IPS’OLAIRE : l’association étudiante de l’IPSA qui fait voler un planeur électrique et solaire
Peut-on faire voler un avion avec l’énergie du soleil ? C’est le pari que relèvent depuis septembre 2023 les étudiants d’IPS’OLAIRE, une association de l’IPSA (Institut Polytechnique des Sciences Avancées), école d’ingénieurs aéronautique et spatial présente à Paris et à Toulouse. Le 14 juin 2026, sur l’aérodrome de Coulommiers Voisins (LFPK), leur aéronef expérimental électrique et solaire, immatriculé W77-CCF, a réalisé son premier vol. Un aboutissement pour un projet mené par des étudiants ingénieurs, de la conception jusqu’aux essais en vol.
Cet article présente l’association IPS’OLAIRE, son projet phare baptisé Sol.Air, son calendrier, ses partenaires et les prochaines étapes d’un programme qui s’inscrit dans la réflexion sur l’aviation décarbonée.
IPS’OLAIRE : une association d’étudiants ingénieurs née à l’IPSA
IPS’OLAIRE est une association loi 1901 créée en septembre 2023 à l’IPSA. Elle est présente sur les deux campus de l’école, à Paris et à Toulouse, et rassemble des étudiants ingénieurs et des étudiants en bachelor, de la première à la cinquième année, ainsi que des ingénieurs diplômés. Selon son dossier de présentation, elle compte plus de 50 membres en 2026, tous passionnés d’aéronautique et de technologies durables.
Sa devise, « Ensemble, volons vers un avenir plus durable », résume la démarche : expérimenter concrètement des solutions pour l’aviation de demain. Le projet s’inscrit dans une logique à la fois pédagogique, technologique et environnementale. Pour les étudiants, il s’agit d’apprendre en faisant, sur un appareil réel, avec les contraintes de la réglementation et de la sécurité aérienne.
L’association dispose d’un parc de trois aéronefs (deux planeurs ASK 8 et un Fauconnet) et participe à des événements majeurs du secteur, parmi lesquels le Salon du Bourget et le Mondial de l’ULM. Elle entretient aussi une communauté en ligne : son compte Instagram, @ips_olaire, revendique plus de 3 000 abonnés et environ 90 000 vues par mois.
Pour mieux connaître l’école à l’origine du projet, Planète Grandes Écoles lui a consacré un portrait : IPSA : former les ingénieurs de l’air et de l’espace au cœur des grands enjeux stratégiques
Le projet Sol.Air : un planeur de 1959 transformé en aéronef électrique et solaire
Le cœur de l’activité d’IPS’OLAIRE tient en un nom : Sol.Air. L’association le présente comme le premier aéronef électrique et solaire transformé par des étudiants, et revendique à ce titre une première mondiale pour des étudiants. Le principe est de partir d’un planeur ASK 8 construit en 1959 et de le convertir en appareil à propulsion électrique, alimenté par de l’énergie solaire.
L’appareil, arrivé de Suisse en avril 2024 et accueilli à Coulommiers, a été remis en état avant d’être modifié. Chaque jeudi, parfois le week-end, les membres s’y retrouvent pour visser, mesurer et ajuster. La transformation repose sur plusieurs éléments :
- un moteur électrique (d’une puissance de 25 kW) associé à une hélice repliable, capable de faire décoller l’aéronef ;
- des batteries destinées à stocker l’énergie et à permettre, selon l’association, plus d’une heure de vol en palier ;
- des cellules solaires installées sur les ailes pour recharger les batteries ;
- une station solaire au sol, sous la forme d’une base équipée de panneaux, pour une recharge solaire au sol comme en vol.
À cela s’ajoute un travail d’ingénierie sur l’aérodynamique et la résistance des structures, indispensable pour qu’un planeur ancien accueille un moteur et des batteries sans compromettre sa sécurité.
Les caractéristiques de Sol.Air en un coup d’œil
| Caractéristique | Détail |
| Appareil d’origine | Planeur ASK 8 de 1959 |
| Immatriculation | W77-CCF |
| Propulsion | Moteur électrique de 25 kW, hélice repliable |
| Énergie | Batteries rechargées par énergie solaire |
| Autonomie visée | Plus d’une heure de vol en palier |
| Recharge | Cellules solaires sur les ailes et station solaire au sol |
| Base | Aérodrome de Coulommiers Voisins (LFPK) |
Sur le plan environnemental, l’association avance un chiffre : l’aéronef émettrait environ 5 grammes de CO2 par kilomètre et par personne, soit cinq fois moins qu’un vélo électrique. Ce chiffre est communiqué par IPS’OLAIRE elle-même et doit se lire comme l’objectif d’un appareil expérimental, non comme un bilan d’exploitation certifié.
Le premier vol de l’aéronef électrique et solaire, le 14 juin 2026
Après plus de deux ans de développement, l’association a annoncé le 14 juin 2026 la réussite du premier vol de son aéronef. Lors de ces premiers essais, l’appareil a effectué deux décollages, validant les premières phases d’essais en conditions réelles.
Le président d’IPS’OLAIRE, Hugo Peyrot, également pilote du W77-CCF, décrit une expérience marquante : « Être aux commandes de cet aéronef était assez incroyable, un décollage en souplesse, et un appareil très agréable à piloter. » Il rappelle aussi ce qui se cache derrière ce vol : « des centaines d’heures de travail, des doutes, des défis techniques », et la conviction que « l’innovation aéronautique de demain se construira aussi avec les jeunes générations, et ça dès aujourd’hui ».
Ce premier vol est le fruit d’un travail collectif qui a réuni des étudiants, des pilotes, des partenaires industriels, des soutiens institutionnels et des bénévoles. Il confirme qu’une équipe étudiante peut mener un projet aéronautique complexe, de la conception jusqu’aux essais en vol.

Le calendrier du projet, de la création aux meetings aériens
Le projet a avancé par étapes, chacune correspondant à une phase différente du travail d’ingénierie, puis de la réglementation.
| Date | Étape |
| Septembre 2023 | Création de l’association et lancement du projet, début de la recherche et développement (calculs, théorie) |
| Avril 2024 | Réception du planeur |
| 2024 – 2025 | Remise en état, maintenance et préparation de la structure |
| Novembre 2025 | Installation des systèmes électriques |
| Début 2026 | Immatriculation et certification de l’aéronef |
| Mai 2026 | Essais en vol |
| Juin 2026 | Premier vol de l’aéronef avec les partenaires, les familles et les amis |
| Été 2026 | Meetings aériens et démonstrations en vol |
Cette chronologie montre qu’un projet de cette nature repose autant sur la patience que sur la technique. Entre la réception du planeur et son premier envol, il s’est écoulé plus de deux ans, avec des étapes administratives (immatriculation, certification) aussi structurantes que les phases de construction.
Pour aller plus loin sur le contexte de l’énergie solaire, notre état des lieux mondial fait le point sur le secteur : Énergie solaire dans le monde : où en est-on en 2026 ?
Les prochaines étapes de l’aviation décarbonée selon IPS’OLAIRE
Le premier vol ne clôt pas le programme. Selon l’association, les prochaines étapes comprennent la poursuite des essais en vol, l’optimisation de l’appareil, l’intégration des systèmes solaires sur l’aéronef, ainsi que de nouvelles expérimentations autour des mobilités aériennes et terrestres décarbonées. L’été 2026 a été en outre consacré à des meetings aériens.
L’intégration des cellules solaires sur l’appareil figure donc parmi les chantiers à venir. Les premiers vols ont validé la propulsion électrique en conditions réelles, étape préalable à une exploitation complète de l’énergie solaire embarquée. Cette progression par paliers est classique en aéronautique expérimentale, où chaque système est validé avant d’être combiné aux autres.
Cette démarche répond à une question que se pose l’ensemble de l’industrie : comment concilier aviation et transition énergétique ? Les projets étudiants ne remplacent pas les programmes industriels, mais ils jouent un rôle d’exploration : ils testent des solutions à petite échelle, forment des ingénieurs à ces enjeux et contribuent à rendre visibles des technologies encore peu familières du grand public. Pour comprendre le cadre plus large, voir notre dossier sur les énergies renouvelables en 2026.
Les partenaires et soutiens d’un projet étudiant aéronautique
Un projet de cette ampleur ne se mène pas sans appui. Le dossier de présentation d’IPS’OLAIRE distingue plusieurs catégories de soutiens : des partenaires principaux, des partenaires officiels, des soutiens de fédérations et des journaux et médias. Le communiqué remercie par ailleurs les partenaires industriels, les soutiens institutionnels, les pilotes et les bénévoles qui ont rendu possible cette étape.
Ce modèle, fondé sur le mécénat, le partenariat technique et le bénévolat, est celui de nombreux projets étudiants d’ingénierie. Il permet de financer du matériel coûteux (batteries, moteur, cellules solaires) et d’accéder à une expertise de terrain, en particulier pour les questions de navigabilité et de pilotage.
Pour les étudiants, l’enjeu dépasse la technique. Gérer un budget, coordonner plus de cinquante personnes sur deux villes, communiquer auprès de partenaires : l’expérience associative est un terrain d’apprentissage que valorisent les recruteurs. Sur la manière de diriger une structure de ce type, voir : Lire plus : 5 conseils pour présider une association étudiante avec succès
FAQ sur IPS’OLAIRE et son avion solaire
Qu’est-ce qu’IPS’OLAIRE ?
IPS’OLAIRE est une association loi 1901 fondée en septembre 2023 à l’IPSA, école d’ingénieurs aéronautique et spatial. Elle réunit des étudiants ingénieurs, des étudiants en bachelor et des ingénieurs diplômés sur les campus de Paris et de Toulouse. Son projet principal, Sol.Air, consiste à transformer un planeur en aéronef électrique et solaire.
Quel est le projet Sol.Air ?
Sol.Air est le projet de conversion d’un planeur ASK 8 de 1959 en aéronef à propulsion électrique, alimenté par de l’énergie solaire. Il comprend un moteur électrique, des batteries, des cellules solaires sur les ailes et une station solaire au sol. L’association le présente comme le premier aéronef électrique et solaire transformé par des étudiants.
Quand a eu lieu le premier vol de l’avion solaire d’IPS’OLAIRE ?
Le premier vol de l’aéronef immatriculé W77-CCF a été annoncé le 14 juin 2026 sur l’aérodrome de Coulommiers Voisins (LFPK). L’appareil a effectué deux décollages lors de ces premiers essais en conditions réelles, après plus de deux ans de développement.
Quelle est l’autonomie de l’aéronef ?
Selon l’association, les batteries sont conçues pour permettre plus d’une heure de vol, de quoi décoller puis prolonger le vol plané. La recharge est prévue grâce aux cellules solaires embarquées et à une station solaire au sol.
Quelles sont les prochaines étapes du projet ?
IPS’OLAIRE prévoit de poursuivre les essais en vol, d’optimiser l’appareil et d’intégrer les systèmes solaires sur l’aéronef. L’association envisage aussi de nouvelles expérimentations sur les mobilités aériennes et terrestres décarbonées, et des meetings aériens avec démonstrations en vol à l’été 2026.
Qui peut rejoindre IPS’OLAIRE ?
L’association rassemble des étudiants de l’IPSA, du cycle bachelor au cycle ingénieur, de la première à la cinquième année, ainsi que des ingénieurs diplômés. Elle est présente à Paris et à Toulouse.
Ce qu’il faut retenir
IPS’OLAIRE est une association étudiante de l’IPSA, fondée en 2023, qui rassemble environ 50 membres entre Paris et Toulouse. Son projet Sol.Air transforme un planeur de 1959 en aéronef électrique et solaire, immatriculé W77-CCF, qui a réalisé son premier vol le 14 juin 2026 à Coulommiers, avec deux décollages réussis. Le programme se poursuit avec des essais en vol, l’optimisation de l’appareil et l’intégration des systèmes solaires, puis des démonstrations en vol à l’été 2026. Au-delà de la performance technique, le projet illustre la capacité d’une équipe étudiante à mener un chantier aéronautique complet et à explorer des solutions pour une aviation plus sobre et plus silencieuse.