Le krach boursier des entreprises tech a commencé à Wall Street

 Le krach boursier des entreprises tech a commencé à Wall Street

Depuis le début du mois de février, on observe une chute impressionnante des actions des boîtes tech en bourse. L’indice S&P 500 a perdu près de 8% de sa valeur et le Nasdaq dépasse les 15% de baisse.

Amorcé par le groupe Meta au début du mois de février, c’est à présent toute la bulle tech de Wall Street qui semble en chute libre. En effet, Meta a atteint un record sans précédent, en perdant plus de 25% de sa capitalisation boursière en une journée. 

 

La chute de Facebook a entraîné un krach sans précédent

En réponse à l’annonce des résultats financiers de Facebook pour l’année 2021, les retombées négatives n’ont pas tardé à suivre. Pour la première fois depuis sa création, Facebook a perdu des abonnés (1,930 milliards d’utilisateurs quotidiens en 2020 pour 1,929 en 2021).

Bien que perte peu significative, c’est surtout une crainte de voir ce chiffre s’empirer qui a provoqué la chute des actions du groupe Meta. 

 

En effet, on reproche depuis plusieurs années à Facebook de se reposer sur ses lauriers et de ne pas pouvoir résister à l’entrée de nouveaux concurrents sur le marché des réseaux sociaux.

A part acheter des startup innovantes (Oculus) ou de potentiels concurrents (Instagram), Facebook n’a pas réellement innové depuis sa création en 2004. Ainsi, l’arrivée de nouveaux réseaux sociaux comme TikTok ou Snapchat a vu la popularité de Facebook baisser, notamment au niveau des plus jeunes utilisateurs. 

 

Cela peut s’expliquer en partie par le virage, qui semble être loupé, de Meta vers le métavers et qui entraîne donc une perte de confiance des investisseurs envers la technologie.

De nombreuses autres entreprises ont aussi subi les conséquences de ce manque de confiance : l’action de Zoom est passée de 450 à 200 dollars, Netflix a perdu 22% de sa valorisation en une journée et le Bitcoin continue de chuter. 

 

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Les raisons de cette chute brutale 

Le groupe Meta accuse de nombreux acteurs extérieurs qui pourraient expliquer sa chute. Entre autres, Meta s’en est d’abord pris à Apple qui avait changé ses règles de confidentialité sur iPhone, ou à Google qui dépend moins d’Apple pour collecter les données de ses utilisateurs.

Il faut aussi souligner la réduction des coûts de publicités, qui sont la source principale de revenus de Facebook. 

 

Cependant, nombreux sont les analystes à accuser le groupe lui-même qui manque d’innovation depuis plusieurs années. En effet, Meta n’a pas su anticiper et réagir à l’arrivée de nouveaux entrants comme TikTok et Snapchat, qui attirent bien plus les jeunes. 

 

Une autre raison de cette perte de capitalisation boursière est aussi les dépenses accrues de Facebook ces dernières années en matière de réalité virtuelle. Les analystes expliquent que les profits de Meta n’ont pas réellement baissé, mais bien que ses dépenses ont augmenté.

En 2021, Meta a perdu plus de 8 milliards de dollars en investissant dans le métavers, sans en voir de retombées positives.

Mark Zuckerberg voit en la réalité virtuelle le nouvel eldorado de la technologie et investit donc sans compter dans cet univers : casques Oculus, cryptomonnaie spéciale à Facebook et changement de nom pour se positionner sur le métavers. 

 

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Il faut cependant remettre cette baisse dans son contexte, qui est aussi celui de la fin de « l’argent facile », qui a permis à de nombreux boursicoteurs de s’enrichir ces dernières années. 

 

Le fin de la bulle spéculative de la tech tant attendue ? 

Depuis 2021, les petites valeurs tech commencent à chuter. Cela va dans la continuité des Banques centrales qui prévoient des hausses des taux d’intérêts et sanctionnent donc les erreurs, aussi petites soient elles, des entreprises cotées en bourse.

Il semble que ce soit maintenant au tour des géants de la technologie d’être touchés. Jeff Bezos a déjà perdu 45 milliards de dollars, la fortune d’Elon Musk a diminué de 100 milliards de dollars et Bill Gates s’est vu amputer de quelque 25 milliards de dollars. 

 

Soutenue par la crise sanitaire, la bulle spéculative de la tech s’était aussi renforcée grâce à l’épargne des ménages pendant les confinements. Or, le retour de l’inflation (en force) et les annonces de la Fed d’augmenter ses taux d’intérêts sont en train de se répercuter sur la bourse américaine.

En moins d’un an, presque la moitié des entreprises composant l’indice Nasdaq Composite ont perdu 50% de leur valeur. 

 

Bien qu’ignorée pour l’instant en Europe, les Etats-Unis sont bien en train de traverser une nouvelle crise financière. Les géants de la technologie chutent, les prévisions financières déçoivent et la banque centrale prévoit une « correction brutale ». En effet, « certains indicateurs de valorisation boursière pointent un niveau d’exubérance persistant ».

Après une année 2021 qui fut riche pour les différentes bourses mondiales, 2022 risque de subir le contre-coup de deux ans qui avaient privilégié l’épargne et l’emprunt facile pour continuer à stimuler l’économie.