L'Agence Média Grandes Écoles & Entreprises
Devenez attractif auprès des meilleurs
Énergies renouvelables : état des lieux en 2026 (éolien, solaire, hydroélectrique…)

Énergies renouvelables : état des lieux en 2026 (éolien, solaire, hydroélectrique…)

Les énergies renouvelables 2026 confirment leur statut de moteur principal de la décarbonation électrique mondiale. Selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), la capacité installée mondiale a atteint 5 149 GW à fin 2025, en progression de 692 GW sur l’année écoulée, soit une croissance de 15,5 %. Jamais autant de mégawatts verts n’avaient été ajoutés en douze mois. Cette dynamique repose sur trois forces structurelles : la chute continue des coûts du solaire photovoltaïque, l’accélération chinoise et la généralisation des engagements climatiques nationaux.

Cette photographie reste pourtant en deçà de la trajectoire requise pour tenir les objectifs de Dubaï : tripler la capacité renouvelable mondiale d’ici 2030, soit atteindre 11 000 GW. À rythme actuel, l’IRENA estime que le monde finirait à 9 000 GW environ. Le bilan 2025 s’inscrit donc dans un paradoxe que ce dossier explore : record absolu de déploiement d’un côté, écart persistant face aux objectifs climatiques de l’autre. Tour d’horizon des énergies renouvelables par filière, par pays leader et par perspective de marché.

Capacité mondiale en énergies renouvelables : 5 149 GW installés, le solaire en tête

L’année 2025 a été qualifiée par l’IRENA de “preuve de résilience” de la filière. Le mix renouvelable mondial est aujourd’hui dominé par le solaire photovoltaïque, qui pèse à lui seul 2 392 GW, soit 46 % du total. L’hydroélectricité, longtemps première source verte, est désormais reléguée au second rang avec 1 296 GW, talonnée par l’éolien à 1 291 GW. La bioénergie (154 GW) et la géothermie (16 GW) complètent l’ensemble. La répartition entre les trois grandes technologies (solaire, éolien, hydro) résume la mutation en cours : alors qu’en 2010 l’hydroélectricité représentait plus de 75 % du parc renouvelable, elle ne pèse plus qu’un quart en 2026.

Le détail des nouvelles capacités installées en 2025 est tout aussi révélateur. Le solaire a capté 75 % des ajouts mondiaux avec 511 GW supplémentaires, soit l’équivalent en un an de l’ensemble du parc nucléaire mondial. L’éolien a apporté 159 GW, dont environ 25 GW d’éolien en mer. L’hydroélectricité (hors pompage-turbinage) a progressé de 18,4 GW, dont 96 % réalisés en Chine. Cette concentration géographique est le marqueur 2025 : un pays seul, la Chine, capte plus de 60 % des ajouts mondiaux de capacités renouvelables. Aucun cycle énergétique antérieur n’avait vu un tel niveau de domination par un acteur unique.

Filière Capacité mondiale fin 2025 (GW) Ajouts 2025 (GW) Part dans le mix renouvelable
Solaire photovoltaïque 2 392 511 46 %
Hydroélectricité 1 296 18,4 25 %
Éolien terrestre et offshore 1 291 159 25 %
Bioénergie 154 2,5 3 %
Géothermie 16 0,3 0,3 %
Total renouvelables 5 149 692 100 %

Source : IRENA, Renewable Capacity Statistics 2026, mars 2026.

Solaire photovoltaïque : la révolution silencieuse du renouvelable

Le solaire photovoltaïque incarne le succès le plus spectaculaire des énergies renouvelables 2026. Selon BloombergNEF, le coût pondéré de l’électricité (LCOE) sur les nouvelles installations utility-scale a chuté de 89 % entre 2010 et 2024, passant de 359 à 39 dollars le MWh. Dans plus de 90 pays, le photovoltaïque est aujourd’hui la source d’électricité la moins chère, devant le gaz et le charbon. Cette compétitivité explique l’envolée des installations : 511 GW ajoutés en 2025, contre 446 GW en 2024 et 251 GW en 2022.

La Chine pèse à elle seule plus de 60 % des nouvelles capacités solaires mondiales en 2025, avec 320 GW raccordés. Le pays exploite désormais un parc solaire de l’ordre de 1 100 GW, presque deux fois celui de l’ensemble Union européenne plus États-Unis. Cette domination s’explique par le contrôle quasi-total de la chaîne d’approvisionnement : 80 % des polysilicium, 95 % des wafers, 85 % des cellules et 80 % des modules sont fabriqués en Chine. Les États-Unis, l’Inde et l’Union européenne ont engagé des plans de relocalisation industrielle (Inflation Reduction Act, Net-Zero Industry Act, schéma PLI indien), mais la rattrapage prendra une décennie.

L’autre tendance forte du solaire est la montée du segment de l’autoconsommation et des installations résidentielles. En France, selon Enedis, le nombre d’installations photovoltaïques résidentielles connectées a dépassé 1 million fin 2025. Le développement des kits prêts-à-poser, soutenu par des fonds comme celui levé par Beem Energy à 20 millions d’euros pour ses kits d’autoconsommation, illustre la mutation d’une filière longtemps réservée à l’industriel.

 

Lire plus : Les énergies renouvelables : une mise au vert progressive

 

Éolien terrestre et offshore : le second pilier des énergies renouvelables

La filière éolienne a installé 159 GW en 2025, soit 23 % des ajouts renouvelables mondiaux. La répartition entre éolien terrestre (134 GW) et éolien offshore (25 GW) confirme la maturité acquise par la deuxième technologie, qui était encore balbutiante il y a dix ans. Le coût pondéré de l’éolien terrestre s’établit autour de 33 dollars le MWh (Bloomberg NEF, 2025) et celui de l’éolien en mer autour de 75-90 dollars selon les zones, tirés vers le bas par la taille croissante des turbines (jusqu’à 18 MW pour les modèles Mingyang et Vestas en service en 2025).

La Chine tient également le haut du tableau éolien avec 75 GW installés en 2025, suivie des États-Unis (12 GW), de l’Allemagne (4,2 GW) et du Brésil (3,8 GW). Côté français, RTE indique dans son Bilan électrique 2025 que la production éolienne a progressé de 2,8 TWh sur l’année, portée par la mise en service de plusieurs parcs offshore (Saint-Brieuc, Fécamp, Yeu-Noirmoutier). Le pays vise 18 GW d’éolien en mer d’ici 2035, soit dix fois la capacité actuelle. La compétitivité du secteur dépendra de la résolution des goulets d’étranglement industriels (câbles haute tension, bateaux de pose, fondations) et de la stabilité des cadres d’attribution de zones.

Hydroélectricité : la base historique du mix vert

Avec 1 296 GW installés, l’hydroélectricité reste le premier pilier renouvelable en énergie effectivement produite (environ 4 300 TWh par an, soit deux fois la production solaire mondiale). La filière progresse plus lentement que ses cadettes (+18,4 GW en 2025), mais joue un rôle irremplaçable de stockage et de flexibilité grâce aux barrages de pompage-turbinage. La Chine continue de tirer la croissance, avec la mise en service progressive du méga-barrage de Baihetan (16 GW à pleine puissance) et le démarrage du chantier titanesque de Motuo sur le Yarlung Tsangpo, annoncé à 60 GW de capacité finale.

L’hydroélectricité affronte cependant deux contraintes structurelles. Le changement climatique modifie les régimes hydrologiques : la sécheresse italienne et espagnole de 2022 avait fait chuter la production européenne de 20 %. Les conflits d’usage de l’eau (irrigation, eau potable, refroidissement industriel) compliquent la sortie de nouveaux projets dans les pays développés. À ces défis s’ajoute le coût élevé et la durée des chantiers, qui rendent les nouveaux barrages compétitifs uniquement sur des bassins disposant de chutes fortes et constantes.

 

Lire plus : Beem Energy lève 20 millions d’euros pour ses kits solaires d’autoconsommation

 

Classement des pays leaders en énergies renouvelables : Chine, États-Unis, Inde

Le classement des pays renouvelables suit une logique de plus en plus concentrée. La Chine domine sur tous les segments avec 1 950 GW de capacités renouvelables installées fin 2025, soit 38 % du total mondial. Les États-Unis arrivent loin derrière à 510 GW, devant le Brésil (240 GW), l’Allemagne (190 GW) et l’Inde (210 GW). La France pointe à la 9e place avec environ 75 GW de capacités vertes (hors nucléaire), tirées par l’hydroélectricité historique et la montée en puissance du solaire et de l’éolien depuis 2020.

L’Inde a connu un sursaut particulièrement notable en 2025, avec 35 GW d’ajouts (essentiellement solaire), portée par les enchères centralisées de SECI et un objectif national de 500 GW renouvelables à 2030. L’Allemagne, bouleversée par la sortie du charbon et la fin programmée du nucléaire, a installé 22 GW supplémentaires sur l’année. Les pays du Golfe (Émirats arabes unis, Arabie saoudite) montent en puissance avec des projets utility-scale géants à des prix très bas (record mondial en 2024 à 1,32 cent par kWh aux Émirats).

Pays Capacité renouvelable totale fin 2025 (GW) Ajouts 2025 (GW) Part renouvelable dans le mix électrique
Chine 1 950 425 35 %
États-Unis 510 65 24 %
Brésil 240 12 89 %
Inde 210 35 22 %
Allemagne 190 22 60 %
Japon 130 8 27 %
France 75 5 30 % (hors nucléaire)
Espagne 90 9 50 %
Royaume-Uni 60 6 50 %

Source : IRENA, AIE, opérateurs de réseau nationaux, données fin 2025.

France et RE2030 : objectifs et trajectoire énergétiques

La France a inscrit dans sa Programmation pluriannuelle de l’énergie un objectif de 100 GW de capacités renouvelables installées d’ici 2030, contre environ 75 GW fin 2025. La trajectoire repose sur trois leviers prioritaires : le solaire (objectif 60 GW en 2030 contre 22 GW aujourd’hui), l’éolien terrestre (40 GW visés contre 23 GW), et l’éolien offshore (18 GW à 2035 contre 1,5 GW raccordés). Selon RTE, la production renouvelable a couvert 30 % du mix électrique français en 2025 (hors nucléaire), avec une production solaire en hausse de 8,1 TWh et éolienne de 2,8 TWh. Le restant du mix demeure majoritairement nucléaire à hauteur de 65 %.

EDF Renouvelables, filiale du groupe EDF, exploite et développe une part significative du parc français. La société pèse 24 GW installés ou en construction dans le monde et vise 60 GW à horizon 2030. Côté entrepreneurial, des acteurs comme Beem Energy, Dev’EnR, BoucL Energie ou LibertéWatts montrent que l’écosystème français des renouvelables s’est densifié, à la croisée du financement industriel et de la french tech climat.

 

Lire plus : EDF Renouvelables partenaire de l’ECE

 

Goulots d’étranglement : réseau, stockage, métaux critiques

Le déploiement record des renouvelables se heurte à trois goulets d’étranglement structurels. Le premier concerne le raccordement au réseau, qui devient le facteur limitant en Europe et aux États-Unis. Selon la Commission européenne, plus de 1 700 GW de projets renouvelables sont en file d’attente sur les réseaux électriques européens, soit cinq fois la capacité installée. La modernisation des infrastructures à haute tension nécessite, selon l’AIE, 600 milliards de dollars d’investissements annuels d’ici 2030, contre 320 milliards en 2024.

Le deuxième goulot est le stockage. Le parc mondial de batteries grid-scale a atteint 280 GWh installés fin 2025, en progression de 100 GWh sur l’année, mais ce niveau reste insuffisant pour absorber la variabilité solaire et éolienne croissante. Les coûts ont toutefois chuté de 90 % en dix ans, à environ 130 dollars par kWh sur les systèmes lithium-fer-phosphate. Le troisième défi tient à l’accès aux métaux critiques (cuivre, lithium, nickel, terres rares) et à la concentration géographique de leur production. La Chine raffine 60 % du lithium mondial et 90 % des terres rares, ce qui transforme la transition énergétique en enjeu géopolitique.

 

FAQ – Énergies renouvelables 2026

Quelle est la capacité renouvelable installée dans le monde en 2026 ? Selon IRENA, la capacité renouvelable mondiale atteignait 5 149 GW à fin 2025. La progression annuelle a été de 692 GW (+15,5 %), un record absolu, dont 511 GW pour le solaire et 159 GW pour l’éolien. La Chine concentre plus de 60 % des nouvelles capacités installées sur l’année.

Quelle filière domine les énergies renouvelables ? Le solaire photovoltaïque domine désormais largement, avec 2 392 GW installés (46 % du parc renouvelable mondial), devant l’hydroélectricité (1 296 GW) et l’éolien (1 291 GW). En 2010, l’hydroélectricité représentait encore plus de 75 % du parc vert mondial. La bascule s’est opérée en moins de quinze ans grâce à la chute des coûts du photovoltaïque.

Combien coûte l’électricité solaire et éolienne aujourd’hui ? Selon Bloomberg NEF, le coût pondéré (LCOE) du solaire utility-scale est de 39 dollars par MWh, celui de l’éolien terrestre de 33 dollars par MWh, et celui de l’éolien offshore de 75 à 90 dollars par MWh. Ces niveaux placent ces filières devant le gaz, le charbon et le nucléaire neuf dans plus de 90 pays. La compétitivité a été divisée par dix sur le solaire entre 2010 et 2024.

Quelle est la place de la France dans le classement mondial ? La France occupe la 9e place mondiale avec environ 75 GW de capacités renouvelables installées (hors nucléaire) fin 2025. Elle vise 100 GW à 2030, dont 60 GW de solaire et 40 GW d’éolien terrestre. La part renouvelable dans le mix électrique français est de 30 %, le nucléaire représentant lui plus de 65 %.

Quels pays mènent la course aux renouvelables ? La Chine domine très largement avec 1 950 GW installés (38 % du parc mondial), devant les États-Unis (510 GW), le Brésil (240 GW), l’Inde (210 GW) et l’Allemagne (190 GW). L’Inde et les pays du Golfe sont les progressions les plus rapides en valeur relative depuis 2022.

L’objectif de triplement à 2030 sera-t-il tenu ? Lors de la COP28 de Dubaï, plus de 130 pays se sont engagés à tripler la capacité renouvelable mondiale d’ici 2030, soit atteindre 11 000 GW. À rythme 2025, l’IRENA estime que le monde atteindra environ 9 000 GW, soit un manque d’environ 2 000 GW. La trajectoire reste atteignable mais suppose une accélération supplémentaire de 30 % par an.

Quels sont les principaux freins au déploiement ? Trois goulets d’étranglement structurels : le raccordement au réseau (1 700 GW en file d’attente en Europe), le stockage (280 GWh de batteries grid-scale, niveau insuffisant pour absorber la variabilité), et les métaux critiques (lithium, cuivre, terres rares) très concentrés sur quelques pays. Les investissements annuels nécessaires dans les réseaux passent de 320 à 600 milliards de dollars selon l’AIE.

Ce qu’il faut retenir

Les énergies renouvelables 2026 ont franchi un seuil historique avec 5 149 GW installés et 692 GW ajoutés sur la seule année 2025. Le solaire photovoltaïque s’impose comme la technologie reine, l’éolien consolide ses positions, l’hydroélectricité reste un socle. La Chine domine, l’Inde accélère, l’Europe rattrape difficilement. La France progresse mais reste en retard sur ses voisins allemand, espagnol et britannique en intensité renouvelable hors nucléaire.

Le défi 2030 n’est plus technologique, il est devenu industriel et politique. L’écart à combler par rapport à la trajectoire de triplement reste important mais soutenable. Trois variables détermineront la suite : la vitesse de modernisation des réseaux, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement métaux critiques hors Chine, et la stabilité des cadres réglementaires qui ont permis le boom des cinq dernières années.

Je traite de l'actualité Grandes Écoles, business et sport