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 Sédentarité au bureau : les bons réflexes quand on bosse devant un écran

Sédentarité au bureau : les bons réflexes quand on bosse devant un écran

Premier stage, alternance ou premier CDI : quand on entre dans le monde du travail de bureau, on passe brutalement de journées dispersées (cours, trajets, déplacements sur le campus) à des journées calées sur une chaise devant un écran. La transition se voit dans le corps, parfois en quelques semaines. Les chiffres officiels la confirment : les adultes français passent en moyenne 12 heures par jour assis les jours travaillés, et l’ANSES estime que 95 % de la population adulte est exposée à un risque pour la santé par manque d’activité ou excès de temps assis.

Pas de panique : il ne s’agit pas de transformer son open-space en salle de sport, ni de paniquer à chaque heure passée à un bureau. Il s’agit d’installer quelques réflexes simples qui, sur la durée, font une vraie différence. 

 

Sédentarité ou inactivité physique : ce n’est pas la même chose

C’est la première confusion à lever, parce qu’elle change tout. La sédentarité désigne le temps passé assis ou allongé en dehors du sommeil. L’inactivité physique désigne, elle, le manque d’exercice par rapport aux recommandations officielles (l’OMS recommande au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine).

La nuance est importante : on peut faire du sport plusieurs fois par semaine et rester très sédentaire le reste du temps. C’est même le cas typique d’un jeune actif qui court 45 minutes le soir mais reste assis 9 heures dans la journée. Inversement, on peut être peu sportif mais peu sédentaire (un métier qui fait marcher pendant la journée). Les deux dimensions comptent indépendamment, et les autorités sanitaires les traitent désormais comme deux facteurs de risque distincts. C’est précisément pour cela que « j’ai fait ma séance de sport hier » ne suffit pas à compenser des journées entières assis.

 

Ce que disent les chiffres (et pourquoi ça concerne les jeunes diplômés)

Les données françaises et européennes convergent. L’ONAPS indique que les adultes passent en moyenne 12 heures assis les jours travaillés et 9 heures les jours non travaillés. L’OMS Europe estime que près de 4 Européens sur 10 passent entre 2h30 et 5h30 assis par jour normal, et qu’environ 1 personne sur 10 dépasse 8h30. L’ANSES, dans son avis de 2022, alerte : 95 % de la population adulte française est exposée à un risque de détérioration de la santé en raison d’un manque d’activité physique, d’un excès de temps passé assis, ou des deux cumulés.

 les métiers de cadre, ceux que visent la plupart des étudiants en école de commerce ou d’ingénieurs, concentrent les facteurs de sédentarité : bureau, écran, réunions assises, transports en commun ou voiture. Un seuil ressort dans la littérature : au-delà de 8 heures assis par jour, chaque heure supplémentaire est associée à une augmentation des risques cardiovasculaires et de mortalité globale, et l’activité physique de loisir compense de moins en moins ces effets. La bonne nouvelle, c’est que ces seuils sont franchissables avec des ajustements de bon sens. La mauvaise, c’est qu’on les dépasse sans s’en apercevoir.

 

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Les bons réflexes au bureau

Le principe directeur tient en une idée : fragmenter le temps assis, plutôt que d’essayer de tout compenser par une grosse séance de sport en fin de journée. Concrètement, voici les réflexes qui font la différence sans demander d’effort héroïque.

Se lever régulièrement, idéalement toutes les heures, même pour deux minutes. Un simple rappel sur l’ordinateur ou la montre suffit à installer l’habitude. Profiter des appels téléphoniques pour marcher : un point téléphonique de 10 minutes peut devenir 10 minutes de pas. Privilégier les escaliers à l’ascenseur, ce qui paraît évident mais reste l’un des leviers les plus efficaces sur la journée. Aller voir un collègue à son poste plutôt que de lui envoyer un message peut sembler désuet, mais c’est l’une des sources de mouvement les plus naturelles dans un open-space. 

Aucun de ces réflexes n’est révolutionnaire. Leur force vient de la répétition : appliqués chaque jour, ils transforment un quotidien sédentaire en quotidien actif sans rien changer à la charge de travail.

 

Le trajet et la pause déjeuner : vos deux meilleurs alliés

Si l’on cherche les leviers les plus puissants, ils ne sont pas au bureau mais autour. Le trajet domicile-travail est une mine d’activité sous-exploitée. Pour qui le peut, faire la moitié du chemin à pied ou à vélo représente facilement 30 à 60 minutes de marche par jour, soit largement plus que les recommandations minimales sur la semaine. Pour les transports en commun, descendre une station plus tôt est l’astuce la plus simple qui existe : 10 à 15 minutes de marche ajoutées chaque matin et chaque soir, sans aucun effort d’organisation.

La pause déjeuner est l’autre grand levier. Plutôt que de manger au bureau face à son écran, marcher 15 à 20 minutes avant ou après le repas casse la sédentarité au milieu de la journée. C’est souvent là, dans ces minutes accumulées au quotidien, qu’on récupère le plus d’activité physique sur l’ensemble de la semaine — bien davantage que par une séance de sport hebdomadaire ponctuelle.

 

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La posture compte, mais pas comme on le croit

L’idée d’une « bonne posture » fixe est trompeuse. Les ergonomes et les autorités sanitaires soulignent que le facteur clé n’est pas tant la position idéale que la capacité à en changer. Le corps n’est pas conçu pour rester immobile dans une seule configuration, même la plus correcte ergonomiquement.

Concrètement, cela veut dire alterner les postures, et si l’on dispose d’un bureau assis-debout, en profiter pour passer en mode debout sur une partie de la journée. Lever le regard de l’écran régulièrement, ne serait-ce que quelques secondes vers un point éloigné, repose les yeux et oblige à mobiliser la nuque. Étirer les épaules et le cou entre deux réunions, sans s’imposer une routine compliquée, suffit à entretenir une mobilité minimale. Le mot d’ordre est la variété, pas la perfection.

 

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Et le télétravail ? Le piège discret

Le télétravail est souvent perçu comme plus sain : pas de transport, plus de souplesse, journée mieux maîtrisée. C’est en partie vrai, mais il a aussi un revers connu des observateurs : on bouge souvent moins chez soi qu’au bureau. Plus de trajets dans les couloirs, plus de déplacements à la machine à café, plus d’allers-retours pour voir un collègue. 

Le télétravail demande donc une discipline supérieure pour rester en mouvement : sortir marcher à la pause déjeuner devient indispensable, pas optionnel, et les pauses de quelques minutes toutes les heures doivent être plus volontaires qu’au bureau. Bien organisé, le télétravail peut être plus sain qu’une journée d’open-space ; mal organisé, il devient le contraire. 

 

Questions fréquentes sur la sédentarité au bureau

Quelle est la différence entre sédentarité et inactivité physique ? La sédentarité désigne le temps passé assis ou allongé (hors sommeil), tandis que l’inactivité physique désigne le manque d’exercice par rapport aux recommandations officielles. On peut être actif sportivement et très sédentaire au quotidien : ce sont deux dimensions distinctes, et les autorités sanitaires les traitent comme deux facteurs de risque indépendants.

Combien d’heures assis par jour est-ce trop ? Au-delà de 8 heures assis par jour, chaque heure supplémentaire est associée à une augmentation des risques pour la santé, notamment cardiovasculaires, selon les données scientifiques actuelles. Or les adultes français passent en moyenne 12 heures assis les jours travaillés, ce qui dépasse largement ce seuil. L’enjeu n’est pas tant de tout supprimer que de fragmenter le temps assis.

Faire du sport compense-t-il une journée assise au bureau ? Partiellement seulement. La sédentarité et l’inactivité physique sont deux facteurs de risque distincts, et l’activité sportive ponctuelle ne neutralise pas totalement les effets d’un temps assis prolongé. Pratiquer une activité physique régulière reste indispensable, mais elle doit s’accompagner d’efforts pour réduire et fragmenter le temps assis quotidien.

Quels exercices simples faire au bureau ? Il ne s’agit pas de faire de la musculation entre deux mails, mais d’instaurer du mouvement régulier : se lever toutes les heures, marcher pendant les appels, prendre les escaliers, étirer les épaules et le cou, et alterner les postures si possible. L’efficacité vient de la répétition, pas de l’intensité.

Le télétravail est-il plus sain que le bureau ? Pas forcément. Le télétravail évite les trajets mais réduit aussi les micro-déplacements naturels (couloirs, machine à café, échanges avec les collègues). Bien organisé, avec des pauses régulières et une vraie sortie au déjeuner, il peut être plus favorable au mouvement ; mal organisé, il accentue au contraire la sédentarité.

 

Ce qu’il faut retenir

La sédentarité au bureau est un sujet réel, documenté par les autorités sanitaires françaises et européennes, et il concerne particulièrement les métiers de cadre vers lesquels se destinent les diplômés des grandes écoles. Les chiffres sont parlants : 12 heures assis par jour en moyenne les jours travaillés, 95 % des adultes exposés à un risque pour la santé selon l’ANSES.

La bonne nouvelle, c’est que la réponse ne demande ni transformation radicale ni équipement particulier. Le principe est simple : fragmenter le temps assis, utiliser le trajet et la pause déjeuner comme sources d’activité, alterner les postures, et redoubler de vigilance en télétravail. Quelques minutes accumulées chaque jour valent largement une grosse séance de sport ponctuelle, et installent une hygiène durable qui se construit dès les premières années de vie active.