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- INTERVIEWS
- Etienne Canonne
- 24 août 2025
Entrepreneuse, autrice, coach : Romane bouscule notre rapport à la productivité dans son nouveau livre
Découvrez le parcours unique de Romane Deshayes, qui s’est lancée pendant son alternance dans l’entreprenariat et publie son livre intitulé « Efficience : faire moins pour aller plus loin ».
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Peux-tu te présenter et nous présenter ton parcours académique et entrepreneurial ?
Je m’appelle Romane, j’ai 24 ans, et je viens tout juste d’être diplômée de l’EDHEC. Actuellement, je suis en V.I.E à Singapour pour deux ans, et en parallèle je développe mes projets entrepreneuriaux. J’ai co-fondé ma première application mobile, RomaneApp, pendant ma classe prépa, c’est là que j’ai mis un premier pied dans l’entrepreneuriat. Depuis, j’ai écrit un livre sur l’efficience, un sujet qui me passionne, et je suis aussi coach en productivité, en organisation et en gestion du temps.
En effet, tu as récemment publié un livre intitulé Efficience : faire moins pour aller plus loin. Qu’est-ce qui t’a poussé à écrire ce livre ?
J’ai toujours été passionné par l’optimisation du potentiel humain : comment mieux apprendre, mieux travailler, aller au bout de ses projets. En école (surtout en prépa), puis en entreprise, j’ai vu à quel point on pouvait s’épuiser à courir partout sans avancer. J’ai donc mis en place des méthodes concrètes dans mon quotidien et quand j’ai vu les premiers résultats, mon entourage m’a demandé comment j’arrivais à faire autant de choses dans ma vie tout en gardant un bon équilibre et une bonne santé. J’ai adoré partager mes conseils mais je voulais faire quelque chose de plus grand, qui parle à plus de monde. Alors j’ai écrit un premier livre en 2023 et la version 2, Efficience, est sortie en 2025.
Découvrir le livre.
Ton livre s’intitule Efficience. Peux-tu nous expliquer ce que tu entends par “efficience”, et en quoi ce concept diffère de la simple productivité ?
L’efficience, c’est l’art d’obtenir un maximum de résultats avec un minimum d’efforts inutiles. Là où la productivité classique cherche à “faire plus”, l’efficience pose d’abord la question : “Est-ce que ce que je fais est réellement essentiel ?” Mon approche, c’est de concentrer son énergie uniquement sur ce qui compte vraiment, et de le faire dans les meilleures conditions mentales, physiques et cognitives.
Tu étais étudiante en alternance en école de commerce mais aussi coach en productivité. Comment as-tu concilié tous ces rôles pour écrire ce livre ?
J’ai appliqué exactement ce que je décris dans le livre : reconnaître et faire les choses essentielles, c’est-à-dire celles qui permettront de rendre tout le reste plus facile voire inutile. Une fois que l’on a identifié cet essentiel, il s’agit d’adopter les bonnes méthodes et routines de concentration, d’organisation et de rester aligné avec un cap clair. J’ai aussi utilisé les outils que je recommande, comme la matrice d’Eisenhower, la méthode Pomodoro, le Deep Work ou encore Notion. Et surtout, j’ai accepté de faire des choses imparfaites au début, mais d’être régulière. Parce qu’au final la constance bat toujours la perfection.
Tu parles dans ton livre de deep work, de flow, et d’habitudes basées sur les neurosciences. Peux-tu nous partager ta technique coup de cœur ?
Une technique que j’utilise énormément, c’est la routine Deep Work. Je prévois à l’avance mes sessions de Deep Work (travail profond et intense) et avant chaque session j’ai une routine spécifique. J’ai ma tenue Deep Work (confortable mais pas pyjama) et ma playlist de musique chill (toujours la même). Je mets mon téléphone en dehors de ma pièce de travail et je fais un mini exercice de respiration pendant 2 minutes. J’écris aussi noir sur blanc : “Pendant les 25 prochaines minutes, je vais me concentrer sur (cette tâche essentielle)”. C’est plutôt simple mais redoutablement efficace pour entrer dans un état de flow.
Tu es aussi coach en productivité en accompagnant des personnes dans leur organisation personnelle, leur concentration, leur gestion du temps et du stress. Quel profil de personne vient te voir ? Et quel impact ton coaching a-t-il sur eux ?
J’ai accompagné des profils très divers, des étudiants en école de commerce, des freelances et entrepreneurs, des mères de famille et récemment j’ai accompagné Maître Battikh, un avocat pénaliste au barreau de Paris très médiatisé. Nous avons élaboré ensemble un plan d’action pour qu’il puisse enfin développer ses projets en parallèle de son cabinet d’avocat, qu’il puisse augmenter sa concentration et sa productivité au vu de son emploi du temps millimétré.
Ce qui m’a frappé, c’est que malgré leurs différences de parcours ils partagent tous les mêmes blocages : surcharge mentale, difficulté à prioriser, tendance à tout vouloir faire en même temps… Mon rôle ce n’est pas de leur rajouter des tâches mais au contraire de faire de la place.
On commence toujours par clarifier leurs objectifs, identifier ce qui leur prend de l’énergie inutilement, puis on met en place des routines sur-mesure. Le but, c’est qu’ils retrouvent de la clarté, du focus et du temps pour ce qui compte vraiment.
Et les résultats sont souvent rapides : moins de stress, des journées plus cadrées, une vraie sensation d’avancer enfin sur leurs projets. Ce que j’essaie d’apporter, au-delà des outils, c’est une nouvelle manière de penser leur rapport au temps et à la performance. Une vision plus alignée et surtout plus durable.
Beaucoup d’étudiants ambitieux souffrent de surmenage ou de manque de clarté. Que leur dirais-tu pour les aider à poser les premières briques d’une vie plus efficiente ?
Je leur dirais de ne surtout pas négliger les bases : le sport, le sommeil, l’alimentation. On l’entend souvent, mais on ne le répète jamais assez. Ce n’est pas la peine d’acheter des compléments alimentaires ou de chercher des “hacks” si ton alimentation est bancale, si tu dors mal et que tu ne bouges pas. L’efficience, ça commence par là.
Et je ne dis pas que c’est facile, surtout dans le contexte étudiant, avec les soirées, l’alcool, les réseaux sociaux, le FOMO permanent… Bien sûr qu’il faut en profiter. Mais il ne faut pas non plus perdre de vue ses projets personnels.
Quand on arrive en école, on débarque avec plein d’ambitions, de rêves, de bonnes résolutions. Et j’ai vu beaucoup d’amis, brillants, motivés, se faire happer par un rythme qui les éloigne de ce qu’ils voulaient vraiment construire. Ça ne se voit pas tout de suite, mais ça finit par peser.
Donc mon conseil : commence par stabiliser ton socle. Prends soin de ton énergie, de ton corps, de ta tête. Et à partir de là, tu pourras bâtir quelque chose de solide — sans t’épuiser.
Quels sont tes projets après ce livre ?
J’aimerai me certifier en coaching et en programmation neuro-linguistique, approfondir mes connaissances en neurosciences, et continuer d’accompagner des profils très variés : des entrepreneurs, des chefs d’entreprise, des sportifs de haut niveau, mais aussi des étudiants, comme moi, qui cherchent à construire quelque chose sans s’épuiser.
J’aimerais aussi créer une vraie communauté autour de l’efficience. Je commence à le faire via LinkedIn (Romane Deshayes) et Instagram (@romane.morning), où je partage des conseils, des réflexions, des routines. L’idée, c’est de transmettre une autre vision de la performance : plus humaine, plus durable.
Et à moyen terme, je rêve de lancer ma propre structure dédiée à la productivité : un concept de cabines de travail immersives (FocusRoom), pensées pour favoriser la concentration. J’ai d’ailleurs déjà rédigé mon mémoire sous forme de business plan pour ce projet. C’est un défi que je me réserve pour les prochaines années.
Enfin, si tu devais donner un seul conseil à un(e) jeune qui veut réussir sans se perdre, lequel ce serait ?
Attention instant philo mais qui est essentiel : « Le bonheur n’est pas au sommet de la montagne, mais dans la façon de la gravir.« Confucius
J’essaye de me répéter cette phrase souvent parce que je peux facilement me mettre la pression sur mes objectifs.
On pense souvent qu’on sera heureux quand on aura ce diplôme, ce poste, ce corps, cette reconnaissance. Mais le problème, c’est que dès qu’on atteint un objectif, un autre prend sa place. Et le bonheur devient une ligne d’arrivée qu’on ne franchit jamais.
Le vrai défi, c’est d’apprendre à être bien en chemin, pas seulement à l’arrivée. C’est apprécier les petits progrès et aussi les erreurs qui forment. C’est d’arrêter de vivre à travers sa to do list et de vivre en conscience.
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