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Le BTS et le Bachelor ne sont pas un Plan B  – par Romain Duchini, directeur délégué de l’INSEEC Bachelor

Le BTS et le Bachelor ne sont pas un Plan B – par Romain Duchini, directeur délégué de l’INSEEC Bachelor

Planète Grandes Ecoles est parti à la rencontre de Romain Duchini – directeur délégué de l’INSEEC Bachelor et de l’INSEEC BTS. Il mène depuis bien longtemps un combat les bachelors et les BTS sont des voies à part entière, avec une grande plus value pour ceux qui s’y engagent. Ainsi, elles ne doivent pas être vues comme des plans de secours, comme un plan B après la prépa où la fac. Il s’exprime ici sous la forme d’une lettre ouverte.

 

Il y a une phrase que j’entends encore trop souvent dans les couloirs des lycées, dans la  bouche de conseillers d’orientation bien intentionnés, parfois même dans celle de parents  inquiets : « Si tu ne décroches pas une prépa, tu feras un BTS. ». Cette petite conjonction « si » résume à elle seule des décennies de hiérarchie implicite dans l’enseignement supérieur français. Elle pose le BTS comme un filet de sécurité, une roue de secours, une concession faite à la réalité. Je veux ici, publiquement, et avec la conviction que me donne quinze ans passés au cœur de ces formations, dire que cette vision est non seulement fausse, mais qu’elle coûte cher à des milliers de jeunes chaque année. 

Je dirige à l’INSEEC Lyon les filières BTS et Bachelors, 850 étudiants. Chaque rentrée,  j’accueille des jeunes de 18 ans dont une partie arrive avec cette étiquette collée dans le dos :  celui qui n’a pas eu les notes pour aller ailleurs. Ce que je vois ensuite, en revanche, n’a rien d’un plan de consolation. Ce que je vois, c’est une voie d’accélération. 

 

Le BTS comme sas vers la Grande Ecole : une réalité que les chiffres confirment 

La mécanique est simple, et pourtant elle reste mal connue du grand public. Un étudiant sort du baccalauréat, général, technologique, peu importe, et intègre un BTS en alternance. Dès la  première année, il est en entreprise. Il n’observe pas le monde professionnel depuis un amphi : il y est, avec des responsabilités réelles, un maître d’apprentissage, une fiche de paie. À 20 ans, au moment où certains de ses pairs entament leur troisième année de prépa ou leur  deuxième tentative de licence, lui sort avec deux ans d’expérience terrain documentée, un réseau professionnel embryonnaire, et, s’il le souhaite, la possibilité d’intégrer directement un Bachelor, un MSC ou un programme Grande École. 

C’est ici que se joue quelque chose d’essentiel. L’INSEEC, comme quelques autres  établissements du Groupe OMNES Education, a structuré une continuité pédagogique entre ces niveaux. Le BTS n’est pas une impasse : il est une porte d’entrée vers un cursus  professionnalisant par une voie que ni la prépa ni l’université classique ne proposent avec cette densité d’expérience professionnelle. À 23 ou 24 ans, un jeune issu de ce parcours BTS Bachelor-MSC ou PGE se présente sur le marché du travail avec un diplôme reconnu, deux à  cinq ans d’alternance, et une maturité professionnelle que beaucoup de recruteurs m’ont dit  préférer à un cursus plus théorique. 

 

Lire plus : la valeur d’un BTS en 2026

 

La professionnalisation : un levier de démocratisation, pas un sous-produit 

Je veux ici m’arrêter sur la professionnalisation, parce qu’elle est le cœur du dispositif et parce qu’elle est encore trop souvent regardée avec condescendance dans certaines sphères académiques. A professionnalisation n’est pas une aide à l’insertion pour étudiants fragiles.  C’est un modèle pédagogique. C’est peut-être même le plus exigeant qui soit, parce qu’il  demande à l’étudiant de naviguer en permanence entre deux cultures : celle de l’école, avec ses  exigences intellectuelles et méthodologiques, et celle de l’entreprise, avec ses contraintes, ses  urgences, ses codes.

Un étudiant en stage ou en alternance apprend à gérer un client mécontent le mardi matin et à rédiger une note de synthèse le jeudi après-midi. Il apprend que la théorie ne se transpose pas mécaniquement dans le réel, que le management n’est pas qu’un chapitre de manuel, que la  négociation commerciale a une dimension humaine que nul cours magistral ne peut  véritablement simuler. Cette double exigence forge une chose rare : la capacité à agir sous pression tout en continuant à réfléchir. C’est précisément ce que les entreprises cherchent, et c’est précisément ce que nos formations produisent. 

Il y a aussi une dimension sociale que je ne veux pas passer sous silence. La professionnalisation rend les études accessibles à ceux qui ne peuvent pas se permettre cinq ans de scolarité sans revenus. Elle finance le parcours tout en le rendant plus riche. Dans un pays où l’origine socio-économique reste l’un des meilleurs prédicteurs de la trajectoire  scolaire, c’est un outil de démocratisation puissant, à condition qu’on cesse de le traiter comme  une voie de garage et qu’on lui donne la place qu’il mérite dans le paysage de l’enseignement supérieur. 

 

Le rôle de l’INSEEC bachelor et de l’INSEEC BTS : construire des ponts, pas des plafonds 

L’INSEEC Lyon n’est pas un établissement de second choix. C’est un établissement de  premier souffle ce qui est très différent. Nous accueillons des jeunes que le système a parfois mal orientés, que des résultats du baccalauréat ont injustement étiquetés, et nous leur proposons une chose simple : une chance de prouver ce qu’ils valent dans un environnement  exigeant et bienveillant. 

Notre rôle n’est pas de compenser des lacunes. C’est de révéler des compétences. J’ai vu des  étudiants arriver en BTS sans conviction, convaincus qu’ils étaient là par défaut, et ressortir  deux ans plus tard avec une appétence pour les affaires, une confiance dans leur parole, une  capacité à conduire un projet qu’ils n’avaient pas imaginée. J’ai vu des Bachelors déboucher  sur des admissions en Grande École qui n’auraient jamais eu lieu sans ce passage. J’ai vu des  

apprentis décrocher des contrats à l’issue de leur formation dans des entreprises qui les avaient accueillis à 18 ans et qui, trois ans plus tard, n’en voulaient plus les laisser partir. 

Ce que nous construisons, c’est une continuité. Une architecture pédagogique qui ne pose pas  de plafond au départ mais qui accompagne chaque étudiant vers le niveau qu’il est capable d’atteindre, à son rythme, avec les bons outils, et avec l’exigence que mérite toute ambition sérieuse. 

 

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Ce que je demande : changer les récits concernant le bachelor et le BTS

Les formations, les dispositifs, les passerelles existent. Ce qui manque encore, c’est le récit. Tant que le BTS sera présenté comme le choix de ceux qui n’ont pas eu le choix, nous  passerons à côté d’une ressource humaine considérable. Des jeunes brillants, pragmatiques, capables d’apprendre en faisant, choisiront d’autres voies ou pire, renonceront à des études ambitieuses simplement parce qu’on ne leur aura pas dit que cette voie-là pouvait mener aussi loin. 

Je m’adresse ici aux lycéens, à leurs familles, à leurs professeurs : le BTS en alternance suivi  d’un Bachelor professionnalisant, c’est la possibilité d’entrer dans une grande école de commerce, avec déjà deux à trois ans de réalité professionnelle dans les mains. C’est une voie exigeante, cohérente, et ouverte. Ce n’est pas un compromis. C’est un choix.

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