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CDEFM : les propositions des grandes écoles de management pour la présidentielle 2027
Dans un contexte de tension sur les finances publiques et à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, les grandes écoles de management françaises entrent dans le débat sur l’avenir de l’enseignement supérieur. Réunies au sein de la Conférence des Directeurs des Écoles Françaises de Management (CDEFM), 36 grandes écoles présentent 20 propositions destinées aux candidats à la présidentielle 2027, organisées autour de six axes : apprentissage, rayonnement international, confiance et qualité, égalité des chances, ancrage territorial et recherche.
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Qui est la CDEFM et que contiennent ses 20 propositions ?
Créée en mars 2021, la CDEFM est une association loi 1901 qui regroupe 36 des plus grandes écoles de management françaises, toutes reconnues par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et délivrant au moins un diplôme valant grade de master. Elle a pour mission de représenter ces écoles auprès de l’État, de l’Union européenne, des associations d’étudiants et d’employeurs, ainsi que des organismes d’accréditation nationaux et internationaux. Ce n’est pas une première prise de parole électorale : la CDEFM avait déjà formulé des propositions en vue de la présidentielle de 2022.
Le calendrier de cette prise de parole n’est pas anodin. Elle intervient quelques mois seulement après un autre point de friction entre les écoles de management et les pouvoirs publics, autour d’un projet de loi sur l’enseignement supérieur privé voté au Sénat au printemps 2026, déjà contesté par la CDEFM aux côtés de la Conférence des Grandes Écoles. Le document publié le 17 septembre 2026 s’inscrit dans la continuité de ce bras de fer budgétaire : les écoles veulent peser sur le programme des candidats avant que les arbitrages sur le financement de l’apprentissage, des bourses et de la recherche ne soient tranchés pour le prochain quinquennat.
Les 20 propositions dévoilées pour 2027 reposent sur un principe central : tout financement public consacré à la formation et à la recherche doit financer une qualité évaluée et démontrée. Dans un contexte budgétaire contraint, la CDEFM en fait une règle transversale, déclinée dans chacun de ses six axes.
Apprentissage et international : les deux premiers axes des propositions pour la présidentielle
Le premier axe porte sur l’apprentissage. La CDEFM demande que le versement des fonds publics soit soumis à une évaluation systématique par le HCERES, afin de passer d’une logique de volume à une logique de valeur. Cette demande vise directement les officines privées que la CDEFM accuse d’avoir capté des financements publics sans garantir la qualité des formations ni l’insertion des jeunes diplômés. Elle propose aussi de sécuriser les parcours des étudiants non boursiers en leur permettant de contribuer au financement de leur formation, et de soutenir les PME et TPE via une exonération totale de charges pour tout recrutement d’un apprenti de niveau Master, présentée comme un moyen de protéger les employeurs vertueux face à la hausse de leur reste à charge.
Le deuxième axe vise le rayonnement international. La CDEFM propose la création d’un « Visa Prioritaire » pour les étudiants internationaux et les enseignants-chercheurs : traitement consulaire accéléré, titre de séjour pluriannuel garanti dès l’admission ou le recrutement, et passerelle facilitée vers le statut « Talent » après la diplomation. Elle appelle également à accélérer la création d’un Diplôme Européen unique, reconnu par les entreprises sur l’ensemble du continent et intégrant des référentiels communs de durabilité et de gouvernance responsable.
Confiance, égalité des chances et territoires : ce que demande la CDEFM
Le troisième axe, confiance et qualité, propose de conditionner tout financement public à l’obtention d’un label qualité délivré par le MESRE. La CDEFM demande aussi d’avancer les réponses définitives de Parcoursup au printemps, de poursuivre la suppression des formations non évaluées sur la plateforme et de lancer une campagne nationale d’orientation.
Le quatrième axe, égalité des chances, est le plus étoffé. La CDEFM propose un prêt garanti par l’État dont le remboursement ne commencerait qu’à partir d’un revenu annuel brut de 35 000 euros, des bourses « au premier euro » indexées sur le revenu fiscal de référence pour supprimer les effets de seuil, une défiscalisation progressive des frais de scolarité pour les familles non boursières, un fonds national pour généraliser les programmes de cordées et de tutorat, un accès renforcé au logement étudiant, et une hausse de la réduction d’impôt de 66 % à 75 % pour les dons fléchés vers les programmes de bourses sociales.
Le cinquième axe concerne l’ancrage territorial : la CDEFM demande la création d’un label et d’un fonds de péréquation « Campus de Territoire », l’intégration systématique des écoles aux Contrats de Plan État-Région, et une incitation fiscale pour le recrutement en région des diplômés issus des écoles implantées localement.
Recherche et souveraineté : le sixième axe pour la présidentielle
Le sixième et dernier axe porte sur la recherche en sciences de gestion. La CDEFM demande un accès ouvert et équitable des écoles partenaires aux appels à projets de la recherche publique, le fléchage d’une part du Crédit d’Impôt Recherche vers la recherche produite par les écoles de commerce, et la défiscalisation du financement des chaires et des thèses CIFRE pour stimuler le mécénat scientifique.
Selon Vincenzo Vinzi, président de la CDEFM et directeur général de l’ESSEC, investir dans l’excellence et les talents revient à donner à la France les moyens de sa souveraineté, et l’élection de 2027 doit marquer ce choix plutôt que celui du renoncement budgétaire sur l’enseignement supérieur et la recherche.
Les 36 grandes écoles de management françaises de la CDEFM en chiffres
| Indicateur | Chiffre (2025) |
|---|---|
| Écoles membres de la CDEFM | 36 |
| Étudiants | 180 000 |
| dont étudiants internationaux | 59 000 |
| dont étudiants en apprentissage | 45 000 |
| Taux de féminisation | 49 % |
| Diplômés cumulés | plus de 1 337 000 |
| Enseignants-chercheurs permanents | 4 000 |
| Personnels administratifs et techniques | 10 000 |
Ce qu’il faut retenir
La CDEFM porte 20 propositions structurées en six axes pour la présidentielle 2027 : apprentissage, international, confiance et qualité, égalité des chances, territoires et recherche. Le fil conducteur reste le même sur chaque axe : conditionner le financement public à une qualité démontrée, dans un contexte budgétaire que l’association juge contraint. Reste à savoir quels candidats à l’élection présidentielle s’empareront de ces propositions dans leur programme.