Comment reconnaître une école d’ingénieurs sérieuse ? Le rôle de la CTI et des accréditations
La féminisation des écoles d’ingénieurs : où en est-on en 2026 ?
La question de la place des femmes dans l’ingénierie revient à chaque rentrée. En 2026, les écoles d’ingénieurs françaises comptent environ 30 % d’étudiantes – une proportion qui, malgré des campagnes de sensibilisation menées depuis plus de dix ans, peine à franchir le cap du tiers. Derrière ce chiffre global se cachent de fortes disparités selon les filières, des causes bien identifiées et une mobilisation croissante des établissements.
Voici, chiffres à l’appui, où en est la féminisation des écoles d’ingénieurs en 2026 : combien de femmes, dans quelles spécialités, pourquoi elles restent minoritaires, et ce que font les écoles pour changer la donne.
Quelle est la part des femmes en école d’ingénieurs ?
Selon le panorama publié par la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI), les femmes représentent environ 32 % des effectifs en école d’ingénieurs pour l’année 2023-2024. En nombre, la progression est réelle et continue : les effectifs féminins ont plus que doublé en vingt-cinq ans. Mais rapportée à l’ensemble des étudiants, cette part progresse lentement et stagne autour de 30 % depuis une décennie.
Le contraste avec les niveaux antérieurs est frappant. Les filles représentent près de la moitié des élèves au collège et environ 47 % des effectifs de terminale scientifique, mais moins d’un tiers des élèves-ingénieurs. C’est donc au moment de l’orientation vers le supérieur que se joue l’essentiel de l’écart.
De fortes disparités selon les filières
Le chiffre global masque des réalités très différentes d’une spécialité à l’autre. Dans certaines filières, les femmes sont majoritaires ; dans d’autres, elles restent très minoritaires.
| Domaine | Part des femmes (2023-2024) |
|---|---|
| Agriculture et agroalimentaire | 63,1 % |
| Chimie, génie des procédés, sciences de la vie | 58,3 % |
| Sciences physiques, mathématiques, statistiques | 39,8 % |
| Ensemble des écoles d’ingénieurs | environ 32 % |
| Informatique et numérique | 18,4 % |
Le numérique concentre le plus fort déséquilibre, avec seulement 18,4 % d’étudiantes, alors même que le secteur est en tension et recrute massivement. À l’inverse, les sciences du vivant, la chimie et l’agronomie sont largement féminisées. Le type d’établissement joue également : les écoles publiques sous tutelle d’un ministère technique, souvent tournées vers l’agronomie, affichent des taux plus élevés que la moyenne.
Lire plus : TECHPOURTOUTES : mener les filles vers les domaines du numérique
Pourquoi si peu de femmes en ingénierie ?
Les causes sont désormais bien documentées. L’enquête Gender Scan 2025, à laquelle la CDEFI est associée, pointe deux facteurs majeurs : le manque d’attractivité perçue des filières scientifiques et techniques auprès des jeunes femmes, et la persistance de stéréotypes de genre qui influencent l’orientation dès le plus jeune âge.
Les chiffres sont parlants : plus de 40 % des étudiantes en école d’ingénieurs déclarent avoir été dissuadées de s’orienter vers les filières scientifiques et techniques. Les enseignants restent les prescripteurs clés, mais l’influence des pairs progresse, ce qui traduit un renforcement des biais genrés chez les plus jeunes. Dans le numérique, plus de la moitié des étudiantes lient leur découragement à leur genre. Autrement dit, le frein se situe très en amont de l’entrée en école.
Lire plus : Grandes écoles : un baromètre inédit sur les stéréotypes de genre
Que font les écoles pour changer la donne ?
Face à ce constat, les écoles et leurs instances multiplient les initiatives. La CDEFI porte depuis une dizaine d’années l’opération « Ingénieuses », qui promeut les formations et les métiers de l’ingénierie auprès du public féminin. Des associations comme Elles Bougent ou Femmes Ingénieures interviennent dans les collèges et les lycées pour faire connaître ces parcours, tandis que l’enquête annuelle Gender Scan objective les freins à lever.
Certaines écoles vont plus loin. À la rentrée 2026, l’EPF a par exemple ouvert des places supplémentaires réservées aux candidates. D’autres réinvestissent une partie de leurs ressources dans l’ouverture sociale et la féminisation : plusieurs écoles Centrale, en modulant leurs frais d’inscription selon les revenus, se sont engagées à consacrer une part des recettes supplémentaires à ces actions. Mentorat, marrainage, journées de découverte : les dispositifs se diversifient, même si leurs effets sur la part globale de femmes restent, pour l’instant, progressifs.
Lire plus : Parité : l’EPF ouvre 100 places aux femmes en 2026
Et après l’école ? La place des femmes dans le métier
La féminisation ne s’arrête pas au diplôme. Côté emploi, l’insertion des femmes ingénieures est solide, avec un taux de chômage faible, proche de celui de leurs homologues masculins. Des écarts persistent néanmoins au fil de la carrière : l’accès aux postes d’encadrement et les niveaux de rémunération restent moins favorables aux femmes, un écart qui tend à se creuser à partir de la quarantaine, comme pour l’ensemble des cadres.
C’est aussi pour cette raison que la question dépasse le seul cadre des études. Diversifier les profils d’ingénieurs est présenté par les acteurs du secteur comme un double enjeu : une question d’égalité, et une réponse aux besoins de recrutement d’une filière en tension.
Lire plus : Après une prépa, comment choisir la bonne école d’ingénieurs ?
Questions fréquentes
Quelle est la part des femmes dans les écoles d’ingénieurs ?
Environ 30 %. Selon le panorama 2025 de la CDEFI, les femmes représentent 32 % des effectifs en école d’ingénieurs pour l’année 2023-2024. Cette part progresse lentement et se maintient autour d’un tiers depuis une dizaine d’années.
Pourquoi y a-t-il moins de femmes en école d’ingénieurs ?
Principalement à cause de l’orientation. Les stéréotypes de genre, présents dès le plus jeune âge, détournent de nombreuses jeunes femmes des filières scientifiques et techniques : selon l’enquête Gender Scan 2025, plus de 40 % des étudiantes en école d’ingénieurs déclarent avoir été dissuadées de s’y orienter.
Quelles filières d’ingénieur comptent le plus de femmes ?
Les sciences du vivant, la chimie et l’agronomie. La part des femmes atteint 63,1 % en agriculture et agroalimentaire et 58,3 % en chimie et sciences de la vie, contre seulement 18,4 % en informatique et numérique, la filière la moins féminisée.
La féminisation des écoles d’ingénieurs progresse-t-elle ?
En nombre, oui : les effectifs féminins ont plus que doublé en vingt-cinq ans. Mais rapportée à l’ensemble des étudiants, la part des femmes progresse lentement et stagne autour de 30 % depuis une décennie.
Qu’est-ce que l’opération Ingénieuses ?
C’est une opération portée depuis une dizaine d’années par la CDEFI pour promouvoir les formations et les métiers de l’ingénierie auprès du public féminin et favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes dans le secteur.
Des écoles réservent-elles des places aux femmes ?
Certaines mettent en place des dispositifs spécifiques. À la rentrée 2026, l’EPF a par exemple ouvert des places réservées aux candidates. Plus largement, de nombreuses écoles développent la sensibilisation, le mentorat et des actions financées par une partie de leurs ressources.
Ce qu’il faut retenir
En 2026, la féminisation des écoles d’ingénieurs avance, mais lentement. Avec environ 30 % d’étudiantes, la parité reste lointaine, et le déséquilibre est particulièrement marqué dans le numérique. Les causes, désormais bien identifiées, se situent surtout en amont, dans l’orientation et les stéréotypes qui pèsent dès le collège. Les écoles, la CDEFI et de nombreuses associations multiplient les actions – sensibilisation, mentorat, places réservées, financements dédiés -, mais leurs effets sur la part globale de femmes ne se mesureront que sur le temps long. Un enjeu que le secteur relie de plus en plus à ses propres besoins : dans une filière qui peine à recruter, élargir le vivier de talents est aussi une question de bon sens.