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- PORTRAITS SPORT
- Emma Parthenay
- 31 mai 2026
Clarisse Agbegnenou : parcours, JO, salaire
Clarisse Agbegnenou est aujourd’hui l’une des plus grandes championnes de l’histoire du judo français. Née à Rennes en 1992, cette judokate hors norme cumule six titres de championne du monde, cinq titres européens et trois titres olympiques, dont deux médailles d’or à Tokyo en 2021. Elle est à la fois adjudante de la Gendarmerie nationale, titulaire d’un diplôme de coach de vie d’HEC Paris et mère de deux enfants. Elle incarne la figure d’une athlète accomplie.
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Les débuts de Clarisse Agbegnenou
Née le 25 octobre 1992 à Rennes de parents d’origine togolaise, Clarisse Agbegnenou entre dans la vie sous le signe du combat. Cependant, grande prématurée, née deux mois avant terme avec son frère jumeau Aurélien, elle passe ses premières semaines en couveuse.
Elle a grandi à Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine. Clarisse débute le judo à neuf ans au club des Arts Martiaux d’Asnières. À 14 ans, elle intègre le pôle France d’Orléans. Puis à 16 ans, elle rejoint l’INSEP à Paris, où sont formés les champions olympiques français. Elle évolue depuis dans la catégorie des moins de 63 kg.
Ses premières confirmations arrivent vite. Elle devient championne de France junior en 2009, championne d’Europe cadette. Puis, en senior, elle gagne la médaille de bronze aux Championnats d’Europe en 2012. L’année suivante, en 2013, elle s’impose à Budapest et décroche son tout premier titre continental, avant d’ajouter l’argent mondial la même année.
L’ascension vers les sommets mondiaux
En 2014, à seulement 21 ans, Clarisse Agbegnenou remporte son premier titre de championne du monde. C’est le début d’une domination sans partage sur sa catégorie. Elle enchaîne les couronnes mondiales : 2017, 2018, 2019, puis 2021 à Budapest où elle remporte ses cinq combats par ippon, et enfin 2023 à Doha. Clarisse Agbegnenou remporte ce dernier titre onze mois après avoir donné naissance à sa fille. Au total, six titres de championne du monde qui en font la deuxième judoka la plus titrée de l’histoire de France, toutes catégories confondues, derrière Teddy Riner.
Sur le plan européen, elle décroche cinq titres : 2013, 2014, 2018, 2019 et 2020.
En 2018 et 2019, elle est désignée Championne des championnes par le journal L’Équipe qui récompense les meilleurs sportifs français toutes disciplines confondues.
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Clarisse Agbegnenou aux Jeux Olympiques
Le parcours olympique de Clarisse Agbegnenou est l’illustration parfaite de la résilience. Aux Jeux de Rio 2016, elle arrive en grande favorite mais s’incline en finale face à la Slovène Tina Trstenjak et repart avec l’argent.
Cinq ans plus tard, lors des Jeux de Tokyo 2020, elle prend sa revanche. Désignée porte-drapeau de la délégation française aux côtés du gymnaste Samir Aït-Saïd, elle s’impose en finale face à Tina Trstenjak au golden score et décroche enfin l’or olympique individuel. Quelques jours plus tard, elle remporte une deuxième médaille d’or avec l’équipe de France en compétition par équipes mixtes, en battant le Japon en finale. Elle devient ainsi la deuxième personne de l’histoire du judo à remporter deux titres olympiques lors des mêmes Jeux.
Aux Jeux de Paris 2024, elle remporte une médaille de bronze en individuel après une défaite en demi-finale face à la Slovène Andreja Leski. Ensuie, elle contribue à la médaille d’or par équipes en battant la Japonaise Takaichi Miku en finale. Avec ces résultats, elle devient la première femme de l’histoire à obtenir trois médailles individuelles aux Jeux Olympiques en judo.
Salaire et revenus de Clarisse Agbegnenou
Contrairement aux grands noms du football ou du tennis, le judo ne génère pas de salaires astronomiques. Pourtant, Clarisse Agbegnenou est l’une des rares judokates à pouvoir vivre confortablement de son sport grâce à un modèle de revenus diversifié.
Salaire de gendarme
Depuis 2014, Clarisse Agbegnenou est intégrée au dispositif des Sportifs de haut niveau de la Défense – Gendarmerie (SHND-G). Elle a été élevée au grade d’adjudante en avril 2021. Ce statut lui garantit un salaire fixe mensuel, soit environ 2 000 à 2 500 € nets par mois selon le grade. Ceci lui assure une sécurité financière rare dans le monde des sports individuels français.
Primes olympiques et compétitions
L’État français verse des primes à ses médaillés olympiques via l’Agence nationale du sport (ANS). Une médaille d’or aux JO rapporte 65 000 €, l’argent 25 000 € et le bronze 15 000 €. Après Tokyo 2021, Clarisse est ainsi repartie avec un chèque de l’ordre de 100 000 € (deux médailles d’or). Aux Championnats du monde, une médaille d’or est associée à une dotation d’environ 20 800 €.
Sponsoring et partenariats
La part la plus significative de ses revenus provient des contrats publicitaires. Clarisse Agbegnenou est ambassadrice de nombreuses marques : Dior, Allianz, Danone, Citroën, et est équipée par Le Coq Sportif et Mizuno. Au total, une dizaine de partenaires commerciaux contribuent à sa rémunération. Son image de battante, sa popularité et ses engagements en font une ambassadrice très recherchée.
Engagements en dehors du tatami
La singularité de Clarisse Agbegnenou tient à la densité remarquable de sa vie hors compétition. Elle est titulaire d’un diplôme de coach de vie d’HEC Paris, obtenu pendant sa carrière. Elle est également marraine de l’association SOS Préma, qui accompagne les familles de nouveau-nés prématurés, une cause qui lui est évidemment très personnelle. Clarisse Agbegnenou s’engage aussi pour la réduction des inégalités salariales entre femmes et hommes dans le sport, en tant que marraine de l’opération Sport féminin toujours.
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Clarisse Agbegnenou est bien plus qu’une championne olympique. Elle est le symbole d’une génération d’athlètes qui refuse les cases et multiplie les engagements. Son parcours est un modèle de détermination, de polyvalence et d’excellence. Avec son palmarès incomparable, elle s’impose comme la plus grande judokate de l’histoire de France, une légende vivante du sport français.