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 Dinobot, l’IA éducative pensée pour les étudiants

Dinobot, l’IA éducative pensée pour les étudiants

Alors que l’intelligence artificielle redéfinit les usages dans l’éducation, deux frères ont décidé de transformer cette révolution en solution pédagogique. Yamine, diplômé de TBS Education, et son frère Yadem, professeur de physique-chimie, ont cofondé Dinobot, une EdTech française qui remet la rigueur et l’effort au cœur de l’apprentissage. Rencontre avec Yamine, ancien étudiant de TBS et entrepreneur passionné par l’avenir de l’éducation.

 

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Bonjour Yamine, peux-tu te présenter ?

Bonjour, je m’appelle Yamine. Je suis co-fondateur de Dinobot et diplômé du Programme Grande École de TBS, promotion 2023. J’ai lancé ce projet juste après mes études, en collaboration avec mon frère Yadem, qui enseigne la physique-chimie depuis plus de quinze ans.

Peux-tu nous raconter ton parcours académique et ce qui t’a conduit vers l’entrepreneuriat dans l’univers de l’EdTech ?

J’ai d’abord obtenu un DUT GEA, puis j’ai intégré TBS en troisième année de licence en 2019, au sein du Programme Grande École. J’ai ensuite choisi de me spécialiser en MSc Strategic Innovation Management lors de ma dernière année, que j’ai effectuée en alternance. Dès l’obtention de mon diplôme, j’ai rejoint mon frère et nous avons fondé ensemble la société OuiActive.

Tu as cofondé OuiActive, aujourd’hui utilisé par plus de 100 000 utilisateurs. Quel était le problème concret que tu voulais résoudre au départ ?

Mon frère est venu me voir avec un constat alarmant : il ne parvenait plus à faire progresser ses élèves. Il avait perdu leur motivation et n’arrivait plus à élever leur niveau. Leurs notes s’effondraient, ce qui l’obligeait à proposer des exercices de plus en plus simples lors des examens.

Nous savons tous que l’apprentissage passe par l’entraînement et la répétition. Malheureusement, l’arrivée de ChatGPT a tout changé… L’outil a sapé le goût de l’effort chez les élèves et, par ricochet, leur motivation. Mon frère se sentait totalement démuni face à cette situation. Quels que soient les exercices qu’il proposait, en classe ou à la maison, il ne réussissait plus à stimuler leur réflexion personnelle.

Le problème concret que nous voulions résoudre était donc le suivant : l’utilisation incontrôlée et désorganisée des intelligences artificielles génératives par les élèves.

Qu’est-ce qui, selon toi, fait le succès de OuiActive ?

Je pense que notre succès repose sur notre capacité à répondre à un enjeu majeur qui touche actuellement tout le secteur éducatif. L’arrivée de l’IA a bouleversé les pratiques pédagogiques, et Dinobot apporte une solution concrète et pertinente face à ces nouveaux défis.

Peux-tu nous partager un use case marquant d’un étudiant, d’une école ou d’un partenaire qui illustre l’impact réel de OuiActive ?

Nous avons signé notre premier contrat institutionnel avec emlyon, qui nous a confié l’accompagnement pédagogique de 1 200 étudiants dans le cadre de leurs cours de microéconomie. Obtenir la confiance d’une école aussi prestigieuse est une immense fierté pour nous, d’autant plus que nous sommes une entreprise lyonnaise. Collaborer avec une institution de ce niveau est véritablement valorisant.

Les retours que nous recevons sont extrêmement positifs : les étudiants s’entraînent régulièrement sur notre plateforme et leurs résultats s’améliorent de manière significative. Les enseignants constatent une différence notable de niveau entre les étudiants qui utilisent Dinobot et ceux qui n’y ont pas accès. En cours, ces élèves se montrent plus pertinents et leur niveau général est nettement supérieur. 

Ce qui nous rend particulièrement fiers, c’est le témoignage de Jean-Charles Clément, directeur de l’Offre Digitale d’emlyon, qui a affirmé que « Dinobot a deux ans d’avance sur toutes les solutions étudiées jusqu’à présent ». Ce retour confirme que notre approche, centrée sur la rigueur pédagogique plutôt que sur le simple divertissement, répond à un véritable besoin du terrain.

 

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Comment s’est déroulée concrètement la mise en place de Dinobot à emlyon ? 

La mise en place s’est faite de manière très collaborative et progressive. Nous avons d’abord pris le temps d’écouter attentivement les besoins spécifiques du professeur Aurélien Baillon et du pôle innovation. L’enjeu était de comprendre leurs contraintes et leurs attentes avant de déployer la solution.

L’enseignant avait des exigences très précises. Il souhaitait que ses étudiants s’entraînent intensivement sur des exercices de cours, mais il tenait absolument à garder le contrôle total sur le contenu pédagogique. Concrètement, il voulait pouvoir personnaliser les modules d’exercices et piloter précisément ce qui était proposé aux étudiants en fonction des objectifs de chaque séquence.

Un point était absolument non négociable pour lui : l’IA ne devait en aucun cas fournir directement les réponses. Son objectif était que l’outil guide la réflexion des étudiants, les accompagne dans leur démarche intellectuelle, mais ne fasse jamais le travail à leur place. C’est d’ailleurs un principe fondamental de Dinobot : favoriser l’apprentissage actif plutôt que la passivité.

Enfin, il avait besoin d’un tableau de bord détaillé pour suivre les usages en temps réel : temps de travail de chaque étudiant, exercices réalisés, taux de réussite, mais surtout les difficultés récurrentes identifiées. Ces données analytiques lui permettent aujourd’hui d’ajuster son enseignement de manière ciblée et d’intervenir précisément sur les points de blocage.

Nous avons travaillé en étroite collaboration avec le Pr Baillon et son équipe pour paramétrer finement la plateforme selon ces exigences. Cette phase de co-construction, qui a duré plusieurs semaines, a été déterminante pour garantir une adoption réussie tant par les enseignants que par les étudiants. C’est cette approche sur-mesure qui fait aujourd’hui la différence.

Le secteur EdTech est en pleine effervescence : quelle est ta vision de l’écosystème actuel en France, et quelles sont, selon toi, ses limites ?

L’écosystème EdTech français est dynamique et bénéficie d’un fort soutien institutionnel, notamment avec des programmes comme Edu-Up du ministère de l’Éducation nationale. C’est encourageant de voir autant d’innovation dans ce secteur.

Cependant, j’identifie deux limites majeures : 

Premièrement, beaucoup de solutions se concentrent sur la gamification de l’apprentissage. C’est efficace pour stimuler l’engagement à court terme, mais chez Dinobot, nous prenons l’avenir de nos étudiants très au sérieux. L’apprentissage authentique nécessite de l’effort, de la répétition et de la rigueur – on ne peut pas tout transformer en simple jeu, surtout dans l’enseignement supérieur où les enjeux académiques et professionnels sont décisifs.

Deuxièmement, très peu de solutions s’attaquent au véritable défi du moment : l’utilisation anarchique de l’IA générative dans les universités. La plupart des acteurs proposent soit des outils destinés uniquement aux étudiants, soit des plateformes réservées aux enseignants, mais rarement une solution globale qui répond aux besoins de l’ensemble de l’institution.

Or, les universités ont des besoins spécifiques et complexes : elles doivent à la fois permettre aux étudiants d’utiliser l’IA pour progresser sans tricher, donner aux enseignants les moyens de contrôler et personnaliser les contenus pédagogiques, et fournir aux responsables pédagogiques des données analytiques pour piloter la qualité des enseignements. C’est précisément cette approche systémique que nous proposons avec Dinobot : une plateforme qui crée un écosystème d’apprentissage cohérent où l’IA est utilisée de manière intelligente, encadrée et bénéfique pour toutes les parties prenantes de l’institution.

Je suis convaincu que nous vivons un tournant historique. En quelques mois seulement, l’IA générative a profondément bouleversé le paysage éducatif. Les écoles et universités ne peuvent plus ignorer cette réalité : les étudiants utilisent déjà massivement ChatGPT, que les institutions le veuillent ou non.

L’enjeu n’est donc plus de combattre ces outils, mais d’apprendre à les intégrer de manière intelligente et structurée dans les parcours pédagogiques. Je vois trois évolutions majeures se dessiner pour les prochaines années.

D’abord, l’hybridation de l’enseignement va s’intensifier. Les outils technologiques ne remplaceront jamais les enseignants – et ce n’est d’ailleurs pas l’objectif. En revanche, ils vont leur permettre de se recentrer sur leur véritable mission : accompagner, guider, inspirer leurs étudiants. Avec Dinobot, par exemple, la correction automatique des exercices et leur génération personnalisée libèrent un temps précieux que l’enseignant peut consacrer à l’accompagnement individuel, aux échanges en classe et à la transmission de sa passion pour sa discipline.

Ensuite, nous allons assister à une personnalisation de l’apprentissage à grande échelle. Grâce à l’IA, il devient enfin possible de proposer des parcours réellement adaptés au niveau, au rythme et aux difficultés spécifiques de chaque étudiant. C’est quelque chose qu’un enseignant seul, face à une classe de trente élèves aux profils hétérogènes, ne peut matériellement pas accomplir. L’IA devient ainsi un levier d’équité pédagogique.

Enfin, les établissements d’enseignement supérieur devront développer de nouvelles compétences chez leurs étudiants : apprendre à utiliser l’IA de manière critique, responsable et éthique. Savoir formuler les bonnes questions à une IA, vérifier la pertinence et la fiabilité de ses réponses, comprendre ses biais et ses limites – voilà les compétences essentielles du XXIe siècle qui feront la différence sur le marché du travail.

Chez Dinobot, nous menons actuellement des discussions avancées avec plusieurs grandes écoles de commerce et d’ingénieurs au-delà d’emlyon. Ces institutions ont compris que l’IA n’est pas une menace à repousser, mais une formidable opportunité pour enrichir et améliorer l’apprentissage de leurs étudiants.

Beaucoup d’étudiants rêvent d’entreprendre mais hésitent à se lancer dans la tech ou l’impact. Quel conseil concret donnerais-tu à un étudiant de Grande École qui hésite à passer à l’action ?

Il existe de nombreux programmes d’accompagnement, dans ton école ou ailleurs, qui vont t’aider à structurer ton idée et surtout à en vérifier la viabilité. Personnellement, le MSc Strategic Innovation Management que j’ai suivi à TBS m’a donné toutes les clés méthodologiques pour construire mon projet. Mais au-delà de la formation, c’est tout l’écosystème entrepreneurial qu’il faut savoir mobiliser.

Mon premier conseil : ne cherche pas l’idée parfaite, cherche plutôt un problème réel qui te touche personnellement. Pour nous, c’était le désarroi de mon frère face à l’utilisation anarchique de ChatGPT par ses élèves. Quand tu résous un véritable problème, les utilisateurs viennent naturellement vers ta solution.

Ensuite, et c’est crucial : entoure-toi bien dès le départ. Rejoins des incubateurs, participe à des événements entrepreneuriaux, échange avec d’autres fondateurs. L’écosystème français regorge de mentors, d’entrepreneurs expérimentés et d’experts qui sont prêts à partager leurs expériences. Nous avons énormément appris en nous entourant des bonnes personnes qui nous ont évité de nombreux pièges. C’est d’ailleurs toute la philosophie de Dinobot : on apprend mieux quand on est bien accompagné.

Et surtout, n’attends pas le « bon moment » pour te lancer, car il n’existe tout simplement pas. Regardez notre parcours : nous sommes deux frères originaires d’une petite ville de la Loire, sans réseau entrepreneurial au départ, sans capital familial pour financer notre projet. Pourtant, la France offre des dispositifs d’aide exceptionnels – BPI France, Edu-Up, Talents des Cités, les aides régionales… Ces mécanismes de soutien sont là, il faut oser les solliciter !

Une dernière chose importante : n’aie pas peur de l’échec. Au pire, si ton projet ne fonctionne pas, tu auras appris énormément, tu auras développé des compétences précieuses, tu auras construit un réseau solide, et tu auras évité tous les pièges pour ta prochaine aventure. C’est exactement la philosophie que nous appliquons chez Dinobot avec nos étudiants : l’erreur et la tentative font partie intégrante de l’apprentissage. Chaque obstacle surmonté te rend plus fort.

Enfin, si tu veux créer quelque chose qui compte vraiment, place l’impact social au cœur de ton projet dès le départ. Résoudre un problème de société, créer des emplois locaux, contribuer à l’intérêt général – c’est ce qui donne du sens à ton action et la force nécessaire pour surmonter tous les obstacles qui se présenteront inévitablement sur ta route. 

Pour finir, comment les étudiants, enseignants ou parents peuvent-ils s’impliquer concrètement dans l’aventure Dinobot ?

J’aimerais adresser un message direct à ceux qui nous lisent, car il s’agit avant tout un projet collaboratif et sur mesure.

Aux étudiants et à vos associations : si vous souhaitez mettre en place des modules spécifiques pour vos matières – que ce soit en droit, en économie, en gestion ou dans d’autres disciplines – nous pouvons déployer des modules pour l’ensemble de vos promotions. Nous avons simplement besoin de quelques éléments de base sur votre programme et vos objectifs pédagogiques, et nos algorithmes feront le reste. N’hésitez pas à nous contacter pour en discuter !

Aux enseignants et professeurs d’université : Nous voulons échanger avec vous sur vos besoins réels. Vos retours terrain nous permettent de comprendre vos besoins et de vous aider dans votre métier, tout en gardant la pédagogie au centre de nos préoccupations. Notre priorité reste de répondre à vos besoins concrets, pas de courir après la technologie pour la technologie.

Et enfin, une dernière chose importante : Dinobot recrute ! Nous nous appuyons sur les talents de demain pour construire l’éducation de demain. Avec notre forte croissance, nous recherchons activement des profils en stage, en alternance ou en poste junior. Si vous avez des compétences en développement, en data science, en marketing ou en business development, et que vous voulez donner du sens à votre carrière, venez rejoindre notre équipe. Nous avons besoin de vos compétences pour faire grandir ce projet qui nous tient tant à cœur !

Un mot de la fin ?

Notre ambition est à la fois claire et audacieuse : faire en sorte que l’enseignement supérieur français demeure une référence mondiale.

En tant qu’enfants d’immigrés, l’université a été pour nous un véritable ascenseur social. C’est grâce à nos études supérieures que nous avons pu développer nos compétences et créer notre entreprise. Aujourd’hui, nous voulons que cet ascenseur fonctionne pleinement pour tous les étudiants, quelle que soit leur origine ou leur parcours.

L’enseignement supérieur doit rester ce levier d’excellence et d’égalité des chances. C’est notre conviction profonde et c’est ce qui nous pousse à avancer chaque jour.

Et je voudrais terminer par un message aux étudiants qui nous lisent : osez bousculer les codes, portez des projets audacieux. Nous, nous voulons révolutionner l’apprentissage dans l’enseignement supérieur. Et vous, quelle sera votre révolution ?

 

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Responsable Média chez Mister Prépa et Planète Grandes Écoles.