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 Faut-il travailler deux fois plus que ses concurrents pour les supplanter ?

Faut-il travailler deux fois plus que ses concurrents pour les supplanter ?

Dans une époque où la compétition est omniprésente, à l’école, dans le monde du travail, dans les projets entrepreneuriaux, il est tentant de penser que le seul moyen de s’en sortir est de travailler deux fois plus que les autres. Cette idée, largement véhiculée par les récits de « self-made » ou les discours de motivation, peut sembler séduisante. Mais est-il vraiment nécessaire de doubler ses efforts pour dépasser ses concurrents ? Et surtout, est-ce une stratégie durable ? Décryptage.

 

Lire plus: Quitter une entreprise pour créer un concurrent : entre risques et opportunités

 

Le mythe du surtravail : séduisant, mais dangereux

La valorisation du « hustle culture » (culture de l’effort permanent) a placé le surtravail comme une preuve de mérite. Elon Musk, par exemple, vante des semaines à 80 voire 100 heures. Beaucoup d’étudiants ou de jeunes diplômés s’en inspirent, pensant que pour réussir, il faut en faire deux fois plus que les autres.

Pourtant, des recherches prouvent que l’efficacité baisse à partir de 50 heures hebdomadaires. Le cerveau humain n’est pas conçu pour maintenir une concentration intense aussi longtemps. Au-delà, les risques de burn-out, d’erreurs, de fatigue chronique et de perte de motivation explosent.

 Travailler plus ne rime pas toujours avec travailler mieux.

 

Le vrai levier : travailler plus intelligemment

La clé du succès n’est pas uniquement dans le volume d’heures, mais dans la manière de les utiliser. Travailler intelligemment implique :

  • Prioriser les tâches à fort impact, plutôt que de s’éparpiller.
  • Automatiser ou déléguer ce qui ne nécessite pas ta valeur ajoutée.
  • Gérer ton énergie autant que ton temps : il vaut mieux 3 heures efficaces que 10 heures passées à procrastiner.
  • Faire des pauses régulières pour maintenir la clarté mentale.
  • Dire non à ce qui est hors de ton cap ou de ton équilibre.

Cette approche permet de garder le cap sans sacrifier sa santé mentale ou physique.

 

Focus : la loi de Pareto appliquée au travail

La loi de Pareto (ou loi des 80/20) est l’un des principes les plus puissants de productivité : 80 % des résultats proviennent de 20 % des efforts.

Prenons l’exemple de Sarah, étudiante en communication. Plutôt que de vouloir briller dans tous ses cours et activités, elle a concentré ses efforts sur un projet de consulting étudiant et un stage de six mois dans une agence créative. Ce focus stratégique l’a aidée à décrocher un poste en CDI avant même son diplôme. D’autres, éparpillés entre 12 engagements, ont eu plus de mal à se positionner.

 L’idée n’est pas d’en faire plus, mais de faire mieux.

 

Mieux connaître ses concurrents… pour se démarquer

« Supplanter ses concurrents » suppose de les connaître. Mais plutôt que de se comparer en permanence, une stratégie plus efficace est de chercher ce qui te rend unique.

Pose-toi ces questions :

  • Quelles sont mes forces naturelles ?
  • Où puis-je apporter une valeur différente ?
  • Quels sont les besoins du marché que les autres négligent ?

Le but n’est pas de courir après les mêmes objectifs que tout le monde, mais de se positionner autrement.

 

Construire une carrière sur la durée

Le risque du surtravail, c’est de penser que le succès se joue dans une course effrénée dès le départ. Or, une carrière, comme une entreprise, se construit sur le long terme. Et ce qui fait la différence, ce n’est pas le sprint initial, mais :

  • La constance
  • La capacité d’adaptation
  • La gestion des moments de doute ou d’échec
  • L’apprentissage en continu

 La réussite durable repose sur l’endurance, pas l’épuisement.

 

La santé mentale : un facteur décisif (et trop souvent ignoré)

On ne le répétera jamais assez : la santé mentale est un capital précieux. Les jeunes professionnels qui s’imposent des cadences intenables s’exposent à une fatigue émotionnelle qui peut tout compromettre : projets, relations, confiance en soi.

Apprendre à écouter ses limites, à s’autoriser du repos, à faire une pause sans culpabilité, ce n’est pas un signe de faiblesse. C’est au contraire un signe de maturité professionnelle.

 

Le pouvoir des « soft skills »

Dans la course à la performance, beaucoup sous-estiment l’importance des compétences humaines : écoute, communication, empathie, leadership.

Aujourd’hui, les entreprises recherchent autant des profils compétents que capables de collaborer, d’inspirer, de créer du lien. Or, ces qualités ne s’acquièrent pas uniquement en travaillant plus. Elles s’apprennent dans les échanges, les expériences, les erreurs.

 

Lire plus: Passion ou ambition : trouver l’équilibre pour réussir

 

Conclusion : viser l’impact, pas l’épuisement

Travailler deux fois plus que les autres peut, à court terme, offrir un avantage. Mais ce modèle n’est ni soutenable, ni nécessairement efficace. Dans un monde en mutation constante, la flexibilité, la stratégie et la conscience de soi sont les véritables armes pour réussir.

Au lieu de courir sans fin, il est plus sage de travailler avec intention, avec méthode, et en accord avec ses valeurs.