Grégoire Gambatto – L’art de casser les codes avec Germinal

 Grégoire Gambatto – L’art de casser les codes avec Germinal

Retour sur le parcours entrepreneurial de Grégoire Gambatto, le mec que vous allez adorer détester sur LinkedIn.

 

Bonjour, peux-tu te présenter en quelques mots (parcours scolaire et professionnel) ?

Je m’appelle Grégoire Gambatto, je viens de Vif, dans la pampa à côté de Grenoble. J’ai  découvert le concept de prépa assez tard (on n’est pas trop grandes études dans la famille) au lycée, pendant ma filière SSI (Scientifique – Sciences de l’Ingénieur). 

Je me suis dirigé vers une prépa ECS à Champollion, à Grenoble, suite à laquelle je n’ai pas intégré d’école et me suis finalement dirigé vers l’université Grenoble Alpes, en L1 de droit. 

J’ai lancé deux boites pendant mon Master à l’Université, avec un succès très très limité. Suite à cela, j’ai lancé Germinal, une boite de Growth Hacking, qui s’impose aujourd’hui comme un leader dans le domaine du marketing digital et stratégique pour les entreprises.

 

Tu mentionnes souvent ton échec en classe préparatoire… À quoi a-t-il été dû selon toi ?

Globalement, mon expérience en prépa a été un tournant dans ma vie, j’étais particulièrement bon en maths, mais plutôt très mauvais dans les autres matières. 

Un profil très déséquilibré. En première année, je me suis mis dans un délire très malsain, j’ai commencé à rentrer dans une espèce de bulle où la valeur des gens est déterminée par leur note et leur classement. Je pense que c’est le passage Lycée en ZEP à Major en maths en classe prépa qui m’a fait perdre la tête.  J’ai donc commencé pas du tout confiant, puis beaucoup trop confiant et imbuvable suite à mes notes en maths. Puis, au fur et à mesure du temps j’ai vraiment commencé à remettre en cause le système lui-même. À me dire que ma nouvelle façon très élitiste de penser n’était pas la bonne.

J’ai perdu ma confiance du système prépa, j’ai commencé à angoisser, me stresser et à me décourager petit à petit.  Je ne voyais plus le sens de tout ça. Je pense que cela venait en grande partie de la différence de traitement que je pouvais avoir en philo et en anglais, où j’étais dernier ou avant-dernier, et celui de la matière reine, les mathématiques.

Malgré tout cela, je me suis présenté aux concours. Je pensais avoir GEM, cela allait me permettre de rester près de mes amis et de ma famille.

Mais non, j’ai complètement planté. Le sol s’est ouvert sous mes pieds, et vu l’état de mal-être dans lequel j’étais, j’ai préféré ne pas cuber. Je me suis donc dirigé vers l’université pour tourner la page et passer à autre chose. J’ai fait le choix de repartir en L1 pour vraiment partir sur de base saine. 

 

Peux-tu nous parler de ce que l’entrepreneuriat représente pour toi ? 

Oui ! Tout petit, je vendais déjà des cartes Magic en primaire, moins chères que celles du bureau de tabac. J’ai toujours eu cet esprit d’entreprendre. En Master de droit, on avait un emploi du temps très chargé, mais 4 mois de vacances dès le mois de Mai. J’ai donc lancé une première entreprise : une application mobile pour se lancer des défis entre amis. J’avais demandé à des amis si ça leur avait plu, ils étaient tous partants mais me disaient surtout cela pour me faire plaisir. J’ai monté une équipe de 12 personnes, ai passé 9 mois à développer une application, mais au lancement je me suis rendu compte d’une erreur fatale : le marché n’avait pas besoin de mon produit ! Gros, gros fail.

En M2, j’ai rejoint ma deuxième entreprise qui consistait en un site de e-commerce qui regroupait des acheteurs pour négocier des prix à la baisse pour des produits français. Nous avons fait quelques milliers d’euros de chiffre d’affaires avant de clôturer ce projet entrepreneurial

En stage de fin d’études, j’ai intégré un espace de co-working au sein duquel nous avions lancé un accélérateur de start-up. Je faisais ce qu’on appelle de l’intrapreneuriat (qui consiste à donner aux salariés les moyens de penser et d’agir de façon entrepreneuriale) dans le Growth Hacking. Je faisais pas mal de formation avec pour objectif de faire des mini expériences, du prototypage pour voir ce qui fonctionne ou pas au sein de la société.

 

Tu as ensuite lancé Germinal, un franc succès jusqu’à présent… 

Après tant d’échecs, il fallait bien que réussisse un truc ^^’

Suite à mon aventure dans l’espace de coworking, quelques boites souhaitaient me recruter en Freelance pour différents projets liés au Growth hacking. A ce moment-là j’ai compris qu’il y avait vraiment quelque chose à faire et qu’un vrai besoin émergeait. Je me suis donc associé avec deux parisiens bien meilleurs que moi, et on a commencé à faire du service en acquisition en ligne auprès d’entreprises.

Nos bureaux sont éclatés un peu partout, nous avons un point de chute à Paris mais chacun peut bosser d’où il veut, je pense par exemple à notre Growth Moula qui sillonne la France. La qualité de vie au travail est essentielle chez nous. Nous donnons entre 0.1% et 1% des parts à nos nouvelles recrues, on essaye de créer une boite qui a du sens pour tout le monde dans l’équipe.

En termes de CA, nous avons réalisé un peu plus d’un million sur la première année, deux millions sur la deuxième et potentiellement plus de quatre millions cette année. 

En bref, Germinal est une anti-agence avec un produit très différenciant et peu commun. Nous avons récemment lancé l’antichambre, qui permet aux utilisateurs de se former à des prix très compétitifs sur toutes ces techniques. Des prix réduits sont disponibles pour les étudiants. 

 

Tu as co-écrit un livre sur le Growth hacking… de quoi s’agit-il ? 

Le principe est de créer la croissance d’une entreprise d’une manière non-conventionnelle : envoyer des images personnalisées dans des e-mail, recueillir facilement des adresses e-mail, connaître parfaitement ses utilisateurs pour cibler de manière toujours plus précise… C’est du marketing digital en plus technique, et plus véloce. Avec un côté très itératif. C’est un gros secteur en développement, qui recrute des gens à hauts salaires, basés sur leurs compétences et leurs compétences uniquement ! 

À l’issue de la publication de l’ouvrage, on m’a appelé pour faire une conférence. Par la suite j’ai commencé par donner un cours à l’IAE Chambéry, puis à l’IAE de Grenoble, puis à l’INPG, ensuite à Grenoble EM avant d’aller à l’EDHEC, l’ESCP pour finir sur HEC Paris. 

 

Une journée-type en tant que CEO, ça ressemble à quoi de ton côté ? 

De 8h30 à 10h, je traite mes emails et mes messages LinkedIn, de 10h à 12h je fais des réunions d’équipe et un point global, de 13h30 à 14h je fais une sieste, l’après-midi je gère surtout les appels, les contacts clients, les lives etc. Puis je me balade en fin d’après-midi dans ma campagne iséroise en appelant mes collaborateurs pour faire des points stratégiques et ma journée se finit aux alentours de 20h. 

Le week-end et pendant les vacances, je suis 100% off, c’est important d’avoir un équilibre selon moi.

Tu es très connu pour ton activité sur LinkedIn, quelle est selon toi l’importance de la e-réputation ?  

La e-réputation devient de plus en plus importante. Les réseaux sociaux, c’est avant tout de la compréhension des algorithmes et de leurs fonctionnements. Les réseaux sociaux sont un très bon moyen d’émerger pour les outsiders. Personnellement, je suis là pour créer des débats. J’ai tout appris sur le tas en lisant et en rencontrant des gens ! Il y a beaucoup de notions que je ne connaissais pas, je m’entoure beaucoup de personnes qui sont expertes dans leur sujet. Aujourd’hui, j’ai vraiment développé mon propre réseau, ça m’a donné énormément de visibilité.

Au niveau de la boite, nous sommes actuellement en train de développer une stratégie Avengers, à savoir faire émerger plusieurs individualités au sein d’une même structure sur les différents réseaux pour que cela renforce la marque globale : Germinal.

 

Germinal dans 5 ans ? 

Nous sommes actuellement en train d’essayer d’influencer toute une génération d’entrepreneurs, aux méthodes de Growth. Nous raisonnons vraiment en termes d’impact. Je pense que l’entreprise a le potentiel de réaliser plusieurs dizaines de millions de C.A d’ici quelques années, et pourquoi pas un jour d’être valorisée à plusieurs centaines de millions… L’avenir nous le dira ! Le plus important c’est aussi de profiter du chemin.

 

Recrutez-vous au sein de Germinal ? Si oui, quels types de profils sont recherchés ? 

Beaucoup d’infos juste là : https://www.welcometothejungle.com/fr/companies/germinal

Mais on est vraiment sur des profils ambitieux, toujours en train d’apprendre par eux-mêmes. Qui aiment expérimenter et dépasser les limites de ce qui est possible.

On aime bien les Grandes Écoles, mais on sait que la valeur des gens ne se mesure pas à leur diplôme.

 

Pour finir, aurais-tu un mot concernant les étudiants qui craignent de « rater » leurs concours ? Ainsi que pour les personnes désireuses de lancer une entreprise ? 

Pour le volet entrepreneurial, si vous faites du B2C, il faut réaliser sa première vente ou dans le cadre d’un B2B signer son premier contrat. Bien évidemment, il faut lancer son entreprise dans un secteur où il y a un vrai besoin et plus le problème est gros, mieux s’est ! 

De manière générale, il ne faut pas avoir peur de l’échec ! La réussite est tout d’abord très subjective, et ne se définit pas du tout à un moment précis dans votre vie. C’est un processus qui peut parfois se faire sur du long terme. Mon conseil donc, aux étudiants de prépa est de ne pas trop sacraliser le concours et les écoles derrière… Il faut toujours garder en tête que la vraie vie débute réellement après la prépa justement ! Que tous ceux qui souhaitent lancer un projet le lancent, surtout quand on est jeune, il n’y a bien souvent rien à perdre ! Gardez en tête qu’il y a plein de moyens pour réussir dans la vie : faire une belle école, créer sa boîte, son association, être un sportif accompli, rejoindre un beau cabinet de conseil ou une startup au début de l’aventure. La vie est longue est les opportunités seront multiples !