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KPMG lance KPMG Strategy : pourquoi le cabinet repart à l’attaque sur le conseil en stratégie

KPMG lance KPMG Strategy : pourquoi le cabinet repart à l’attaque sur le conseil en stratégie

Le 13 mars 2026, KPMG France a annoncé le lancement de KPMG Strategy, une nouvelle structure qui regroupe sous une bannière commune ses expertises en conseil en stratégie et en transactions opérationnelles. Pilotée par Inès Omri et placée sous l’impulsion de Damien Allo, membre du directoire, cette entité de 150 experts marque une étape significative dans le positionnement du cabinet sur un marché où EY-Parthenon et Strategy& (PwC) dominent depuis plusieurs années. Ce lancement n’est pas un événement isolé – il s’inscrit dans une trajectoire longue et révèle autant sur la stratégie de KPMG que sur les transformations en cours dans l’ensemble du secteur.

 

Le contexte : une longue marche vers le conseil en stratégie

Pour comprendre ce que représente KPMG Strategy, il faut remonter à 2019. Cette année-là, KPMG France lance le Global Strategy Group (GSG), son bras armé en conseil en stratégie pur – une réponse tardive à des mouvements que ses concurrents avaient anticipés plusieurs années plus tôt : Monitor Deloitte (2012), Strategy& par PwC (2013), EY-Parthenon (2014). Là où ses pairs avaient procédé par acquisitions de boutiques reconnues, KPMG avait développé GSG en interne, avec les avantages et les limites que cela implique.

Dès 2023, un premier rapprochement s’opère entre GSG et les équipes de Deal Advisory du cabinet, donnant naissance à une business unit commune baptisée Deal Strategy – déjà 110 consultants, 10 partners, avec Damien Allo aux commandes. L’idée directrice est claire : gommer les inefficacités entre PMI, carve-out et conseil en stratégie, et proposer aux clients un accompagnement continu de la décision à l’exécution. En 2026, KPMG Strategy est la concrétisation et l’amplification de ce mouvement, avec une marque unifiée, une équipe renforcée à 150 experts et une communication publique assumée.

 

Ce qu’est KPMG Strategy : 150 experts, une double expertise

KPMG Strategy repose sur la fusion de deux expertises que le cabinet considère comme naturellement complémentaires : le conseil en stratégie d’un côté, les transactions opérationnelles de l’autre.

Sur la dimension stratégie, l’entité couvre la définition des orientations de croissance, le positionnement de marché, les analyses compétitives et la définition des modèles opérationnels cibles. Sur la dimension transactions, elle intervient sur les due diligences commerciales et stratégiques, l’évaluation des synergies et la création de valeur, les intégrations post-acquisition (PMI), les carve-outs et séparations d’activités, ainsi que la préparation des Transition Service Agreements (TSA). L’argument central de KPMG est que ces deux dimensions – la vision et l’exécution – sont trop souvent traitées comme des silos distincts alors qu’elles forment un continuum dans la vie réelle d’une transaction ou d’une transformation.

La cible clients est clairement définie : dirigeants de grandes entreprises, ETI et fonds d’investissement, dans leurs moments décisifs – croissance externe, cession, restructuration, transformation opérationnelle. Ce positionnement mid et large market correspond aux points forts historiques de KPMG en France, qui dispose d’une couverture territoriale étendue et d’une proximité avec les ETI que les cabinets MBB n’ont pas toujours.

 

Lire plus : Big Four : Deloitte, PwC, EY ou KPMG – lequel choisir ?

 

Inès Omri et Damien Allo : la gouvernance de KPMG Strategy

La structure de gouvernance de KPMG Strategy repose sur un duo aux profils complémentaires.

Inès Omri est nommée Associée responsable de KPMG Strategy. Spécialiste reconnue des opérations d’intégration et de séparation d’entreprises, elle incarne la dimension opérationnelle et transactionnelle de la nouvelle entité. Son expertise en PMI et carve-out – des activités à très haute intensité d’exécution, où les erreurs coûtent cher et vite – est au cœur de la valeur ajoutée que KPMG veut apporter à ses clients dans les moments post-transaction. Sa nomination à la tête de la structure (et non d’un profil issu du pur conseil en stratégie) en dit long sur la philosophie du cabinet : l’exécution est au moins aussi importante que la vision.

Damien Allo, membre du Directoire en charge du Conseil et de l’IA, porte la vision stratégique et technologique de l’ensemble. Expert-comptable de formation, passé par les activités de Deal Advisory, c’est lui qui a porté le rapprochement entre stratégie et transactions depuis 2023 et qui a posé les bases de ce que KPMG Strategy représente aujourd’hui. Son rattachement à l’IA dans ses attributions au directoire n’est pas cosmétique : c’est lui qui pilote l’intégration des technologies avancées dans les missions de conseil du cabinet.

 

L’IA au cœur du modèle : un pari sur la transformation du M&A

Le lancement de KPMG Strategy coïncide avec un basculement documenté de l’IA dans les pratiques du conseil en transactions. Selon une analyse de Bain & Company, un professionnel du M&A sur trois utilisait déjà l’IA générative dans ses transactions fin 2025 – contre seulement 16 % en 2023. L’IA réduit de 80 % le temps de rédaction des plans d’intégration et des TSA, et de 70 % le temps d’analyse documentaire dans les due diligences selon Thomson Reuters.

Pour KPMG Strategy, l’IA n’est pas présentée comme un outil parmi d’autres mais comme une dimension structurante de l’offre : identifier plus rapidement les synergies en croisant les données des entreprises impliquées, évaluer la valeur réelle des actifs IA dans les cibles (un exercice devenu incontournable alors qu’un tiers des grandes transactions de 2025 citaient l’IA comme justification stratégique principale), accélérer les transformations opérationnelles post-deal. Le placement de KPMG Strategy sous la responsabilité de Damien Allo, en charge du Conseil et de l’IA au directoire, formalise cette intégration dès la conception.

 

Lire plus : Transaction Services : définition, missions et débouchés

 

KPMG Strategy face à ses concurrents : un positionnement à construire

Le marché du conseil en stratégie et transactions adossé à un Big Four est dominé en France par deux acteurs solidement installés. EY-Parthenon a été le premier à opérer le rapprochement stratégie-transactions (dès 2020), ce que ses propres associés qualifient rétrospectivement de « move gagnant ». Strategy& (PwC), héritier du rachat de Booz & Company en 2013, dispose d’une marque et d’un réseau solides. Monitor Deloitte et KPMG sont considérés en retrait sur ce segment spécifique.

Le défi de KPMG Strategy est double. Il faut d’abord construire une identité de marque distincte du seul nom KPMG – GSG n’y était pas pleinement parvenu en six ans. Ensuite, il faut attirer et retenir des profils seniors qui font la réputation d’une pratique de conseil en stratégie : KPMG a connu des départs significatifs de partners GSG ces dernières années, un phénomène commun aux Big Four qui doivent composer avec la contrainte du channel 1 (impossibilité de vendre du conseil aux clients audités par le groupe) et la compétition des cabinets indépendants pour les meilleurs profils.

Les atouts de KPMG dans ce contexte sont réels : un réseau international dans 138 pays, une expertise sectorielle couvrant l’ensemble des verticales, une présence territoriale en France plus dense que les boutiques parisiennes, et une capacité d’investissement que les indépendants n’ont pas. La question est de savoir si ces actifs structurels suffiront à différencier KPMG Strategy dans un marché où le nom du cabinet compte moins que la réputation des équipes qui livrent les missions.

 

Ce que ce lancement de KPMG Strategy dit du marché du conseil

Au-delà de KPMG, ce lancement reflète une tendance de fond qui traverse l’ensemble du conseil en stratégie : le rapprochement entre la vision stratégique et l’exécution opérationnelle. Les clients – grands groupes, ETI, fonds – demandent de plus en plus à un même partenaire de les accompagner de la décision à la mise en œuvre, sans rupture de l’équipe et sans perte d’information entre les phases. C’est ce que EY-Parthenon a compris avant les autres dans le monde des Big Four, ce que les boutiques comme Alvarez & Marsal ou Eight Advisory ont construit sur le segment des transactions, et ce que KPMG Structure formule désormais explicitement dans sa promesse de valeur.

Pour un étudiant ou un jeune diplômé qui envisage une carrière dans le conseil ou la finance de transactions, KPMG Strategy représente une nouvelle porte d’entrée dans un cabinet Big Four avec une orientation résolument stratégie-transactions – la combinaison qui offre les débouchés les plus variés vers le Private Equity, les directions stratégiques de grands groupes ou les fonds d’investissement.

 

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FAQ

Qu’est-ce que KPMG Strategy ? KPMG Strategy est une nouvelle entité lancée par KPMG France le 13 mars 2026, qui regroupe les expertises de conseil en stratégie et de transactions opérationnelles du cabinet sous une bannière commune. Elle compte 150 experts et est dirigée par Inès Omri (Associée) sous l’impulsion de Damien Allo (membre du Directoire).

Quelle est la différence entre KPMG Strategy et l’ancien Global Strategy Group (GSG) ? Le GSG, lancé en 2019, était positionné sur le conseil en stratégie pur. En 2023, un premier rapprochement avec les équipes Deal Advisory avait donné naissance à la structure Deal Strategy (110 consultants). KPMG Strategy est la formalisation et l’amplification de ce mouvement : une marque unifiée, une équipe renforcée à 150 experts, et une promesse explicite de couvrir le continuum de la décision stratégique à l’exécution opérationnelle.

Qui dirige KPMG Strategy ? Inès Omri, Associée KPMG spécialiste des opérations d’intégration et de séparation d’entreprises, dirige la structure. Elle est rattachée à Damien Allo, membre du Directoire de KPMG France en charge du Conseil et de l’IA.

Quels types de missions réalise KPMG Strategy ? L’entité intervient sur six grandes familles de missions : stratégie de croissance et positionnement de marché, due diligences commerciales et stratégiques, évaluation des synergies et création de valeur, PMI (Post-Merger Integration) et carve-out, transformation des modèles opérationnels, et accélération technologique (IA & Data).

KPMG Strategy recrute-t-elle des profils grandes écoles ? Oui. Comme l’ensemble des pratiques de conseil en stratégie et transactions des Big Four, KPMG Strategy cible des profils issus des grandes écoles de commerce et d’ingénieurs (HEC, ESSEC, Polytechnique, Centrale, etc.), avec une appétence pour les problématiques de transactions, de M&A et de transformation opérationnelle.

 

Ce qu’il faut retenir

KPMG Strategy, lancé le 13 mars 2026, est l’aboutissement d’une transformation entamée en 2019 avec le Global Strategy Group et accélérée en 2023 avec Deal Strategy. En réunissant conseil en stratégie et transactions opérationnelles sous une marque commune de 150 experts, KPMG France formalise une proposition de valeur cohérente : accompagner les dirigeants de la décision à l’exécution, avec l’IA comme levier transversal. Le défi reste de construire une identité de marque suffisamment forte pour rivaliser avec EY-Parthenon et Strategy& sur un marché où la réputation des équipes prime sur celle du cabinet. Le lancement de KPMG Strategy est une déclaration d’intention – la réussite se mesurera sur les missions signées et les profils recrutés dans les mois qui viennent.

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