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 Transition énergétique mondiale : où en est-on en 2026 ?

Transition énergétique mondiale : où en est-on en 2026 ?

La transition énergétique mondiale a franchi un cap symbolique en 2025. Pour la première fois en dehors d’une période de récession, les énergies renouvelables sont devenues la première source de croissance de l’offre d’énergie sur la planète, portées avant tout par un solaire en plein essor. C’est le constat central de la Statistical Review of World Energy 2026 publiée par l’Energy Institute, la référence statistique du secteur depuis 1952, aujourd’hui produite avec Ember, KPMG et Kearney.

Le tableau reste toutefois à double lecture. Dans le même temps, la demande mondiale d’énergie a continué de progresser, et toutes les sources, y compris les énergies fossiles, ont atteint des niveaux record. La bascule est réelle, mais elle s’ajoute pour l’instant au système fossile plus qu’elle ne le remplace. Voici l’état des lieux de la transition énergétique mondiale, en chiffres.

Transition énergétique mondiale : un système qui bascule sans lâcher le fossile

En 2025, l’offre totale d’énergie a dépassé 600 exajoules (EJ), en hausse de 1,7 % sur un an, prolongeant la tendance longue de croissance de la demande. La nouveauté tient à la composition de cette croissance. Selon l’Energy Institute, les renouvelables ont représenté le premier contributeur à la hausse de l’offre, le solaire pesant à lui seul 72 % de cette progression.

Ce basculement marque un tournant structurel. On passe d’un système où l’énergie propre venait compléter les fossiles à un système où elle commence à s’y substituer. Les fossiles conservent malgré tout une position dominante : ils représentent encore 86 % de l’offre énergétique mondiale. Autrement dit, la part relative des renouvelables grimpe vite, mais le socle fossile reste massif et continue lui aussi de croître en valeur absolue. Cette dynamique s’inscrit dans une transformation plus large où l’électricité prend une place croissante, une évolution que PGE avait déjà abordée en suivant la montée en puissance progressive des énergies renouvelables.

Énergie mondiale en 2025 : les chiffres clés d’une année record

La meilleure façon de comprendre la transition énergétique mondiale est de regarder d’où vient la croissance de l’offre. Le tableau ci-dessous détaille la contribution de chaque source à la hausse enregistrée en 2025, exprimée en exajoules.

Source d’énergie Contribution à la croissance 2025 (EJ) Poids dans l’offre mondiale
Renouvelables (hors hydro) +3,3 en forte progression
Pétrole +2,5 1re source fossile
Gaz naturel +2,4 2e hausse la plus forte
Charbon +1,1 toujours en hausse
Nucléaire +0,4 stable
Hydroélectricité +0,1 quasi stable

Source : Energy Institute, Statistical Review of World Energy 2026.

Ce tableau résume la tension du moment. Les renouvelables mènent la danse, mais le pétrole et le gaz progressent presque autant, et le charbon lui-même gagne du terrain. La demande de gaz a signé la deuxième plus forte hausse après les renouvelables, avec +1,6 % sur l’année. Le charbon a augmenté de 0,7 %, tiré notamment par les États-Unis où une flambée des prix du gaz a favorisé un retour au charbon dans la production électrique. Côté pétrole, la consommation mondiale a atteint 103 millions de barils par jour, en hausse de 1,3 %.

Un acteur domine l’ensemble : la Chine concentre à elle seule 27 % de l’offre énergétique mondiale, loin devant tous les autres pays. Elle est à la fois le premier consommateur, le premier émetteur et le premier déployeur d’énergies propres de la planète, ce qui en fait le pivot de toute la transition énergétique mondiale.

Le solaire, premier moteur de la transition énergétique

Si un seul chiffre devait résumer l’année, ce serait celui-ci : le solaire a progressé de 30 % en 2025. Cette croissance a été suffisamment forte pour que la part du solaire dans la production électrique mondiale atteigne 8,7 %, dépassant pour la première fois l’éolien (8,4 %) et talonnant désormais le nucléaire (8,8 %). L’éolien reste la deuxième source de croissance des renouvelables, avec une hausse de 8,2 % sur l’année.

Cette percée du solaire s’explique par une économie devenue imbattable et par une complexité de projet plus faible que les grandes infrastructures thermiques. Le mouvement est aussi visible dans le stockage : la capacité mondiale de batteries de réseau installées a atteint 301 728 MW fin 2025, en hausse de 65,8 % en un an. Stockage et solaire avancent de pair, ce qui commence à répondre à la principale limite historique des renouvelables, leur intermittence. Pour aller plus loin sur les technologies qui structurent ce basculement, PGE a consacré un dossier complet à la climate tech et à ses innovations.

Il faut toutefois nuancer l’enthousiasme. La croissance des renouvelables se concentre sur quelques marchés, Chine en tête, tandis que d’autres régions restent freinées par le capital, les réseaux et les cadres réglementaires. La question n’est plus de savoir si les renouvelables peuvent croître, mais si les systèmes électriques, les réseaux et le stockage suivent le rythme.

Électricité, IA et data centers : les nouveaux moteurs de la demande

La transition énergétique mondiale se joue de plus en plus sur le terrain de l’électricité. La demande électrique progresse plus vite que l’offre totale d’énergie, avec +3 % en 2025. Derrière cette accélération, de nouveaux usages : véhicules électriques, mais surtout data centers et intelligence artificielle.

Le chiffre est spectaculaire. Selon l’Energy Institute, la demande électrique mondiale des data centers a atteint 787,8 TWh en 2025, en hausse de près de 20 % sur un an et de 13,9 % par an en moyenne depuis 2020. Cette envolée est directement alimentée par l’essor de l’IA générative et des géants technologiques qui construisent des infrastructures de calcul toujours plus gourmandes.

Région Demande électrique data centers 2025 (TWh) Part mondiale
États-Unis 312,6 39,7 %
Chine 205,7 26,1 %
Europe 144,6 18,4 %
Reste de l’Asie-Pacifique 63,2 8,0 %
Monde 787,8 100 %

Source : Energy Institute, Statistical Review of World Energy 2026.

Cette nouvelle demande redessine la carte énergétique. Les entreprises qui tirent cette consommation sont largement les mêmes que celles qui dominent les marchés financiers : les grands acteurs technologiques dont PGE a analysé le poids dans son décryptage des « Magnificent Seven », ces géants qui redéfinissent l’économie mondiale. L’IA n’est plus seulement un sujet technologique, elle devient un facteur structurant de la demande énergétique.

Émissions de CO2 : la transition énergétique freinée par la demande

C’est le revers de la médaille. Malgré la percée des renouvelables, les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie ont augmenté de 1,1 % en 2025, pour atteindre 35 806,2 millions de tonnes, un niveau record. La raison est simple : tant que la demande globale d’énergie croît plus vite que les renouvelables ne peuvent la couvrir, les fossiles comblent le reste et les émissions montent.

La géographie de cette hausse réserve une surprise. Selon l’Energy Institute, plus d’un tiers de l’augmentation mondiale provient des États-Unis. En valeur absolue, la hausse des émissions américaines a été quatre fois supérieure à celle de la Chine. L’Amérique du Nord est même la seule région à avoir vu son intensité carbone augmenter en 2025, rompant avec une tendance de baisse observée sur dix ans. Ces chiffres révèlent une réalité contre-intuitive : la transition n’avance pas au même rythme partout, et certaines économies matures reprennent temporairement le chemin des fossiles pour absorber leur croissance.

Métaux critiques et pétrole : les dépendances de la transition énergétique

Passer des molécules aux électrons ne supprime pas les dépendances, cela les déplace. La transition énergétique mondiale repose sur une nouvelle catégorie de ressources stratégiques : les métaux critiques. La production mondiale de lithium a bondi de 25,2 % en 2025, portée par la demande de batteries. Mais l’offre de ces minerais est très concentrée. La Chine assure à elle seule environ 70 % de la production mondiale de terres rares et près de 75 % du graphite naturel, deux intrants essentiels des technologies bas carbone.

Cette concentration crée une dépendance géopolitique d’un type nouveau, que l’Europe connaît bien : en réduisant sa dépendance aux fossiles, elle en développe une autre vis-à-vis des minerais critiques et du gaz naturel liquéfié. La Chine, elle, déploie les renouvelables à grande échelle tout en constituant des stocks de fossiles par précaution, une stratégie que PGE a documentée en suivant l’ascension technologique du pays, notamment via DeepSeek et l’IA chinoise.

Les fossiles, eux, restent au cœur des tensions. La dépendance mondiale aux importations d’énergie est apparue au grand jour après la fermeture du détroit d’Ormuz fin février 2026, un passage stratégique pour le pétrole et le gaz. Les grands centres de demande restent très exposés : l’Inde importe 86 % de sa consommation de pétrole, l’Europe 74 % et la Chine 73 %. La sécurité énergétique redevient un enjeu central, ce qui explique en partie pourquoi les investissements dans l’énergie domestique, renouvelable ou non, s’accélèrent.

Quatre stratégies pour une même transition énergétique mondiale

L’enseignement le plus fort du rapport 2026 est peut-être politique. Le consensus mondial sur une trajectoire commune vers un système propre et intégré se fragmente. Selon l’analyse de KPMG qui accompagne la Statistical Review, quatre grandes puissances poursuivent désormais quatre stratégies différentes derrière un même impératif de sécurité énergétique.

Les États-Unis exploitent leur abondance en pétrole, gaz et charbon pour absorber la croissance de leur demande. La Chine déploie les renouvelables à un rythme inédit tout en stockant des fossiles comme assurance. L’Europe réduit sa dépendance fossile tout en gérant une nouvelle dépendance aux minerais critiques et au GNL. Le Moyen-Orient, enfin, investit à la fois dans l’expansion des hydrocarbures et dans l’énergie propre. Même objectif, quatre chemins.

Cette divergence redéfinit la prochaine phase de la transition. L’ambition ne suffit plus, tout se jouera sur l’exécution : capacité des réseaux à suivre, disponibilité du stockage, sécurisation des chaînes d’approvisionnement en métaux critiques. La transition énergétique mondiale entre dans une phase où la vitesse de croissance des renouvelables compte moins que la capacité des systèmes à l’absorber.

FAQ – transition énergétique

Qu’est-ce que la transition énergétique mondiale ?

La transition énergétique mondiale désigne le passage progressif d’un système fondé sur les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) vers un système reposant sur les énergies bas carbone, principalement l’électricité renouvelable. En 2025, les renouvelables sont devenues pour la première fois hors récession la première source de croissance de l’offre d’énergie, selon l’Energy Institute, sans pour autant remplacer les fossiles qui pèsent encore 86 % de l’offre mondiale.

Quelle est la part des énergies renouvelables dans le monde ?

En 2025, le solaire a atteint 8,7 % de la production électrique mondiale, dépassant l’éolien (8,4 %) et talonnant le nucléaire (8,8 %). Selon l’Energy Institute, les renouvelables ont représenté le premier contributeur à la croissance de l’offre énergétique, le solaire seul pesant 72 % de cette hausse, avec une progression de 30 % sur l’année.

Pourquoi les émissions de CO2 continuent-elles d’augmenter ?

Parce que la demande mondiale d’énergie croît plus vite que les renouvelables ne peuvent la couvrir. Les fossiles comblent l’écart, ce qui pousse les émissions à la hausse. En 2025, les émissions de CO2 liées à l’énergie ont atteint 35 806,2 millions de tonnes, un record, avec +1,1 % sur un an. Plus d’un tiers de cette hausse provient des États-Unis.

Quel pays domine la transition énergétique mondiale ?

La Chine. Elle concentre 27 % de l’offre énergétique mondiale et cumule les positions de premier consommateur, premier émetteur et premier déployeur d’énergies renouvelables. Elle assure aussi environ 70 % de la production mondiale de terres rares, minerais essentiels aux technologies bas carbone.

Pourquoi l’intelligence artificielle pèse-t-elle sur l’énergie ?

Parce que les data centers qui alimentent l’IA sont très gourmands en électricité. Leur demande électrique mondiale a atteint 787,8 TWh en 2025, en hausse de près de 20 % sur un an. Avec les véhicules électriques, l’IA et les data centers sont devenus les nouveaux moteurs de la demande d’électricité, qui progresse plus vite que l’offre totale d’énergie.

Quelles sont les nouvelles dépendances liées à la transition énergétique ?

La transition déplace les dépendances des fossiles vers les métaux critiques. Lithium, cobalt, cuivre, terres rares et graphite sont essentiels aux batteries et aux renouvelables, et leur production est très concentrée, la Chine assurant environ 70 % des terres rares. En parallèle, la dépendance au pétrole importé reste forte, comme l’a montré la fermeture du détroit d’Ormuz début 2026.

Ce qu’il faut retenir

La transition énergétique mondiale a passé un cap en 2025 : les renouvelables sont devenues la première source de croissance de l’offre d’énergie, portées par un solaire qui a dépassé l’éolien dans le mix électrique. Mais la bascule reste partielle. La demande globale continue de grimper, les fossiles pèsent encore 86 % de l’offre et les émissions de CO2 ont atteint un record. Le vrai enjeu de la prochaine décennie n’est plus la croissance des renouvelables, désormais acquise, mais la capacité des réseaux, du stockage et des chaînes d’approvisionnement en métaux critiques à suivre le rythme, dans un monde où quatre grandes puissances suivent quatre stratégies énergétiques distinctes.

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