Retour sur l’édition 2021 du « Choc des parisiennes »

 Retour sur l’édition 2021 du « Choc des parisiennes »

Retrouvez l’analyse du « Choc des parisiennes » édition 2021 ainsi que le ressenti d’Alexandre Iskandar, président de Plaidessec et co-présentateur cette année du choc.

 

  • Le principe

Le choc des parisiennes est un concours d’éloquence qui a lieu chaque année entre les trois « parisiennes » (HEC, ESSEC et ESCP). Chaque école propose une équipe composée de deux orateurs qui affrontera les deux autres écoles. Pour juger de la performance des candidats, le jury se compose d’avocats (indépendants aux écoles de commerce). Trois prix sont décernés lors du choc : le prix du meilleur orateur, le prix du meilleur espoir et le prix de la meilleure école. L’événement est traditionnellement organisé par l’ESCP et s’y déroule sur son campus parisien.

Ce concours voit se rassembler les trois associations d’éloquence (Le Lab’Oratoire HEC, PLAIDESSEC et ESCP’RESSION) pour soutenir l’événement.

Les sujets sur lesquels les candidats combattent s’articulent autour de thèmes philosophiques, d’actualité, bien souvent assaisonnés de jeux de mots. Un.e candidat.e répond par la positive à la question posée et son opposant.e par la négative.

Les sujets de l’édition 2017 étaient par exemple :

« Le fruit du hasard est-il comestible ? »

« Vaut-il mieux balancer son porc ou se concentrer sur les gens bons ? »

« Peut-on mourir d’un trait d’esprit ? »

 

Concentrons-nous maintenant sur cette édition 2021.

 

  • L’édition 2021

Le choc des parisiennes n’avait pas eu lieu pendant deux éditions donc celle-ci se devait d’être d’autant plus électrique. Pour cette édition 2021, le choc des parisiennes recevait comme jury deux avocats et un professeur d’éloquence à Science Po et à l’Ecole de guerre. Il fut présenté cette année par Alexandre Iskandar de PLAIDESSEC et Clémence Tiffaine de ESCP’RESSION.

Animé par un chat en folie, les candidats ont pu s’affronter sur les sujets suivants. Le premier choc vit concourir l’ESCP contre HEC sur le sujet « Joue-t-on sa vie sur un instant ? ». Le deuxième fut entre l’ESSEC et l’ESCP à propos de « Parler, est-ce agir ? ». Enfin le dernier crunch fut entre HEC et l’ESSEC sur « Faut-il être fier d’être haï ? ».

Les grands gagnants de cette édition sont les trois écoles puisque toutes trois ont été récompensées. Etienne Anstett (ESSEC) a reçu le prix du meilleur orateur, Guilain de Catimel (ESCP) celui du meilleur espoir et HEC, représentée par Jacques de la Rue du Can et Pierre Faury, a reçu le prix de la meilleure école. Félicitations à eux pour ces prix et bravo à tous les candidats pour leur beau discours.

Remarquons toutefois un fait notable.

C’est un euphémisme de dire que la parité n’a pas été respectée puisqu’il n’y avait aucune fille ni parmi les six candidats, ni parmi les trois jurys. Il faut espérer que l’on retrouvera plus de candidates et jury.es les prochaines années.

 

Découvrons maintenant l’interview d’Alexandre Iskandar, président de Plaidessec et co-présentateur cette année du choc qui a accepté de répondre à toutes nos questions sur l’organisation du choc des parisiennes et sur cette édition !

 

Comment sont choisis les sujets ? Est-ce qu’il y a une thématique précise qui change chaque année ?

Question difficile. Il faut tout d’abord une question fermée, à laquelle on peut répondre à l’affirmative ou la négative pour pouvoir organiser un face à face par sujet. On essaie ensuite de trouver des sujets qui permettent une certaine marge de manœuvre et d’interprétation aux candidats ; il faut qu’ils aient la possibilité de puiser dans un large spectre de références ou d’anecdotes, qu’ils puissent aborder les questions avec plusieurs angles, bref, qu’ils puissent mettre le plus possible d’eux-mêmes dans le cadre d’un exercice rhétorique.

L’an dernier, le choc a été annulé à cause des grèves des transports mais je me souviens avoir reçu le sujet suivant à la négative « Une seule solution, la manifestation ? ». Mis à part quelques exceptions, il n’y a pas vraiment de thématique à respecter. À voir si nos successeurs choisiront de procéder différemment !

 

Comment sont choisis les jurés ?

On choisit toujours parmi les secrétaires ou anciens secrétaires de la conférence du barreau de Paris. Ce sont les meilleurs orateurs de leur génération qui prennent beaucoup de plaisir à juger nos concours et dont les retours sont toujours très constructifs ! Guillaume Pirgent était cette année la première exception à la règle. Comme quoi nous sommes toujours prêts à tordre le cou à certaines traditions.

 

Qu’ont pensé les jurés de cette édition ?

Ils m’ont confié avoir pris beaucoup de plaisir et je les crois tout à fait sincères dans leurs retours. Dans une certaine mesure, l’ambiance des concours d’éloquence leur manque aussi, le fait de pouvoir juger un concours d’éloquence depuis son canapé a certainement ses avantages et puis, le niveau était très bon cette année !

 

Le niveau était-il plus élevé cette année ?

C’est difficile à dire parce que l’exercice n’est pas exactement le même que lors des années précédentes. J’ai personnellement trouvé que le niveau moyen des candidats était excellent. Pour autant, il faut mesurer mon jugement parce qu’il est toujours plus facile de faire un discours en face de son PC, dans un environnement familier, sans ressentir cette tension solitaire qui nous prend lorsque l’on fait face à un public et avec ses notes à portée de vue. Certes, il est plus difficile de transmettre des choses à travers son écran, mais dans l’ensemble, je pense ne pas me tromper en affirmant que le niveau était un cran au-dessus cette année tant au niveau du fond que de la forme. Bravo aux orateurs !

 

Qui organise d’habitude le choc ?

Ce sont d’ordinaire les trois écoles qui organisent le choc avec chacune leur valeur ajoutée. En temps normal, l’ESCP accueille l’événement dans ses locaux puisqu’ils sont à mi-chemin entre Cergy et Jouy-en-Josas. Disons que la dynamique entre les présidents d’association a fait que cette année, c’est Plaidessec qui a géré l’organisation ; d’autant plus que les besoins logistiques étaient limités et qu’Adrien (président d’ESCP’RESSION) était candidat.

A propos des présentateurs, il s’agit de deux présentateurs d’écoles différentes. C’était bien le cas en 2018 et en 2017, c’était un animateur externe aux assos qui avait géré l’animation du choc. C’est toujours plus sympa de mener ça à plusieurs, d’autant plus que c’est l’ESCP qui nous a trouvé un troisième juré !

 

Était-ce fait exprès de récompenser les trois écoles cette année ?

Pas du tout ! Les années précédentes, l’ESSEC avait remporté les trois titres de meilleur orateur, meilleur espoir et meilleure école ! Je ne sais pas si les jurés ont souhaité sciemment récompenser les trois écoles jeudi dernier, mais je ne leur ai rien demandé de la sorte.