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OpenAI affirme avoir résolu l’équation de Navier-Stokes grâce à l’IA

OpenAI affirme avoir résolu l’équation de Navier-Stokes grâce à l’IA

Le 8 septembre 2026, OpenAI a annoncé qu’un groupe de 10 000 agents d’intelligence artificielle, placés sous la supervision de ses chercheurs, était parvenu à démontrer l’existence d’une singularité dans les équations de Navier-Stokes en trois dimensions. Si le résultat est confirmé par la communauté mathématique, il s’agirait de la résolution d’un des problèmes du prix du millénaire posés en 2000 par le Clay Mathematics Institute, chacun doté d’une récompense d’un million de dollars. Un seul de ces sept problèmes, la conjecture de Poincaré, avait été résolu auparavant.

L’annonce, aussi spectaculaire soit-elle, ne s’est pas faite dans le calme. Elle est survenue douze heures après qu’un mathématicien de l’université de New York et un chercheur employé par Anthropic ont revendiqué, de leur côté, avoir résolu plusieurs problèmes étroitement liés. Une dispute publique a immédiatement suivi sur la paternité réelle des résultats.

Qu’est-ce que l’équation de Navier-Stokes et pourquoi elle résiste depuis 90 ans

Les équations de Navier-Stokes décrivent, à partir de la deuxième loi de Newton, le mouvement des fluides : l’air, l’eau, le sang, les courants océaniques. Formulées au milieu du XIXe siècle, elles sont au cœur de la mécanique des fluides depuis près de deux siècles. Leur usage pratique, en aéronautique ou en météorologie, ne pose aucun problème : les ingénieurs les utilisent tous les jours pour leurs simulations.

La question mathématique posée par le Clay Mathematics Institute est différente et beaucoup plus fondamentale : les solutions de ces équations restent-elles toujours « bien comportées », ou peuvent-elles, à un moment donné, développer une singularité, c’est-à-dire un point où une partie infinitésimale du fluide se met à tourner à une vitesse infinie ? Cette question porte spécifiquement sur l’espace tridimensionnel non borné, sans paroi ni obstacle, avec des forces extérieures mathématiquement « lisses » (sans irrégularité artificielle introduite pour provoquer le phénomène).

L’enjeu n’est pas pratique : dans le monde réel, les fluides sont faits de molécules, pas d’un continuum infiniment divisible, donc une singularité mathématique n’a pas de conséquence physique directe. L’enjeu est conceptuel. Comme le résume le mathématicien espagnol Diego Córdoba, de l’Institut des sciences mathématiques de Madrid, « il y a dix ans, personne ne croyait qu’il existait une singularité pour Navier-Stokes ». Le fait qu’elle puisse exister révèle à quel point la turbulence, phénomène pourtant quotidien, reste mathématiquement contre-intuitive.

Ce que les agents d’OpenAI affirment avoir démontré

Selon le récit publié par OpenAI, la démonstration s’est déroulée en plusieurs étapes rapprochées. Près de 100 agents d’IA ont d’abord travaillé environ 50 heures pour produire une réfutation de la régularité des équations d’Euler, une version simplifiée sans viscosité, étroitement liée à Navier-Stokes. L’entreprise a ensuite mobilisé un groupe beaucoup plus large, environ 10 000 agents fonctionnant sur un modèle interne non public, pour s’attaquer à Navier-Stokes lui-même. Après 88 heures de travail collectif et près de 5 millions de messages échangés entre agents, une preuve de singularité a émergé. Dix-sept heures supplémentaires ont permis de la formaliser dans Lean, un langage de vérification qui contrôle mathématiquement chaque étape d’un raisonnement, offrant une garantie de rigueur que la seule prose mathématique ne permet pas.

Sébastien Bubeck, chercheur chez OpenAI, a estimé le coût de calcul mobilisé à plusieurs millions de dollars. La solution obtenue décrit un vortex qui se resserre et accélère indéfiniment, un phénomène que les mathématiciens appellent une « explosion en temps fini », tout en maintenant l’énergie du fluide dans des limites finies : c’est précisément la configuration recherchée depuis des décennies.

Une paternité scientifique disputée

Le point le plus délicat de cette affaire ne concerne pas les mathématiques elles-mêmes, mais l’attribution du mérite. Dans un communiqué publié juste avant minuit le 7 septembre, Tristan Buckmaster, professeur à NYU, a annoncé avoir résolu, avec Levent Alpöge, chercheur chez Anthropic, plusieurs problèmes voisins avec l’aide de différents modèles d’IA, y compris ceux d’OpenAI. Buckmaster a lui-même reconnu que l’un des trois articles publiés dans la foulée « ne peut être décrit que comme du contenu généré par IA de mauvaise qualité, et je m’en excuse ».

OpenAI reconnaît que son travail sur Navier-Stokes a été motivé par des rumeurs selon lesquelles Buckmaster et Alpöge auraient résolu un problème du prix du millénaire, ce qui, selon l’entreprise, n’était pas encore tout à fait le cas de leur côté. Buckmaster, de son côté, laisse entendre dans son communiqué que les chercheurs ou les agents d’OpenAI auraient eu accès à des éléments de son propre travail réalisé avec les modèles d’OpenAI, et en auraient bénéficié. OpenAI conteste avoir utilisé les résultats ou les instructions (« prompts ») de Buckmaster et Alpöge pour orienter ses propres modèles. À ce stade, les versions des deux parties divergent et la chronologie exacte des échanges reste à établir.

Dans ce contexte tendu, OpenAI concède la priorité du résultat sur les équations d’Euler en 3D à Buckmaster et Alpöge, tout en revendiquant pour elle-même la percée sur Navier-Stokes.

Le rôle décisif de deux mathématiciens qui n’ont pas utilisé l’IA

Un fait passe presque inaperçu dans cette bataille de communication : les deux équipes concurrentes, celle d’OpenAI comme celle de Buckmaster et Alpöge, se sont appuyées sur une technique développée sans intelligence artificielle par Diego Córdoba et son ancien doctorant Luis Martínez-Zoroa, de l’université CUNEF. Dès sa thèse de doctorat en 2021, Martínez-Zoroa a mis au point des méthodes purement analytiques, sans simulation informatique, pour construire des singularités dans des équations proches de Navier-Stokes, en empilant une séquence infinie de solutions non singulières en une « cascade infinie ».

Charles Fefferman, professeur à Princeton et auteur de l’énoncé officiel du problème pour le Clay Mathematics Institute, a salué le résultat tout en désignant clairement les véritables artisans de la percée : « Les héros de cette histoire, ce sont Córdoba et Martínez-Zoroa. » Buckmaster va plus loin dans son communiqué, estimant que Martínez-Zoroa « mérite une médaille Fields » au vu de l’ensemble de ses travaux. Córdoba lui-même résume la situation avec humour : « Je n’utilise pas l’IA, j’ai Luis. » L’étape que les deux groupes concurrents ont dû franchir avec l’aide de l’IA était plus technique : transformer la cascade de Córdoba et Martínez-Zoroa, qui produisait une singularité mais avec une fonction de forçage mathématiquement irrégulière, en une version qui reste « lisse » tout en conservant la singularité, condition exigée par l’énoncé du prix du millénaire.

Chronologie des événements

Date Événement
2013 Thomas Hou (Caltech) et Guo Luo montrent une première singularité pour les équations d’Euler dans un cylindre
2021 Thèse de doctorat de Luis Martínez-Zoroa : méthodes analytiques sans IA pour construire des singularités
2023 Córdoba et Martínez-Zoroa démontrent une singularité pour une version d’Euler à forçage irrégulier
6 septembre 2026 Buckmaster et Alpöge obtiennent une preuve vérifiée en Lean pour les équations d’Euler
7 septembre 2026 (avant minuit) Buckmaster publie son communiqué revendiquant plusieurs résultats avec Alpöge
8 septembre 2026 (matin) OpenAI annonce avoir résolu la singularité de Navier-Stokes en 3D, vérifiée en Lean

Quelles conséquences pour la recherche mathématique

Si le résultat résiste à l’examen approfondi de la communauté mathématique, un processus qui prend généralement plusieurs mois, il s’agirait de la démonstration mathématique la plus significative jamais obtenue avec l’aide d’une intelligence artificielle, et potentiellement d’un tournant dans la manière dont les mathématiciens abordent les problèmes ouverts. Depuis l’été 2026, plusieurs équipes, principalement chez OpenAI et Anthropic, ont utilisé des grands modèles de langage pour obtenir des preuves dans des domaines variés, souvent accompagnées de vérifications formelles en Lean, seule étape où l’intervention humaine reste indispensable pour garantir que l’énoncé vérifié correspond bien à ce que les mathématiciens cherchaient à démontrer.

Cet épisode illustre aussi une tension nouvelle : la compétition entre laboratoires d’IA se déplace désormais sur le terrain de la recherche mathématique fondamentale, avec les mêmes logiques de course à l’annonce et de disputes de priorité qui existaient déjà en sciences expérimentales, mais à une vitesse inédite. Martínez-Zoroa, resté extérieur à la polémique, se dit « très heureux pour Tristan », tout en reconnaissant qu' »il aurait été agréable de le faire nous-mêmes ».

Ce qu’il faut retenir

OpenAI affirme avoir résolu, grâce à environ 10 000 agents d’intelligence artificielle travaillant 88 heures, l’un des sept problèmes du prix du millénaire portant sur l’équation de Navier-Stokes, avec une preuve formellement vérifiée en Lean. Ce résultat, arrivé quelques heures après une revendication concurrente de Tristan Buckmaster et Levent Alpöge (Anthropic), a immédiatement déclenché une dispute sur la paternité réelle du travail, les deux parties donnant des versions différentes des échanges qui ont précédé les annonces. Dans les deux cas, la percée technique repose largement sur des méthodes développées sans IA par les mathématiciens Diego Córdoba et Luis Martínez-Zoroa dès 2021-2023. Le résultat devra encore être passé au crible par la communauté mathématique avant d’être définitivement validé.

FAQ – L’IA résout Navier-Stokes

OpenAI a-t-il vraiment résolu l’équation de Navier-Stokes ?

OpenAI affirme avoir démontré, via des agents d’IA, l’existence d’une singularité dans les équations de Navier-Stokes en 3D, avec une preuve vérifiée formellement en Lean. Le résultat n’a pas encore été validé par l’ensemble de la communauté mathématique, un processus qui prend habituellement plusieurs mois.

Pourquoi le problème de Navier-Stokes est-il si important ?

C’est l’un des sept problèmes du prix du millénaire posés en 2000 par le Clay Mathematics Institute, chacun doté d’un million de dollars. Un seul avait été résolu avant cette annonce, la conjecture de Poincaré. Le problème porte sur le comportement à long terme des équations qui décrivent le mouvement des fluides.

Qu’est-ce qu’une « singularité » en mécanique des fluides ?

C’est un scénario théorique dans lequel une partie infinitésimale d’un fluide se met à tourner ou à accélérer à une vitesse infinie en un temps fini. Ce phénomène n’a pas de conséquence dans le monde physique réel, mais sa possibilité mathématique était débattue depuis des décennies.

Qui sont Diego Córdoba et Luis Martínez-Zoroa ?

Ce sont deux mathématiciens, respectivement de l’Institut des sciences mathématiques de Madrid et de l’université CUNEF, qui ont développé dès 2021 des techniques analytiques sans IA permettant de construire des singularités. Les deux équipes concurrentes, OpenAI et Buckmaster-Alpöge, se sont appuyées sur leurs travaux pour franchir l’étape finale.

Pourquoi une dispute a-t-elle éclaté entre OpenAI et les autres chercheurs ?

Tristan Buckmaster et Levent Alpöge (Anthropic) ont revendiqué plusieurs résultats voisins douze heures avant l’annonce d’OpenAI. Chaque camp accuse l’autre d’avoir bénéficié d’informations issues du travail de l’autre avant la publication, sans qu’un accord existe sur la chronologie exacte des faits.

Qu’est-ce que le langage Lean utilisé pour vérifier la preuve ?

Lean est un langage de programmation qui vérifie, étape par étape, la validité logique d’une démonstration mathématique. Il apporte une garantie de rigueur formelle, mais nécessite encore une vérification humaine pour s’assurer que l’énoncé formalisé correspond bien à la question mathématique posée à l’origine.

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