi un gros volet plaidoyer que nous avons relancé cette année : des rendez-vous avec des ministères, des parlementaires, une représentation au Comex 40 du MEDEF et auprès de tous les MEDEF de France en plus du national sur des sujets qu’on ne croise pas à cet âge habituellement. Les relations avec la presse régional et national et la prospection de nouveaux établissements font également partie de mes champs d’action.
Le VP Externe est le garant de la cohérence entre ce qu’est le mouvement et ce qu’il projette à l’extérieur, éléments de langages, positions, enjeux, visibilité des événements… et ça couvre beaucoup de terrain.
Quels conseils donnerais-tu aux étudiants qui souhaiteraient rejoindre une JE ?
De saisir l’opportunité et de vraiment s’y donner. Le mouvement est présent dans de nombreux établissements d’enseignement supérieur. Ce qui fait la différence, c’est l’investissement qu’on y met. Il faut être « shark », avoir faim de projets et de responsabilités. Et garder en tête une règle simple : faire, et faire savoir. D’abord construire des victoires concrètes, monter en compétence. Ensuite savoir les valoriser. Pour quelqu’un qui a de l’ambition et qui veut entrer sur le marché du travail avec une vraie longueur d’avance, il n’existe pas beaucoup d’équivalents.
Le mot de la fin
Deux messages. Le premier : les Junior-Entreprises sont la preuve concrète que les jeunes n’ont pas besoin d’attendre leur diplôme pour créer de la valeur et agir sur l’économie réelle. C’est le seul dispositif, hors entrepreneuriat, qui met un étudiant en situation réelle d’entreprise dès sa licence. 56 ans d’existence, des dizaines de milliers d’alumni, le modèle a prouvé ce qu’il valait.
Le second est plus personnel. La Junior-Entreprise, c’est un vrai bac à sable de la vie professionnelle. On y apprend à gérer des projets, des équipes, des situations difficiles. Et ce que ça m’a appris avant tout, c’est la résilience. Il y aura des obstacles, des moments durs, mais c’est précisément ce qui donne du sens à ce qu’on construit. C’est une belle aventure, et j’encourage chaque étudiant à la vivre pleinement.
Lire plus : Le classement des 30 meilleures Junior-Entreprises de France en 2026