L'Agence Média Grandes Écoles & Entreprises
Devenez attractif auprès des meilleurs
 À contre-temps : le documentaire qui nous invite à ralentir

À contre-temps : le documentaire qui nous invite à ralentir

Maxime Tavenot et Mathéo Lèbre, deux étudiants passionnés d’audiovisuel, ont réalisé « À Contre-Temps », un documentaire contemplatif sur la photographie animalière et notre rapport au temps.

À travers le portrait d’Antoine Lavorel, photographe en immersion dans la nature, ils invitent le spectateur à ralentir, à observer, et à retrouver une forme d’apaisement dans un monde toujours plus pressé.

 

Lire plus : La Journée mondiale de l’environnement : histoire, mission et impact

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Maxime : Je m’appelle Maxime Tavenot, j’ai 24 ans et je viens de La Réunion. J’ai commencé mes études par une licence en biologie, que j’ai obtenue, mais les débouchés dans ce domaine ne me faisaient pas rêver. Après deux années de réflexion, j’ai finalement trouvé ma voie et me suis réorienté vers une année d’alternance dans le milieu du cinéma et de l’audiovisuel.

Mathéo : Je m’appelle Mathéo Lèbre, j’ai 22 ans et j’étudie dans le domaine du cinéma et de l’audiovisuel depuis quatre ans. J’ai commencé par deux années de classe préparatoire littéraire, spécialité Cinéma, au cours desquelles j’ai découvert et réalisé mon premier documentaire. J’ai ensuite poursuivi avec une année à l’université, où j’ai obtenu une licence en Arts du spectacle. J’ai choisi de faire cette dernière année en alternance afin de gagner en expérience concrète et de faire mes premiers pas dans le monde professionnel.

Pourquoi avez-vous décidé de travailler ensemble sur ce projet ?

Mathéo : Dès le début de l’année, on nous a demandé de proposer des idées de documentaires. Avec Maxime, on avait tous les deux envie de réaliser un film en lien avec la nature ou la montagne. Comme nos idées se rejoignaient, on a décidé de mettre nos passions en commun pour créer À Contre-Temps.

 

Maxime : C’est exactement ça. On devait trouver une idée de documentaire, et nos envies étaient très proches. En plus, le courant est bien passé entre nous dès le début de l’année, donc c’est venu assez naturellement de travailler ensemble sur ce projet.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de consacrer un documentaire à la photographie animalière et au rapport au temps ?

Mathéo : Le sujet du documentaire a mis un peu de temps à se préciser, mais nous avons finalement choisi la photographie animalière, car c’est un art du temps par excellence. Le photographe prend le temps d’observer, de repérer les lieux où vit tel animal, puis il attend des heures dans l’espoir de le voir, et peut-être de le photographier.

Ce rapport au temps, à la patience et à l’humilité – accepter parfois de ne rien voir après une longue attente – nous semblait essentiel à filmer. À une époque où nous sommes constamment assaillis d’images qui finissent par perdre leur sens, nous voulions inviter à revenir à un rythme plus naturel, plus lent, et rappeler qu’il est encore possible de prendre du temps pour soi.

 

Maxime : Quand on a su qu’il fallait réaliser un documentaire, j’ai tout de suite su que je voulais faire quelque chose en lien avec la nature. On a eu plusieurs idées : suivre la vie d’un berger en haute montagne, faire un sujet sur les sportifs de montagne, etc. Finalement, on s’est mis d’accord sur la photographie animalière, sûrement parce que La Panthère des Neiges nous avait profondément marqués tous les deux.

Le rapport au temps s’est imposé naturellement, tant la patience est une vertu essentielle dans cette pratique. Ce thème nous a semblé porteur de sens : dans un monde où notre rythme de vie s’éloigne toujours plus de celui de la nature, il nous paraissait important de mettre en images la patience, la contemplation et l’admiration nécessaires à la compréhension du monde sauvage.

Pour être plus direct, je dirais que c’est le contraste entre le mode de vie urbain et celui, plus apaisé, proche de la nature  – un contraste qu’on a tous les deux vécu avec Mathéo – qui nous a convaincus de consacrer notre documentaire à ce sujet.

 

Lire plus : L’Industrie de la photographie : acteurs majeurs et types d’appareil photo

Étiez-vous seuls sur le projet ? Comment l’avez-vous financé ?

Mathéo : En ce qui concerne la réalisation : cadrage, prise de son, montage, etc, nous avons tout fait seuls. Cependant, nous avons été accompagnés par plusieurs intervenants qui nous ont conseillés et suivis tout au long de la création du projet. Pour pouvoir tourner ce film en Suisse, nous avons lancé une cagnotte Leetchi afin de financer notre hébergement et nos déplacements sur place. Quant au matériel, il a été loué auprès de notre école, l’EICAR Lyon, ce qui nous a permis d’éviter des frais supplémentaires.

 

Maxime : Comme l’a dit Mathéo, nous étions seuls sur la partie technique, mais nous avons bénéficié d’un grand soutien de la part des intervenants de l’école, notamment pour l’écriture et la postproduction. Nous avons également reçu un énorme soutien financier grâce aux donateurs de notre cagnotte (principalement nos proches) que nous remercions d’ailleurs à la fin du film. Sans leur aide, je pense qu’il aurait été bien plus difficile de mener ce projet à bien.

Pourquoi avoir choisi Antoine Lavorel pour votre film?

Maxime : Dès qu’on a vu le compte instagram d’Antoine, on a su qu’il serait parfait pour l’esprit de notre film. C’était l’incarnation du message et de l’esprit de À CONTRE-TEMPS !

 

Mathéo : Pour réaliser ce film, nous avions comme principale référence La Panthère des Neiges, réalisé par Marie Amiguet et Vincent Munier. Nous souhaitions d’ailleurs avoir Vincent Munier comme sujet de notre documentaire. Mais après avoir échangé avec son attachée de presse, Marine de La Coste, nous avons appris qu’il n’était pas disponible durant notre période de tournage.

Elle nous a alors mis en contact avec Antoine Lavorel, qui s’est montré enthousiaste à l’idée de participer au projet. Son profil correspondait parfaitement à ce que nous recherchions : une personne jeune, potentiellement influencée par les réseaux sociaux, mais qui passe l’essentiel de son temps en pleine nature.

Quels défis techniques et narratifs pose un documentaire où l’attente et le silence occupent une place centrale ?

Mathéo : Je dirais que la principale difficulté a été le montage. Dans un court-métrage de 8 minutes 38, au rythme lent et contemplatif, il est très facile d’ennuyer le spectateur et, par conséquent, de ne pas faire passer notre message. La postproduction a donc été une période clé, durant laquelle nous avons longuement débattu pour trouver un style de montage qui respecte nos intentions de départ tout en conservant un certain dynamisme.

 

Maxime : Un autre défi a été de faire passer notre message de “déconnexion” sans tomber dans le ton moralisateur. L’objectif n’était pas de critiquer le mode de vie du spectateur, mais plutôt de l’inviter à adhérer à la vision et au message que nous portons à travers le documentaire.

En tant que réalisateurs, qu’avez-vous personnellement ressenti en partageant ces heures d’attente et d’affût avec Antoine ?

Mathéo : Pour ma part, j’ai ressenti la même chose que lors de nos échanges avec lui pendant l’écriture : un véritable sentiment d’apaisement. Antoine est quelqu’un de très calme, qui parle avec douceur. À chaque appel, à chaque journée de tournage, on se regardait avec Maxime et on se sentait incroyablement sereins – même après avoir marché des heures avec le matériel, en essayant de le suivre dans la forêt.

 

Maxime : Personnellement, j’ai ressenti le même sentiment d’apaisement. C’est vraiment apaisant d’observer la nature en essayant de se faire le plus discret possible. J’ai également éprouvé beaucoup de respect – d’une part pour Antoine, dont les connaissances sur la nature sont bien plus vastes que les miennes, mais aussi pour toutes les personnes qui consacrent leur vie à l’étudier.

J’ai aussi connu de la frustration : attendre des heures dans l’espoir d’apercevoir un animal qui, finalement, ne se montre pas, peut être difficile… mais cela fait partie de l’expérience. Ce mélange d’émotions que j’ai ressenti pendant le tournage m’a profondément marqué et m’a donné envie de m’intéresser encore davantage à la nature.

Enfin, quel message aimeriez-vous que les spectateurs retiennent en sortant de la projection de votre film ?

Maxime : Ce que j’aimerais que les spectateurs retiennent de ce film, c’est cette petite bulle de contemplation que j’ai pu vivre pendant le tournage — et que j’espère ils ont ressentie en regardant À Contre-Temps. Ce sentiment de déconnexion et d’admiration de la nature contraste totalement avec notre mode de vie actuel, que l’on pourrait résumer par une seule phrase : “toujours plus, toujours plus vite.”

J’aimerais faire prendre conscience que ralentir ne peut faire que du bien. La nature est d’une beauté incommensurable, et pour pouvoir continuer à l’admirer, il est essentiel de sensibiliser le plus grand nombre à cette beauté… et à sa préservation.

 

Mathéo : S’il y a une chose que j’aimerais que les spectateurs retiennent après la projection, c’est le même sentiment d’apaisement et cette envie de déconnexion que nous avons ressentis pendant le tournage.

Si, en 8 minutes 38, nous sommes parvenus à toucher le public, à lui donner envie de sortir, de s’éloigner un instant des réseaux ou simplement à lui faire prendre conscience de l’importance de la nature, alors cela signifie que nous avons réussi à faire passer notre message.

Un mot de la fin ?

Maxime : Ralentissez, prenez le temps d’observer autour de vous, vous êtes peut-être en train de passer à côté de quelque chose de magnifique.

 

Mathéo : Partout on peut trouver de quoi s’émerveiller, même là où on s’y attend le moins. Il faut prendre le temps
d’apprécier un instant de vie, aussi simple soit-il, pour retourner à l’essentiel.

 

Lire plus : Deux étudiantes d’emlyon réalisent un documentaire sur les femmes en Amazonie

Responsable Média chez Mister Prépa et Planète Grandes Écoles.