Étudier à l’étranger : le guide complet 2026
Étudier à l’étranger est devenu une étape clé pour une part croissante des étudiants français. Selon les Chiffres clés 2025 de Campus France publiés en mai 2025, près de 114 000 étudiants français se sont rendus à l’étranger en 2022 dans le cadre d’une mobilité diplômante, faisant de la France le 7e pays d’origine des étudiants mobiles dans le monde. Sur cinq ans, le nombre de Français partis étudier à l’étranger a progressé de 20 %, porté par les destinations européennes et francophones.
Ce guide complet réunit les informations indispensables pour préparer un projet de mobilité internationale : les motivations qui poussent les étudiants à partir, les principales destinations, les programmes existants (Erasmus+, double diplôme, échanges hors Europe), les coûts à anticiper, les bourses cumulables et le calendrier à respecter. Il s’adresse aussi bien aux lycéens qui veulent étudier à l’international dès le post-bac qu’aux étudiants déjà en école ou à l’université qui envisagent un semestre, une année d’échange ou un master complet à l’étranger.
Pourquoi étudier à l’étranger en 2026
La première motivation reste linguistique. Vivre plusieurs mois dans un environnement non francophone permet une progression que les cours en France peinent à offrir. La maîtrise effective d’une langue étrangère, attestée par un séjour en immersion, est un signal différenciant pour les recruteurs – particulièrement pour les profils qui visent les fonctions internationales, le conseil, la finance, l’audit ou les métiers de l’export.
La deuxième motivation est académique. Certains pays offrent un accès plus aisé à des cursus saturés en France, comme la médecine, la psychologie, les écoles d’arts ou la pharmacie. La Belgique attire ainsi durablement les étudiants français pour ces formations, avec 19 768 Français inscrits en 2022 selon Campus France, soit le premier rang des destinations. D’autres pays se distinguent par des spécialités très pointues : l’Allemagne pour l’ingénierie, les Pays-Bas pour le management et le marketing, le Portugal pour les programmes en anglais à coût modéré.
La troisième motivation est expérientielle et professionnelle. Une expérience à l’étranger développe des compétences peu mesurables mais très valorisées : autonomie, adaptabilité, gestion de l’incertitude, capacité à travailler dans des équipes multiculturelles. Selon plusieurs enquêtes menées auprès de recruteurs, ces compétences interculturelles sont particulièrement valorisées pour les premiers postes à l’international, les missions au sein de grands groupes ou les carrières en cabinet de conseil. La quatrième motivation, plus pragmatique, tient au coût : pour certains étudiants, étudier dans un pays européen aux frais de scolarité plafonnés peut s’avérer moins onéreux qu’une école privée française, à condition d’anticiper le coût de la vie sur place.
Étudier à l’étranger : les destinations privilégiées par les étudiants français
Selon Campus France, les cinq premières destinations des étudiants français en mobilité diplômante en 2022 sont la Belgique, le Canada, la Suisse, le Royaume-Uni et l’Espagne. Chacun de ces pays accueille entre 10 000 et 20 000 étudiants français. À eux seuls, la Belgique et le Canada captent un tiers des étudiants français en mobilité (33 %).
Le tableau ci-dessous présente les 25 principaux pays de destination des étudiants français en mobilité diplômante, avec les effectifs 2022 et l’évolution sur cinq ans. Ces données sont issues de la collecte UNESCO-OCDE-Eurostat publiée par Campus France en 2025.
| Rang | Pays | Effectifs 2022 | Évolution 2017-2022 |
|---|---|---|---|
| 1 | Belgique | 19 768 | 24% |
| 2 | Canada | 17 982 | 13% |
| 3 | Suisse | 12 548 | 23% |
| 4 | Royaume-Uni | 11 726 | -10% |
| 5 | Espagne | 11 140 | 58% |
| 6 | Allemagne | 9 671 | 37% |
| 7 | États-Unis | 5 732 | -12% |
| 8 | Pays-Bas | 4 252 | 122% |
| 9 | Roumanie | 3 316 | 58% |
| 10 | Portugal | 2 798 | 315% |
| 11 | Italie | 2 149 | 41% |
| 12 | Irlande | 1 231 | 93% |
| 13 | Australie | 1 126 | -24% |
| 14 | Luxembourg | 969 | -3% |
| 15 | Hongrie | 858 | 49% |
| 16 | Autriche | 667 | 26% |
| 17 | Japon | 604 | -42% |
| 18 | Danemark | 588 | 4% |
| 19 | Monaco | 570 | ND |
| 20 | Suède | 549 | 14% |
| 21 | Finlande | 493 | 90% |
| 22 | Croatie | 369 | 315% |
| 23 | Argentine | 362 | -21% |
| 24 | Norvège | 337 | 212% |
| 25 | Pologne | 334 | -38% |
| Total | - | 113 515 | 20% |
Source : ISU, octobre 2024 – Chiffres clés Campus France 2025.
Plusieurs tendances ressortent de ces chiffres. L’Union européenne capte 53 % des étudiants français en mobilité diplômante, soit environ 60 000 personnes. La proximité géographique, la liberté de circulation dans l’espace Schengen et l’absence de différenciation tarifaire pour les ressortissants européens expliquent cette concentration.
À l’inverse, la mobilité vers le Royaume-Uni est en recul (-10 % sur cinq ans), conséquence directe du Brexit. Selon Campus France, les Français sont désormais soumis aux droits de scolarité internationaux dans les universités britanniques, ce qui réduit mécaniquement l’attractivité. Le constat est identique aux États-Unis (-12 %) et en Australie (-24 %), trois destinations historiques qui ont perdu en attractivité.
Les véritables gagnants sont les Pays-Bas (+122 % en cinq ans), le Portugal (+315 %), la Norvège (+212 %) et la Croatie (+315 %). Ces pays combinent plusieurs atouts : programmes de plus en plus dispensés en anglais, frais de scolarité contenus pour les ressortissants européens, qualité de vie reconnue. Aux Pays-Bas, 73 % des Français inscrits le sont au niveau Bachelor, ce qui traduit une forte attractivité dès le post-bac.
Lire plus : Quels sont les meilleurs pays où étudier ?
Étudier à l’étranger : les principaux programmes accessibles
Plusieurs dispositifs permettent de financer et d’encadrer une mobilité internationale. Le choix dépend du moment du parcours, du pays visé et du type de séjour souhaité.
Erasmus+ reste le programme historique de référence en Europe. Lancé en 1987, il a permis à plus de 13 millions d’étudiants de partir. Selon Service-Public.fr et l’agence Erasmus+ France, le dispositif couvre les 27 États membres de l’UE auxquels s’ajoutent l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Macédoine du Nord, la Serbie et la Turquie. Le Royaume-Uni n’en fait plus partie depuis le Brexit et a lancé son propre dispositif, le Turing Scheme. La Suisse dispose également d’un programme propre. Erasmus+ permet d’effectuer des études entre 2 et 12 mois par cycle (Bachelor, Master, Doctorat), cumulables avec un stage. La candidature passe par le service des relations internationales de l’établissement français d’origine.
Le double diplôme international est une formule plus engageante mais à plus forte valeur ajoutée. L’étudiant suit une partie de sa formation dans un établissement étranger partenaire et obtient à la sortie deux diplômes reconnus, un en France et un dans le pays d’accueil. Les écoles françaises de management et d’ingénieurs ont massivement développé ces partenariats : ESCP propose 48 doubles diplômes, l’EDHEC compte parmi ses partenaires UC Berkeley, SKEMA dispose de 197 universités partenaires dans 57 pays. Pour l’étudiant, le double diplôme suppose un dossier solide, un niveau de langue attesté et une motivation très claire sur le projet professionnel.
Les échanges académiques bilatéraux hors Erasmus+ permettent de partir dans des pays comme les États-Unis, le Canada, l’Australie, le Japon, la Corée du Sud, Singapour ou la Chine. Ces partenariats sont propres à chaque établissement français et passent généralement par le service des relations internationales. Pour l’Asie, le programme Asia Exchange offre une voie alternative, accessible aux étudiants dont l’établissement n’a pas de partenariat direct sur place.
Les cursus complets à l’étranger sont une autre option, plus lourde mais parfois plus pertinente. Étudier directement dans une université étrangère pour y suivre un Bachelor, un Master ou un PhD complet permet d’obtenir un diplôme local fortement reconnu sur le marché du pays. Selon les données Campus France, 53 % des Français en mobilité diplômante en 2022 suivent une formation de niveau Bachelor, 36 % de niveau Master et 7 % de niveau Doctorat. La proportion de Français inscrits en Bachelor est particulièrement élevée en Belgique (68 %), au Royaume-Uni (65 %) et aux Pays-Bas (73 %).
Combien coûte le fait d’étudier à l’étranger
Le coût d’un projet de mobilité internationale varie radicalement selon le pays et le statut. Trois grandes catégories de dépenses sont à anticiper : les frais de scolarité, le coût de la vie et les frais annexes (visa, assurance santé, voyage).
Les frais de scolarité dépendent de deux variables : le pays et le statut de l’étudiant. Au sein de l’Espace économique européen, les ressortissants européens bénéficient des mêmes tarifs que les nationaux, ce qui maintient les frais à un niveau modéré. Hors UE, les écarts entre étudiants nationaux et internationaux sont massifs. Selon les données OCDE relayées par Campus France, les frais annuels moyens en licence pour un étudiant international peuvent atteindre 12 330 dollars au Royaume-Uni, 9 212 dollars aux États-Unis dans le secteur public et plus de 26 000 dollars dans certaines universités américaines privées.
Le coût de la vie est souvent sous-estimé. Pour les destinations à coût élevé comme Londres, Dublin, Genève, Sydney, New York ou San Francisco, le budget mensuel hors frais de scolarité peut dépasser les 1 800 à 2 500 euros, principalement absorbés par le logement. À l’inverse, des destinations comme le Portugal, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque ou plusieurs pays d’Europe de l’Est permettent de vivre avec un budget mensuel de 800 à 1 200 euros.
| Pays | Coût de la vie mensuel estimé (hors loyer) | Frais de scolarité annuels (université publique) |
|---|---|---|
| Belgique | 800 à 1 200 € | 835 € (ressortissants UE) |
| Allemagne | 850 à 1 200 € | 0 à 1 500 € (Länder publics) |
| Pays-Bas | 900 à 1 300 € | 2 530 € (UE, 2024-2025) |
| Espagne | 700 à 1 100 € | 800 à 2 500 € selon région |
| Portugal | 600 à 1 000 € | 700 à 1 250 € |
| Royaume-Uni (Londres) | 1 500 à 2 200 € | 9 250 £ à 38 000 £ (international) |
| États-Unis | 1 200 à 2 500 € | 9 000 à 60 000 $ selon université |
| Canada | 1 000 à 1 800 € | 7 000 à 30 000 CAD (international) |
| Suisse | 1 800 à 2 500 € | 500 à 2 000 CHF |
Sources : OCDE Regards sur l’éducation, Campus France, sites officiels des ministères concernés. Les montants sont indicatifs et susceptibles d’évoluer chaque rentrée.
Les frais annexes comprennent le visa étudiant (obligatoire hors UE), l’assurance santé internationale (souvent imposée par les universités américaines, britanniques ou suisses), le billet d’avion et la caution logement. Ces frais représentent généralement entre 1 500 et 4 000 euros sur une année selon la destination.
Étudier à l’étranger : les bourses et aides cumulables
Plusieurs dispositifs publics permettent de financer une mobilité. La règle générale, selon Service-Public.fr et le site Étudiant.gouv.fr, est que la plupart de ces aides sont cumulables.
La bourse Erasmus+ est l’aide phare pour les étudiants partant en Europe. Elle est forfaitaire, attribuée sans conditions de ressources, et son montant varie selon le coût de la vie dans le pays d’accueil. Selon les barèmes publiés en 2024-2025 par l’agence Erasmus+ France, trois groupes de pays sont distingués : 500 € par mois pour le groupe 1 (Danemark, Finlande, Irlande, Islande, Liechtenstein, Luxembourg, Norvège, Suède), 450 € par mois pour le groupe 2 (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Italie, Pays-Bas, Portugal entre autres) et 400 € par mois pour le groupe 3 (pays d’Europe centrale et orientale). Une contribution aux frais de voyage est également prévue depuis 2024, majorée pour les transports écoresponsables.
L’Aide à la mobilité internationale (AMI) est destinée aux étudiants boursiers sur critères sociaux. Son montant est de 400 euros par mois selon Étudiant.gouv.fr, et elle est cumulable avec la bourse Erasmus+ et la bourse sur critères sociaux du Crous.
Le complément d’inclusion Erasmus+ peut s’ajouter pour les étudiants en situation de handicap, ceux issus de quartiers prioritaires (QPV) ou de zones de revitalisation rurale (ZRR), ou les boursiers Crous échelons 6 et 7. Son montant atteint 250 euros par mois selon les guides publiés par l’agence Erasmus+ France.
Les aides régionales complètent souvent ces dispositifs. Chaque région propose son propre barème : la région Auvergne-Rhône-Alpes, l’Île-de-France, l’Occitanie ou la Bretagne ont mis en place des bourses de mobilité internationale, généralement cumulables avec Erasmus+ et l’AMI. Le montant et les conditions varient ; les étudiants doivent se rapprocher du conseil régional dont ils dépendent.
Les bourses spécifiques ciblent certaines destinations. Le programme BCI permet aux étudiants français d’étudier au Québec aux mêmes conditions tarifaires que les Québécois. La bourse Fulbright finance des études aux États-Unis pour les profils de très haut niveau. Le DAAD allemand, la bourse Charpak pour l’Inde, le programme Eiffel et de nombreuses bourses gouvernementales étrangères complètent l’écosystème.
Étudier à l’étranger : le calendrier à respecter
Un projet de mobilité internationale se prépare entre 6 et 18 mois avant le départ. Le respect du calendrier est critique : les meilleurs partenariats se jouent sur des dossiers déposés tôt.
Pour une mobilité Erasmus+ ou un échange académique au sein de son école, le dépôt de candidature se fait généralement entre septembre et février pour un départ à la rentrée suivante. Le dossier comprend en général un CV, une lettre de motivation, un classement des établissements souhaités, et parfois un test de langue (TOEFL, IELTS, TOEIC selon la destination).
Pour un cursus complet à l’étranger – Bachelor ou Master directement dans une université étrangère – le calendrier est encore plus exigeant. Les universités américaines clôturent leurs admissions entre novembre et janvier pour une rentrée en septembre suivant. Les universités britanniques passent par UCAS, avec une deadline en janvier. Les Pays-Bas, le Danemark et la Suède ont des deadlines comprises entre janvier et avril. Les universités allemandes laissent généralement plus de souplesse, avec des dates limites en juin ou juillet selon le Land.
Les démarches annexes incluent l’obtention du visa étudiant (à anticiper d’au moins trois mois pour les destinations hors UE), l’inscription dans la couverture santé adaptée (Caisse des Français à l’étranger ou assurance privée), la recherche de logement et la préparation du budget. Une mobilité dans un pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni ou l’Australie nécessite typiquement un démarrage de la préparation 12 à 18 mois avant la rentrée.
Lire plus : Erasmus terminé, et maintenant ? 5 façons de capitaliser sur ton expérience
Étudier à l’international : le rôle des Grandes Écoles françaises
Les Grandes Écoles françaises ont massivement intégré la mobilité internationale dans leurs cursus, au point que étudier à l’international est devenu pour beaucoup d’écoles une obligation diplômante. Selon les chiffres relayés par les écoles via le classement Financial Times Masters in Management 2025, certaines business schools françaises affichent des taux d’étudiants internationaux particulièrement élevés : ESCP atteint 98 %, ISC Paris 91 %, SKEMA 90 %, Grenoble EM 88 %.
La plupart des programmes Grande École en commerce et en ingénieurs imposent désormais un semestre, une année ou un double diplôme à l’étranger comme condition de validation du diplôme. À l’ESSCA, 100 % des étudiants effectuent une mobilité internationale. À SKEMA, les étudiants peuvent réaliser leur cursus sur six campus différents répartis sur cinq continents sans surcoût, ce qui constitue une option de plus en plus prisée.
Cette stratégie d’internationalisation profite directement aux étudiants. Elle simplifie les démarches administratives (l’école gère les conventions, les crédits ECTS et les visas), elle ouvre des portes vers des universités d’élite difficilement accessibles en candidature individuelle, et elle permet d’absorber le coût de la mobilité dans les frais de scolarité de l’école. Pour les étudiants en CPGE qui hésitent encore sur leur choix d’école, le critère de l’ouverture internationale, mesurée par le nombre et la qualité des partenariats, devient un élément structurant de l’arbitrage. Au-delà des études, le Volontariat International en Entreprise (VIE) constitue un prolongement naturel pour ceux qui souhaitent transformer leur ouverture internationale en première expérience professionnelle.
FAQ – étudier à l’étranger
Combien d’étudiants français partent étudier à l’étranger chaque année ? Selon Campus France et les données ISU/OCDE/Eurostat publiées en mai 2025, près de 114 000 étudiants français étaient en mobilité diplômante à l’étranger en 2022, soit une augmentation de 20 % en cinq ans. La France est ainsi le 7e pays d’origine des étudiants mobiles dans le monde. Environ 4 % des étudiants français suivent une formation diplômante à l’étranger.
Quelle est la destination la plus populaire pour les étudiants français ? Selon les Chiffres clés 2025 de Campus France, la Belgique est la première destination des étudiants français en mobilité diplômante, avec 19 768 inscrits en 2022. Suivent le Canada (17 982), la Suisse (12 548), le Royaume-Uni (11 726) et l’Espagne (11 140). À elles seules, la Belgique et le Canada concentrent un tiers des étudiants français en mobilité.
Étudier à l’étranger est-il accessible sans bourse ? Oui, mais cela demande une anticipation budgétaire. Plusieurs aides sont cumulables pour réduire le coût : la bourse Erasmus+ (entre 400 et 500 euros par mois selon le pays), l’Aide à la mobilité internationale du Crous (400 euros par mois pour les boursiers sur critères sociaux), les aides régionales et les bourses spécifiques par destination. Les étudiants en école de commerce ou d’ingénieurs bénéficient généralement de tarifs avantageux via les conventions de leur école.
Faut-il un niveau de langue minimum pour étudier à l’étranger ? Oui, dans la grande majorité des cas. Les universités étrangères demandent un test de langue officiel : TOEFL ou IELTS pour l’anglais, DELE pour l’espagnol, TestDaF pour l’allemand, JLPT pour le japonais. Le niveau requis varie selon le programme : la plupart des Bachelors et Masters demandent au minimum un niveau B2, voire C1 pour les universités les plus sélectives. Certains programmes en anglais aux Pays-Bas, au Portugal ou dans les pays nordiques sont accessibles avec un IELTS 6.0 ou un TOEFL 80.
Le diplôme obtenu à l’étranger est-il reconnu en France ? Cela dépend du pays et du diplôme. Les diplômes obtenus dans l’Espace européen de l’enseignement supérieur (Bachelor, Master, Doctorat) bénéficient d’une reconnaissance facilitée grâce au système ECTS et au processus de Bologne. Hors Europe, le Centre ENIC-NARIC France peut délivrer une attestation de comparabilité qui facilite la reconnaissance auprès des employeurs et des universités françaises.
Le Brexit a-t-il rendu les études au Royaume-Uni inaccessibles aux Français ? Non, mais il les a rendues nettement plus coûteuses. Depuis 2021, les ressortissants français doivent acquitter les frais de scolarité applicables aux étudiants internationaux dans les universités britanniques, qui peuvent atteindre 25 000 à 40 000 livres par an selon l’université et la filière. Le Royaume-Uni ne fait par ailleurs plus partie d’Erasmus+ et a lancé son propre dispositif, le Turing Scheme. Selon Campus France, le nombre d’étudiants français au Royaume-Uni a reculé de 10 % entre 2017 et 2022.
Quel est le meilleur moment pour partir étudier à l’étranger ? Il n’y a pas de réponse universelle. Une mobilité courte (un semestre Erasmus+) est souvent privilégiée en milieu de cursus, en L3 ou en M1. Un cursus complet à l’étranger se décide soit dès le post-bac (via les Bachelors anglophones aux Pays-Bas, en Irlande, au Royaume-Uni ou en Espagne), soit au niveau Master pour viser une école d’élite mondiale (LSE, HEC Lausanne, Bocconi, IE Madrid, McGill). Les Français en mobilité diplômante en 2022 sont 53 % en Bachelor, 36 % en Master et 7 % en Doctorat selon Campus France.
Ce qu’il faut retenir
Étudier à l’étranger concerne désormais 114 000 étudiants français chaque année, soit 4 % de la population étudiante. La mobilité a progressé de 20 % en cinq ans, malgré les coups de frein du Brexit et de la pandémie. La carte des destinations a évolué : la Belgique reste leader, mais les Pays-Bas, le Portugal et la Norvège connaissent des croissances spectaculaires, tandis que le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie reculent.
Pour préparer un projet de mobilité, trois leviers sont décisifs. Le choix du programme – Erasmus+, double diplôme, échange académique, cursus complet – conditionne la lourdeur administrative et la valeur du diplôme final. La maîtrise du calendrier – 6 à 18 mois d’anticipation selon la destination – fait la différence entre un dossier accepté et un dossier rejeté. Et la stratégie de financement, en cumulant bourse Erasmus+, AMI, aides régionales et bourses spécifiques, permet de rendre la mobilité accessible sans renoncer à ses ambitions.
Pour les étudiants en grande école, la mobilité internationale est devenue un standard intégré au cursus, ce qui simplifie considérablement la démarche. Pour les autres, le projet demande plus d’anticipation mais reste accessible à condition de s’y prendre tôt et de bien identifier les dispositifs cumulables.