Salaires des dirigeants du CAC 40 en 2026 : Francesco Milleri en tête à 23,1 M €
Salaires des dirigeants du CAC 40 en 2026 : Francesco Milleri en tête à 23,1 M €
Le classement Proxinvest 2026 des dirigeants les mieux payés du CAC 40 a bouleversé la hiérarchie traditionnelle. Surprise du palmarès : ce n’est pas Bernard Arnault (LVMH, 1ère fortune mondiale) qui occupe la première place, mais Francesco Milleri, PDG d’EssilorLuxottica, avec une rémunération totale de 23,1 millions d’euros — un montant qui a doublé par rapport à 2023. Bernard Arnault, lui, ne perçoit « que » 9 millions d’euros environ, préférant largement la valorisation de sa participation au capital de LVMH (estimée à plus de 200 milliards de dollars).
La rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 s’établit à 6,5 millions d’euros en 2026, en baisse de 9 % par rapport à 2025. Mais l’écart avec les salariés français reste vertigineux : un patron du CAC 40 gagne en moyenne 95 fois plus qu’un salarié de son entreprise, le niveau le plus élevé depuis 10 ans hors année 2021. Et certains dirigeants atteignent des ratios extrêmes : Francesco Milleri (770×), Cyrille Bolloré (523×), Patrick Pouyanné (353×). Cet article fait le point sur le palmarès, ses surprises et ses enjeux.
Top 10 des PDG du CAC 40 les mieux payés en 2026
Voici le classement des dirigeants les mieux rémunérés selon les dernières données (sur la base des rapports annuels 2025).
| Rang | Dirigeant | Entreprise | Rémunération totale | Ratio vs salariés |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Francesco Milleri | EssilorLuxottica | ~23,1 M € | 770× |
| 2 | Nicolas Hieronimus | L’Oréal | ~10 M € | n.c. |
| 3 | Patrick Pouyanné | TotalEnergies | >10 M € | 353× |
| 4 | Bernard Arnault | LVMH | ~9 M € | 21× |
| 5 | Paul Hudson | Sanofi | ~8,5 M € | n.c. |
| 6 | Axel Dumas | Hermès | ~7,3 M € | 22× |
| 7 | Guillaume Faury | Airbus | ~7 M € | n.c. |
| 8 | Carlos Tavares (jusqu’à 2024) | Stellantis | (record historique 36,5 M €) | très élevé |
| 9 | Christel Heydemann | Orange | n.c. | 24× |
| 10 | Pascal Daloz | Dassault Systèmes | n.c. | 517× |
Méthodologie : la rémunération totale inclut le salaire fixe, les bonus annuels (variable) et les actions de performance (long-term incentive plans). Source principale : Proxinvest, qui publie chaque printemps son palmarès des dirigeants.
Lire plus : Qui sont les PDG et les entreprises du CAC 40 ?
Pourquoi Bernard Arnault ne figure pas en tête malgré sa fortune
C’est l’une des plus belles illustrations de la différence entre salaire et patrimoine.
Bernard Arnault est la 7e fortune mondiale en 2026 (Forbes), avec un patrimoine estimé à 171 milliards de dollars — bien loin derrière Elon Musk (1er, 839 Mds $ porté par Tesla, SpaceX et xAI). Pourtant, sa rémunération annuelle officielle en tant que PDG de LVMH ne dépasse pas 9 millions d’euros environ — un montant modeste comparé à Milleri (23,1 M€) ou Hieronimus (10 M€).
Pourquoi cet écart entre fortune et salaire ?
- Bernard Arnault détient ~50 % du capital de LVMH via la holding familiale (Groupe Arnault SE)
- Sa richesse provient de la valorisation boursière de ses participations, pas de son salaire
- LVMH vaut ~380 milliards d’euros en 2026 ; chaque hausse de 10 % du cours = ~19 milliards d’euros pour Arnault
- Stratégie fiscale et de gouvernance : préférer les dividendes et les plus-values aux salaires lourdement taxés
Pour comparer : un dirigeant salarié pur (Francesco Milleri, Patrick Pouyanné, Nicolas Hieronimus) tire 80-95 % de ses revenus de sa rémunération de PDG, car il ne détient pas le capital de l’entreprise. Bernard Arnault (7e fortune mondiale à 171 Mds $), Axel Dumas (Hermès) et Cyrille Bolloré (Bolloré SE) sont des « actionnaires-dirigeants » : leur rémunération est volontairement contenue, car ils enrichissent leurs participations.
Le cas Axel Dumas (Hermès) illustre la même logique : à 7,3 M€ de rémunération annuelle, il pourrait gagner beaucoup plus, mais la famille Hermès détient 70 % du capital, ce qui rend toute rémunération extra-élevée inutile.
Lire plus : Frédéric Arnault : parcours, fortune et projets
Luca de Meo et Kering : la prime de 20 millions € qui fait débat
L’un des événements marquants 2025-2026 a été le transfert de Luca de Meo de Renault à Kering en septembre 2025.
Le contexte : après avoir redressé Renault entre 2020 et 2025 (transformant la marque de constructeur de masse en pure player électrique premium), Luca de Meo a quitté Renault en juin 2025 pour rejoindre le groupe de luxe Kering (Gucci, Saint Laurent, Bottega Veneta, Balenciaga), en pleine crise.
Les conditions financières du transfert :
- Prime de signature : 20 millions d’euros, l’une des plus élevées de l’histoire du CAC 40
- Salaire fixe mensuel : 2,2 millions d’euros (soit ~26,4 M€/an sur le fixe seul)
- Variable et actions de performance : non communiqués officiellement, mais probablement plusieurs millions supplémentaires
- Total annuel estimé : potentiellement 40-50 millions d’euros s’il atteint ses objectifs
Pourquoi un tel package ? Kering est en chute libre : -42 % de cours en 2 ans, chiffres d’affaires en baisse de 17 %, Gucci en décrochage face à LVMH. François-Henri Pinault a misé gros sur de Meo pour redresser le groupe — d’où ce package XXL.
La polémique : 20 M€ de prime à un patron qui débarque dans une entreprise en crise alors que des milliers de salariés de Kering ont été remerciés ou subissent des plans d’économies. Proxinvest a explicitement critiqué ce package, déclenchant un débat actionnarial à l’AG 2026 de Kering.
Lire plus : Le M&A, c’est quoi exactement ?
95 fois le salaire moyen : ce que ça raconte des rémunérations en 2026
C’est le chiffre qui fait débat chaque année. Selon Proxinvest, un PDG du CAC 40 gagne en moyenne 95 fois plus qu’un salarié de son entreprise en 2026 — le niveau le plus élevé depuis 10 ans, sauf l’année 2021 post-COVID.
Comparaison historique :
- 1980 : ratio moyen de 20×
- 2000 : ratio moyen de 40×
- 2010 : ratio moyen de 60×
- 2021 : ratio record de 109× (effet rattrapage post-COVID)
- 2026 : ratio de 95×
Les ratios extrêmes en 2026 (rémunération PDG / salaire moyen entreprise) :
| Dirigeant | Entreprise | Ratio |
|---|---|---|
| Francesco Milleri | EssilorLuxottica | 770× |
| Cyrille Bolloré | Bolloré SE | 523× |
| Pascal Daloz | Dassault Systèmes | 517× |
| Luca de Meo | Kering (depuis sept. 2025) | 429× |
| Patrick Pouyanné | TotalEnergies | 353× |
Pourquoi de tels écarts ? Plusieurs facteurs :
- Composition du package : 80 % de la rémunération vient des bonus et actions de performance, indexés sur des objectifs financiers ambitieux
- Effet du capital intensif : les entreprises à forte capitalisation (EssilorLuxottica = 100 Md€, LVMH = 380 Md€) justifient des rémunérations plus élevées
- Concurrence internationale : Carlos Tavares (Stellantis, record historique à 36,5 M€ avant son départ en 2024) gagnait moins que ses homologues américains du même secteur
- Indexation sur la performance boursière : si le cours monte, le PDG est gagnant ; s’il baisse, sa rémunération baisse aussi (mais pas autant que la baisse du cours)
Le débat français :
- Une loi de 2017 (loi Sapin 2) impose le vote des actionnaires sur la rémunération des dirigeants
- Une proposition de loi 2024 visait à plafonner l’écart à 25× (rejetée à l’Assemblée nationale)
- Le Haut Conseil pour le Climat a recommandé d’indexer 30 % de la rémunération sur les objectifs RSE (mise en place progressive depuis 2023)
Questions fréquentes sur les salaires CAC 40 en 2026
Qui est le PDG du CAC 40 le mieux payé en 2026 ? Francesco Milleri, PDG d’EssilorLuxottica, avec une rémunération totale de 23,1 millions d’euros. Sa rémunération a doublé par rapport à 2023, le propulsant en tête du classement Proxinvest 2026, devant Nicolas Hieronimus (L’Oréal, ~10 M€) et Patrick Pouyanné (TotalEnergies, >10 M€).
Pourquoi Bernard Arnault est-il loin derrière dans ce classement malgré sa fortune ? Bernard Arnault perçoit environ 9 millions d’euros de rémunération annuelle en tant que PDG de LVMH, ce qui est modeste comparé aux dirigeants salariés purs. Sa fortune (171 milliards de dollars en 2026, 7e fortune mondiale selon Forbes) provient de sa participation de ~50 % au capital de LVMH via la holding familiale Groupe Arnault SE, pas de son salaire. Elon Musk (839 Mds $) reste très loin devant à la 1ère place.
Quelle est la rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 en 2026 ? 6,5 millions d’euros par dirigeant, en baisse de 9 % par rapport à 2025. C’est le montant moyen tous types de revenus confondus (salaire fixe + variable + actions de performance). La rémunération moyenne reste 95 fois supérieure à celle des salariés des entreprises du CAC 40.
Qu’est-ce que la prime de 20 millions € de Luca de Meo ? Luca de Meo, ancien PDG de Renault, a rejoint Kering en septembre 2025. Pour le convaincre, François-Henri Pinault a accordé une prime de signature de 20 millions d’euros plus un salaire fixe mensuel de 2,2 millions d’euros. C’est l’un des packages les plus élevés de l’histoire du CAC 40, ce qui a déclenché un débat à l’AG 2026 de Kering.
Quel ratio existe entre la rémunération d’un PDG du CAC 40 et celle de ses salariés ? Le ratio moyen est de 95 fois en 2026 selon Proxinvest, le niveau le plus élevé depuis 10 ans hors année 2021 (où il avait atteint 109×). Les ratios les plus extrêmes : Francesco Milleri (EssilorLuxottica, 770×), Cyrille Bolloré (523×), Pascal Daloz (Dassault Systèmes, 517×).
Ce qu’il faut retenir
Le classement Proxinvest 2026 des dirigeants les mieux payés du CAC 40 est dominé par Francesco Milleri (EssilorLuxottica) avec une rémunération totale de 23,1 millions d’euros, doublée par rapport à 2023. Nicolas Hieronimus (L’Oréal, ~10 M€), Patrick Pouyanné (TotalEnergies, >10 M€) et Bernard Arnault (LVMH, ~9 M€) suivent. Bernard Arnault n’est PAS le PDG le mieux payé : il préfère sa participation au capital (50 % de LVMH = 171 Md $ de patrimoine, 7e fortune mondiale 2026 selon Forbes). Luca de Meo a quitté Renault en juin 2025 pour Kering, avec une prime de signature de 20 millions d’euros + un fixe mensuel de 2,2 M€ — l’un des plus gros packages de l’histoire du CAC 40. La rémunération moyenne s’établit à 6,5 millions d’euros en 2026 (−9 % vs 2025). L’écart avec les salariés atteint 95 fois la moyenne — niveau le plus élevé depuis 10 ans hors 2021. Les ratios extrêmes : Milleri 770×, Bolloré 523×, Daloz 517×, de Meo 429×, Pouyanné 353×. Le débat français : la loi Sapin 2 de 2017 impose le vote des actionnaires sur les rémunérations, mais une proposition de plafonnement à 25× a été rejetée en 2024. La RSE s’invite progressivement avec l’indexation de 30 % de la rémunération sur les objectifs climat. Public PGE : les salaires du CAC 40 restent un repère utile pour mesurer les ordres de grandeur du top management français, et les voies pour y accéder passent presque toutes par les grandes écoles (HEC, Polytechnique, ESSEC, ESCP, EM Lyon, Sciences Po).