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Énergie nucléaire dans le monde : où en est-on en 2026 ?
L’énergie nucléaire dans le monde occupe une place à part dans le système électrique : discrète dans le débat public, elle reste l’une des toutes premières sources d’électricité bas carbone de la planète. En 2025, la production nucléaire mondiale a atteint 2 845 térawattheures, en hausse de 1,3 % sur un an, selon la Statistical Review of World Energy 2026 publiée par l’Energy Institute. Le nucléaire pèse ainsi 8,8 % de la production électrique mondiale, ce qui en fait la première source bas carbone devant l’hydroélectricité pilotable.
Mais cette position est de plus en plus disputée. Le solaire, qui progresse à un rythme fulgurant, vient de rattraper le nucléaire dans le mix électrique. Dans le même temps, la carte de la production nucléaire se redessine, avec une Chine en pleine expansion et des trajectoires très contrastées selon les pays. Voici l’état des lieux de l’énergie nucléaire dans le monde, en chiffres.
L’énergie nucléaire dans le monde : les chiffres clés
Avec 2 845 térawattheures produits en 2025, le nucléaire confirme son rôle de pilier électrique bas carbone. Sa croissance reste modérée, à 1,3 % sur l’année, loin des rythmes du solaire ou de l’éolien, mais le parc mondial retrouve de la vigueur après plusieurs années difficiles. Le tableau ci-dessous présente les dix premiers pays producteurs d’énergie nucléaire.
| Rang | Pays | Production nucléaire 2025 (TWh) | Évolution vs 2024 |
|---|---|---|---|
| 1 | États-Unis | 826,1 | +0,4 % |
| 2 | Chine | 485,2 | +7,6 % |
| 3 | France | 390,1 | +2,5 % |
| 4 | Russie | 218,6 | +1,3 % |
| 5 | Corée du Sud | 184,7 | -2,2 % |
| 6 | Japon | 94,1 | +10,8 % |
| 7 | Canada | 84,8 | -0,2 % |
| 8 | Espagne | 54,2 | -0,6 % |
| 9 | Ukraine | 54,1 | +2,1 % |
| 10 | Inde | 53,8 | -1,6 % |
Source : Energy Institute, Statistical Review of World Energy 2026.
Trois pays concentrent l’essentiel de la production mondiale. À eux seuls, les États-Unis, la Chine et la France produisent plus de la moitié de l’électricité nucléaire de la planète. Cette dynamique s’inscrit dans le basculement plus large que nous avons détaillé dans notre panorama de la transition énergétique mondiale, où les sources bas carbone gagnent du terrain sur les fossiles.
Les pays qui produisent le plus d’énergie nucléaire
Les États-Unis dominent le classement de l’énergie nucléaire dans le monde avec 826 térawattheures, fruit du plus grand parc de réacteurs de la planète. Leur production reste toutefois quasi stable, à +0,4 %, ce qui reflète une flotte vieillissante mais toujours largement exploitée. La Chine occupe la deuxième place avec 485 térawattheures, et surtout la plus forte croissance du top 10, à +7,6 %. La France complète le podium avec 390 térawattheures.
Derrière ce trio, les situations divergent nettement. Le Japon enregistre une hausse marquée de 10,8 %, portée par le redémarrage progressif de réacteurs à l’arrêt. À l’inverse, plusieurs pays européens voient leur production reculer, à l’image de la Belgique, du Royaume-Uni et de la Suède, où le vieillissement des installations et les décisions de fermeture pèsent sur les volumes. Cette fracture entre expansion asiatique et repli d’une partie de l’Europe est l’un des traits marquants de l’énergie nucléaire aujourd’hui.
La Chine, moteur de la croissance nucléaire mondiale
Si l’énergie nucléaire dans le monde repart à la hausse, c’est en grande partie grâce à la Chine. Avec une croissance de 7,6 % en 2025, elle construit des réacteurs à un rythme qu’aucun autre pays n’égale. Le nucléaire ne représente pourtant qu’environ 5 % de son électricité, très loin de la part française, mais la trajectoire est claire : au rythme actuel, la Chine pourrait dépasser la France puis se rapprocher des États-Unis au cours de la prochaine décennie.
Cette montée en puissance s’inscrit dans une stratégie énergétique globale, où Pékin déploie simultanément le nucléaire, le solaire et le stockage. Le nucléaire y joue le rôle d’électricité pilotable, capable de compléter la production variable des renouvelables. Cette logique de complémentarité intéresse d’ailleurs de plus en plus les acteurs technologiques : selon l’AIE, le secteur de la tech contribue à relancer de nouveaux projets nucléaires pour sécuriser une électricité stable, notamment pour alimenter la consommation électrique des data centers.
La France, championne de la part nucléaire
La France occupe une place singulière dans le paysage nucléaire mondial. Si elle n’est que troisième en volume, elle est de très loin le pays le plus dépendant de cette énergie : le nucléaire assure 68 % de sa production électrique, une proportion inégalée parmi les grandes économies. Sa production a progressé de 2,5 % en 2025, confirmant le rebond amorcé après l’année difficile de 2022, marquée par des problèmes de corrosion et une maintenance lourde qui avaient fait chuter la production à son plus bas niveau.
Ce modèle très nucléarisé a une conséquence directe et mesurable : une électricité largement décarbonée et des émissions de CO2 parmi les plus faibles des grandes économies, au point que la France ne figure pas dans le classement des principaux émetteurs mondiaux. Nous détaillons ce modèle dans notre analyse du mix énergétique de la France, et son effet sur l’empreinte carbone dans notre classement des pays les plus émetteurs de CO2.
Nucléaire et transition : une source bas carbone rattrapée par le solaire
Le fait marquant de 2025 est le rapprochement inédit entre le nucléaire et le solaire dans le mix électrique mondial. Le tableau ci-dessous compare le poids des trois grandes sources bas carbone.
| Source | Part du mix électrique mondial 2025 | Croissance 2025 |
|---|---|---|
| Nucléaire | 8,8 % | +1,3 % |
| Solaire | 8,7 % | +30,1 % |
| Éolien | 8,4 % | +8,2 % |
Source : Energy Institute, Statistical Review of World Energy 2026.
L’écart est devenu infime. Le nucléaire conserve une courte avance, mais le solaire, qui croît de 30 % par an, devrait le dépasser dès 2026. Cette bascule ne signale pas un déclin du nucléaire, dont la production continue de progresser, mais un changement de rythme : le solaire se déploie beaucoup plus vite, comme nous l’analysons dans notre panorama de l’énergie solaire dans le monde. Les deux sources sont d’ailleurs complémentaires plus que concurrentes. Le nucléaire fournit une base pilotable et stable, le solaire une production abondante mais variable. C’est cette combinaison, adossée au stockage, qui dessine les systèmes électriques bas carbone de demain.
FAQ
Quel pays produit le plus d’énergie nucléaire dans le monde ?
Les États-Unis sont le premier producteur mondial d’énergie nucléaire, avec 826 térawattheures en 2025, selon l’Energy Institute. Ils devancent la Chine (485 TWh) et la France (390 TWh). À eux trois, ces pays produisent plus de la moitié de l’électricité nucléaire de la planète, grâce aux plus grands parcs de réacteurs existants.
Quelle est la part du nucléaire dans l’électricité mondiale ?
Le nucléaire représente 8,8 % de la production électrique mondiale en 2025, selon l’Energy Institute. C’est la première source d’électricité bas carbone, mais son avance sur le solaire (8,7 %) est désormais infime. Au rythme actuel de croissance du solaire, le nucléaire devrait être dépassé dès 2026 dans le mix électrique mondial.
Quel pays dépend le plus de l’énergie nucléaire ?
La France est le pays le plus dépendant du nucléaire parmi les grandes économies : cette source assure 68 % de sa production électrique en 2025, selon l’Energy Institute. Aucune autre grande économie n’affiche une telle proportion. Ce choix explique le faible niveau d’émissions de CO2 de l’électricité française.
L’énergie nucléaire est-elle bas carbone ?
Oui. Le nucléaire produit de l’électricité sans émettre de CO2 au moment de la production, ce qui en fait l’une des principales sources bas carbone avec l’hydroélectricité et les renouvelables. L’exemple de la France, dont l’électricité est décarbonée à près de 95 % grâce au nucléaire et à l’hydro, illustre concrètement cet effet sur les émissions.
L’énergie nucléaire est-elle en croissance ou en déclin ?
En croissance modérée à l’échelle mondiale : +1,3 % en 2025, selon l’Energy Institute. Cette hausse est portée par la Chine (+7,6 %), le rebond français et le redémarrage de réacteurs au Japon, tandis que plusieurs pays européens réduisent leur production. Le nucléaire progresse donc, mais bien moins vite que le solaire.
Ce qu’il faut retenir
L’énergie nucléaire dans le monde reste un pilier électrique bas carbone, avec 2 845 térawattheures produits en 2025 et 8,8 % du mix électrique mondial. Les États-Unis, la Chine et la France en concentrent plus de la moitié, mais les trajectoires divergent : la Chine tire la croissance mondiale, la France confirme son rebond, tandis qu’une partie de l’Europe recule. Le fait marquant de l’année est le rapprochement historique avec le solaire, en passe de dépasser le nucléaire dans le mix. Loin de s’opposer, ces deux sources bas carbone sont appelées à se compléter dans les systèmes électriques de demain.