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Qu’est ce que le Private Equity ?

Qu’est ce que le Private Equity ?

Le Private Equity (capital-investissement en français) est une forme d’investissement financier qui consiste à acquérir des participations dans des entreprises non cotées en bourse. C’est l’une des classes d’actifs les plus dynamiques du marché financier mondial : à l’échelle française, le marché du Private Equity représente environ 135 milliards d’euros d’actifs sous gestion en 2025, et 26 milliards d’euros ont été investis en 2024 dans plus de 2 692 projets, selon France Invest.

Pour les étudiants des grandes écoles et les jeunes diplômés en finance, le Private Equity reste l’un des débouchés les plus convoités, à la fois pour la nature stratégique du métier et pour les rémunérations attractives qu’il propose. Ce guide complet détaille ce qu’est vraiment le Private Equity en 2026 : son fonctionnement, les différents types d’investissement, les principaux acteurs en France, les salaires, et comment y faire carrière.

 

Quel est le but d’un fonds de Private Equity ?

L’objectif d’un fonds de Private Equity est d’obtenir un contrôle substantiel ou une influence significative sur les entreprises cibles, afin de stimuler leur croissance, leur développement et leur rentabilité, pour réaliser des plus-values dans un délai relativement court, généralement compris entre 3 et 7 ans. Cette implication active peut se manifester par des changements dans la direction, des optimisations opérationnelles, des fusions-acquisitions, ou d’autres mesures visant à accroître la valeur de l’entreprise.

Le modèle économique d’un fonds repose sur trois sources de rémunération distinctes : les frais de gestion (management fees, généralement 2 % des actifs sous gestion par an), les plus-values de cession réalisées lors de la sortie des participations, et le carried interest – une participation aux profits de 10 à 20 % au-delà d’un seuil de rendement appelé « hurdle rate » (typiquement 8 % d’IRR par an).

 

Qui se cache derrière le Private Equity en France ?

Le marché français du Private Equity est l’un des plus matures d’Europe. Plus de 460 sociétés de gestion sont membres de France Invest, l’association professionnelle de référence. Parmi les principaux acteurs en France, on peut citer notamment :

  • Bpifrance – banque publique d’investissement, soutien aux PME et ETI françaises
  • Ardian – leader européen, plus de 130 milliards d’euros d’AUM, fondé en 1996 comme pôle de capital-investissement d’AXA
  • Eurazeo – groupe coté, multi-stratégies (mid cap, growth, secondaires, dette privée)
  • Tikehau Capital – société de gestion multi-stratégies, plus de 50 milliards d’euros d’AUM
  • PAI Partners – acteur de référence du buyout européen
  • Andera Partners – capital-développement et innovation
  • LBO France – pionnier français du capital-investissement
  • Astorg – LBO sur le mid-large cap européen
  • Antin Infrastructure Partners – infrastructure
  • Wendel – holding cotée d’investissement

Cette stratégie d’investissement est généralement mise en œuvre par des entités de capital-investissement ou des investisseurs privés hautement expérimentés. Les premiers pourvoyeurs de capitaux des fonds français sont les fonds de fonds et les gestionnaires d’actifs (28 % du total des levées de fonds en 2024).

 

Lire plus : Top 10 des plus gros fonds d’investissements français

Trainy prépare les étudiants au Private Equity.

Quels sont les différents types d’investissement en Private Equity ?

Le Private Equity ne se limite pas au LBO. Les fonds de capital-investissement déploient différentes stratégies en fonction du stade de maturité des entreprises ciblées et de leur situation financière.

StratégieStade de l’entrepriseProfil de risqueHorizon de sortie
Capital innovation (Venture Capital)Jeune entreprise innovante, souvent techTrès élevé, espérance de gain forte5-10 ans
Capital développement (Growth)Entreprise mature et rentable, en expansionModéré3-7 ans
Capital transmission (Buy Out / LBO)Entreprise rentable rachetée avec effet de levierModéré, dépend du levier3-7 ans
Capital retournement (Distressed)Entreprise en difficulté à restructurerTrès élevé3-5 ans
Dette privée (Private Debt)Toutes tailles, financement par detteModéré, rendement contractuel5-7 ans
InfrastructureActifs d’infrastructure (énergie, transports, télécoms)Faible à modéré, long terme7-15 ans

 

Le capital innovation (Venture Capital)

Les gestionnaires misent sur les jeunes entreprises innovantes, souvent dans le secteur des nouvelles technologies. L’espérance de gain peut être très élevée : c’est typiquement le financement d’une phase d’amorçage ou de série A d’une startup. Les fonds Eurazeo, Idinvest ou encore Partech interviennent à ces stades en France.

 

Le capital développement

L’objectif est de prendre une participation minoritaire dans le capital d’entreprises matures et rentables qui souhaitent financer leur croissance – expansion géographique, lancement de nouveaux produits, recrutements clés. C’est la stratégie privilégiée pour soutenir les ETI françaises sans les endetter excessivement.

 

Le capital transmission (LBO)

C’est le rachat d’une société déjà profitable au moyen de techniques financières qui font la part belle à l’emprunt et à l’effet de levier. Le LBO (Leveraged Buyout) est le premier segment du Private Equity français avec 17,1 milliards d’euros investis en 2024 (+20 % par rapport à 2023). Dans un LBO, la dette représente typiquement 65 à 75 % du capital total utilisé, ce qui amplifie le rendement sur fonds propres pour les investisseurs.

 

Lire plus : Le LBO : définition, processus, intérêts et limites

 

Le capital retournement

Il finance la restructuration d’une entreprise en difficulté afin qu’elle renoue avec les profits au terme d’une phase de réorganisation. Il est notamment utilisé pour le redressement d’entreprises en faillite ou en grande tension financière. C’est une stratégie qui génère parmi les meilleurs retours en cas de succès, mais avec un risque corrélativement élevé.

 

Le marché du Private Equity en chiffres : France et monde

IndicateurFrance 2024France 2025 (S1)Monde 2025
Investissements26 Md€ (+16 %)14,7 Md€~900 Md$
Levées de fondsn.c.17,4 Md€~700 Md$
AUM total135 Md€135 Md€~13 000 Md$
Cessions11,9 Md€ (+57 %)4,8 Md€en hausse
Buy Out / LBO17,1 Md€en replidominant
Dry powdern.c.n.c.~2 500 Md$

Sources : France Invest / Grant Thornton (2024 et S1 2025), PwC Global PE Outlook 2026.

Sur le long terme, le marché français est passé de 4,1 milliards d’euros investis en 2009 à 26,0 milliards en 2024, avec un taux de croissance annuel moyen de +6 % entre 2019 et 2024. Environ 35 % des capitaux levés par les fonds français proviennent d’investisseurs internationaux, ce qui souligne l’attractivité du marché français.

À l’échelle mondiale, le contexte 2025 a été plus difficile : la levée de fonds globale a baissé de 3,8 % à environ 700 milliards de dollars (niveau le plus faible depuis cinq ans), et l’on dénombre près de 32 500 entreprises soutenues par des fonds de Private Equity dans le monde fin 2025, dont environ 1 000 valorisées à plus d’un milliard d’euros et détenues depuis plus de 6 ans en portefeuille – phénomène qui pèse sur les distributions aux investisseurs.

 

Comment sort-on d’un investissement en Private Equity ?

Lorsque la valeur de l’entreprise cible augmente, les investisseurs cherchent à réaliser des gains en vendant leur participation, habituellement par l’un des trois canaux suivants :

  • Cession à un acheteur stratégique : un industriel ou un concurrent rachète la cible. Voie classique, valorisation potentiellement la plus élevée grâce aux synergies.
  • Cession à un autre fonds (secondaire) : un autre fonds de Private Equity rachète la participation. Voie en pleine croissance avec l’apparition des fonds de continuation (15 % des sorties mondiales en 2024).
  • Introduction en bourse (IPO) : l’entreprise entre sur les marchés cotés. Voie plus rare, dépendante de la fenêtre de marché. L’IPO de Medline (7,2 milliards de dollars) en 2025 a marqué un signal de réouverture des marchés.

Le contexte 2024-2025 a vu les cessions ralentir significativement, en raison du blocage des valorisations entre acheteurs et vendeurs. Cette situation a poussé les fonds à privilégier les transactions secondaires et les fonds de continuation comme voies de sortie alternatives.

 

Salaires en Private Equity : les vraies fourchettes 2025-2026

Le Private Equity est l’un des secteurs les mieux rémunérés de la finance, avec une structure de package en trois parties : salaire fixe + bonus + carried interest. Le carried interest, négligeable au début de carrière, devient progressivement la principale source de richesse pour les profils seniors.

NiveauExpérienceSalaire fixeBonusPackage totalCarried interest
Stagiaire6 mois1 500 – 2 500 €/mois
Analyste0-3 ans60 – 85 k€30 – 80 % du fixe75 – 150 k€0
Associate3-6 ans80 – 130 k€80 – 100 % du fixe150 – 220 k€0,1 – 0,5 %
Senior Associate6-9 ans90 – 150 k€100 % du fixe180 – 300 k€0,3 – 1 %
Vice-President (VP)9-12 ans150 – 250 k€100 – 200 % du fixe300 – 750 k€1 – 3 %
Principal / Director12-15 ans250 – 400 k€100 – 200 % du fixe500 k – 1,2 M€2 – 5 %
Partner / Managing Partner15+ ans400 k – 1 M€+100 – 300 % du fixe800 k – 2 M€ + carry5 – 30 %

Sources : Heidrick & Struggles (Europe Private Capital Compensation Survey 2025), Option Finance, AlumnEye, The Finance Army.

Le carried interest est la pièce maîtresse de la rémunération en Private Equity. Il s’agit d’une participation aux profits du fonds au-delà d’un hurdle rate (typiquement 8 % d’IRR par an). Il est versé après vesting (5 à 10 ans) et au moment des sorties d’investissement. Pour un Partner d’un fonds performant, le carried interest peut représenter 10 à 100 fois le salaire fixe sur un cycle de 10 ans.

Les rémunérations varient également selon plusieurs facteurs : taille du fonds (les méga-fonds payent davantage), stratégie (le buy-out, le distressed et la dette privée payent mieux que le venture pour les profils seniors), localisation (Londres et New York payent davantage que Paris), et performance individuelle.

 

Lire plus : Pourquoi travailler en Fusion Acquisition ?

 

Quels sont les avantages et inconvénients du Private Equity ?

Comme toute classe d’actifs et tout secteur professionnel, le Private Equity présente une combinaison d’avantages spécifiques et de limites à connaître.

 

Avantages du Private Equity

  • Rendements historiquement supérieurs au marché coté : le capital-investissement français surperforme historiquement les grandes classes d’actifs cotées sur des cycles longs
  • Implication directe dans la gestion des entreprises (siège au conseil d’administration, influence stratégique)
  • Diversification de portefeuille par rapport aux actifs cotés (faible corrélation avec les marchés boursiers)
  • Création de valeur opérationnelle : les fonds apportent leur expertise managériale, opérationnelle et stratégique aux entreprises en portefeuille
  • Rémunérations attractives pour les professionnels du secteur, notamment via le carried interest

 

Inconvénients et risques

  • Risque d’échec des entreprises cibles, particulièrement marqué en venture et en retournement
  • Illiquidité : les capitaux sont immobilisés sur 7 à 10 ans, sans possibilité de sortie anticipée
  • Frais de gestion élevés (typiquement 2 % d’AUM + 20 % de carried interest)
  • Cycle de marché défavorable depuis 2023 : ralentissement des cessions, blocage des valorisations, difficultés des fonds à restituer du capital aux investisseurs
  • Concentration : les 10 principaux fonds français captent 75 % des investissements en Private Equity, ce qui rend l’accès au métier extrêmement compétitif

 

Comment faire carrière en Private Equity ?

Le Private Equity recrute principalement par deux voies : la voie directe (recrutement post-école sur un poste d’analyste), de plus en plus pratiquée par les grands fonds, et la voie post-banque d’affaires (M&A puis transition vers le buy-side après 2-3 ans), historiquement la voie principale. Les recrutements directs en PE sont assez rares, il vous faudra de très bons stages et un brin de chances pour intégrer le secteur dès la sortie d’étude.

 

Profils recherchés

Les fonds de Private Equity recrutent prioritairement :

  • Diplômés des grandes écoles de commerce (HEC, ESSEC, ESCP, EDHEC, EMLyon…) avec spécialisation finance
  • Diplômés des grandes écoles d’ingénieurs (Polytechnique, CentraleSupélec, Mines, Ponts…) avec un master en finance
  • Diplômés de Sciences Po (master Finance et Stratégie ou équivalent)
  • Profils ayant fait 2-3 ans en banque d’investissement (M&A, leveraged finance, restructuring)
  • Profils issus du conseil en stratégie (MBB principalement)

Stages indispensables

Pour décrocher un poste post-diplôme en Private Equity, il est quasiment indispensable d’effectuer un ou plusieurs stages en M&A, en Private Equity ou en Transaction Services pendant son cursus. Les stages « off-cycle » (6 mois) en banque d’affaires ou en fonds sont particulièrement valorisés.

 

Lire plus : Les stages en finance : Spring insight, summer, off-cycle, graduate

 

Compétences clés

Les compétences attendues à l’entrée sont à la fois techniques et comportementales :

  • Modélisation financière avancée (LBO, DCF, valorisations)
  • Analyse stratégique (capacité à identifier les leviers de création de valeur)
  • Compréhension comptable (lecture des états financiers, due diligence)
  • Anglais professionnel (les deals européens et internationaux sont la norme)
  • Capacité de travail (60-70 heures par semaine en début de carrière)
  • Esprit critique et curiosité sectorielle

 

Lire plus : Le bon CV pour faire de la finance

 

FAQ – Private Equity

Quelle est la différence entre Private Equity et M&A ? Le M&A (Mergers & Acquisitions) est un métier de conseil : les banques d’affaires conseillent les entreprises dans leurs opérations d’achat ou de vente, en facturant des honoraires. Le Private Equity est un métier d’investissement : les fonds achètent eux-mêmes des participations dans les entreprises, en utilisant l’argent levé auprès de leurs investisseurs (LPs). Il est très fréquent de commencer en M&A pour ensuite basculer en Private Equity après 2 à 3 ans, le M&A étant considéré comme la meilleure école technique pour préparer le buy-side.

Quel est le ticket minimum pour investir en Private Equity en tant que particulier ? Historiquement, le Private Equity était réservé aux investisseurs institutionnels (assureurs, caisses de retraite, fonds de fonds) avec des tickets minimums de plusieurs centaines de milliers d’euros. Depuis quelques années, l’accès aux particuliers s’est ouvert via les FCPI, FCPR et fonds evergreen, accessibles à partir de quelques centaines d’euros via l’assurance-vie. Selon France Invest, 3,1 milliards d’euros ont été levés en 2025 auprès d’épargnants particuliers (+8 %).

Quel est le rendement moyen d’un fonds de Private Equity ? Selon France Invest, le rendement annuel moyen des fonds de capital-investissement français accessibles aux épargnants particuliers s’établit à 5,4 % en 2025, et même 6,0 % pour les fonds evergreen. Les fonds professionnels affichent historiquement des performances supérieures (TRI net souvent compris entre 8 et 15 % selon les millésimes et les stratégies), mais avec une dispersion importante entre les meilleurs et les moins bons fonds.

Faut-il un MBA pour faire carrière en Private Equity ? Pas obligatoirement, mais le MBA reste un passage très fréquent pour les profils visant les postes seniors. La trajectoire classique est : 2-3 ans en M&A → 2-3 ans en Private Equity comme Associate → MBA (Harvard, Stanford, INSEAD, Wharton) → retour en Private Equity au niveau Senior Associate ou VP. Cette voie n’est pas obligatoire, et de nombreux Partners n’ont jamais fait de MBA.

Quel est le carried interest exactement ? Le carried interest est la part de profit qui revient aux gérants du fonds au-delà d’un seuil de rendement (hurdle rate, typiquement 8 % d’IRR). Concrètement, si un fonds réalise 15 % d’IRR sur un million d’euros investis pendant 5 ans, l’excédent au-delà du hurdle est partagé : 80 % pour les investisseurs (LPs), 20 % pour les gérants (GPs), ce 20 % constituant le carried interest. Le carried est partagé entre les Partners et les profils seniors selon des pourcentages prédéfinis.

Quels sont les meilleurs fonds de Private Equity en France pour candidater ? Pour des profils juniors, les fonds qui recrutent le plus régulièrement à Paris incluent : Ardian, Eurazeo, PAI Partners, Tikehau Capital, Bridgepoint, Astorg, Apax Partners, EQT Paris, KKR Paris, Bain Capital Paris, Carlyle Paris, et de nombreux fonds mid-market (Andera Partners, Naxicap, IK Partners, Activa Capital, Cobepa). Les méga-fonds anglo-saxons (KKR, Blackstone, Apollo, Carlyle, EQT) ont des bureaux parisiens recrutant en français et en anglais.

Ce qu’il faut retenir

Le Private Equity est une stratégie d’investissement dynamique visant à maximiser la valeur d’entreprises non cotées en bourse, en les soutenant activement dans leur croissance et leur développement. Le marché français pèse 135 milliards d’euros d’actifs sous gestion en 2025, avec 26 milliards d’euros investis en 2024, faisant de la France le deuxième marché européen du capital-investissement derrière le Royaume-Uni.

Le secteur recouvre plusieurs stratégies (venture, growth, LBO, retournement, dette privée, infrastructure) avec des profils de risque et des horizons distincts. Le LBO domine en valeur (17,1 Md€ en 2024). Pour les jeunes diplômés, le Private Equity offre des rémunérations parmi les plus attractives du marché de la finance – de 75 k€ en début d’analyste à plusieurs millions d’euros pour un Partner via le carried interest – en contrepartie d’un investissement personnel important et d’une compétitivité élevée à l’entrée.

 

Lire plus : Le M&A, c’est quoi exactement ? 

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