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- ENTREPRENEURIAT ESSEC INTERVIEWS SÉLECTION
- Laurent Mary
- 11 février 2026
Entretien avec Priscille Graff : fondatrice de La Lunchbox et alumni du MSc ENTREP ESSEC
Former des entrepreneurs capables de transformer une idée en projet viable, innovant et porteur de sens : c’est l’ambition du MSc ENTREP de l’ESSEC. À travers un accompagnement exigeant, ancré dans le réel et tourné vers l’action, le programme permet à ses étudiants de bâtir des projets entrepreneuriaux solides, en phase avec les enjeux économiques et sociétaux actuels.
Dans cette interview, nous donnons la parole à Priscille, diplômée du MSc ENTREP et fondatrice de La Lunchbox. Elle revient sur son parcours, la genèse de son projet entrepreneurial et l’impact concret du programme sur sa manière de penser, de structurer et de développer son entreprise. Entre apprentissages clés, défis rencontrés et conseils aux futurs entrepreneurs, son témoignage illustre de façon inspirante la valeur ajoutée du MSc ENTREP dans la construction d’un projet entrepreneurial ambitieux et durable.
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PARCOURS ET DÉBUTS AVANT LE MSC ENTREP
Pouvez-vous nous raconter votre parcours avant d’intégrer le MSc ENTREP de l’ESSEC et ce qui vous a donné envie de rejoindre ce programme ?
Après mon BAC ES en 2019, j’ai intégré le track Singapour du Bachelor de l’ESSEC – Global BBA. Nous avons eu des cours d’entrepreneuriat dès la première année, et cette matière m’a tout de suite beaucoup plu. Alors j’ai choisi mon échange et le reste de mes matières dans cette lignée, sachant que je voudrais moi-même entreprendre un jour. Le MSc ENTREP m’est alors apparu comme la suite logique de mon parcours, même si je reste persuadée que l’entrepreneuriat ne s’apprend pas à l’école.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans l’entrepreneuriat, et plus particulièrement dans un projet lié à la cuisine et à la convivialité ?
Avant de m’intéresser à la cuisine et la convivialité, je me suis d’abord beaucoup intéressée aux questions de dérèglement climatique, de développement durable et surtout comment je pouvais m’intégrer dans cette dynamique, à mon échelle. L’alimentation est un levier d’action très important et comme j’ai toujours aimé cuisiner et recevoir, l’envie de me servir de la convivialité pour améliorer le contenu de nos assiettes est apparu assez naturellement.
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Vous avez également obtenu un CAP Cuisine en parallèle de votre formation. Comment avez-vous concilié ces deux parcours et en quoi cela a-t-il nourri votre projet entrepreneurial ?
Oui c’est exact, je me suis inscrite à la formation de l’atelier des chefs au moment de ma césure entre le BBA et le MSc. J’ai fait 6 mois de stage dans un petit resto dans le 10e et j’ai passé l’examen en Juin 2024, reçue avec mention très bien. Je n’avais pas encore de projet précis à ce moment, seulement un fort attrait pour le secteur de l’alimentation, alors avoir un diplôme certifiant mes aptitudes à cuisiner était un vrai plus dans le projet.
LA LUNCHBOX
Comment est né le projet La Lunchbox ? Quelle a été l’étincelle à l’origine de cette aventure entrepreneuriale ?
Si vous connaissez un peu le campus de l’Essec, vous savez que nous n’y sommes pas gâtés côté alimentation saine et sympa. Alors j’ai commencé à vendre des lunchbox à mes copains à l’heure du dej, voilà comme est né le nom de ce compte Instagram @la_lunchbox.
Pendant le MSc, j’ai travaillé sur l’ouverture d’un concept de table d’hôtes de quartier, après avoir passé des mois à bosser mon business plan et chercher un local, j’avais besoin d’un MVP pour continuer. Alors en mai dernier, j’ai posté une story Instagram (1200 abonnés à l’époque) pour proposer à 10 personnes de venir dîner à la maison, des copains se sont inscrits ainsi que trois personnes que je ne connaissais pas. J’ai fait un réel pour raconter l’expérience, qui a fait des milliers de vues, et le projet a pris une toute autre envergure.
Votre concept repose sur la création de moments conviviaux autour de dîners et d’événements. Comment avez-vous structuré cette idée et quels ont été les premiers retours de vos clients ?
La Lunchbox est un projet de dîners et d’événements culinaires qui réunissent des personnes, souvent inconnues, autour d’une table, dans un cadre simple et chaleureux. L’idée n’était pas de créer un restaurant, mais des moments où l’on prend le temps de manger ensemble et d’échanger.
Au départ, tout s’est fait de manière très intuitive : des dîners à la maison, puis progressivement des formats plus structurés, comme des brunchs ou des événements privés. Les premiers retours ont été très encourageants. Beaucoup de participants me disaient qu’ils venaient autant pour la rencontre que pour la cuisine, et qu’ils ressortaient de ces moments avec le sentiment d’avoir vraiment partagé quelque chose, ce qui m’a confortée dans l’idée que le lien social était au cœur du projet.
Pouvez-vous nous décrire un événement type organisé par La Lunchbox ?
Un événement type commence souvent par un dîner ou un brunch autour d’un menu de saison, que je cuisine moi-même. Les convives arrivent sans forcément se connaître, mais très vite la discussion s’installe autour de la table.
Je fais en sorte que l’ambiance soit simple et conviviale : une grande tablée, des plats à partager, une playlist, et surtout du temps. L’objectif n’est pas de multiplier les animations, mais de créer un cadre propice aux échanges. À la fin, les gens restent souvent bien plus longtemps que prévu, ce qui est pour moi le meilleur indicateur de réussite.
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Quels ont été les principaux défis rencontrés depuis le lancement de La Lunchbox, et comment les avez-vous surmontés ?
Le principal défi a été de tout gérer seule : la cuisine, l’organisation, la communication, la logistique. Au début, on a envie de tout faire parfaitement, et on se rend vite compte que ce n’est pas toujours possible.
J’ai aussi dû apprendre à structurer progressivement le projet, à poser des limites, à accepter que tout ne soit pas parfait. J’ai avancé par étapes, en testant beaucoup, en ajustant les formats en fonction des retours, et en restant très à l’écoute des participants.
Comment avez-vous construit et animé une communauté autour de votre projet, et quel rôle jouent les réseaux sociaux dans cette dynamique ?
La communauté s’est construite assez naturellement, principalement via Instagram. J’y partage les coulisses, les événements, mais aussi mes réflexions et mes doutes. Je pense que cette transparence a beaucoup contribué à créer une relation de confiance.
Les réseaux sociaux ne sont pas seulement un outil de communication, mais un véritable lien avec les personnes qui suivent le projet. Beaucoup de participants viennent parce qu’ils se reconnaissent dans les valeurs de La Lunchbox et dans cette envie de convivialité simple et sincère.
LES APPORTS DU MSC ENTREP
Quelles compétences ou quels enseignements du MSc ENTREP vous ont été les plus utiles pour structurer et développer votre projet ?
Le MSc m’a surtout aidée à structurer mes idées. J’avais beaucoup d’intuitions, mais le programme m’a permis de les poser, de réfléchir plus clairement au modèle économique et à la viabilité du projet.
Cela m’a aussi appris à tester sans vouloir tout figer trop vite.
En quoi l’accompagnement proposé par le programme vous a-t-il aidée à clarifier votre vision entrepreneuriale et votre modèle économique ?
Être entourée d’autres étudiants entrepreneurs, de professeurs et d’intervenants m’a beaucoup aidée à prendre du recul. Les échanges permettent de se poser les bonnes questions et de comprendre que les projets évoluent en permanence.
Cela m’a rassurée dans l’idée qu’on peut avancer sans avoir tout parfaitement défini dès le départ.
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Y a-t-il des cours, des intervenants ou des temps forts du programme qui ont particulièrement marqué votre parcours ?
Les échanges avec les intervenants entrepreneurs m’ont particulièrement marquée. Ils parlent souvent de leurs réussites, mais aussi de leurs difficultés, et ça fait beaucoup de bien d’entendre des parcours très honnêtes.
Les temps consacrés au travail sur nos propres projets ont aussi été importants, car ils m’ont obligée à confronter mes idées à la réalité.