Rang du dernier admis au SIGEM 2026 : ECG et littéraires, école par école
- CONSEIL
- Coline Faivre
- 26 août 2025
Conseil en stratégie : Quel est son réel impact sur les entreprises ?
Le conseil en stratégie a longtemps été perçu comme un outil réservé aux grandes entreprises en quête de rationalisation, ou comme un levier de cost-killing imposé d’en haut. Pourtant, une récente étude intitulée « What does consulting do ? » et menée par des chercheurs sur le marché belge vient nuancer cette vision.
En analysant vingt ans de données fiscales, de 2002 à 2023, auprès d’entreprises clientes des dix principaux cabinets de conseil en stratégie en Belgique, l’étude met en évidence un impact concret : le recours au conseil est positif pour les clients sur différents points.
Lire plus : Conseil en stratégie : Des alumni de SKEMA nous partagent leur expérience
Les effets mesurables du conseil : Productivité, salaires, transformation
Selon l’étude, cinq ans après l’intervention de cabinets de conseil en stratégie, les entreprises clientes affichent en moyenne :
Une hausse de 3,6 % de la productivité du travail,
Une réduction modérée de l’emploi,
Une hausse de 2,7 % des salaires, sans que le partage de la valeur ajoutée ne soit déséquilibré.
Autrement dit, les gains de productivité ne se font pas au détriment des salariés, mais semblent profiter à l’ensemble de l’organisation. Un point important qui va à l’encontre de l’idée, encore tenace, que les consultants dépossèdent les travailleurs pour enrichir les actionnaires.
Les chercheurs notent également que les clients du conseil en stratégie ne sont pas uniquement les entreprises en crise, mais aussi celles qui performent déjà et souhaitent préserver ou accroître leur avantage concurrentiel.
Instaurer une pensée stratégique durable
Mais au-delà des chiffres, il est important de présenter le rôle moins visible du conseil : celui de transformer la culture décisionnelle des organisations.
Les consultants ne se contentent pas d’optimiser des processus : ils aident à hiérarchiser les priorités, à faire émerger une vision stratégique, à donner du sens aux transformations. Ils renforcent la capacité de l’entreprise à penser, décider, puis exécuter efficacement.
Ce savoir-faire est précieux puisqu’il permet aux organisations de développer des réflexes collectifs et des outils analytiques mobilisables après la mission.
Une fonction d’activation plutôt que de pilotage
Comme le précise l’étude, dans certains cas, les consultants ne font qu’officialiser ou valider des décisions déjà prises. Ce constat ne les décrédibilise pas, au contraire. Il révèle que le conseil joue parfois un rôle d’accélérateur, en renforçant l’adhésion des équipes et en rendant une orientation plus lisible.
Des entreprises plus apprenantes grâce au conseil
En consolidant les capacités d’analyse et en diffusant des outils de mesure, le conseil contribue à rendre l’organisation plus autonome.
À terme, une mission bien conduite peut transformer une entreprise en organisation apprenante : capable de diagnostiquer, d’expérimenter, de s’adapter… et de progresser seule.
C’est là peut-être le paradoxe du conseil : réussir sa mission, c’est aussi savoir se rendre inutile à terme.
Lire plus : Les coulisses d’Orange Consulting par l’ancien Directeur Général
Le conseil stratégique, un investissement mesurable mais non linéaire
Les chercheurs restent prudents sur la question du ROI exact du consulting. « Nous ne prétendons pas isoler complètement un effet causal du consulting sur la performance », souligne Benjamin Schoefer (Berkeley), co-auteur de l’étude.
En effet, toutes les missions ne se valent pas, toutes les entreprises ne les exploitent pas de la même manière et l’effet du conseil est souvent progressif. Mais c’est justement ce qui rend les résultats de cette étude significatifs. En analysant un gros volume de données, et en observant une tendance globale, elle contredit l’idée d’un secteur parasite.
Pour en savoir plus, découvrez l’étude complète juste ici.