Rang du dernier admis au SIGEM 2026 : ECG et littéraires, école par école
- ACTU BUSINESS INDUSTRIE
- Nathan Henriot
- 11 novembre 2025
CMA CGM hisse le pavillon français : dix nouveaux géants des mers pour renforcer sa flotte tricolore
L’armateur marseillais CMA CGM a annoncé, lors de la 20ᵉ édition des Assises de l’économie de la mer à La Rochelle, l’immatriculation de dix nouveaux porte-conteneurs sous pavillon français. Une décision hautement symbolique qui portera à quarante le nombre de navires français opérés par le groupe, contre trente aujourd’hui, et qui traduit une confiance renouvelée dans la filière maritime nationale.
CMA CGM renforce sa flotte française
Troisième transporteur maritime mondial, CMA CGM exploite actuellement plus de 650 navires dans le monde, dont un peu moins de la moitié en pleine propriété. Le groupe marseillais a décidé d’augmenter de 33% sa flotte immatriculée en France avec dix nouveaux bâtiments.
Ces dix navires, actuellement en construction en Chine dans les chantiers Hudong-Zhonghua et Yangzijiang Shipbuilding rendront hommage au patrimoine français avec des noms emblématiques : Panthéon, Orsay, Versailles, Pont Neuf, Luxembourg, Austerlitz, Nation, Cluny et Longchamp. La livraison du premier navire, baptisé CMA CGM Notre-Dame, est prévue pour juin 2026 ; le dernier rejoindra la flotte fin 2028. Ils relieront le nord de l’Europe à l’Asie et desserviront les ports de Dunkerque et du Havre.
Ces mastodontes des mers mesureront 400 mètres de long, et seront dotés d’une capacité de 24 000 EVP (équivalents vingt pieds). Propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL) et compatibles avec des carburants bas carbone, ils sont prévus pour répondre aux exigences de décarbonation du transport maritime.
Lire plus : Rodolphe Saadé : parcours, CMA CGM, fortune
Un investissement de souveraineté maritime
L’annonce, faite par le PDG Rodolphe Saadé le 4 novembre 2025 devant plus de 1 500 participants aux Assises, intervient à quelques jours de l’ouverture de la COP 30 au Brésil. Cette déclaration illustre la volonté du groupe de renforcer sa flotte sous pavillon français après les incertitudes suscitées par un projet d’amendement visant à supprimer une réduction fiscale pour les navires immatriculés en France.
D’un montant total de 2,5 milliards d’euros, cet investissement s’inscrit dans la stratégie de souveraineté économique et maritime française. En immatriculant ses navires au Registre international français (RIF), CMA CGM garantit leur soumission au droit national et au contrôle de l’État. Ce choix implique aussi des standards sociaux et environnementaux élevés, assurant le respect des règles européennes et la sécurité des équipages.
Dans un communiqué, Rodolphe Saadé déclare « Ces bateaux traduisent notre confiance dans la France maritime et ses talents (…) à un moment où la mer joue un rôle toujours plus stratégique dans la compétition économique et géopolitique mondiale ».
Lire plus : CMA CGM officialise le rachat du journal La Tribune
Des retombées positives pour l’emploi et la formation
Afin d’exploiter ces nouveaux paquebots, CMA CGM prévoit de recruter 135 marins français d’ici deux ans, renforçant un effectif national de près de 1 200 officiers. Ce recrutement représente un véritable défi pour l’ENSM (Ecole nationale supérieure maritime) du Havre qui forme les officiers de la marine marchande.
Les ports du Havre et de Dunkerque, où feront escale ces géants des mers, devraient également bénéficier de retombées économiques significatives, confirmant le rôle moteur de CMA CGM dans le développement de la filière maritime française.
Lire plus : Le Havre : atouts, histoire et culture, entreprises et éducation supérieure
Le pavillon français, un atout stratégique
Au-delà de son impact économique, cette expansion du pavillon français revêt une dimension stratégique. En cas de crise internationale, les navires immatriculés en France peuvent être mobilisés pour renforcer la flotte stratégique nationale, essentielle à la continuité des approvisionnements et à la sécurité du territoire. La flotte de la Marine nationale serait alors rejointe par des bâtiments industriels pour assurer les approvisionnements en matières premières et produits manufacturés (porte-conteneurs, pétroliers, méthaniers…), l’évacuation d’humains ou encore la réparation d’infrastructures marines et sous-marines (câbles de télécommunications, plateforme pétrolières…).
Dans un contexte géopolitique instable et de tensions sur les routes maritimes mondiales, cette initiative conforte la place de la France parmi les puissances maritimes responsables et autonomes.
Une ambition bleue affirmée
En définitive, avec dix nouveaux porte-conteneurs sous pavillon français, le groupe marseillais CMA CGM affirme son ancrage national et sa confiance dans la filière. Cet investissement de 2,5 milliards d’euros soutiendra l’emploi, la formation et la compétitivité des ports français. Dans un contexte géopolitique incertain, cette initiative renforce la position de la France comme puissance maritime responsable et stratégique.