Énergie solaire dans le monde : où en est-on en 2026 ?
L’énergie solaire dans le monde a vécu une année charnière en 2025. Sa production a bondi de 30 % sur un an, un rythme qui l’a propulsée à 8,7 % de la production électrique mondiale, dépassant pour la première fois l’éolien et talonnant désormais le nucléaire. Selon la Statistical Review of World Energy 2026 publiée par l’Energy Institute, le solaire a représenté à lui seul 72 % de la croissance de l’offre énergétique mondiale.
Cette percée n’a rien d’un accident. Elle est le fruit d’une chute des coûts, d’une industrialisation massive et d’une avance technologique prise par un pays qui écrase tous les autres : la Chine. Voici l’état des lieux de l’énergie solaire dans le monde, de ses champions aux défis qui restent à lever.
Énergie solaire dans le monde : une croissance record
La dynamique du solaire est sans équivalent dans le système énergétique. Selon l’Energy Institute, sa production électrique mondiale a progressé de 30,1 % en 2025, pour atteindre 2 811 TWh. Aucune autre source d’énergie ne connaît une telle vitesse de croissance. Cette expansion a fait basculer un seuil symbolique : avec 8,7 % de la production électrique mondiale, le solaire est passé devant l’éolien (8,4 %) et se situe désormais au niveau du nucléaire (8,8 %).
Ce basculement s’inscrit dans une transformation d’ensemble que nous avons détaillée dans notre panorama de la transition énergétique mondiale. Le solaire y joue le rôle de moteur principal. Sa progression illustre un changement de nature du système électrique, où une source encore marginale il y a dix ans devient l’un de ses piliers. Pour mémoire, la capacité solaire installée dans le monde a été multipliée par plus de dix en une décennie.
La Chine, superpuissance solaire
Aucun panorama de l’énergie solaire dans le monde ne peut faire l’impasse sur la Chine. À elle seule, elle concentre la moitié de la capacité solaire installée sur la planète. Le tableau ci-dessous, établi à partir des données de l’IRENA reprises par l’Energy Institute, détaille les principaux pays par capacité solaire installée fin 2025.
| Pays | Capacité solaire installée fin 2025 (MW) | Part mondiale |
|---|---|---|
| Chine | 1 202 179 | 50,3 % |
| États-Unis | 211 610 | 8,8 % |
| Inde | 135 502 | 5,7 % |
| Allemagne | 106 272 | 4,4 % |
| Japon | 92 211 | 3,9 % |
| Monde | 2 391 584 | 100 % |
Source : IRENA, reprise par l’Energy Institute, Statistical Review of World Energy 2026.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec plus de 1 200 gigawatts installés, la Chine pèse davantage que tous les autres pays du top 5 réunis, et sa capacité a encore progressé de plus de 35 % sur la seule année 2025. Cette domination ne se limite pas à la production d’électricité : elle englobe toute la chaîne industrielle, de la fabrication des panneaux au raffinage des matériaux qui les composent. Cette mainmise renvoie d’ailleurs à la question des métaux critiques et des terres rares, dont la Chine contrôle une part écrasante du raffinage. Derrière le leadership solaire chinois se joue une stratégie industrielle globale.
Pourquoi le solaire est devenu imbattable
La question mérite d’être posée : pourquoi le solaire s’impose-t-il si vite ? La réponse tient en deux mots, économie et simplicité. Selon l’analyse de Kearney qui accompagne la Statistical Review, la croissance du solaire s’explique par une économie devenue supérieure et par une complexité de projet bien plus faible que celle des grandes centrales thermiques ou nucléaires. Un champ de panneaux se déploie en quelques mois, là où une centrale conventionnelle demande des années.
À cela s’ajoute un avantage physique. Toujours selon Kearney, le solaire est deux à trois fois plus efficace que la production thermique, qui gaspille aujourd’hui les deux tiers de l’énergie mondiale sous forme de chaleur. Passer des molécules aux électrons constitue donc un gain d’efficacité en soi. Cette logique économique explique pourquoi le solaire attire massivement les capitaux, y compris ceux des géants technologiques en quête d’électricité propre pour alimenter leur consommation électrique de data centers. L’innovation dans ce domaine fait d’ailleurs partie des sujets que PGE suit de près à travers la climate tech.
Solaire et stockage : le duo qui change la donne
Le principal reproche fait au solaire est connu : il ne produit pas la nuit ni par temps couvert. C’est précisément là que se joue la révolution en cours. Le stockage par batteries progresse à un rythme spectaculaire. Selon l’Energy Institute, la capacité mondiale de batteries de réseau installées a atteint 301 728 MW fin 2025, en hausse de 65,8 % en un an, la Chine en concentrant là encore près de la moitié.
Ce couplage entre solaire et stockage répond directement au problème de l’intermittence. Il permet de produire le jour et de restituer l’électricité le soir, au moment des pics de consommation. La montée de l’autoconsommation va dans le même sens, avec des installations solaires derrière le compteur qui se multiplient chez les particuliers et les entreprises, portées par des acteurs comme Beem Energy et ses kits solaires. Le solaire cesse ainsi d’être une source d’appoint pour devenir une brique pilotable du système électrique.
Solaire, éolien, nucléaire : le nouveau trio du mix électrique
Le fait marquant de 2025 est le rapprochement de trois sources bas carbone au sommet du mix électrique mondial. Le tableau ci-dessous compare leur poids et leur dynamique.
| Source | Part du mix électrique mondial 2025 | Croissance 2025 |
|---|---|---|
| Nucléaire | 8,8 % | +1,3 % |
| Solaire | 8,7 % | +30,1 % |
| Éolien | 8,4 % | +8,2 % |
Source : Energy Institute, Statistical Review of World Energy 2026.
L’écart entre ces trois sources traduit surtout une différence de trajectoire. Le nucléaire progresse lentement, l’éolien à un rythme soutenu, le solaire à une vitesse fulgurante. Au rythme actuel, le solaire devrait dépasser le nucléaire dès 2026 pour devenir la troisième source d’électricité de la planète, derrière le charbon et le gaz. L’éolien reste la deuxième source de croissance des renouvelables, mais le solaire creuse l’écart année après année.
Perspectives : les limites à lever
L’avenir du solaire est solidement tracé, mais deux obstacles conditionnent son ampleur. Le premier est la capacité des réseaux électriques à absorber cette production variable. Selon l’Energy Institute, les infrastructures de réseau, le stockage et les solutions de flexibilité ne progressent pas au même rythme que la production, ce qui limite l’impact réel des records de déploiement. Le second est la concentration géographique : la croissance se joue surtout en Chine et dans quelques marchés, tandis que d’autres régions restent freinées par le capital et la réglementation.
La question n’est donc plus de savoir si l’énergie solaire dans le monde va continuer de croître, mais si les systèmes électriques sauront suivre. C’est là que se jouera la prochaine étape de la transition, celle où la production propre devra s’accompagner de réseaux et de capacités de stockage à la hauteur.
FAQ
Quelle est la part de l’énergie solaire dans le monde ?
En 2025, le solaire a atteint 8,7 % de la production électrique mondiale, selon l’Energy Institute, dépassant l’éolien (8,4 %) et talonnant le nucléaire (8,8 %). Sa production a progressé de 30 % sur un an, faisant du solaire la première source de croissance de l’offre énergétique mondiale, avec 72 % de cette hausse à lui seul.
Quel pays produit le plus d’énergie solaire ?
La Chine, très largement. Elle concentre à elle seule 50,3 % de la capacité solaire installée dans le monde fin 2025, avec plus de 1 200 gigawatts, selon les données de l’IRENA reprises par l’Energy Institute. Elle devance les États-Unis (8,8 %), l’Inde (5,7 %), l’Allemagne (4,4 %) et le Japon (3,9 %).
Pourquoi l’énergie solaire est-elle si compétitive ?
Parce que ses coûts se sont effondrés et que ses projets sont simples à déployer. Selon l’analyse de Kearney publiée avec la Statistical Review, le solaire bénéficie d’une économie supérieure et d’une complexité bien moindre que les centrales thermiques. Il est aussi deux à trois fois plus efficace que la production thermique, qui gaspille les deux tiers de l’énergie sous forme de chaleur.
L’énergie solaire peut-elle fonctionner la nuit ?
Pas directement, mais le stockage par batteries résout ce problème. Selon l’Energy Institute, la capacité mondiale de batteries de réseau a atteint 301 728 MW fin 2025, en hausse de 65,8 % sur un an. Couplé au stockage, le solaire produit le jour et restitue l’électricité le soir, ce qui répond à la question de l’intermittence.
L’énergie solaire va-t-elle dépasser le nucléaire ?
Très probablement dès 2026. En 2025, le solaire pesait 8,7 % du mix électrique mondial, contre 8,8 % pour le nucléaire, un écart infime. Avec une croissance de 30 % par an contre 1,3 % pour le nucléaire, le solaire est en passe de devenir la troisième source d’électricité de la planète, derrière le charbon et le gaz.
Ce qu’il faut retenir
L’énergie solaire dans le monde a franchi un cap en 2025 : première source de croissance de l’offre énergétique, elle a dépassé l’éolien dans le mix électrique et talonne le nucléaire, portée par une hausse de 30 % de sa production. La Chine domine outrageusement cette dynamique, avec la moitié de la capacité installée mondiale et le contrôle de toute la chaîne industrielle. L’économie imbattable du solaire, couplée à un stockage en pleine explosion, en fait le moteur de la transition. Le vrai défi désormais n’est plus la production, mais la capacité des réseaux et du stockage à absorber cette électricité propre au rythme où elle arrive.