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 Interview du président de l’Université PSL : stratégie, ambitions et création des Paris Schools

Interview du président de l’Université PSL : stratégie, ambitions et création des Paris Schools

Président de l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL), El Mouhoub Mouhoud revient sur son parcours, sa vision et les grandes orientations stratégiques d’une université qui réunit l’excellence des grandes écoles parisiennes en sciences, arts et humanités.

 

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Pouvez-vous vous présenter et revenir sur votre parcours ?

Je suis professeur d’économie à l’Université Paris Dauphine–PSL, établissement que j’ai eu l’honneur de présider de 2020 à 2024. Depuis presque un an, je préside l’Université Paris Sciences & Lettres, qui rassemble notamment Dauphine, l’École normale supérieure, le Collège de France, l’Observatoire de Paris ou encore l’Institut Curie.

Ma spécialité est l’économie internationale. J’ai été le premier économiste en France à avoir mis en avant la question de la relocalisation industrielle, sujet sur lequel j’ai publié dès les années 1990 un ouvrage intitulé Changement technique et division internationale du travail (Economica, 1992).

Mes travaux de recherche portent plus largement sur les liens entre innovation, compétitivité internationale, relocalisation des activités, mais aussi sur les migrations internationales et la fuite des cerveaux.

Je suis très heureux de diriger aujourd’hui une université aussi exceptionnelle que PSL, véritable joyau de l’enseignement supérieur et de la recherche française. C’est une université ouverte sur la diversité, à fort impact sur l’économie et la société, et dont la visibilité internationale ne cesse de croître.   

Vous avez été élu à la présidence de PSL en décembre 2024. Quelles sont vos priorités pour l’Université ?

En effet, j’ai été élu sur un programme articulé autour de dix grands axes. Le premier consiste à consolider les fondations économiques et les ressources de PSL afin de ne pas dépendre uniquement des financements publics. Nous avons mis en place une stratégie d’anticipation à moyen et long terme pour garantir la stabilité de notre modèle, même en cas de choc financier.

Il est tout aussi essentiel d’engager un travail pour augmenter les effectifs dans les filières sélectives, aujourd’hui encore trop réduits et peu visibles sur la scène internationale. Nous visons une hausse de 20 % sans compromis sur l’exigence académique. PSL est passée de 17 000 à près de 18 500 étudiants, et cette croissance se poursuit notamment via la création de nouvelles “Paris Schools”.

Un autre axe vise à à recruter et fidéliser les talents, qu’il s’agisse d’enseignants-chercheurs, d’étudiants ou de personnels. J’aimerais que PSL devienne encore davantage une université d’avant-garde, qui favorise la transformation sociétale à travers ses recherches et son engagement. Nous lancerons bientôt un label “Changemaker”, inspiré de l’Université de Berkeley : les étudiants qui mènent des projets à fort impact (associatifs, entrepreneuriaux ou liés aux enjeux sociétaux) pourront obtenir un certificat valorisant leur engagement.

Nous voulons aussi internationaliser davantage nos effectifs en attirant les meilleurs talents du monde entier. L’objectif est clair : figurer parmi les 10 ou 15 meilleures universités mondiales à l’horizon 2035.

Un autre pilier essentiel est l’ouverture de l’excellence. Nous voulons la rendre accessible à une grande diversité de profils. C’est le sens de nos Cycles pluridisciplinaires d’enseignement supérieur (CPES), qui mêlent sciences, lettres et humanités ont déjà fait leurs preuves et essaimé dans toute la France. PSL est aussi un acteur majeur de l’innovation en déposant 90 brevets par an et en créant 80 startups. 

Enfin, nous travaillons à optimiser l’effet multiplicateur des marques de PSL. Nous disposons de la marque PSL et des marques propres à chaque établissement. L’enjeu est de les articuler intelligemment et de renforcer leur rayonnement à l’international à travers une stratégie de communication et de partenariats ciblés.

Tous ces objectifs sont déjà en cours de mise en œuvre. Cette année, par exemple, nous ouvrons la Paris School of Artificial Intelligence, premier jalon de ce nouveau modèle.

 

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PSL figure à la 34e place du classement de Shanghai. Comment comptez-vous maintenir, voire renforcer, cette position ?

Les classements ne sont pas une fin en soi, mais le reflet d’un travail collectif. Ils récompensent la qualité de la recherche, l’insertion professionnelle de nos diplômés qui est supérieure à 96 % dans certains établissements et filières, et la reconnaissance internationale de nos enseignants-chercheurs.

Cette visibilité mondiale permet à PSL d’attirer les meilleurs talents, de remporter des appels à projets européens et d’obtenir des bourses d’excellence (ERC).

Elle offre également aux diplômés de PSL certains avantages : le gouvernement britannique a intégré PSL parmi les 37 universités éligibles au visa “High Potential Individual”. Ce dispositif permet à nos diplômés d’accéder directement au marché du travail britannique sans visa classique, un atout considérable pour leur carrière !

Vous avez annoncé la création de plusieurs “Paris Schools”. Quel est le concept de ce modèle ?

Les Paris Schools visent à proposer des formations innovantes et non redondantes avec celles déjà existantes dans nos établissements. Elles répondent à des enjeux d’avenir tels que l’intelligence artificielle, la transition écologique, la santé ou les arts.

Ces écoles se distinguent par un modèle internationalisé, des enseignements en anglais, et une forte pluridisciplinarité : la clé, selon moi, pour stimuler l’innovation et répondre aux aspirations des étudiants. Cette approche attire davantage de femmes, souvent sous-représentées dans les filières scientifiques.

Nous adoptons également un modèle de droits d’inscription progressifs, ajustés aux revenus familiaux, afin de garantir l’accessibilité sociale.

La première, la Paris School of Artificial Intelligence, forme des étudiants capables de maîtriser les fondements scientifiques de l’IA tout en développant une seconde compétence : par exemple, la sociologie du travail pour comprendre l’impact de l’IA sur la division des tâches. L’objectif est de former des jeunes capables de transformer l’IA, non de la subir. 

D’ici trois ans, verront également le jour :

  • la Paris School of Engineering, avec un Bachelor international,
  • la Paris School of Arts,
  • la Paris School of Climate Change & Biodiversity,
  • et la Paris School of Humanities, consacrée aux humanités, aux sciences des religions et aux sciences sociales.

     

Toutes ces formations sont conçues en double diplôme avec de grandes universités internationales et un modèle économique efficace et équitable.

L’accueil des étudiants internationaux fait partie de vos priorités. Comment PSL se prépare-t-elle à les attirer et les accompagner ?

Nous avons mis en place un Welcome Desk pour simplifier toutes les démarches administratives des étudiants internationaux : accueil, suivi, logement et intégration.

Notre attractivité repose sur plusieurs atouts : la qualité de l’enseignement et de la recherche, la réputation internationale de PSL, la richesse culturelle de Paris, et la forte insertion de nos diplômés.

À titre d’anecdote, une série danoise intitulée Families Like Ours fait même référence à notre université, une belle illustration de notre rayonnement croissant !

Un mot de la fin ?

Nous construisons une université ouverte, inclusive et d’excellence. PSL veut être un espace où l’excellence se partage, où les savoirs se croisent et où les étudiants deviennent des acteurs du changement. J’y crois profondément.

 

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Responsable Média chez Mister Prépa et Planète Grandes Écoles.