Pourquoi les employés des plus grosses entreprises ont-ils plus d’avantages ?

 Pourquoi les employés des plus grosses entreprises ont-ils plus d’avantages ?

Beaucoup d’entreprises offrent des avantages sociaux conséquents à leurs employés : chèques kadéos, séminaires à l’autre bout du monde tous frais compris, places pour assister à des évènements sportifs, entrées dans les parcs d’attractions, etc. Mais pourquoi les entreprises décident-elles d’offrir de tels avantages à leurs employés ? Pourquoi privilégier des récompenses pré-définies plutôt qu’une prime à la fin du mois ?

 

Des récompenses pour les employés, de meilleurs résultats pour les entreprises

Les employés des grosses entreprises (entreprises du CAC40, licornes, multinationales, etc) ont tendance à avoir plus d’avantages sociaux que les employés des PME. Doit-on alors y voir un lien entre avantages sociaux et réussite de l’entreprise ? Ce que l’on peut affirmer, c’est que le bien-être au travail favorise la volonté des employés à bien faire. En effet, on estime que 60% des employés pensent qu’avoir la possibilité de donner le meilleur d’eux-mêmes dans leur travail est important. Cependant, de nombreuses personnes ne le font pas puisqu’elles savent à l’avance que leur bon travail ne sera pas récompensé. Dans ce cas, pourquoi travailler plus si cela n’est pas reconnu ? Les grosses entreprises semblent avoir compris ce phénomène et l’exploitent à leur avantage. Elles investissent beaucoup pour le bien-être de leurs employés et s’assurent ainsi leur investissement maximal. C’est pour cela que l’on retrouve dans toutes les grosses startups des salles de sport, des lieux communs de détente et des avantages sociaux à la clé. En lançant des challenges (mensuels, annuels, etc) avec des récompenses à la clé, les sociétés s’assurent non seulement de bons résultats, mais aussi l’implication de leurs salariés dans leur travail. Une entreprise qui se préoccupe du bien-être de ses employés est une entreprise qui les incite à vouloir continuer à travailler au sein de cette équipe.

De plus, il faut voir que les grosses entreprises demandent souvent un rythme de travail soutenu à leurs employés, ce qui est donc justifié par la mise en place de moyens colossaux pour les en remercier. Un employé qui sait que son travail acharné sera récompensé par un voyage à l’étranger pour lui et sa famille culpabilisera moins de passer des soirées à travailler au lieu d’être avec sa famille.

 

Quel est le lien entre avantages sociaux et performance ?

Un lien clair se dessine donc entre avantages sociaux et résultat de l’entreprise. Cependant, il est intéressant de se demander quel facteur influence l’autre. Est-ce parce que l’entreprise a de bons résultats qu’elle peut se permettre de faire plaisir à ses employés, ou est-ce parce que les employés ont des avantages sociaux que l’entreprise a de meilleurs résultats ? En effet, le premier lien qui vient en tête est que les salariés travaillent mieux parce qu’ils savent qu’ils seront largement récompensés si leur entreprise a de bons résultats à la fin de l’année. De plus, il est prouvé que des employés contents sont plus engagés dans leur travail et ont donc un taux d’absentéisme plus faible. Ils sont aussi plus à même de prendre des initiatives et de vouloir améliorer les performances de leur équipe. Tout cela favorise ainsi les résultats de l’entreprise.

D’un autre côté, pour les entreprises, offrir des avantages sociaux à ses salariés assure, non seulement, une fidélisation de ses employés, mais aussi un meilleur recrutement des jeunes talents. En effet, pour les jeunes actifs qui sont convoités avant même la sortie de l’école par les recruteurs, les avantages sociaux proposés par leur future entreprise est un des critères majeurs qui est à prendre en compte. Ainsi, c’est parce qu’une entreprise propose de nombreux avantages sociaux qu’elle recrute de meilleurs éléments et a, par conséquent, de très bons résultats. Il existe donc un lien significatif entre performance et avantages sociaux, même s’il peut être difficile d’affirmer quel élément influence l’autre. Une relation réciproque semble être plus proche de la réalité.

 

Le modèle des entreprises américaines

Comme la plupart des avancées majeures faites en termes de développement des entreprises, le modèle des avantages sociaux vient des Etats-Unis. En effet, ce sont les Américains qui, les premiers, ont décidé de récompenser leurs employés avec des avantages sociaux concrets, au lieu de primes. Cela commence dans les années 1960, quand les économistes commencent à théoriser le « capital humain ». C’est Gary Becker qui approfondit cette théorie, et gagne le prix Nobel en 1992 pour son développement de la théorie du capital humain comme force de travail. Il explique que la plus grande marge de rentabilité de l’entreprise se trouve au niveau de ses employés. Un salarié heureux est un salarié qui travaille dur. Or, récompenser ses employés en primes les motive, certes, mais ce n’est pas quelque chose que l’on peut mettre en avant concrètement. Le sujet de l’argent au travail peut être ambigu (même si cela est principalement vrai en Europe) et ne peut pas être montré. A l’inverse, des récompenses telles que des tickets restaurants, des voyages à l’étranger, des places pour assister à des évènements sportifs sont des choses dont on peut parler avec sa famille, ses amis et ses collègues. De plus, à chaque fois qu’un employé utilise un ticket restaurant, il pense automatiquement à son entreprise et aux avantages auxquels il a le droit grâce à elle. Cela crée donc une relation de reconnaissance des employés envers sa société et les motive donc à toujours mieux travailler.