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 Construire une carrière à l’international : le V.I.E de Mathieu à Singapour

Construire une carrière à l’international : le V.I.E de Mathieu à Singapour

À 24 ans, Mathieu vit une expérience professionnelle unique. V.I.E à Singapour, il gère les enjeux RH de 14 pays aux cultures radicalement différentes, tout en explorant l’Asie du Sud-Est entre deux missions. Dans cette interview, il raconte les défis de la communication interculturelle, ses coups de cœur voyage et pourquoi cette aventure marque le début de sa carrière à l’international.


Bonjour Mathieu, peux-tu nous parler de toi en quelques mots ?

Je m’appelle Mathieu et je suis actuellement en V.I.E à Singapour chez Coface. J’ai commencé mes études par un DUT Techniques de Commercialisation, qui m’a donné de solides bases en marketing, communication et vente. Ensuite, je suis parti en Erasmus à Vilnius, en Lituanie, pour une licence en économie et gestion, avec des cours orientés management et gestion de projets ressources humaines.

Après ça, j’ai intégré un master en Management of International Business à l’IAE de Nice, en alternance chez Amadeus. J’y ai aussi obtenu un double diplôme en recherche et conseil en management, préparant aux études doctorales et aux métiers du conseil.


Pourquoi as-tu choisi de postuler en V.I.E ? Et pourquoi chez Coface, à Singapour ?

Au moment de postuler, je visais à la fois des V.I.E et des Graduate Programs. Mon objectif principal était de partir à l’étranger, de préférence dans un pays anglophone.

J’ai trouvé l’offre de Coface directement sur Business France, et c’est l’occasion de rappeler qu’il est tout à fait possible d’obtenir un V.I.E sans avoir déjà travaillé dans l’entreprise. Bien sûr, avoir un pied dedans peut aider, mais ce n’est pas indispensable.

À la base, je n’avais pas d’affinité particulière avec l’Asie, mais c’est l’opportunité qui s’est présentée et aujourd’hui, je suis ravi de l’avoir saisie.


Lire plus : V.I.E ou Graduate Program : que choisir une fois diplômé ?


Peux-tu nous décrire concrètement tes missions au quotidien ?

Je travaille dans l’équipe RH régionale pour 14 pays différents dans la zone Asie-Pacifique (de l’Inde à la Nouvelle-Zélande, en passant par le Japon, soit plus de 600 employés) sur les sujets de formation, développement des compétences et gestion de carrière. Concrètement, je suis chargé d’identifier les besoins de formation, de coordonner des programmes de formation internes ou externes, et d’accompagner les équipes locales dans la mise en place de frameworks RH comme la performance review ou la talent review.

Je participe aussi à des projets transverses d’amélioration continue, comme la structuration d’un nouveau processus pour optimiser la récolte des besoins de formation.


Travailler avec 14 pays d’Asie-Pacifique, ça ressemble à quoi ?

C’est un vrai défi culturel. Chaque pays a ses propres codes de communication, ses habitudes, son rythme… Il faut être capable de s’adapter sans imposer, de communiquer de manière subtile, souvent moins directe qu’en France.

Comme je travaille avec 14 pays, je dois garder en tête que lorsque j’envoie un email, il sera lu par 14 styles de communication différents. Parfois, le message ne passe pas comme prévu, alors on ajuste, on teste une autre formulation, et on essaie de faire mieux la fois suivante. L’objectif, c’est d’incorporer un peu des codes de chacun pour que la communication soit la plus efficace possible.

Je joue aussi un rôle de tampon entre les équipes locales et l’équipe RH groupe basée à Paris, en veillant à ce que tout le monde soit aligné malgré ces différences.


Lire plus : V.I.E : Les secteurs qui recrutent le plus et où partir


Quelle différence culturelle t’a le plus marqué à Singapour, sur le plan professionnel comme personnel ?

Sur le plan professionnel, j’ai remarqué que les échanges sont moins directs qu’en France. Ils évitent généralement la confrontation et les remarques passent souvent par des formulations plus nuancées.

Côté personnel, ils sont beaucoup plus discrets sur leur vie privée et ne partagent pas vraiment ce qu’ils font le week-end, là où en France on a plutôt l’habitude de discuter de nos anecdotes autour d’un café.


Quelles compétences as-tu le plus développées ?

Je dirais :

  • L’écoute active, pour comprendre des besoins parfois implicites ;
  • L’innovation pédagogique, pour créer des formats de formation engageants ;
  • L’agilité interculturelle, parce qu’on ne peut pas faire du copier-coller d’un pays à l’autre.

Et surtout, j’ai appris à structurer mes idées, à porter des projets RH de A à Z.

 

As-tu mené des projets ou initiatives en dehors de ta fiche de poste ?

Oui, plusieurs ! J’ai par exemple proposé une nouvelle méthode de collecte des besoins de formation, plus qualitative, en allant directement interviewer les managers pour mieux aligner formation et business.
J’ai aussi travaillé à structurer certains processus qui existaient de manière informelle, pour gagner en efficacité sans révolutionner l’existant. Ces petites améliorations ont été très bien accueillies par mon manager.


Et côté voyages ? Un coup de cœur ?

Oui ! L’un des avantages d’un V.I.E à Singapour, c’est aussi la facilité de voyager dans la région. J’ai eu la chance de voyager dans plusieurs pays : Malaisie, Thaïlande, Vietnam, Cambodge… Mais mon coup de cœur, c’est l’Indonésie : diversité des paysages, chaleur des habitants, culture très riche… Je recommande à 100% les îles Komodo, Lombok et Java : magnifique.

Ces voyages m’ont permis de déconnecter, mais aussi de mieux comprendre les pays avec lesquels je travaille.

 

Comment vois-tu la suite ?

Je ne prévois pas de rentrer en France tout de suite. Je suis ouvert à continuer à Singapour ou à bouger dans un autre pays d’Asie ou dans un autre continent. L’idée, c’est de construire une carrière à l’international, dans les ressources humaines,le développement des talents.

 

Si tu devais donner un titre à ce chapitre de ta vie, que représenterait le V.I.E pour toi ?

Je dirai “Erasmus professionnel”. On retrouve le côté découverte, immersion culturelle et ouverture d’esprit, mais avec des responsabilités et des enjeux réels liés au monde du travail. 

 

Pour finir : recommanderais-tu le V.I.E ?

Absolument ! Mais attention, ce n’est pas une alternance à l’étranger. C’est une vraie mission professionnelle, avec des responsabilités, des attentes, et un impact. Il faut avoir envie de se challenger, d’apprendre vite, et de s’ouvrir à d’autres manières de penser.

Je le recommande à tous ceux qui veulent sortir du cadre, construire un profil international et vivre une expérience humaine et professionnelle inoubliable.

Étudiante à l’EDHEC BS et entrepreneuse, j’ai à coeur de partager mes expériences, mes conseils et mes anecdotes :) Bonne lecture !