L'Agence Média Grandes Écoles & Entreprises
Devenez attractif auprès des meilleurs
 Interview de Maxime Barret, fondateur de &Swapp

Interview de Maxime Barret, fondateur de &Swapp

Rencontre avec Maxime Barret co-fondateur de &Swapp, la plateforme nouvelle génération pour échanger son appartement en un clic.

 

Maxime, pouvez-vous vous présenter et revenir sur votre parcours ?

Je m’appelle Maxime Barret, j’ai 28 ans, je suis un ancien de l’EM Lyon et aussi un passionné de trail. J’ai un parcours assez atypique : j’ai fait le PGE, mais je fais partie de la première promotion entrée à l’EM Lyon après une prépa maths sup, les prépas destinées aux grandes écoles d’ingénieur. J’ai plutôt un background scientifique, et j’ai intégré l’école en 2019 avec cette première promo, aux côtés des étudiants venus de prépa économiques. C’était vraiment intéressant à vivre : je sentais que j’arrivais dans un environnement que je ne connaissais pas. Encore aujourd’hui, je suis heureux d’avoir eu ce background scientifique et méthodique, et d’avoir pu développer toutes mes compétences en stratégie, management et finance.

J’ai fait mes trois années au PGE de l’EM Lyon, et j’ai bien profité du parcours à la carte. J’ai notamment fait un stage de six mois en Argentine, où j’ai appris l’espagnol, et j’ai eu la chance et le plaisir d’être dans le mandat du BDE, dont j’ai été président pendant un an.

Après l’école, j’ai eu une première expérience intrapreneuriale au sein du groupe Fitness Boutique (130 M€ de CA), où j’ai développé une entreprise, Twenty DC, passée de 0 à 2 M€ en 2 ans. À la suite de cette belle aventure, je me suis lancé dans &Swapp, il y a près d’un an.

 

Lire plus : Mirror, l’application qui aide à lutter contre le temps d’écran 

 

Vous avez fait le PGE d’emlyon, avec une spécialisation stratégie et finance d’entreprise. Quelles compétences ou quels enseignements vous ont été les plus utiles pour structurer et développer votre projet ?

L’enseignement que je retiens aujourd’hui, et qui me sert tous les jours, c’est que tout est possible avec de l’envie et de la détermination, même sans moyens. Et ça, c’est surtout mon parcours au sein du BDE qui me l’a appris : on organisait des choses avec peu de moyens au départ, juste une équipe de personnes ultra motivées, brillantes, qui avaient envie de faire des choses ensemble, toutes dans la même direction. On ne s’est mis aucune barrière, et c’était assez exceptionnel. Aujourd’hui, dans mon quotidien, plus rien ne me paraît impossible, même sans moyens. Cette confiance dans la construction d’un projet, dans les ambitions, c’est aussi ce que j’essaie de transmettre à mes équipes. C’est vraiment un énorme apprentissage.

Mon rôle de président m’a aussi beaucoup appris sur l’orientation, le cadrage et le management d’une équipe de 40 personnes. J’y ai découvert tout le côté humain : l’accompagnement, l’aide, faire en sorte qu’une équipe soit en symbiose et avance dans le bon sens, détecter les talents et les atouts de chacun et chacune pour développer et structurer un projet. Sur mes deux projets entrepreneuriaux, c’est ce qui me sert vraiment au quotidien.

Côté académique, je retiens tous les exemples, tous les use cases et tous les projets qu’on voit en cours : d’anciennes entreprises, des succès, des échecs, notamment stratégiques et financiers. J’ai toujours un exemple en tête, et ça me donne un véritable environnement de connaissances où je sais piocher et à quel moment. Il y a aussi des compétences très spécifiques en finance et en stratégie d’entreprise, ça va du simple SWOT et de l’analyse de marché jusqu’à la lecture d’un compte de résultats ou d’un business plan. Entre l’expérience de terrain et le côté académique, j’ai appris énormément de choses qui me permettent aujourd’hui de maîtriser un grand nombre de sujets et de développer tout un projet.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à cofonder &Swapp, et quelle était votre ambition de départ avec ce projet ?

Ce qui m’a poussé à cofonder &Swapp, c’est vraiment (pour une fois) une expérience personnelle, quelque chose que j’ai vécu. On est sur le cliché du storytelling d’un fondateur : j’ai vécu quelque chose, et j’ai eu envie d’apporter cette solution au plus de personnes possibles.

J’ai vécu un échange de trois mois au Canada, qui était exceptionnel. J’ai échangé mon appartement de Lyon avec une personne de mon âge, à Calgary, pendant trois mois. On est allés loin dans le principe même de l’échange : se rencontrer, échanger sur nos amis, nos familles, se donner plein de conseils. L’expérience était exactement ce qu’on voulait vivre, c’est-à-dire vivre vraiment comme un local. Et face à toutes les questions que j’ai reçues et à l’envie que ça avait suscitée dans mon entourage, je me suis dit : « Mais pourquoi je suis le seul à faire ça aujourd’hui, alors que des plateformes existent ? » J’ai vraiment cherché à comprendre : qu’est-ce qui explique que je sois le seul à le faire ? Pourquoi les gens sont intéressés mais ne passent pas à l’action ? Et comment faire en sorte qu’ils le fassent ?

Du coup, mon ambition de départ est très claire, c’est toujours la même et je pense qu’elle le restera : faire échanger des appartements et rendre ce mode de voyage accessible et disponible au plus grand nombre autour de moi. Pour résumer, faire en sorte que mes amis et mes proches échangent leur appartement et vivent les mêmes expériences que celles que je vis grâce à l’échange. L’échange d’appartement, c’est un moyen de voyager différemment : plus longtemps, plus authentiquement et plus économiquement. Et j’ai vraiment l’ambition, l’envie profonde, que ça devienne une nouvelle norme dans les mois et les années à venir.

 

Vous êtes incubé à Station F, quels sont les avantages de Station F ?

Oui, je suis incubé à Station F et j’en suis très content. J’ai d’ailleurs la chance, comme pour ma rentrée à emlyon en PGE en tant que premier arrivé après une prépa scientifique, d’être ici le premier à rentrer à Station F avec le programme emlyon Venture Labs. C’est top d’être dans cet écosystème, encore une fois avec l’emlyon.

Le premier avantage de Station F, c’est d’être dans un environnement de travail où on sent que ça fuse dans tous les sens. Il y a beaucoup d’événements, tout le monde est là pour essayer de construire quelque chose. Ça motive vraiment de voir autour de soi des gens qui travaillent, et chaque conversation, chaque petit mot échangé à droite à gauche, quand tu croises quelqu’un, peut t’apporter quelque chose, ou alors c’est toi qui peux lui apporter quelque chose. On sent qu’on essaie tous de faire avancer nos projets, et c’est super intéressant.

C’est aussi un écosystème reconnu pour ce qu’il fait dans la tech et les startups, donc ça donne un cadre et une légitimité intéressants. Et un des très gros avantages, qui n’est pas forcément connu et que je ne connaissais pas avant d’arriver, c’est tout un onglet de réductions et d’avantages réservés aux incubés de Station F. En tant que startup, c’est génial : on a des remises et des offres hyper intéressantes. Franchement, ça me sert au quotidien.

 

Quels ont été les principaux défis rencontrés depuis le lancement de &Swapp, et comment les avez-vous surmontés ?

Je dirais que, jusqu’à maintenant, j’ai vécu deux défis inhérents à la construction d’un projet.

Le premier, c’est toute la période de réflexion sur le projet. La vie d’un projet, je pense que ça commence par une hyper-excitation au départ, le fameux « j’ai trouvé quelque chose ». Puis vient une redescente assez forte : « en fait, des gens l’ont déjà fait. Quelle est ma valeur ajoutée ? Comment je vais me démarquer ? Et pourquoi, moi, je vais le faire ? » Ensuite, on entre dans une étape de construction où on se dit : « ok, je sens que je vais quelque part, ça a l’air cool, mais il faut quand même que je me concentre sur pas mal de choses. » Parce que ce n’est pas juste trouver un nom de marque, c’est vraiment construire de A à Z. Avant même d’arriver à Station F, j’ai eu six mois de construction du projet, avec un projet pilote, un MVP, etc. Et la vraie difficulté, c’est de se demander : « est-ce que je fais le bon choix ? » Parce que je quittais un travail où j’étais bien, avec des gens bien, où je travaillais depuis cinq ans, avec de grandes responsabilités, très bien payé, un avenir de carrière tout tracé. Je savais où j’allais, je connaissais les salaires auxquels je pouvais prétendre, l’impact que je pouvais avoir. Donc le premier défi, c’était vraiment ça : « est-ce que je fais le bon choix ? »

Le deuxième défi est lui aussi inhérent à la construction d’un projet : c’est de confronter son idée à la réalité. On a une idée, on fait une étude, et on se dit « tiens, il faut faire ça ». J’ai compris que les jeunes de moins de 35 ans voulaient échanger leur appartement, mais tous les jours, je suis confronté, par des investisseurs, des partenaires, des utilisateurs même, à la question : « mais tu es sûr que les gens vont échanger ? Qu’est-ce qui te fait penser que toi, tu vas être différent ? » Le défi, c’est de prouver que l’idée est fonctionnelle. Elle marchait tant qu’on était petit, mais aujourd’hui on n’a encore rien prouvé à grande échelle, et c’est exactement ce qu’ont vécu d’autres plateformes avant nous, Airbnb, BlaBlaCar, Uber, etc. Il y a beaucoup de gens qui n’y croient pas. Donc le gros défi, c’est d’être assez convaincu, assez sûr de l’ambition de départ pour continuer dans la bonne direction. Parce qu’au quotidien, ce n’est pas tant d’encaisser des « non » et des refus, c’est plutôt cette confrontation permanente : « prouve que ton idée va marcher. » Sauf que ça prend du temps. Donc la bonne manière d’avancer, c’est de se dire : « ok, j’ai telle ambition, est-ce que je vais dans la bonne direction ? » Ça prendra le temps qu’il faut, mais je vais le prouver en grandissant, et je pense qu’il y a un switch, un moment où les gens se disent : « ah oui, là, tu avais raison. »

 

Vous parlez beaucoup de la frontière fine entre entrepreneur et influenceur observée dans ce projet, que voulez-vous dire ?

En fait, j’ai pris, un peu sans le vouloir, la direction d’un entrepreneur qui fait du build in public : qui raconte ce qu’il fait sur les réseaux pour, in fine, atteindre sa cible et expliquer la construction de son projet.

Au départ, le projet, c’était juste ça : on m’avait conseillé de raconter, sur un groupe WhatsApp, ce que je faisais au quotidien, les étapes, pour fédérer une petite communauté de gens qui me suivent. Mais je me suis dit que WhatsApp, c’est bien, mais ça reste limité à du texte, quelques vidéos, et à ceux qui rejoignent le groupe. Du coup, je suis passé sur Instagram. L’idée de base était de raconter à mes amis et  ma famille ce que je fais, parce que la plupart d’entre eux ne savent pas ce que c’est que de monter une entreprise, ne savent pas à quoi ressemble le quotidien d’un entrepreneur. Et puis, petit à petit, la mayonnaise a pris : aujourd’hui, j’arrive à atteindre plus de 500 000 personnes sur un mois, avec un reach vraiment intéressant.

La frontière est très fine, parce qu’on peut vite tomber dans le vice d’y passer énormément de temps. Toutes les stats, tous les chiffres qu’on récupère, ça donne envie de devenir influenceur. Et on peut vite se dire « de toute façon, je vais atteindre ma cible », et beaucoup moins se concentrer sur la construction du produit, sur les tâches administratives et opérationnelles. Devenir influenceur, c’est un moyen quand ça marche, mais je pense que c’est 1 % des personnes. Monter une boîte, c’est aussi un moyen d’atteindre sa cible : il y a beaucoup de créations d’entreprises, notamment de produits, qui l’ont fait, comme Respire, Yacon ou Unbottled. On se dit « j’ai envie de faire pareil, c’est un moyen de vendre », et donc on a tendance à passer beaucoup de temps à faire de l’influence et moins de temps à entreprendre.

Mais la frontière est fine justement parce que le build in public, le partage, c’est un vrai moyen organique d’atteindre sa communauté et sa cible. Donc je pourrais passer X heures par jour à faire ça, mais la vraie question, c’est : combien de temps est-ce que je passe à réellement entreprendre ?

Et je trouve que pour des gens qui se lancent demain, notamment sur du B2C, ça pose une vraie question : c’est devenu presque obligatoire de communiquer sur ce qu’on fait sur les réseaux, parce que c’est un moyen gratuit, sur le papier, d’atteindre sa cible ? Et si je ne sais pas le faire, comment je m’y prends ? Moi, je me demande vraiment comment on accompagne des entrepreneurs sur ce sujet. Parce que quand on commence, on a envie de se dire « il faut que je partage sur les réseaux, c’est gratuit », mais le coût opérationnel, le coût en temps, le coût en compétences : à quel point est-ce vraiment nécessaire et utile ? C’est une question difficile, parce qu’il y a tellement de gens qui le font aujourd’hui sur Instagram et TikTok qu’on peut se dire « c’est LE moyen ». Mais est-ce que ça correspond vraiment à ton envie, à ton besoin ? Est-ce que ça ne crée pas une forme de fausse obligation, le sentiment qu’il faut absolument le faire alors que ce n’est peut-être pas nécessaire ? Je trouve qu’il y a de vraies questions à soulever là-dessus.

Aujourd’hui, j’essaie vraiment de cadrer mon temps : je passe entre une et deux heures maximums sur les réseaux à partager ce que je fais. J’ai la chance d’avoir pu développer de vraies compétences en montage, en storytelling, etc. Je m’oblige à ce que ce soit du contenu issu de mon quotidien, pour que ça ne me fasse pas perdre de temps. Par exemple, je tourne pas mal de vidéos le matin sur mon Vélib’, sur mon trajet domicile-travail : c’est du temps que je passerais de toute façon dans les transports. J’essaie vraiment d’optimiser ça, mais ça demande une grosse rigueur, parce qu’on peut vite y passer plusieurs heures. Faire un vrai travail d’influenceur, c’est super long, et ça en devient un autre métier que celui d’entrepreneur. Il y a là de vraies questions qui se posent.

 

Quels sont les projets de &Swapp à moyen et long terme ?

Le projet principal de &Swapp est de devenir la référence de l’échange d’appartement pour les jeunes et d’en faire le nouveau mode de voyage de toute une génération. On souhaite devenir la première plateforme qui propose de l’échange d’appartement en un clic, là où les plateformes actuelles sont assez chronophages et demandent de multiples étapes avant de pouvoir trouver un échange.

Les projets de &Swapp sont bien cadrés, à moyen comme à long terme. Je vais commencer par le long terme, parce que c’est la vision qu’on porte, c’est l’ambition que j’ai avec &Swapp.

La vision long terme, c’est de rendre possible ce qui ne l’est pas aujourd’hui : des mobilités moyennement longues, entre deux semaines et six mois. Aujourd’hui, pour partir quelque part sur cette durée, il n’y a pas vraiment de solution. Cela reste des idées qu’on a en tête : faire un mois à la montagne, un mois au vert, un mois à la mer en télétravail, ou juste prendre l’air. Mais ce n’est pas possible d’y penser sérieusement, et encore moins en tant que locataire. En tant que propriétaire, à la limite, je peux sous-louer mon appartement un mois et aller ailleurs, mais cela m’oblige à mettre en place une vraie sous-location, à libérer le logement, enlever mes affaires, etc., et relouer un appart ailleurs : les coûts deviennent impossibles. De plus, en tant que locataire, je n’ai pas le droit de sous-louer, donc si je veux partir un ou deux mois, je dois payer mon loyer plus un Airbnb ailleurs. C’est trop de frais, ce n’est pas faisable.

Ma vision, c’est de recréer, pour le maximum de personnes, ce que j’ai vécu : partir trois mois travailler au Canada, dans un appartement, en ne payant qu’un seul loyer, et pouvoir vivre comme un local, m’inscrire dans un club de sport, rencontrer des gens, vivre mon quotidien ailleurs. Si je dois résumer le long terme, c’est ça : encourager et rendre possible le fait de vivre son quotidien ailleurs. J’ai vraiment l’ambition que, demain, mon appartement à Paris devienne un pied-à-terre : j’y passe une partie de l’année, j’y garde mes affaires, et le reste du temps je prends ma valise et je vais télétravailler ailleurs, dans une autre ville ou un autre pays en Europe, en France ou à l’étranger. Et si je suis freelance, je peux travailler un mois quelque part, un mois ailleurs, tout en gardant toujours mon point d’ancrage.

Le projet à moyen terme est de rendre possible les opportunités de toute une génération qui est extrêmement flexible. Aujourd’hui, j’ai des utilisateurs qui me disent : « moi, je suis ouvert à partir n’importe où, n’importe quand. Si tu me proposes 3-4 jours à Lisbonne dans deux semaines, ou 4-5 jours à la montagne dans trois mois, je suis hyper partant. » Je veux rendre possible toute cette flexibilité d’esprit, et c’est ça la grosse valeur ajoutée de &Swapp : le matching entre projets similaires. Quelqu’un qui est ouvert à partir, qui veut faire 3-4 jours en last minute au vert, à la campagne ou à la mer, pourra le faire. L’échange d’appartement n’est qu’un moyen d’atteindre cette nouvelle façon de vivre, cette nouvelle mobilité, cette nouvelle manière de considérer le logement. C’est hyper important.

Pour finir et résumer l’ambition qu’on a avec &Swapp : je veux que ça devienne l’alternative, une nouvelle façon de voyager. Demain, n’importe quel utilisateur qui prépare un voyage pourra se dire : « je regarde sur Booking, je regarde sur Airbnb, et je regarde s’il n’y a pas un swap qui existe grâce à &Swapp. » On veut entrer dans le quotidien et dans le champ des possibles de beaucoup de gens, en France, en Europe et dans le monde.

 

Quels sont les conseils que vous donneriez à un jeune étudiant souhaitant créer son entreprise ?

Je dirais : encore plus que jamais, fais-le maintenant, n’attends pas. On vit une époque où, avec l’utilisation de l’intelligence artificielle, toutes nos idées peuvent devenir réalité. Moi, au quotidien, je vis ça comme exceptionnel : chaque idée que j’ai en tête, tout ce que j’ai envie de faire, je peux le faire. Donc si vous avez une idée et que vous voulez créer, faites-le, testez, passez le cap, encore plus que d’habitude. C’est un conseil qu’on donne souvent, « passez à l’action », mais là, c’est le momentum : il faut vraiment prendre ce virage maintenant, parce que ce qu’on est en train de vivre est exceptionnel.

L’autre conseil : prenez le temps de faire les choses. Ne cherchez pas à tout faire d’un coup. C’est le meilleur conseil qu’on m’ait donné, et le meilleur que j’ai appliqué. Avant même de créer mon premier site d’échange d’appartements, j’ai tout fait à la main : j’ai testé, j’ai envoyé des WhatsApp, j’ai créé des groupes, j’ai fait mon propre tableau Excel, j’ai compris ce que voulaient mes utilisateurs avant de coder quoi que ce soit, ou de faire coder quoi que ce soit à mon associé. Donc avant de déployer des moyens humains et financiers, faites les choses à la main. Ne partez pas dans tous les sens, n’essayez pas de construire d’emblée le produit ou l’application le plus abouti possible. Faites-le à la main et voyez ce que veulent vos utilisateurs : c’est ultra important. Avant d’avoir mon premier site, j’ai fait échanger vingt personnes sans même avoir de plateforme. C’est bien la preuve que c’est possible.

 

Le mot de la fin

Je ne me suis jamais vraiment considéré comme un entrepreneur. J’ai toujours eu plein d’idées que j’écrivais dans un carnet de notes, mais juste parce que ça m’amusait. J’ai toujours suivi de loin l’actualité start-up et entrepreneuriale, j’ai toujours pas mal lu là-dessus.

Aujourd’hui, avoir eu l’opportunité et la chance de passer le pas, parce que ce n’était pas évident de savoir si c’était la bonne décision. Je raconte ce que je fais sur les réseaux, je rencontre plein de personnes exceptionnelles, je vois mon projet prendre vie et aller dans la bonne direction.

Donc voilà : prenez le temps de savoir ce que vous avez envie de faire, et osez. J’ai toujours une phrase de Xavier Dolan que je garde en tête : « tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais. » C’est mon mot de la fin.

 

Lire plus : Interview de Beatriz Estigui – Regional Head of HR France pour Axis Communications