Tout pour comprendre le nouveau gouvernement italien

Tout pour comprendre le nouveau gouvernement italien

Alors que l’européen et progressiste Mario Draghi avait pris la Présidence du conseil italien le 13 février 2021, le gouvernement de la Péninsule passe l’arme à droite toute. En effet, c’est la candidate du parti d’extrême-droite Fratelli d’Italia qui deviendra la prochaine Présidente du conseil. Un bouleversement pour l’équilibre politique européen. Revenons ensemble sur cette élection du dimanche 25 septembre 2022.

 

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Un système électoral différent de celui français 

Les élections italiennes se déroulent en un seul tour et font appel à un système dit « mixte ». C’est-à-dire que 37,5% des sièges de la chambre des députés (l’équivalent italien de l’Assemblée nationale française) sont attribués par un scrutin uninominal majoritaire. En d’autres termes, les électeurs votent pour une seule personne et celle qui obtient le score le plus élevé l’emporte. 

Les 62,5 autres pour-cent sont désignés par un système proportionnel à un seul tour. Ensuite, l’attribution des sièges du Sénat et de la Chambre des députés se fait en fonction du nombre de voix recueillies pour chaque parti, c’est ce qu’on appelle le système d’Hondt. 

Ce système oblige les partis à se regrouper en coalition s’ils souhaitent accéder au pouvoir. En effet, étant donné que la majorité des sièges des deux chambres (les fameux 62,5%) sont attribués à la proportionnelle, le système italien pousse au pluralisme. Ainsi, pour qu’un Président du Conseil soit ensuite nommé, il faut que des partis se regroupent derrière le même nom. C’est précisément le cas avec Giorgia Meloni. 

 

Une coalition dîte de « centre droit » 

C’est la terminologie italienne officielle pour qualifier la coalition qui regroupe 3 partis de droite. A savoir : 

  • La Ligue menée par Matteo Salvini
  • Forza Italia de Silvio Berlusconi (ancien Président du conseil de 2008 à 2011)
  • Fratelli d’Italia avec Giorgia Meloni 

C’est donc cet assemblage de partis de droite, et d’extreme-droite, qui a récolté près de 45% des votes de ce dimanche selon les dernières estimations. Un chiffre menant largement en tête la coalition dirigée par Giorgia Meloni. La gauche n’obtiendrait, quant-à-elle, que 28,5% des voix.

 

Fratelli d’Italia : le parti descendant du Mouvement Social Italien 

C’est en effet du mouvement néofasciste M.S.I – le Mouvement Social Italien créé en 1946 après l’interdiction du Parti national fasciste de Mussolini – que le parti de Giorgia Meloni est l’héritier. Il y eu, entre temps, après la dissolution du M.S.I. en 1995, un autre parti d’extreme droite : l’Alliance nationale. Elle même dissoute en 2009, c’est alors qu’est né le parti Frattelli d’Italia. 

Les combats de ces trois partis restent inchangés depuis plusieurs décennies, c’est une volonté de promouvoir les « traditions nationales », le souverainisme et de se battre contre l’immigration qui anime leurs électeurs. Un triptyque largement repris par Giogia Meloni, qui se veut cependant plus modérée sur la question européenne, en n’envisageant, pour le moment, pas un retrait de l’Union Européenne par exemple. 

 

Une abstention en forte hausse 

Comme dans beaucoup de démocraties européennes, l’abstention ne cesse de gagner du terrain en Italie. Près de 64,6% des électeurs se sont déplacés aux urnes ce dimanche, alors qu’ils étaient près de 73,68% en 2018.
Ce recul prend, sans aucun doute, racine dans une défiance croissante du politique. Parfois déçu des décisions adoptées, d’autres fois trouvant un bouc-émissaire, certains électeurs perçoivent le vote comme un acte secondaire, parfois anti-démocratique, et souvent pénible. Le vote reste, pourtant, un moyen d’expression fort dans nos systèmes politiques. Les démocraties représentatives requièrent l’élection de personnes compétentes, auxquelles sont délégués des pouvoirs représentatifs, législatifs et exécutifs qu’il convient de mesurer. Ainsi, aujourd’hui plus que jamais, le vote mérite d’être investis et partagé par tous les citoyens, et ce, pour éviter l’étonnement et la fausse surprise d’une montée soudaine des partis réactionnaires et des extrêmes. 

Etudiant à Neoma BS sur le campus de Reims- Membre du BNEM- Rédacteur PGE et Mister Prépa